20190629-30

Du 29 au 30 juin 2019 : la côte puis la E6

Carte du trajet effectué du 29 au 30 juin 2019. Respectivement 229 et 144 km pour Rouletabille.



Samedi 29 juin 2019 : La E6 vers les Lofoten.

Après consultation très sérieuse de la météo norvégienne (site ut.no), si le grand soleil n'est pas prévu, il devrait y avoir quelques jours sans pluie sur les Lofoten. Comme par ailleurs, vers le nord, les températures prévues sont censées être proches de zéro, nous décidons d'opter pour les îles Lofoten. Le ferry le plus court pour les îles se trouve à Skutvik, sur la presqu'île de Hamaroya. Il y a un départ ce soir à 18h30. Nous partons sous pluie battante, mais comme prévu, le ciel se dégage doucement. Nous arrivons dans la région des immenses dalles minérales que j'adore, des tobogans de pierre d'une taille gigantesque, fabriqués pour que des géants puissent se laisser glisser dans les flaques d'eau situées à leurs pieds... j'ai nommé, les fjords ! Regardez plutôt.

Nous quittons la E6 ici à Ulvsvag. Le panorama depuis les hauteurs au-dessus de la petite cité est bien connu : nous sommes censés apercevoir la totalité des pics pointus de la chaîne des Lofoten. En bas, les eaux paradisiaques du Presteidfjorden, mais les montagnes, que nenni ! Aucun sommet n'est visible, les Lofoten sont dans la brume !

Nous mangeons ici, devant ce merveilleux spectacle juste après Ulvsvag. Rouletabille est posé sur un... rocher rond, tout simplement ! C'est paradisiaque, il ne nous manque que le soleil. Nous poursuivons tranquillement sur la route 81 jusqu'à son terminal, Skutvik. Cette route est magnifique (mais elles le sont toutes, en fait), et le ciel s'éclaircit, ce qui nous ravit. A Skutvik, si le ferry n'est pas arrivé, les employés sont déjà là pour la vente des billets. Malheureusement, ils veulent nous faire payer le tarif "6-7 mètres" à cause du porte-vélos. Le prix est 2,5 fois plus élevé, je refuse catégoriquement. L'essence nous coûtera bien moins cher et, de plus, nous verrons plus de pays, alors c'est non. Du coup, nous prenons notre temps pour admirer la jolie plage de Skutvig (par contre, un vent glacial s'est levé, et il ne nous est pas possible d'y rester bien longtemps), puis nous repartons sereinement sur la 81, retour obligatoire à Ulvsvag. Bien entendu, n'étant plus pressés par le temps, nous profitons de notre passage sur Hamaroya pour l'explorer un peu et y dénicher notre bivouac du soir.

Et c'est ici à Buvag, au bord de la mer, que nous passons la nuit. Le vent souffle à plus de 100 km/h, Rouletabille est secoué, le chauffage est obligatoire, mais nous sommes heureux. J'ai fait la photo ci-dessus derrière Rouletabille, vers 23h45. Le temps de prendre 3 ou 4 photos et j'avais les mains déjà gelées. Le ressenti en température doit être très proche de zéro, mais... que c'est beau ! J'aperçois au loin les pics des Lofoten, regardez la photo suivante prise le lendemain matin.



Dimanche 30 juin 2019 : Les grandes dalles.

Il fait beau, et le vent est tombé. En route pour Narvik et l'immense Ofotfjorden. Au large, les Lofoten. Détour de plus de 200 km par la route, mais avec le soleil, c'est du grand bonheur.

Je vous le disais hier, je suis fasciné par ces masses minérales qui sont tout autour de nous. Ci-dessus un zoom sur la pierre : vous voyez, elle est sculptée comme si un géant la faisait éclater morceau par morceau avec un énorme burin.

Nous retrouvons donc la E6 à Ulvsvag, mais il nous est impossible d'échapper au ferry de Bognes qui nous fait traverser le Tysfjorden. Les extraordinaires montagnes toboggan sont là-bas, immenses, et me font à nouveau de l'oeil. Je les admire en attendant notre ferry qui arrive. Ci-dessous, je les photographie depuis le pont du ferry.

Nous retrouvons la E6. Je roule tout doucement, émerveillé par ces montagnes incroyables, j'arrête plusieurs fois pour faire des photos.

Je me souviens parfaitement, comme si c'était hier, de celle-ci, la Stortinden, 847 mètres. Nous apercevons un parking que nous loupons, mais avec Claudine, nous décidons de faire demi-tour, car nous avons aperçu un sentier qui devrait nous permettre de faire quelques belles photos et de l'admirer de plus près. Le ciel s'est de nouveau couvert, il pleut quelques gouttes, ce qui ne nous incite pas vraiment à y aller. Du coup, Claudine ne prend pas ses bâtons de marche, mais je prends les miens. Je n'attache même pas mes chaussures, Claudine prend juste ses baskets, notre intention est juste de faire quelques photos. Seulement voilà. Le sentier est facile, puis nous arrivons sur une zone de splendides pins tourmentés, sur un sol spongieux et recouvert de mousse, comme à l'accoutumée, mais relativement facile. Soudain, nous sommes près de l'immense dalle. Nous hésitons, puis prenons de l'assurance, pour finalement nous laisser envahir par ce lieu absolument magique. J'en ai rêvé, et nous y voici : nous marchons sur la dalle, nous nous élevons. Derrière nous, la pointe spectaculaire du Stortinden, majestueuse, nous domine de sa flèche pointue. Et face à nous, l'autre morceau du Stordinden, le grand toboggan. Très franchement, nous avons touché ici au domaine des dieux. Envoûtant, ensorcelant. Sur la dalle, quelques gros boulets qui ont glissé sur la pente et ont atterri ici ou là, au gré des bosses rencontrées pendant leur chute. Ici ou là, les restes de foyers : des feux allumés par quelques humains téméraires, ou juste respectueux des lieux sans doute peu souvent foulés. Si nous avions su, nous aurions pris toutes nos affaires et serions montés bien plus haut, et nous aurions mangé là-haut. C'était faisable. La pente était forte, je n'ai pas voulu continuer, mais il faudra bien revenir ici. Ce furent des moments magiques.

Nous reprenons la route après avoir mangé au pied de cette montagne magique. Nous verrons deux fois des couples partir sur la dalle, et les apercevrons plus tard là-haut dans la pente, plus loin que nous... Il faudra revenir ici avec un grand soleil, l'histoire n'est pas terminée. Nous reprenons la E6 qui nous offre des paysages sublimes, nous allons faire une incursion dans le Skjomenfjord, et revenons finalement sur la E6 nous poser au bord du grand Ofotfjorden, une quinzaine de km avant Narvik.

Ambiance soleil de minuit. Nous sortons faire des photos, il fait grand jour, mais le soleil est caché derrière les montagnes. Nous l'aurons un jour, nous l'aurons... ! Une dizaine de camping-cars sont là sur l'immense place. Nous discutons un bon moment avec nos voisins italiens, la mamma parlant très bien le français. Certains pêchent, un jeune sort un gros poisson à minuit passé... C'est fantastique. je vous laisse là-dessus. Ciao ciao !

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