20190828-0906

Du 28 août au 6 septembre 2019 : De Skibotn à Bodo, incursion en Suède

Carte du trajet et des balades du 28 août au 6 septembre 2019. Respectivement 105, 142, 172, 38, 126, 125, 133, 108 et 44 km pour Rouletabille.

Plus 2 randos à pied (30 et 31 août, sur le même site, en Suède). Tache rouge sur la carte.



Mercredi 28 août 2019

Temps triste, gris et très sombre. Nous retrouvons le grand Storfjorden à Skibotn, et le suivons vers le sud. En face de nous, de l'autre côté, les Alpes de Lyngen, de nouveau dans la brume. Photos prises en roulant, manque de lumière évident, mais malgré ça, je suis toujours aussi émerveillé par ces montagnes incroyables.

Plutôt que de descendre par la grande artère E6, Claudine repère une alternative : la route 87. Je la reconnais immédiatement, elle m'avait émerveillé en 2012 avec la Kangoo. Nous n'avons pas été déçus, croyez-moi, si ce n'est par le très mauvais état des routes dans le secteur. Mais après tout, c'est très secondaire, surtout que nous roulons doucement. Mieux que des discours, des photos, surtout que le ciel bleu revient en force pour notre plus grande joie.

Le lac Rostavatn se trouve en dehors de la route 87, mais on peut apparemment en faire le tour. Nous avons le temps : allons voir ça de plus près. Eh bien, très sincèrement, ce sera notre coup de coeur de la journée, à tel point que nous y passerons la nuit, tout au bout de la route, et ne reviendrons par l'autre côté (une piste) que demain matin !

Cette majestueuse montagne longe la totalité du lac sur la rive opposée. Au bout de la route, et du lac, de notre côté, se trouve une piste de plusieurs kilomètres de long, au bout de laquelle nous devrions trouver des sentiers de randonnée. En fait, au bout, la piste devient payante (quelques euros seulement), mais est surtout en très mauvais état. Une jeune fille rencontrée nous dit "ça va", mais nous n'osons pas y lancer Rouletabille, et faisons demi-tour car, en parallèle de l'autre côté se trouve une autre piste, très belle et sans souci. En regardant nos cartes, nous découvrons un petit sentier conduisant à une cascade. Allons voir...

Alors, qu'en pensez-vous ? Cerise sur le gâteau, la température est montée à... 22 °C (oui, oui, absolument incroyable), et comme il n'y a aucun insecte, nous sortons la table et les chaises pour manger dehors. Quel bonheur ! Alors que nous finissions de manger, un homme passant en voiture s'arrête et vient nous parler. Il est... espagnol, mais, marié à une norvégienne, vit à Tromso depuis 25 ans. Nous l'invitons au café, et, lui comme nous, sommes enchantés de partager une grosse demi-heure ensemble.

5 kilomètres plus loin, alors que nous nous dirigeons vers l'autre rive du lac sur une petite piste, nous apercevons entre deux buissons une superbe plage qui borde le lac dans toute sa largeur. Un chemin y conduit, j'y engage Rouletabille et... C'est simple, en voyant le lieu, je dis immédiatement à Claudine que la journée est terminée, que nous ne pouvons pas continuer, que nous devons absolument rester "buller" ici cet après-midi, et y passer la nuit. Sous le charme comme moi, elle ne peut qu'acquiescer ! Et c'est ainsi que nous sommes restés là, dehors, comme en plein été chez nous : il a fait 24 °C. Alors je vais vous le dire : la Norvège entre 5 et 15 °C, j'en suis amoureux. La Norvège à 24 °C, je n'ai même pas envie de la quitter, même pas envie de retourner en France... Heu, ou alors, juste pour manger et voir famille et amis...



Jeudi 29 août 2019

Petit déjeuner à l'extérieur, une grande première ! 20 °C au lever, c'est juste incroyable. Malheureusement, les choses vont se gâter très vite, avec l'arrivée d'un fort vent et des nuages. Nous reprenons la route en commençant par longer le lac jusqu'à l'autre bout par la piste commencée hier soir. Etroite, en assez mauvais état, nous avons eu la chance de n'y croiser personne (il aurait fallu faire une longue marche arrière...). Un arrêt devant une ferme-musée datant de 1841, avant de retrouver la 857.

Petite escapade pour aller voir la cascade de Malselvfossen, ma foi fort jolie. Les lieux sont vides, le restaurant, les chalets, il n'y a plus personne, je trouve ça triste. Curieusement, bien que détestant la foule, j'aime croiser des touristes et "sentir" la vie, mais là, tout est mort, un peu comme si un événement terrifiant avait chassé toute la population.

Nous retrouvons la E6, mais la quittons de nouveau à Setermoen pour nous "enfoncer" tout au bout de la 847. Déception, route défoncée, paysages "moyens", nombreuses averses torrentielles... Nous rebroussons chemin et posons le bivouac sur la piste au bord d'un lac : au moins, le spot est splendide, comme nous les aimons, et le ciel s'éclaircit à nouveau. Mais un vent fort et froid ne nous permettra pas de sortir table et chaises comme hier : je crois que nous ne retrouverons plus une telle météo maintenant !



Vendredi 30 août 2019

Pluie au réveil... Après consultation de la météo, nous devrions avoir un créneau ensoleillé pour tenter une petite incursion en Suède, dans le parc national de Abisko. L'eau dévale les pentes de la piste et commence à y creuser de petits ruisseaux... Nous retrouvons avec plaisir la E6 et marquons un arrêt dans un musée à ciel ouvert présentant de vieux bâtiments de ferme.

Nous voici arrivés à Abisko. Comme la pluie a cessé, nous décidons d'aller explorer le canyon qui est la grande attraction du parc. Ici, comme en Finlande l'autre jour, nous sommes sur un des sites les plus visités de Suède. C'est d'ici que part également un des plus beaux grands treks suédois, le Kungsleden. Sur la carte ci-dessus, en rouge les 4 km que nous effectuons cet après-midi, et en bleu les 12 km que nous devons faire demain. Cette balade de 4 km nous permet de découvrir le canyon et l'estuaire de la splendide rivière Abiskojokk. C'est grandiose. Eau turquoise, bleue, verte, rochers vert clair au fond de la gorge, noirs sur les côtés. Le sentier, extrêmement bien aménagé, nous conduit jusqu'à l'immense lac Torneträsk. Admirez...

La personne que vous voyez, en rouge, sur cette photo, se trouve là où je sautais tout-à-l'heure... Au loin, de l'autre côté du grand lac, les montagnes de Norvège... Le ciel s'éclaircit, nous devrions avoir beau temps demain pour la randonnée le long de la rivière. Nous allons bivouaquer sur un parking à l'écart du bruit à Abisko même, à deux kilomètres du départ.



Samedi 31 août 2019

Donc, comme je vous le disais hier, en bleu notre rando du jour. Nous avons longé la rivière à l'aller, et sommes revenus par les marais.

Claudine a écrit... On part à dix heures avec eau et barres de céréales. On fera ce que l'on peut en fonction de nos envies, du site, et de la pluie prévue vers 15 h. Wouah !!! Grandiose, ce bord de rivière et la forêt de bouleaux. Les couleurs d'automne sont là : rouge au sol et jaune sur les arbres, je me régale. Le chemin est large et bien tracé, bien sûr avec boue et cailloux... Un vrai chemin de rando, avec très peu de dénivelé. On craignait de croiser ou de devoir suivre beaucoup de monde, surtout au départ, un groupe de femmes arrivées en bus, mais non. On les a devancées, puis plus rien, un vrai bonheur. On s'est offert un joli point de vue sur des rapides, puis demi-tour par un autre chemin : zones humides et forêts avec quelques pins, plus un village Sami reconstitué. Une boucle de plus de 12 km en 4h30. Sur le parking, on croise un couple de français, Sarah et Maximilien, qui voyagent dans un petit véhicule de type kangoo depuis la mi-mars !

Retour vers la Norvège. Comme prévu, la pluie est revenue en soirée, nous avons été chanceux. Arrêt bivouac une trentaine de km plus loin, toujours en Suède, en face de la petite gare de Vassijaure. Nuit tranquille, à part le bruit de la pluie sur le toit de Rouletabille...



Dimanche 1er septembre 2019

Beau temps ce matin pour reprendre la route. Nous arrivons très vite en Norvège, et avons plaisir à voir sous le soleil les paysages traversés sous la pluie avant-hier matin.

C'est la première fois que je vois Narvik sous un grand ciel bleu ! Nous longeons ensuite le beau et grand Ofotfjorden sur la E6 jusqu'à Ballangen, avant de prendre la 819 jusqu'à Kjeldebotn, toujours sur le même fjord.

Nous mangeons ici au fond du fjord, où nous assistons au magnifique spectacle du flux de la marée qui s'engouffre en puissance dans un fond de fjord. Magique. Nous poussons ensuite jusqu'au bout de la route.

Nous sommes ici au bout du monde, et décidons de rester dormir là. De plus, le site, tout en étant superbe, se prête parfaitement à une petite séance de pêche. Au deuxième coup, je prends un beau maquereau. Puis une deuxième prise un peu plus tard, plus petite, avant de perdre un autre maquereau à mes pieds... C'est peu après que la manivelle du moulinet se casse. Claudine réussit à le réparer peu après la visite d'une petite famille suédoise. La pluie s'est alors invitée, donnant le coup d'arrêt définitif à la séance piscicole... Pas grave, nous mangerons le fruit de notre pêche ce soir même, et ce fut délicieux !



Lundi 2 septembre 2019

Il a beaucoup plu cette nuit, et les températures ont bien chuté. De plus, une petite bruine intermittente s'installe, contrairement aux prévisions. Du coup, la randonnée que nous avions prévue doit être abandonnée. Nous traversons alors la péninsule et retrouvons la E6 sur quelques kilomètres avant de prendre la route 741 pour aller jusqu'au bout du bout. Ci-dessus la petite plage au-dessus de laquelle nous avons dormi. Sur les photos suivantes, des cascades dévalant les pentes un peu partout dans la montagne, c'est magnifique.

En fait, la E6 arrive sur une embouchure de fjord appelée Forsahavet. Et je reconnais soudain les lieux. Nous sommes dans un de mes coins préférés de Norvège, et nous sommes passés ici le 30 juin dernier. En effet, nous sommes entourés par ces fameuses montagnes aux parois totalement lisses, couvertes d'immenses dalles minérales en forme de toboggans géants. Souvenez-vous, nous avons commencé l'escalade de l'une d'entre elles.... C'est ici que nous prenons la 741 et, malgré la brume, je ne peux m'empêcher de les photographier. J'espère que vous les apprécierez malgré la piètre qualité des photos.

Un bruit nous fait sursauter : c'est un aigle marin qui décolle juste au-dessus de nos têtes alors que nous arrivions sur cette plage. Je suis heureux d'avoir réussi à le prendre en photo... Admirez aussi les roches : j'adore ! Un peu plus loin, nous apercevons une oeuvre d'art sculptée sur les rochers au bord du fjord. C'est devant cette vue que nous allons pique-niquer, mais à l'intérieur de Rouletabille : il fait très froid !

Les fonds de fjord se remplissent toujours avec la même fougue de la marée... Nous faisons demi-tour, la 741 se terminant en cul-de-sac. La brume s'est levée, nous permettant de photographier ces montagnes incroyables...

Il nous reste un ferry à prendre sur la E6. Or, il existe une alternative, en prenant la route 827 qui mène à Kjopsvik. Malgré ce ciel bas et gris et ce manque de luminosité, il ne m'est tout simplement pas possible de rouler au pied de ces monstres sans les photographier ! Je vous laisse regarder ça, c'est époustouflant !

Le ferry se prend à Kjopsvik, mais la route se poursuit par la 684 jusqu'à Hundholmen, puis par une piste jusque sur l'autre côté du fjord. Nous décidons d'aller chercher un spot le long de la piste après être allés tout au bout, et de ne prendre le ferry que demain matin. Le spectacle continue...

C'est là que nous posons Rouletabille ce soir, près de cette dalle sur laquelle on peut voir les cailloux en provenance du haut... Pourvu qu'un gros bloc ne se détache pas cette nuit ! En face de nous, de l'autre côté de la baie, cette jolie butte (ci-dessous, au zoom maxi)...



Mardi 3 septembre 2019

Retour vers le ferry, ici sous une belle lumière, mais si fugace. En effet, malheureusement, notre étoile cachée nous empêche de faire les photos que ces lieux d'exception mériteraient ! Je vous livre néanmoins ce que nous avons fait au cours de cette belle traversée, malgré ce ciel morne et triste.

Nous retrouvons maintenant la E6, qui va longer des lacs splendides lovés aux pieds d'autres dalles éblouissantes. Nous ferons un arrêt sur la plage d'un de ces lacs...

Nous mangeons au pied du Krakmotinden, cette incroyable montagne de 924 mètres que j'espère bien gravir une fois dans ma vie. Il existe un chemin de randonnée qui y monte, mais il faut une météo parfaite, et des dalles totalement sèches. Ce ne sera pas encore pour cette fois. Je l'aurai un jour, je l'aurai !

Une fois de plus, nous quittons de nouveau la E6 pour un détour, cette fois via la 613, époustouflante elle aussi. Ah oui, je voulais vous dire qu'avec Claudine, nous avons trouvé un nouveau synonyme pour l'adjectif "magnifique", c'est "norvégien"...

Retour sur la E6. Sur les photos ci-dessus et dessous, de l'autre côté du fjord, la route 613 que nous venons de suivre... Quelques kilomètres plus loin, pour ne pas bivouaquer le long de la E6, nous prendrons de nouveau une piste qui se termine en cul-de-sac dans le hameau appelé Aspenes. Nous poserons Rouletabille au-dessus du fjord le long de cette piste, pour un nouveau bivouac mémorable (dernière photo du jour, et première photo du jour suivant).



Mercredi 4 septembre 2019

Lumières incroyables ce matin sous ce ciel d'orage. Ci-dessus notre spot nocturne. Ci-dessous les photos prises le long de la piste retournant sur la E6. Que c'est beau !

A Fauske (ci-dessus), où nous faisons nos courses et nos vidanges, nous quittons de nouveau la E6 pour la route 80 qui file plein ouest vers l'océan et Bodo. Le but : montrer à Claudine le Saltstraumen, le plus grand courant de marée d'Europe. Ciel chargé d'orages, lumières incroyables.

Arrêt quelques km avant le site de Saltstraumen. Les courants sont déjà violents, mais l'attraction, ici, se trouve sur les roches : admirez les plissements du minéral.

Je regarde aussi ce pêcheur. C'est un hollandais que j'ai salué alors qu'il sortait de sa voiture, et qui est allé en courant à la sortie du flot. Il pêche "à la mouche" artificielle, avec un gros fil et un drôle de moulinet, et tire sans arrêt sur le fil. Les photos suivantes vous montrent les puissants tourbillons générés par le flot de marée. Nous rencontrons ici un jeune couple de Saintes, et discutons un long moment ensemble, tout en admirant... mon pêcheur hollandais, arrivé lui aussi entre-temps sur le site. Au bout de quelques minutes, il a sorti un énorme poisson de l'eau, sous les yeux admiratifs des pêcheurs allemands, bredouilles, qui pêchaient à côté. Peu après, il en sortait un deuxième qu'il rejetait aussitôt à l'eau. L'allemand est venu lui parler, et mon hollandais lui a donné le poisson suivant. Je me suis alors approché de lui pour discuter, et il en a pêché un pendant que nous parlions. Il me demande si je le veux, et je dis "oui, merci beaucoup" ! Claudine est allée chercher le couteau, je l'ai nettoyé à côté, dans l'eau du fond d'un mini-fjord. Un "meute" de mouettes est venue se jeter sur les déchets que j'avais jetés dans l'eau, magnifique nature où tout se transforme...

Notre but étant maintenant de "descendre" la côte via la route 17, nous repartons peu après. Nous trouvons quelques km plus loin un joli spot sur une petite route adjacente, au bord d'un fond de fjord aux eaux transparentes. La pluie revient, mais nous sommes bien au chaud dans notre petit camion...



Jeudi 5 septembre 2019

Pluie prévue aujourd'hui et demain. Du coup, je propose à Claudine de faire un arrêt et de travailler sur le site que j'ai négligé tous ces jours. Nous choisissons de nous poser sur l'île de Sandhornoya, que l'on peut joindre par un pont à Kjopstad. Alors que nous arrêtons sur un parking quelques km après notre départ, nous avons l'agréable surprise de rencontrer notre... pêcheur hollandais, celui qui nous a donné un poisson hier soir ! Nous papotons un peu : il s'en va en courant vers le fjord, sa canne à la main... Un passionné !

C'est devant cette plage que nous installons notre bivouac pour deux nuits. Il y a là un bâtiment à disposition, avec des toilettes aussi soignées qu'à la maison, et des douches à disposition pour 10 NOK et 5 minutes (un euro), que nous allons bien entendu utiliser. Finalement, Claudine pourra s'échapper et se promener sur la plage et jusqu'au village d'à côté. Ce sont donc ses photos que je vous livre... Pour ma part, j'avais déjà posé ma moto devant cette plage en 1976, lorsque j'étais venu au Cap Nord avec mes amis motards Eric et Richard, et je laisse donc Claudine "seule sur la plage"...



Vendredi 6 septembre 2019

Finalement, la météo s'avère bien moins mauvaise que prévu, et Claudine retourne se promener sur la plage, et pousse jusqu'au village de Sandvika. Elle va faire une dizaine de km et reviendra ravie de ses escapades. Je vouslaisse admirer ses belles photos. Pour ma part, je suis resté bosser, mais n'allez pas croire que ce soit difficile : j'aime faire ça. Mon seul problème, c'est que je "loupe" les randonnées que fait Claudine, mais bon, nous nous rattraperons...

Pour ma part, je sors faire quelques photos dans la soirée, pour vous montrer où se trouve Rouletabille, et la route devant le parking. Voilà, fin de ce récit, merci pour votre attention.

Un très très grand merci pour vos messages chaleureux, ainsi que les mails reçus sur ma boite perso. Comme je l'ai toujours dit, c'est un réel encouragement pour moi de les recevoir. Au fait, Dom, serait-il possible de voir ces fameux dessins réalisés au cours de votre voyage ? De plus, Claudine et moi avons trouvé absolument incroyable l'anecdote du renard ! Merci de nous l'avoir racontée. A bientôt à tous. Ciao ciao.

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