Du Léman à Chamonix

Samedi 19 septembre 2009 - 209 km - 95 photos - 39 sélectionnées - Pluies d'orages

Du Lac Léman à Chamonix - Préalpes de Savoir - Le Massif du Chablais


Réveil. Où sommes-nous? Ah oui, c'est vrai, je suis sous la tente. Ah oui, c'est vrai, je ne suis pas seul sous cette tente! J'émerge doucement, alors que Kiki ronge son frein depuis longtemps déjà. Lui, c'est un lève-tôt. Pas moi. D'un autre côté, nous sommes ici pour rouler, pas pour rester allongés sur l'herbe... Il ne me faut donc pas longtemps pour sortir de la maison. Il a plu, c'est clair. Mais pour l'instant, ça va. Je vais tranquillement vers les sanitaires. Un bruit attire mon attention. Serait-ce... de l'orage? Oui, c'est bien ça. On devrait plier rapidement... Aïe, non, trop tard. Un déluge s'abat sur le terrain, à tel point que je ne peux même pas retourner au campement. Des ruisseaux se forment en quelques minutes, et dévalent les allées. Mince alors, elle est belle, celle-là. Rarement vu une averse si rapide et si violente. Lorsque finalement je rejoins le frangin, il ne rigole pas du tout... Il n'aime pas l'eau, le gars!

Sauf dans le pastis...

Pour cette fois, la météo était correcte. Pluies d'orages, qu'ils disaient. C'est bien ça. Le ciel s'est lavé aussi vite qu'il s'était couvert. Tant mieux!

Il est 9h45... C'est parti pour la vraie première journée des réjouissances. Hier, c'était en quelque sorte la préparation de la table. Aujourd'hui, on attaque le hors d'oeuvre, l'entrée en matière, la mise en bouche. J'ai prévu une petite journée, en fait, la plus petite du programme. Il s'agit de démarrer en douceur, histoire de s'acclimater, non pas à la température, mais aux nombreuses courbes qui nous attendent, et qui, à priori, m'intimident.

Nous sommes ici sur le port de Sciez, à deux pas de notre camping. On aperçoit toute une rangée de nuages accrochés sur toute la rive opposée, côté Suisse. On va les leur laisser avec joie, aux p'tits Suisses! Enfin, certains sont grands, comme l'ami Jean, passé nous voir hier soir...

Ravitaillement de nos montures, qui ont soif. C'est ce qui va nous coûter le plus cher, finalement, le ricard de nos bécanes! Dommage qu'elles ne carburent pas au foin, comme autrefois! D'un autre côté, elles ne sont vraiment pas difficiles, c'est la seule chose qu'elles nous ont réclamé pendant toute la balade! Nous commençons doucement à prendre quelque hauteur. Ici, à Allinges, nous voyons un peu mieux le lac.

Ce sera tout. La D12 monte si bien que nous sommes bientôt dans les nuages...

Premier col d'une longue, très longue série. La montée dans la belle forêt aurait été délicieuse sous le soleil. Elle s'est effectuée dans le brouillard des minuscules gouttes d'eau recouvrant le relief. Néanmoins, j'ai apprécié ces premiers virages.

Coup d'oeil en arrière, afin que vous puissiez apprécier le paysage, qui ne nous a pas déçus. Nous pensions juste voir un peu plus loin...

Vestes et pantalons de pluie sont à la fête... Nous aussi, car nous savons que la journée sera tantôt pluvieuse, tantôt moins (vieuse... oui, je sais, ce n'est pas terrible, mais je n'ai pas pu m'en empêcher!).

Voilà, ce que je disais. Les nuages tentent de s'accrocher aux reliefs. Il y parviennent sur les hauteurs, moins dans les vallées. Ici, toujours sur la D12, peu avant Habère-Lullin, en descendant vers Villard, Bogève et Viuz-en-Sallaz.

A Bogève, nous passons le col du Perret (963 m) sans nous en apercevoir. J'y demande la route conduisant à Onnion -très étroite et sinueuse- mais les habitués du bistrot me disent de contourner par Viuz-en-Sallaz. Je n'insiste pas, et profite de l'arrêt pour graisser la chaîne de la Transalp, suite à la route effectuée hier. Avec l'aide de Kiki, ça va nous prendre dans les 3-4 minutes... Ce sera le seul boulot que la Transalp me donnera!

Ici, nous arrivons à Viuz-en-Sallaz. Il fait presque chaud.

Nous suivons alors la D907 vers l'est, via Saint Jeoire et Mieussy. Une bien belle route, large, qui nous conduit ici, à Taninges. Nous avons chaud maintenant, et faim. Il est déjà près de midi, nous décidons de nous installer dans un bistrot et d'y déguster un gros sandwich bien de chez nous accompagné de son boc de bière. Ben oui, il ne faut quand même pas oublier le ventre, non plus. Y'a pas qu'la moto, dans la vie...

Sculpture de bois cloué sur un bout de mur du bar. Nous sommes bien arrivés dans les Alpes.

Dehors, c'est maintenant la grosse chaleur orageuse. Mais il n'y a plus de place en terrasse...

Quand nous reprenons la route, vers 12h30, nous savons que tout le monde va s'arrêter pour la pause repas. La route ne sera donc que pour nous, ou presque...

J'avais prévu, si vous regardez les cartes de l'itinéraire initial, de passer par les cols de la Ramaz (1559 m) et de la Savolière (1428 m), mais la route est fermée. Jean Romain me l'avait dit, et je confirme. Mais j'ai envie d'essayer de la récupérer juste après, en passant par Fry depuis la D902 conduisant à Montriond via Les Gets. Et ça marche! Nous récupérons la minuscule D328. Ici, vers 1280 mètres d'altitude, au lieu-dit Beauregard, presque au pied du Roc d'Enfer (2243 m). Cette fois, je me sens vraiment dans le voyage. Cette route est une merveille!

Quelques virages plus haut. Un magnifique paysage alpestre défile sous nos yeux admiratifs. Dommage que le ciel se recouvre...

Col de l'Encrenaz (1433 m), Aucun panneau indicateur ou explicatif... Mais c'est bien le col.

La pluie revient alors que nous démarrons. Nous avons heureusement gardé les tenues aqua..., non, adéquates.

On aperçoit les chalets du village de La Côte-d'Arbroz. Plus loin, au fond de la vallée et encore invisibles, se trouvent Montriond et Morzine.

Les premières épingles à cheveux, à La Côte-d'Arbroz. En bas, on voit bien maintenant la petite ville de Montriond.

 

Le clocher de l'église de Montriond.

J'ai loupé la route conduisant au lac de Montriond, mais ce n'est pas bien grave. En effet, il s'agit d'une boucle passant par la montagne de Séraussaix au-dessus d'Avoriaz, et que l'on peut prendre dans les deux sens. Ce sera donc à partir de Morzine.

Morzine se situe à près de 1000 mètres, et la vingtaine de lacets que nous négocions laborieusement nous propulse à plus 1500 mètres en moins de 9 km. Un groupe de motards furieux nous dépasse très aisément. Ce sont des Allemands, avec, pour plus de 90% d'entre eux, des BMW GS 1150, 1200 et 1200 Adventure, pour la plupart équipées des valises métalliques qui vont avec. Ils viennent s'éclater -littéralement pour certains d'entre eux- en France, vu que certaines de leurs montagnes leur sont tout simplement interdites, pour cause de mortalité trop élevée. Et mon frangin Vosgien nous a confirmé ces faits pour les Vosges: plusieurs morts motocyclistes Allemands tous les ans, et de plus en plus.... A chacun sa vision de la moto. Prendre son pied, oui. De là à tenter les vols planés, sans parachute... Nous en avons rencontré en grosses quantités, tous les jours, sur les routes des cols les plus réputés. Les cols inconnus -et pourtant grandioses- sont vierges de ce genre de motards...

Les statistiques enregistrées par le GPS nous apportent les éléments suivants. Durée: 14 minutes. Distance: 8,7 km. Vitesses: mini 2,7 km/h, maxi 63,7 km/h, moyenne 35,9 km/h. Altitudes mini 950 m et maxi 1546 mètres. Pour les matheux... J'ai un regret, celui de ne pas avoir fait de photo de la petite ville de Morzine en grimpant, car c'était superbe. Une vue aérienne, en quelque sorte. Une fois sur le plateau, la pluie augmente sérieusement. On aperçoit les immeubles de l'horrible station d'Avoriaz. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je déteste totalement ces villes de sports d'hiver en dehors de l'hiver -et encore, pendant l'hiver, je ne les aime pas non plus... des immeubles, ce sont toujours des immeubles, et ça gâche tellement cette belle nature! Mais la création de ces stations a engendré la création de jolies routes, qui, pour le coup, me plaisent beaucoup. On ne peut pas toujours tout avoir. Les randonneurs ne partageront pas mon opinion, et je dois bien reconnaître qu'ils ont raison!

Quoi qu'il en soit, nous sommes bien dans le vif du sujet, avec ces premières séries de virages à 180 degrés!

Nous venons de passer le Col de la Joux Verte (1760 m) sous une belle averse, sans nous en apercevoir. On amorce maintenant le premier virage de la descente vers Les Lindarets. Nous sommes sur la D338. Un vrai régal pour les deux-roues.

Les Lindarets. Les remonte-pentes enlaidissent un paysage qui serait si beau! Je vous laisse juges.

Toujours aux Lindarets, un peu plus bas. Les chêvres sont dans la rue, le fromage dans les échoppes... Un commerçant motard nous invite à la prudence. "Première pluie, les gars, sur une route chaude et pas mouillée depuis longtemps, c'est gras, ça glisse, faites gaffe, il y a quelques belles courbes un peu traîtres, je me suis planté une fois comme ça...". Ce sera donc une descente en mode "lopette", mais sans chute!

Puis c'est le lac de Montriond, enchassé dans la vallée. Avec, en prime, quelques rayons de soleil.

Le thermomètre fait le yoyo, comme l'altimètre. Sous les vêtements de pluie, il fait très chaud... Une autre douche va s'imposer ce soir!

Et je ne suis pas le seul dans ce cas, heureusement!

Ce que j'aime, avec la montagne, c'est l'extrême diversité des paysages.

Un ancien vient discuter un peu de nos bécanes. Il aurait aimé en avoir une, mais sa femme n'a jamais voulu.

Il aurait du changer de femme...


(Aïe, non, pas taper, SVP. Je vous adore, les filles. Que ferions-nous sans vous, à part de la moto?)

Joli chalet à l'autre bout du lac de Montriond.

Et retour à Montriond, la boucle est bouclée!

Au loin, le village de La Côte-d'Arbroz traversé plus tôt lors de la descente du col de l'Encrenaz.

Nous retournons à Morzine et prenons la belle et sinueuse D354 en direction de Samoëns. Arrivée au col du Ranfolly (1656 m). Le ciel se couvre de plus en plus, c'est sûr, il va nous tomber sur la tête...

Et il nous tombe effectivement sur la tête! Dommage, nous loupons de très jolis paysages, car les restes qui nous sont offerts sont déjà superbes!

Je ne vois même pas la tête du frangin, derrière la grande bulle protectrice du BB constellées de jolies -hum hum...- gouttes d'eau!

Le soleil joue à cache-cache, les nuages s'emmêlent les pinces le long des pentes... C'est quand même beau. En haut à droite, la route que nous venons de descendre, et d'où j'ai pris la photo précédente (non, pas celle du rétro, l'autre avant, évidemment!). Faut vraiment tout noter, avec vous.

Quoi, mais nous sommes sur un col? Il n'est même pas indiqué sur ma carte, celui-là, d'où sort-il?

Un col en pleine descente, en plus! Je n'y comprends rien du tout.
Kiki rigole sur la photo, mais en vrai, il ne riait pas du tout, le gars! Il n'aime pas la pluie en deux-roues, allez savoir pourquoi!

Ah si, sur la carte au 1/25.000ème, je vois le col. Et la maison porte le nom de "chalet du col". Normal, finalement.

Il y a un lac minuscule au col. Je dirais même plutôt un étang! On le distingue au niveau du rétro droit d'Akitsu.

Encore une photo. Ben oui, toput simplement parce que j'ai beaucoup aimé ce col.
Et aussi parce qu'il y a les photos de Kiki (celles qui ne sont pas estampillées "allersretours"...).

Une petite dernière, pour ceux qui n'auraient pas bien compris. Ne rigolez pas, il y en a toujours quelques uns. Ceux qui sont au fond de la classe en train de discuter, par exemple, pendant que je m'évertue à expliquer en long, en large et en travers notre circuit. Ah, j'vous jure, c'est pénible!

Nous n'avons pas pu apprécier à sa juste valeur la descente chargée de courbes vers Samoëns, puisque nous l'avons effectuée sous une pluie fort soutenue. Nous rattrapons la D907 qui nous conduit à Taninges, où nous avons mangé ce midi. Là, changement total de direction. nous quittons le Chablais, traversons le Giffre et prenons la direction de Chamonix, en suivant la vallée de l'Arve, qui coule au pied du Mont Blanc.

Châtillon sur Cluses. La chapelle du Mont-Provent ou Notre-Dame de la visitation, édifiée en 1838. Elle se trouve au bord de la route, un peu avant d'arriver au bourg. Un chaud soleil fait rapidement s'évaporer l'eau dégoulinant de nos tenues de pluie. C'est génial.

Notre journée de touristes est désormais terminée. Il est plus de 17 heures. Nous prenons la voie rapide D1205 puis D1506, traversons Cluses, Sallanches, Saint-Gervais-les-Bains. Nous arrivons vite aux Bossons. Des travaux nous obligent à faire un retour sur nos pas, mais nous "tombons" presque directement sur notre camping.

La vue que nous découvrons alors en levant la tête nous emmène vers des souvenirs communs. Nous sommes déjà venus voir ce glacier avec nos deux autres frangins avec le camping-car de nos parents, voici bien une vingtaine d'années... Que de souvenirs!

Zoom sur le glacier des Bossons qui "tombe" du Mont Blanc, loin au-dessus de nos têtes, perdu dans le brouillard. Nous voici au pied des géants!

On distingue vaguement un glacier loin derrière nous. Nous montons donc la tente au pied des plus grands sommets Alpins. Dommage que le ciel ne soit pas plus sympa avec nous. Le vent, assez fort, nous permet de sécher la toile en quelques minutes, juste avant les premières gouttes de pluie. >mais peu importe, les sacs et duverts sont au sec maintenant. Nous filons faire quelques courses au supermarché du coin.

Un peu plus de 200 bornes de montagne, et programme respecté à très peu de choses près, malgré la pluie, c'est vraiment parfait!

Pour une fois, et ce sera la seule, Akitsu accepte de nous prendre en photo. Nous en profitons. En plus, c'est juste au moment du seul rayon de soleil de la soirée, qu'il ne fallait pas louper. Il est 18h15, ouf, tout est fait avant la nuit, c'est le principal.

L'accueil au camping est très sympa. Nous avons droit à la clef d'une belle salle avec chaises et tables, ce qui plait beaucoup à Kiki.

Et le tout pour 6,65 euros par personne.

Nous y mangerons et y prendrons le petit déj' demain matin, et nous y laisserons sécher nos chaussures et tenues de pluie.

La douche est chaude, c'est propre. Nous reprenons vite des forces.

Mais nous filons nous coucher de bonne heure, vers 20h30. Sous la pluie. Kiki a guère le moral, à cause de cette météo qui ne lui convient décidément pas du tout. Je crois e"n fait qu'il déteste le camping.

Nous prenons la décision de mettre le réveil à 6 heures, pour partir à 8 heures, car nous avons demain une des plus dures journées de la semaine....


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