De Chamonix au lac d'Annecy

Dimanche 20 septembre 2009 - 322 km - 207 photos - 99 sélectionnées (dont 6 à Kiki) - Plutôt beau temps

De Chamonix au Lac d'Annecy, via la Suisse et l'Italie, Martigny, Aoste, Bourg-St-Maurice, Beaufort, La Clusaz, Thones, Angon
Par les cols --- Montets - Forclaz - Grand Saint Bernard - Petit Saint Bernard - Cormet de Roselend - Saisies - Aravis


Les points noirs et jaune sans légende sont des cols initialement prévus, et que nous avons finalement évités, faute de temps. La prochaine fois...

6h24. Kiki m'a bien réveillé à 6 heures... Dur dur! Heureusement, comme il est réveillé de bonne heure, il a la gentillesse d'aller faire chauffer le café, ce qui me donne dix minutes supplémentaires à réfléchir au fait que je vais devoir quitter mon duvert, dans lequel je suis bien au chaud! Mais comme ce n'est pas pour aller au boulot, je me trouve quelques arguments... Il ne pleut pas, c'est déjà ça.

A l'arrière-plan, je peux apercevoir quelques hauts sommets enneigés qui, tout comme moi, s'éveillent doucement dans la lumière du jour naissant.

Spectacle grandiose, dont on ne saurait se lasser!

Certains d'entre vous peuvent les nommer. Ce sont les grands sommets autour du Mont Blanc.

Le Dôme du Goûter, je suppose? Si oui, 4304 mètres...

Une bien belle masse minérale.

La petite route menant au camping. Notre tente est à ma droite, les hauts sommets à ma gauche.

Après un solide petit déjeûner, puis le rangement de la tente et du reste, nous démarrons enfin. Il est 8h15! A gauche, la cabane dans laquelle nous avons mangé, et laissé nos affaires à sécher cette nuit. Et en face de nous, là-haut, le fabuleux spectacle des plus hauts sommets alpins jouant à cache-cache avec le soleil!

Nous voici sur la D1506, direction la Suisse, au nord-est. Nous sommes ici à deux pas du camping, situé en contrebas.

Là-bas, c'est Chamonix, sous une épaisse couche de brouillard. Allons-nous vers la pluie? La traversée de Chamonix s'effectue sans problème à cette heure matinale, d'autant plus que c'est aujourd'hui dimanche. Tout le monde dort, sauf quelques irréductibles Gaulois... Nous poursuivons et traversons Argentière, puis c'est la première montée de la journée. Quelques lacets bien appuyés, et nous voici au col des Montets, que nous passons sans marquer de pause, parce que sans le voir... C'est ensuite le passage de la frontière: nous sommes en Suisse. Le temps se couvre, et nous grimpons le col de la Forclaz sous un brouillard de plus en plus dense. Quel dommage, car les quelques vues dégagées sur le village du Gilliod sont superbes.

Le col de la Forclaz se situe dans le canton suisse du Valais, entre la ville de Martigny et le village de Trient. Il culmine à 1527 mètres d'altitude (certains sites indiquent 1526...) et a une déclivité de 9%. Malheureusement pour nous, il s'avère aujourd'hui très décevant pour le paysage!

Coup d'oeil en arrière. On voit qu'il ne manque pas grand chose pour avoir le soleil. Mais quand c'est comme ça, il n'y a en général aucune alternative: c'est tout ou rien. Pour nous, le col de la Forclaz, ce sera rien! Juste quelques photos de brume.

Kiki ne rigole pas. Il veut du soleil! Forcément, nous ne tardons pas ici, pusiqu'il n'y a vraiment rien à y faire. La descente sera terrible. Je n'y verrai goutte. Enfin, plutôt si, je n'y verrai que des gouttes! La visière ne sert à rien, elle dégouline. En-dessous, j'ai les lunettes. Elles ne tardent pas à se couvrir de brume, qui finit elle aussi par former des goutelettes... Je dois pratiquement m'arrêter par deux fois, complètement aveugle. Et c'est le genre d'environnement où il vaut mieux rester sur la route, car sur notre droite, nous devinons, nous sentons la présence du vide, ou l'absence de tout, comme vous voulez.

Soudain, un stupéfiant paysage apparaît au loin. Serait-ce une immense piste d'aterrissage pour Martiens et autres extra-terrestres? C'est la première impression que je ressens. Kiki a eu la même surprise. Incroyable vallée totalement plate, et large. C'est Martigny, dans le Valais Suisse.

Le brouillard s'en va en quelques secondes, le moral remonte en flèche. Les côtaux sont couverts de vigne, et chaque mètre carré de terrain est exploité.

Nous avons viré à 180 degrés et voyons maintenant Martigny dans l'autre sens.
Nous ne rentrons pas en ville et prenons directement la direction du Grand Saint Bernard, vers l'Italie.

C'est la vallée d'Entremont que nous remontons. Ici, le village de Liddes, en contre-jour.

Petit coup d'oeil en arrière. Au loin, l'énorme masse nuageuse de laquelle nous sortons, avec, haut dans le ciel, une masse....?

Oui, c'est bien ce que je pensais. Un sommet bien pentu émerge au-dessus de la brume.

Petite chapelle que nous venons de dépasser, situé environ un kilomètre au sud de Liddes.

La route, bien qu'en assez mauvais état, est un régal pour les deux motards que nous sommes. Au loin apparaissent quelques très hauts sommets. Ici le Grand Combin (4314 m). Si vous regardez la carte, vous remarquerez que notre itinéraire contourne la totalité du massif du Mont Blanc.

Le ciel s'éclaircit au fur et à mesure que nous progressons. L'environnement devient de plus en plus minéral. La route passe sous des voutes de plus en plus longues, longeant le lac des Toules, issu du barrage du même nom, actuellement en travaux de renforcement. Le barrage des Toules est situé dans le val d’Entremont. Sa retenue est alimentée en eau par un bassin versant comprenant la Dranse d’Entremont, trois prises d’eau - celles d’Allèves, de Croix et de Valsorey - et six glaciers. Les Toules est le premier barrage en Suisse de type voûte. Sa construction débuta en 1955 pour s’achever en 1964. Le niveau de l'eau a été abaissé de 30 mètres pour les travaux. Nous sommes ici à plus de 1900 mètres d'altitude, et c'est là que débouche le Tunnel du Grand Saint Bernard que nous n'avons absolument aucune envie d'emprunter, la route du col étant heureusement ouverte!

Les couleurs "orange" de la végétation automnale donnent un peu de gaîté à ce monde essentiellement minéral.

Kiki aurait-il chaud? Ou est-ce simplement le plaisir d'enlever le casque?

Entre deux séries de lacets, vers 2200 mètres, entre l'Hospitalet et l'Hospice. Nos braves montures avalent la belle pente -vous pouvez le constater sur la photo- sans montrer le moindre signe d'essouflement. Au contraire, on dirait qu'elles en demandent. Elles ne vont pas être déçues!

La route... Que du bonheur! T'oublies tous tes soucis, tu roules parmi ces paysages de solitude. Tu reposes ton esprit. Tu vis.

Arrivée au col du Grand Saint Bernard. Ici, côté Suisse, que nous venons de parcourir. Napoléon est ici à l'honneur, aussi bien côté Suisse qu'en Italie... J'en suis très surpris, ne voyant pas trop ce qu'il a pu apporter à ces deux nations? Chacun appréciera!

On aperçoit Kiki au loin, sûrement en train de regarder son scooter. Il est beaucoup plus attentionné à sa monture que moi, mais c'est bien normal, car il est mécano au départ. Alors, le moindre bruit le fait sursauter: "il a un son de ..., je me demande si..." Je n'ai pas tous ces problèmes. D'abord, j'entends mal, à mon grand âge, et en plus, n'ayant aucune connaissance mécanique, je ne pense à rien de particulier. Elle démarre, je roule. Point.

Bon, tout a l'air de bien fonctionner. Un p'tit sourire... Il a sorti son appareil photo. Il va dégaîner, c'est sûr!

Et voilà. Plein centre. Touché, coulé!

"Le premier consul Bonaparte .... franchi ce col en mai 1800". Et alors? Ils ont du importuner un paquet de gens pour passer!
Jef et Kiki l'ont franchi le 20/09/09 à 10h45. Avec nos coursiers, comme des grands, sans rien demander à personne. Il n'y aura pas de pancarte. Lol.

De l'autre côté du col, une surprise nous attend. Ce superbe petit lac est un vrai joyau, côté italien. La frontière Suisse-Italie est en bas.

Je vous laisse admirer le paysage, comme nous l'avons fait nous-mêmes.

Ah, Kiki a ressorti l'appareil-photo...

Et voilà l'travail.

Je lui en fais une petite moi aussi.

Le poste-frontière.

Un peu plus bas, pendant la descente, plusieurs dizaines de vaches se rendent à l'étable.

Du même endroit.

Encore un peu plus bas. On aperçoit les superstructures de la route. Et l'énorme masse rocheuse qui la domine.

Quelques belles courbes plus bas, on aperçoit la sortie -ou l'entrée- du tunnel côté italien.

Ici, nous sommes arrivés au nioveau du tunnel. Un long coup d'oeil arrière pour admirer la descente que nous venons d'effectuer.

Merci à nos bécanes de nous avoir permis de vivre ça, c'était grandiose!

Nous sommes maintenant sur la S27 en direction d'Aoste. Ici, au niveau d'Etroubles.

Derniers lacets avant Aoste, située 5 km en contrebas. Un petit parking. Il est midi. Il fait très chaud maintenant, et nous sommes bien trop couverts. On décide de de se metrtre à l'aise et de casser la croûte ici. La vue est absolument splendide, et c'est un plaisir de manger dans un tel décor.

Mon frangin ne cache pas sa joie. Une demi-heure de pause, pas plus. Il faut repartir, nous avons encore beaucoup de route!

Nous traversons Aoste puis suivons le val d'Aoste sur la S26 en direction de la France, droit sur le massif du Mont Blanc.

Justement ici, à Morgex, échappée sur le grand massif.

Zoom sur les sommets, recouverts d'une épaisse couche de ouate, sous laquelle je n'aimerais pas me trouver! Ici, nous laisson sur notre droite la route qui grimpe vers Courmayeur et le tunnel du Mont Blanc. Nous rentrons en France par le col du Petit Saint Bernard, ouvert lui aussi.

Les lacets -ou "tornante" en italien- du départ sont terribles, et cette montée est un délice laborieux au guidon d'Akitsu. Ici, à environ 1650 m, vue en contrebas sur les lacets de Goletta, au-dessus de La Thuile. Tout au fond sont encore visibles les maisons de Pré-Saint-Didier.

Même endroit, à savoir au milieu des lacets de Pont Serrand.

Encore une belle série de lacets plus hauts, vers 2000 mètres. C'est grandiose.

Du même endroit, zoom sur ce que je pense être la chapelle des Balmettes, au pied du vallon du Breuil.

Deux autres épingles à cheveux nous propulsent au-dessus du joli lac Verney, qui se trouve, lui, à 2088 mètres.
Il est le témoin vivant de la présence d'immenses glaciers dans les millénaires précédents.

Coup d'oeil arrière, le lac Verney se trouvant à ma gauche, en contrebas. Nous sommes ici à quelques centaines de mètres sous le col.

Du même endroit, zoom sur le vallon du Breuil. Les sommets forment la frontière avec la France, et tournent autour des 3000 mètres.

Et voici le Col du Petit Saint Bernard. Vers l'Italie, que nous quittons. Kiki descend de son canasson.


Belle ligne droite terminant cette formidable ascension.

Le frangin m'a l'air tout-à-fait satisfait de lui, ou de son beau Burgman, ou tout simplement des deux à la fois!

Et droit devant nous, vers la France.

Le Col du Petit Saint Bernard (Colle del Piccolo San Bernardo) séparant la vallée de l'Isère de la vallée d'Aoste.

Statue de Bernard de Menthon, devant laquelle on passe en commençant la longue descente, juste après l'hospice du Petit Saint-Bernard.

Après un premier lacet, nous avons une très belle vue sur Bourg Saint Maurice. Rendez-vous compte: la ville qui semble à portée de mains est située à plus de 30 km de virages d'ici, et la descente est composée, après le village de la Rosière, d'une vingtaine d'épingles à cheveux... Un vrai régal, une belle école de pilotage!

Il est déjà 15h30 lorsque nous arrivons à Bourg-Saint-Maurice. C'est le moment de donner à boire à nos montures. Et de repartir illico vers d'autres sommets....

D902, direction Les Chapieux. Arrêt à 1400 mètres, après le passage des neuf épingles à cheveux des Glinettes, qui me laisseront un très beau souvenir. En effet, je préfère la montée à la descente, et de très loin, et j'ai vraiment pris mon pied dans celle-ci!

Les bornes pour les cyclistes sont intéressantes et omniprésentes dans les Alpes françaises.

Depuis ce point-de-vue, à 1400 mètres, vue arrière sur la belle vallée que nous venons de remonter sur la D902 perdue dans la végétation.

Un peu plus loin, le Crêt Bettex, à 1500 mètres, avec une très belle vue sur la vallée et le torrent des Glaciers.

Nos deux bécanes au Crêt Bettex.

1600 mètres. La route et le torrent contournent la base du mont Les Grandes Aiguilles (2905 mètres), et l'on distingue au fond le village des Chassieux, lieu de prédilection de mes deux autres frangins qui adorent ce coin. Je suis le seul qui découvre entièrement toute la région. Je ne suis pas déçu!

Au fond, l'Aiguille des Glaciers (3816 m), point culminant de la commune de Bourg Saint Maurice.

Zoom sur l'Aiguille des Glaciers (3816 m).

La D902 opère ensuite un angle droit et part en s'élevant très fortement vers l'ouest, après une nouvelle belle série d'épingles.
Les Chapieux disparaissent rapidement dans le ravin laissé loin derrière nous.

Là-bas, le col semble perdu dans le brouillard. La température baisse, un vent lugubre et glacial s'engouffre dans la pente. Brrr.....

Il est 16h30 lorsque nous atteignons le col du Cormet de Roselend, entre le massif du Beaufortain et le massif du Mont Blanc.

Atmosphère irréelle et glacée, nous ne nous y attardons pas longtemps!

Et entamons une nouvelle descente qui nous conduit presque aux rives du lac de Roselend, à 1600 mètres.

Les nuages se déplacent très vite autour du lac, et le spectacle, bien que manquant de soleil, restera pour moi inoubliable.

Seule une caméra vidéo pourrait rendre justice aux mouvements incessants de la brume au-dessus de l'eau, mais je n'ai que la photo pour témoin!

Il n'est pas 17 heures, et il fait bien sombre ici. C'est presquer lugubre!

La descente vers Beaufort est extraordinaire.
Nous prenons un grand plaisir en pilotage dans les épingles à cheveux partant du lac de Roselend, puis à travers le défilé d'Entreroches. Quel régal!

Photo prise du même endroit. Vue sur le défilé d'Entreroches.

Et au zoom, au loin, les villages accrochés aux sommets environnants -détail de la photo précédente.

De l'autre côté de Beaufort, nous prenons la D218b vers Les Saisies. Une belle grimpette effectuée sur un rythme soutenu, encore beaucoup de plaisir de conduite! Virages différents, plus faciles mais passionnants grâce à une vitesse plus soutenue. Ici, croisement avec la D218e juste au-dessus de Hauteluce.

Arrivée au village des Saisies. Le col est juste au-dessus, à 1650m. Nous poursuivons sans marquer d'arrêt.

Une bien belle descente jusqu'à Notre-Dame de Bellecombe, à 1100 mètres.

Flumet et le pont sur l'Arly, à 900 mètres d'altitude. Les six derniers lacets débouchant sur le pont sont absolument terribles!

Et nous voici à nouveau repartis en ascension! Sur la D909, nous remontons les gorges de l'Arondine, et nous arrivons bientôt à La Giettaz.

La route poursuit son élévation par une excellente série de courbes, alternant virages et épingles à cheveux, toutes plus intéressantes les unes que les autres, et dans lesquelles nous poussons une belle petite pointe. Quel pied! Je suis absolument enchanté!

Col des Aravis.
C'est le point de passage le plus bas traversant la chaîne des Aravis. Ce col est réputé pour ses pourcentages très élevés.

Un peu plus bas se trouve une route étroite rejoignant Thônes par le Col de Fry, que j'avais prévu de prendre. Le frangin, fatigué, n'y tient pas trop. Nous décidons donc de descendre sur La Clusaz pour rejoindre plus vite la D909 descendant vers le lac d'Annecy.

Que voici, et sur les rives duquel nous arrivons en passant par Talloires.

Vue arrière sur Talloires.

D909a, qui longe le lac vers le sud. En face, la pointe et le village de Duingt.

Une petite dernière avant d'aller monter la tente. Le camping Le Lanfonnet se trouve quelques centaines de mètres plus loin, à Angon.

19h30. Les douches sont prises, le soleil se couche. Nous allons déguster notre pastis quotidien, que nous avons bien mérité.

Cette journée a été absolument fantastique, et nous ne sommes pas prêts de l'oublier!

Le camping est cher et assez moyen, l'accueil pas terrible, les douches plutôt tièdes. Mais nous y passerons quand même une excellente nuit revitalisante!

Dodo de bonne heure, car le lever demain s'effectuera à 6 heures... Nous étudions quand même la carte avant de sombrer dans des rêves remplis de virages et de courbes en tous genres, afin de diminuer le nombre de kilomètres de l'étape du lendemain sans en enlever sa substantifique moëlle. C'est ainsi que nous décidons communément de retirer le Crêt de Châtillon du programme.

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