Ubaye et Piémont

Vendredi 25 septembre 2009 - 364 km - 186 photos - 112 sélectionnées (dont 9 à Kiki) - Grand beau temps

Ubaye (Alpes du sud) - Piémont (Italie)
Par les cols --- Vars 2111 - Larche 1997 - Lombarde 2351 - Raspaillon 2513 - Cime de la Bonette 2860 - Restefond 2680


Programme de la journée suivi à la lettre. Juste une confusion lors de la préparation: j'avais confondu -et écrit sur la carte- le col du Parpaillon avec le col de Raspaillon. Tous les deux sont dans la même région. Le Parpaillon est sur une piste, pas loin du col de Vars. Il faudra que je le fasse un jour. Mais le nôtre, c'est le Raspaillon, juste sous la Bonnette. Et le pire, c'est que nous avons passé le Raspaillon sans même nous en apercevoir...

Une fois n'est pas coutume: je prends une photo juste avant de plier, puisque j'ai oublié de le faire hier soir.
Mauvaise qualité, car manque de luminosité (il est 7h12...).

Les Allemands à côté dorment encore. Silence total dans le camping, comme tous les matins. J'apprécie énormément le camping à cette époque de l'année. Les tauliers sont en général fatigués de la saison, ils sont donc beaucoup plus "cool". Quand aux clients, ils se font rares. Par conséquent, toilettes et douches sont la plupart du temps vides, ce qui est fort agréable. Par contre, ça manque un peu d'animation: on ne peut pas tout avoir!

Les moteurs s'élancent à 7h40 précises. Direction Guillestre, puis la D902, vers le Col de Vars. Ouahhh. La route est absolument parfaite. Revêtement nickel, virages continuels, et ce, dès les premiers mètres, sitôt passée la pancarte indiquant la sortie de Guillestre. La journée va être longue, j'ai promis à Kiki de ne faire des photos que sur les cols et pas ailleurs, de façon à ne pas trop ralentir le rythme. Je tiens parole, et vous ne verrez aucune photo de cette partie. Il a quand même fallu, pour cela, que je ligote mes deux mains sur le guidon avant de partir...

Providentiel. A la sortie du premier petit village, sur l'autre versant - Saint-Marcellin - on trouve cette petite station automatique. Comme ça, on peut faire une partie de la journée sans avoir ce souci de chercher du carburant. Du coup, j'en profite pour déclencher un peu, ça me démangeait...

Il est 8 heures. Nous sommes en vacances. Le ciel est bleu. Les paysages sont superbes. Tout le monde bosse. La route est à nous.... Le pied, quoi!

Depuis la station, pendant que le frangin range tout son bazar, j'en profite. J'aime beaucoup les couleurs du soleil levant dégageant les hauts sommets.

Il n'est vraiment pas loin, le col de Vars (2108 m sur Internet). C'est rigolo, d'ailleurs, ces différences d'altitude, entre les pancartes et différents sites dédiés sur la grande toile! Nous quittons le Queyras et passons en Ubaye. Nous sommes juste entre le massif du Parpaillon (dont je vous parlais plus haut) et le massif d'Escreins. Cette route a été construite par l'armée en 1893 (pour une fois, elle ne détruit pas, c'est important à remarquer!).

La route pour y parvenir est très sympa, facile et agréable. Traversée de deux villages, Sainte-Marie et Les Claux.

Quelques informations sur le col.

Quelques sommets autour de nous. De la pierre, rien que de la pierre...

Vers l'ouest, au premier plan la Barre de la Pisse (eh oui!) et, au fond, la pointe de l'Eyssina (2837 m).

Nous entrons dans les Alpes de Haute-Provence, et c'est vrai que ça sent déjà la Provence, ici. Photo de Kiki.

Une photo de paysage de Kiki. C'est plutôt rare. C'est la route qui s'ouvre sur nos yeux, au départ du Col de Vars.

Magnifique descente jusqu'à Saint-Paul-sur-Ubaye. Nous passons tout près de jolies cheminées de fées encore dans l'ombre sans nous arrêter. Nous traversons St Paul (1470 m) sans faire de pause non plus. Nous sommes ici dans la haute vallée de l'Ubaye. La D902 part maintenant vers le sud. La vallée se resserre au Pas de la Reyssole, puis s'élargit au pied de la Tête de Miéjour. Il fait froid, dans cette vallée encore complètement à l'ombre. Au hameau des Gleizolles, nous prenons sur notre gauche la D900 qui passe au pied de la Tête de l'Homme et arrive à Meyronnes (1526 m).

Maintenant, la route s'élève à nouveau le long de l'Ubayette. Nous traversons la commune de Larche (1700 m). Peu après, au lieu-dit Estouduglous (gloups!), à 1859m, se trouve une double épingle à cheveux qui me surprend à un point tel que j'ai failli faire un tout droit! Vous l'avez échappé belle, pour ce qui concerne le compte-rendu... En fait, nous roulions plutôt vite depuis un moment, les virages étant très faciles et l'asphalte bon. Et cette épingle qui arrive très soudainement, en pleine ligne droite. Ouf, passé, mais de justesse.

Je marque une pause juste après. Regardez comme c'est beau!

Le paysage de la vallée, autour de nous. Il est 9 heures, le soleil pénètre de plus en plus profondément.
Nos moteurs coupés, c'est le silence total. Merveilleux à entendre!

Quelques minutes plus tard, c'est l'arrivée au col de Larche (en italien : Colle della Maddalena) est un col des Alpes du Sud, à la frontière entre la France et l'Italie. Il fait communiquer le vallon de Larche (une ramification de la vallée de l'Ubaye, dans les Alpes-de-Haute-Provence) avec la Valle Stura di Demonte, en Italie.

Il se situe à 1 991 mètres d'altitude, entre le massif de l'Ubaye (Chambeyron) et le massif du Mercantour, et est ouvert de mai à octobre.

Zoom sur le lac de la Madeleine (Italie), qui donne son nom italien au col.

Magnifique sommet au-dessus du col de Larche.

Dans la petite cabane, côté italien, quelques affiches sont placardées sur un panneau de bois. Celle-ci attire mon attention. Je n'ai jamais appris l'italien à l'école, mais je pense pouvoir me lancer dans un essai grossier de traduction.

Région du Piémont. Attention (ça, c'était facile.... J'espère que ce n'est pas un faux ami!). Dans cet alpage, des chiens de protection (gros chiens blancs) sont utilisés pour défendre le bétail des prédateurs. Pour votre sécurité et pour la quiétude des animaux, -là, j'ai cherché sur Internet pour la partie en lettres capitales- ne vous approchez pas des troupeaux. Si le chien court vers vous, arrêtez-vous et éloignez-vous (avec Internet aussi pour ces deux verbes) avec calme, ne criez pas et ne lancez pas de pierres (là aussi, Internet pour traduire). Si vous avez un chien avec vous, tenez-le en laisse (guinzaglio: Internet aussi). Si vous êtes en bicyclette, il est préférable de descendre. Merci.

Bref, l'essentiel du message reste compréhensible pour les français, sans avoir étudié cette langue, que je trouve très belle et tellement chantante!

Coup d'oeil en arrière vers la France que nous quittons.

La descente côté italien commence très "cool", et je me laisse aller à reprendre de la vitesse, tellement c'est agréable de se laisser glisser dans le vent en moto, sous de tels cieux (bleus) et paysages (de dieux). Mal m'en a pris!

Pour la deuxième fois ce matin, je me fais surprendre par une épingle à cheveux qui arrive soudainement, presque sans prévenir! Et attention, cette fois, ce n'ést pas de la rigolade! Deux d'abord, puis une bonne dizaine à suivre. En constatant que toutes les rambardes de protection sont défoncées sur les 3 premiers lacets, je me rends compte que je ne suis pas le premier à me faire surprendre. Mais heureusement, j'ai suivi la route, ce qui était dans mon intérêt! Kiki aussi.. Nous passons plusieurs hameaux, accompagnés à chaque fois des désormais deux à trois traditionnelles épingles... Bref, ceci pour vous dire qu'il faut rester très prudent dans cette descente, fort agréable, mais dans laquelle il est facile de se laisser aller à 90/100. Il faut donc être prêt à rétrograder très vite carrément en première pour passer le ou les lacets suivants, jamais bien loin, mais suffisamment pour ne pas être visibles!

Ici, petit coup d'oeil arrière juste après le village de Bersezio, vers 1560 mètres, juste avant une nouvelle série de lacets.

La descente se poursuit sur une vingtaine de kilomètres sur la S21, en suivant le cours de la "Stura di Demonte", avec force virages, villages, et ligne presque toujours continue. C'est ici, à Pratolungo, juste avant Vinadio, que nous retournons vers la France, par l'étroite vallée de Santa Anna.

Depuis le petit pont, la "Stura di Demonte" que nous suivons depuis le Colle della Maddalena, et que nous traversons maintenant.

Il est à peine 10 heures. Le soleil brille bien maintenant jusqu'en bas, et c'est un réel bonheur!


Alors là, les enfants, nous avons eu une surprise, et pas une petite! Cette route est... prodigieuse. D'emblée, elle attaque par une série d'épingles très serrées, sur une route très étroite, et avec une pente très... pentue! Une grimpette comme on aimerait en avoir plus souvent, la grimpette qui te fait monter le taux d'adrénaline lacet après lacet. T'oses pas regarder à droite, tu ne regardes pas à droite. Tu ne vois qu'une seule chose, c'est que tu montes, sans cesse, et tu te demandes où cela va-t-il bien s'arrêter. Le pied, le panard, the foot, the big foot. J'ai adoré, Kiki a adoré, nous avons adoré. la route était couverte de bouses de vaches toutes fraîches, on s'attendait à rattraper le troupeau... On n'a jamais vu la queue d'une seule vache. Si elles allaient plus vite que nous, alors je dis "de sacrées vaches...!". On a même eu droit au croisement avec un tracteur et sa remorque de bois en plein mileiy des lacets les plus terribles. Epique, un très très grand souvenir. Peut-être notre montée la plus mémorable, au moins sur les premières courbes.

Et vous pouvez constater que la vallée est tellement encaissée que nous faisons une grande partie de la montée encore à l'ombre... Brrrr....

Cette route conduit au sanctuaire de Sainte Anne de Vinadio, ou plus exactement Santa Anna di Vinadio. Et la Santa Anna en question, c'est aussi le nom du torrent dont nous remontons le cours, et qui dévale les pentes depuis le lac de Santa Anna... Tout un programme.

En pleine pente, entre deux vitages, un énorme tas de cailloux, et une pancarte. Pause. On souffle. On regarde le paysage. On va lire ce qui est inscrit.

Une nouvelle fois, je me permets de traduire, et cette fois sans même utiliser Internet du tout. Si ma traduction est fausse, envoyez-moi une petit mot pour que je corrige, mais je ne le crois, pas. Voici ce que je lis:

"Selon la tradition antique du "chiapiret": pèlerin, si tu passes à pied, signe ton chemin avec une pierre".

Nous sommes à pied puisque nous sommes descendus de nos braves bêtes de somme. Nous respectons donc la coutume!

Et voila. C'est donc le coeur léger que nous pourrons poursuivre notre pèlerinage.

Juste avant de remonter en selle, une petite vue des derniers lacets que nous avons dénoués.
Rien à voir avec les premiers, totalement impossibles à photographier tellement ils étaient serrés!

De plus, l'asphalte est parfait à partir d'ici, ce qui n'était pas le cas plus bas!

Bon, on y va? OK, Kiki, on y va.
Toujours pressé, le frangin... Si je n'étais pas là, je crois bien qu'on ne s'arrêterait jamais!

1700 mètres. Sous nos yeux émerveillés émerge enfin la vallée de Santa Anna (je rappelle, pour ceux qui ne suivent pas -toujours les mêmes, ce n'est pas un hasard- que c'est le nom du torrent que vous voyez maintenant), et nous entrons en même temps enfin dans la zone ensoleillée!

Quelques virages plus loin, le sanctuaire surgit à son tour.

En haut à gauche! Ben oui, je sais, vous n'aviez pas vu... Je préfère préciser pour ne pas recevoir un e-mail disant quelque chose comme ça: "Heu, la photo avec les deux motos censée montrer le sanctuaire, ben, pardon, mais il n'y a pas le sanctuaire!"... Oui, ne riez pas, j'ai déjà eu ce genre de message...

Comme ça, c'est mieux? Non, trop petit?

Ok, je vais vous la rapprocher un peu. Parce que nous, on n'y va pas. Pas le temps, et pas au programme. Il faut bien faire des choix, hein!

Le sanctuaire de Sainte-Anne du Vinadio (2035 m) est le plus haut d'Europe. C'est non loin d'ici, que Sainte-Anne serait apparue à une jeune bergère de Vinadio. Près du rocher de l'apparition, une statue de la Sainte et de la Vierge Marie a été érigée. Une importante procession annuelle se déroule le 26 juillet, jour de la Sainte-Anne. Cette année, elle a rassemblé plus de 4000 français et italiens, et est en pleine expansion! Je cite l'article mis en lien plus haut: "...la procession qui s'étirait sur un cordon d'un kilomètre et demi, du sanctuaire au rocher de l'apparition. Les Italiens viennent avec voitures, caravanes, tentes passer quelques jours en famille où se côtoient plusieurs générations. Côté Français on vient plutôt à pied des villages d'Isola, St-Etienne. Cette tradition perdure depuis des années et ne semble pas s'essouffler, bien au contraire."

Le genre d'événement qui m'étonne vraiment toujours, à notre époque scientifique et matérialiste!

J'aperçois cette croix au-dessus de nous, et je me dis qu'il doit y avoir un panorama. Je stoppe et grimpe le petit sentier.

Vue plongeante vers la vallée de Santa Anna que nous avons remontée. On la devine là-bas, encore dans l'ombre.

Ne me demandez pas si Kiki est venu! Regardez-le... Il n'a pas bougé d'un millimètre. Je me demande s'il n'a pas peur qu'on lui pique son scooter...?

Vous en pensez quoi, vous autres?

Trois épingles à cheveux plus tard (plus bas, dans le joli bois de sapins que nous venons de traverser), une très surprenante ligne droite! Incroyable, après toutes ces courbes. Nous sommes sur une sorte de plateau, en balcon au-dessus de la vallée d'Orgials qui nous sépare du sanctuaire se trouvant maintenant de l'autre côté, à peu près à la même altitude. C'est magique.

Observez Kiki, qui, pour une fois, est descendu de son canasson. Il n'en revient pas! Il reste scotché.
Pour le moment, il regarde encore droit devant lui. J'ai été obligé de le secouer pour repartir!

Oui, il est aussi sur cette photo, cherchez vous-même, je ne vais pas non plus tout vous mâcher!

Il faut reconnaître que nous restons un peu bouche-bée devant le saisissant spectacle naturel offert à nos petits yeux de petits êtres humains.

Je vous le disais bien. Il est scotché au sol, les deux pieds pris dans le goudron. Là, il vient de découvrir qu'il y a aussi un côté gauche.

Puis un côté droit. Il réussit l'exploit de faire un quart de tour avec ses pieds, pour mieux voir.

Et il se remet vers l'avant, bras légèrement écartés du corps, à peu près au centre de la voie.
Là, on pense qu'il est là, le gars, mais en fait, il n'est pas là. Seul son corps est ici. Et là, je déconseille à qui que ce soit d'essayer de passer!
D'ailleurs, personne n'est passé.

Il: a disparu soudainement, entre deux prises... Toujours très surprenant, le frangin. Je ne suis pas inquiet, je sais qu'il va revenir.

Il revient toujours chercher son cheval.

Et maintenant, c'est au tour d'Akitsu de profiter d'un instant d'inattention de ma part. Ah, mais je comprends. Elle voulait être sur la même photo que le sanctuaire, pour montrer à ses copines qu'elle y est venue. "Yes, I "was" there". Ok, Akitsu, c'est bien, on leur dira.

Dans les derniers virages avant d'atteindre le col, vers 2250 mètres. On voit encore le sanctuaire.

Si, si. Regardez bien. Au-dessus du top-case d'Akitsu.

Je bombarde un petit peu, pendant que Kiki regarde le paysage. Vous avez remarqué, hein? Il a repris sa position-clé, jambes écartées, les mains sur le guidon. "Touches pas à mon scoot", semble-t-il nous dire! Mais Kiki, je t'assure, personne ne veut te le prendre. Qui voudrait d'un.... OK, je sors!

Le val d'Orgials. On n'en voit pas le fond. Au premier plan, le lac d'Orgials (2240 m). Enfin, un des lacs d'Orgials, il y en a plusieurs.

Nous sommes au milieu d'un beau pierrier.

Akitsu, tu pourrais te ranger quand même! Elle m'a encore une fois trompé.

OK, je la garde quand même. Une petite série de photos au col de la Lombarde (2350 m).

Le col de la Lombarde (ou Colle della Lombarda) est un col-frontière alpin reliant la vallée de la Tinée en France à la vallée de la Stura di Demonte, au Piémont en Italie. Ou l'inverse, pour nous! Avec une altitude de 2 351 mètres, ce col surplombe la station d'Isola 2000. Il présente sur ses deux versants une pente moyenne soutenue, pendant plus de 20 kilomètres, dont quelques kilomètres approchant les 10 %.

Cette fois, je vous laisse traduire vous-même. Je ne vais quand même pas vous faire tout le boulot, ce serait un peu trop facile!

Le côté italien, donc, que nous venons de franchir, avec les lacs d'Orgials. Et le sanctuaire Santa Anna di Vinadio.

Large panorama.

Au sommet du col.

Cette fois, c'est écrit dans les deux langues. Ils ont juste enlevé quelques lettres, que nous devons remettre en place. Sympa, comme jeu.

Détail de la pancarte.
Je ne sais pas pourquoi j'écris ça, moi. Celui qui ne la voit pas, eh bien, il ne voit pas. Point.

Au premier plan, la cime de la Lompbarde (2800 m), et derrière, la cime d'Orgials (2647 m).

Zoom sur la jolie cime de la Lombarde. Un sentier partant d'Isola 2000 conduit au sommet. Ce doit être une bien belle balade!

Kiki dégaine à son tour son appareil-photo.

Le BB, tourné vers le côté français, prêt à partir. Enfin, non seulement le BB est tourné côté français, mais il EST sur le sol français.

Il est pratiquement 11 heures. Ok, Kiki, on y va. Retour en France.

Une bien belle chute d'altitude jusqu'à Isola 2000, qui se trouve être à environ 2000 mètres d'altitude, je suppose. Puis une magnifique descente -pour des motards, un rêve- très régulièrement freinée par 2 ou 3 épingles suivies de jolies courbes qui nous conduisent tout droit (enfin, c'est une expression, à ne pas prendre à la lettre, hein!) à Isola, 871 mètres (1200 mètres de dénivellé sur 17 km, 7% de moyenne si je ne m'abuse).

En tout cas, je vous garantis que nous avons aimé piloter nos bécanes dans cette descente. Ensuite, direction le nord-ouest et le Parc National du Mercantour, sur la D2205. Ce qui m'a beaucoup surpris, ici à Isola, c'est de voir un panneau de signalisation indiquant "Nice 78 km"... Nous sommes tout près de la Méditerrannée. Pas le temps d'aller faire un plongeon, dommage! Pourtant, c'est un saut de puce pour nos chevaux...

La D2205 est également un régal. Elle longe la belle vallée de la Tinée. Dommage de passer si vite...
Une quinzaine de km plus loin, nous arrivons à Saint-Etienne-de-Tinée (photo ci-dessus).

La route, bien que portant toujours le même nom, se rétrécit et se dégrade brutalement. Nous sommes maintenant dans la haute vallée de la Tinée, que nous remontons au milieu des gorges qu'elles a creusées entre la Cime Frandière (2372 m) et la Crête de Chaussette. Ici, après deux épingles, nous débouchons dans le vallon du Pra, déjà à plus de 1500 mètres.

L'altitude monte doucement mais sûrement, et les ravins qui bordent notre route se creusent forcément...

Je ne vois plus Kiki qui a repris la tête du mouvement. Désireux de le rejoindre, j'accélère un peu, mais je ne le vois toujours pas. Ma vitesse augmente sensiblement, et toujours pas de Burgman. C'est tout de même curieux, il n'avait pas tant d'avance que ça. Comme il n'y a pas d'autre route, et que je ne vois aucune trace de frein ni aucun débris sur l'asphalte, j'en déduis que mon gars est tout simplement en train de forcer l'allure.

Quoi? On veut se sauver sans moi? Je le dis à l'oreille d'Akitsu. Heureusement que je tenais bien le guidon, les ami(e)s! Ma jument se cabre instantanément, et accélère comme un pur-sang. Je suis juste au niveau du village de Bousiéyas, à 1883 m. Et il me semble bien avoir aperçu mon BB, là-bas, devant un camping-car. Un lacet plus loin, mes doutes sont levés, c'est bien lui. Il ne faut pas longtemps à Akitsu pour dépasser la voiture qui nous sépare. La D64 (elle a changé de nom!) s'élève en une suite de fabuleux lacets plantés au-dessus du vide, et accrochés aux flancs du Mont des Fourches (2342 m). Kiki continue de doubler les quelques véhicules se trouvant sur sa route. Akitsu suit bien sûr le mouvement, et elle se retrouve rapidement dans sa roue, qu'elle ne lâchera plus jusqu'au sommet. Il n'est plus question maintenant d'admirer le paysage, que je vois défiler sous mes roues. Le ciel est maintenant couvert, mais peu nous importe à part la route. Kiki a envie d'arsouiller, je suis gagné par le virus et désormais complètement acquis à sa cause. Plus de photo, pas le temps, pas possible, ou alors je casse le jeu. Un ou deux dérapages dans un ou deux virages suspendus au-dessus du vide... Oh oh, attention quand même, mon p'tit gars, t'es pas un pilote d'essais!

Dans un grand virage, je vois un parking et quelques voitures, des gens en train de photographier, je tourne la tête. C'est beau, me dis-je, mais je ne peux pas m'arrêter maintenant. Et c'est ainsi que nous passames le Col de Raspaillon (2513 m), à ma grande honte! Désolé, mais pas de photo, car col doublé trop vite. Vous le savez, ce n'est pas dans mes habitudes. Mais j'ai encore une excuse -en dehors de "l'arsouille"-, c'est de ne pas avoir su que nous passions ce col, ou du moins de ne pas avoir la carte en tête! Vous savez, j'attendais dans ce coin le col du Parpaillon...

Je me dis qu'à cette allure, nous n'allons pas tarder à voir la Bonette. Effectivement, nous sommes en train de rouler loin au-dessus du ravin du même nom. Et c'est là que nous passons le col de la Bonette, à 2715 mètres. C'est fini, la course s'arrête. Nous sommes joyeux. Le ciel est sombre, il fait froid, mais peu nous importe.

La route se poursuit autour d'une colline dont elle fait entièrement le tour: c'est la cime de la Bonette. C'est également ce bout de route qui est partout notée comme étant la route goudronnée la plus haute des Alpes. Nous arrêtons nos deux bécanes près de la stèle (2802 mètres exactement).

Un sentier permet d'atteindre la cime de la cime, à 2860 mètres. Ni Kiki -mais c'est normal en ce qui le concerne- ni même moi ne daignons y aller.
Ce ciel couvert ne m'en donne aucune envie.

Et puis, en fait, nous sommes bien là où nous voulions aller. Nous sommes arrivés. Point culminant de notre beau périple.

Il était temps de s'arrêter!

Il existe une controverse sur le fait que la route de la Bonette soit, comme il est indiqué au pied du col, la plus haute d'Europe.

Le col de la Bonette culmine à 2 715 m, il existe donc trois cols routiers alpins dont les altitudes sont supérieures à celui-ci : les cols de l'Iseran (2 764 m), du Stelvio (2 757 m) et Agnel (2 744 m). En revanche, depuis le col, une route permet de faire le tour de la cime de la Bonette (2 860 m). Cette route est appelée (improprement car ce n'est pas un col) col de la Cime de la Bonette et son point culminant atteint 2 802 m, ce qui en fait la route goudronnée la plus haute de France et des Alpes.

Ce n'est cependant pas le point le plus élevé accessible en voiture dans les Alpes. Par exemple, la piste menant à l'observatoire astronomique situé au sommet du pic de Châteaurenard dans le Queyras atteint 2 990 m reste accessible à des voitures de tourisme (mais elle n'est pas goudronnée). De nombreux endroits situés dans des stations de ski permettent également à des véhicules tout-terrain d'atteindre des altitudes élevées. Par exemple, il est possible d'atteindre un point proche du Grand Col (2 935 m) au-dessus de la station des Arcs 2000 en véhicule tout-terrain. En Italie, la route du col Sommeiller, situé à la frontière franco-italienne au-dessus de Bardonèche, atteint les 3 000 m. Le col du Jandri, 3 151 m, est également accessible aux véhicules tout-terrain à partir des Deux Alpes.

La route la plus haute d'Europe hors Caucase est celle menant de la station de ski de Pradollano vers le sommet du Pico Veleta (3 398 m) dans la Sierra Nevada, non loin de la ville de Grenade dans le sud de l'Espagne. La plus haute route du monde est située dans le Cachemire indien (5 682 m).


La joie de Kiki, ça fait plaisir à voir.

Bien sûr, une fois de plus, Akitsu en profite...

Pour lui faire plaisir, je viens poser avec mon fidèle destrier. Un fantastique cheval, peu cher, et si efficace, peuchère!

Toutes les crêtes nous entourant sont d'une altitude légèrement inférieure. Le panorama du haut est forcément un 360°, je reviendrai y faire des photos.

Encore! Elle exagère.

La stèle, entourée des reines de la route. Encore moins chères qu'Akitsu, et efficaces aussi. La preuve!

Ils pourraient quand même avoir la décence de nous citer en premier: le peuple français! Non mais. Parce que, sans nous, je pense que ces gens-là n'auraient pas même posé un caillou, vu que je les vois toujours en complet-cravatte. N'est-ce pas?

Défense d'avancer.

Zoom sur le fond du ravin situé en bas de la stèle. Une piste y mène depuis le col de Restefond, encore un futur boulot pour Akitsu.

Décidément, une bien belle route. Je la ferai, un jour, je la ferai...

Le belle crête de Chauffrède.

Très loin, ces sommets font penser aux crénaux d'un immense château-fort.

Quelques motards sont là, de toute nationalité. Quelques camping-cars aussi. Tiens, celui-ci me dit bonjour. Bonjour. Kiki m'appelle. "T'as vu, le camping-cariste? C'est l'allemand du camping!". Je les regarde descendre et venir près de nous. Oui, ce sont bien eux! Vraiment incroyable!

Pas chaud, hein?

Effectivement, t'as raison.

Le repos du... non, pas du guerrier, pas avec une telle allure! En plus, ça joue le gars fatigué, alors que ceux qui ont bossé sont autour de lui!

T'as pas faim, toi?

Si. Allez, on va manger. Suis-moi.

Le deuxième bord de la cime de la Bonette que la route contourne presque entièrement. Là-bas, tout à gauche, le col de Restefond.

La borne indique 2748 mètres. Jausiers est à 23 km.

Il y a un peu de neige sur les bas-côtés, comme au col d'Agnel.

Vers le col de Restefonds (la route en haut, car en-dessous, c'est la piste dont je vous parlais, qui descend au fond du ravin). En fait, on voit très nettement sur cette photo que la D64 passe en fait un peu au-dessus du col de Restefond, qui se trouve plutôt au niveau de la piste.

Col de Restefond (2656 m) à mes pieds sur la piste. En fait, je suis ici au faux col de Restefond, à 2680 m, comme expliqué plus haut.

Là-bas, à gauche, se trouve la cime de la Bonette (le mont strié de 2 sillons neigeux).

Avec ce zoom sur la cime de la Bonette, vous voyez parfaitement la fameuse route goudronnée la plus haute d'Europe que nous venons d'emprunter. Le col de la Bonette se trouve au pied de la cime, juste derrière la petite butte. Nous sommes montés par la gauche, et venons de redescendre à droite.

Toujours depuis le faux col de Restefond, en regardant vers la Bonette (à droite).

Restes des ouvrages fortifiés dits "abris du col de Restefond". Je viens d'apprendre, en faisant des recherches sur Internet, que ces ouvrages font partie de la ligne Maginot (eh oui!) construite à la veille de la seconde guerre mondiale! On imagine aisément le travail considérable représenté par de telles constructions à une telle altitude. Or, à une époque où l'aviation militaire et les chars pouvaient si facilement contourner ces forts, tout simplement comme s'ils n'existaient pas, je suis tout bonnement effaré... mais avec l'argent des autres...

Une fois encore, nous découvrons une nouvelle et merveilleuse descente.

Lac des Eissaupres à 2322 mètres.

Un petit coup de zoom pour mieux voir!
Quand on voit le monde présent ici fin septembre, on peut aisément imaginer la foule qui doit se presser ici au mois d'août!

Très belle série de lacets en-dessous du lac, après le ravin de Clapouse, aux alentours de 2200 mètres.

Beaucoup plus bas, rencontre toujours sympathique avec un troupeau de moutons.

Le BB se faufile doucement au mileiu.

1789 mètres. Jausiers n'est plus qu'à 9 km. La pente est ici de 7,3%.

Le Rochas (1785 mètres). Nous faisons ici une petite pause...

... téléphonique.

J'en profite pour faire...
Je ne vous le dirai pas!

Kiki rengaine le téléphone. On repart aussitôt, car j'ai de plus en plus faim...

Rue piétonne à Jausiers. C'est ici que nous allons déguster le meilleur sandwich de toutes nos vacances. A tel point que nhous nous en commandons un deuxième pour le soir. Cette halte fut délicieuse. Nous commentons notre voyage, qui est maintenant sur sa phase terminale: le retour vers la Vendée.

Nous reprenons vite la route. Barcelonnette, Le Lauzet-Ubaye, magnifique D900 en surplomb au-dessus du lac de barrage de Serre-Ponçon. Puis traversée rapide des faubourgs sud-ouest de Gap pour rattraper la D994. Traversée de Veynes, puis Aspres-sur-Buëch et D 993 vers La Beaume.

Alors que nous pensions en avoir terminé avec les montagnes, nous voici à nouveau dans une magnifique série de viareges très prononcés, tous plus beaux les uns que les autres, avec quelques belles épingles. C'est le Diois, région naturelle et historique du département de la Drôme. Elle fait partie des préalpes occidentales et constitue le bassin versant de la Drôme et de ses affluents. Géographiquement, le Diois recouvre le sud du massif du Vercors et le nord du massif du Diois en Drôme provençale.

Photo prise depuis le col de Cabre, dans la forêt domaniale de Maravel.

Le col de Cabre (1180 mètres) nous surprend totalement!

 

Superbe colonne routière au col de Cabre.

Kiki a repris son appareil-photo!

Le BB, aussi beau que le jour du départ, et en pleine forme, comme sa copine Akitsu.

Col de Cabre.

Kiki est heureux. Serait-ce le fait d'être sur le chemin du retour, ou la joie de ne plus avoir qu'une seule nuit de camping à supporter?

Il est 17 heures, pas question de traîner, nous avons encore une tente à monter... A Luc-en-Diois, la D93 contourne le saut de la Drôme dont nous allons maintenant suivre les méandres. Traversée de Die, Pontaix... Nous approchons à grande vitesse du but.

C'est un peu avant 18 heures que nous arrivons au camping du Pont d'Espenel. Cette fois, nous sommes bien les seuls clients sur le terrain. Accueil assez peu sympathique d'un patron affable, qui ne nous prête que peu d'intérêt. 11 euros la nuit, c'est bien assez cher payé, au regard des prestations!

Facture délivrée par le taulier...

Pas réglementaire du tout, n'est-ce-pas?

Je n'avais pas envie de discuter, ni d'être désagréable. Il nous a finalement servis correctement, et a accédé à notre désir de laisser sa barrière ouverte afin que nous puissions partir de très bonne heure.

Mais je ne vous en ferai pas la promotion. N'y allez pas, passez votre chemin. Le terrain est bien, les prix sont bas, mais les infrastructures sont vraiment mauvaises.

Si le terrain est très agréable, les infrastuctures sont vraiment sales. De plus, il faut retourner réclamer l'eau chaude, et la lumière. Bref, le camping le moins intéressant de notre trip, mais finalement, nous pouvons prendre notre douche chaude, nous avons aussi de la lumière. Bref, tout baigne.

Conseil de guerre après avoir tout installé, pendant que nous dégustons nos sandwichs.
Kiki: "A quelle heure, le départ, demain matin?"
Jef: "Deux heures trente, ça te va?"

Temps d'arrêt de Kiki. Je lui avais réservé cette réponse depuis quelques jours, sachant qu'il voulait partir très tôt (désireux d'arriver en fin de soirée en Vendée), mais sachant également qu'il ne voulait pas me forcer à partir de trop bonne heure. Il aurait aimé partir avant 6 heures, je le savais. Mais là, il était bluffé! Se rendant compte que j'étais vraiment sérieux, il ne mit pas longtemps à préparer le réveil, et je dois dire que, pour ma part, je me suis endormi de très bonne heure! J'ai la chance de pouvoir, en général, dormir très facilement. Et de me lever tout aussi facilement quand il le faut!

Bonne nuit, les p'tits loups...

 

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