Excideuil

Jeudi 7 mai 2009 - 155 km - 343 photos - 65 photos sélectionnées - Très beau temps

Charente et Dordogne - Altitude entre 68 et 378 mètres
Vallée de la Tardoire - Varaignes - Nontron - Saint-Pardoux-la-Rivière
Champs-Romain - Mialet - Jumilhac-Le-Grand - Excideuil


Réveil au pied des murailles d'un château, c'est ma foi fort agréable. C'est marrant, mais depuis que je voyage en camping-car, je fais de moins en moins de cas du lieu où peut se situer mon habitation principale! En fait, pour être tout-à-fait heureux, je me demande si je n'aimerais pas être totalement itinérant. Un jour ou une semaine ici, puis ailleurs... Le monde est tellement vaste qu'une vie entière ne suffirait même pas à en faire le tour!

Bon, ceci dit, revenons sur Terre, et contentons-nous d'un petit tour dans notre bonne vieille France, c'est déjà pas si mal!

Il est plus de dix heures lorsque notre maison roulante se met doucement en route. Bon, en vacances, on a le droit de se lever à l'heure que l'on veut! Nous retournons sur la D6, traversons la ville de La Rochefoucauld sans marquer de pause (juste pas envie de visiter...), puis poursuivons grosso-modo direction sud-est. Nous traversons successivement Saint-Sornin, puis Montbron. Le paysage devient lentement plus vallonné, ce qui n'est pas pour nous déplaire, bien au contraire. Peu après, à Eymouthiers très exactement, nous faisons une petite boucle, histoire de découvrir la vallée de la Tardoire, en prenant la D163. C'est elle, là, sur cette photo, près du hameau de Maudeuil. C'est joli comme tout.

Peu après, la route fait deux très belles courbes et franchit la Tardoire près du hameau du Chambon, ici même. Nous faisons là notre première halte, histoire de respirer le silence juste troublé par les dizaines de chants d'oiseaux. On voit très nettement des tas de poissons nageant sur les rives.

Plus loin, on aperçoit la D163 qui remonte la pente. J'adore ces arbres immenses, qui poussent sans contrainte!

Invitation à marcher sur les rives de la petite rivière, le GR4 (sentier de Grande Randonnée) passe ici.

Le lieu-dit "Les Brugeauds", orthographié "Brugeaux" sur la carte IGN. L'erreur est certainement sur la carte IGN, la terminaison "eaud" étant extrêmement courante en Charente. Nous arrivons sur la D699, au sommet de la pente (234 mètres...) à Châtain-Besson (les maisons que l'on distingue à l'horizon à droite). Nous redescendons quelques centaines de mètres plus loin par la D112, qui replonge au fond de la vallée de la Tardoire.

La D112 s'enfonçant sous de superbes futaies, à l'approche de la rivière.

Où l'on retrouve à nouveau la Tardoire. Voici ce qui est écrit sur le site que je vous mets en lien: "Petite vallée caractéristique de la bordure occidentale du Massif Central, où une rivière à courant rapide a entaillé les granites et schistes du socle pour former localement des gorges encaissées. Les versants sont couverts de bois alternant avec des prairies séparées par des haies arborées". C'est vrai que la route est plutôt étroite pour un camping-car, et nous préférerions passer ici avec nos motos. Mais heureusement, à cette saison et dans cette région, nous sommes pratiquement seuls, ce qui n'est vraiment pas fait pour nous déplaire!

A cet endroit précis, nous quittons le département de la Charente, et en même temps la région Poitou-Charentes, pour pénétrer en Dordogne, région Aquitaine. Et pour clôre ce chapitre administratif, nous entrons en même temps dans le Parc Naturel Régional Périgord Limousin, créé en 1998

Puis nous rattrapons la petite D90 direction sud-ouest (oui, un peu en arrière), ceci afin de récupérer plus bas la D75 vers Nontron. Voici donc le hameau Le Gauty sur cette D90.

Varaignes. Un joli petit village. Nous faisons halte, histoire de marcher un peu, et d'acheter du pain. Au fond, l'église Saint-Jean Baptiste, XIIe et XIIIe siècles, remaniée aux XVe et XIXe siècles. Demain le 8 mai, les drapeaux tricolores sont de sortie.

J'ai tout de suite trouvé cette bâtisse superbe, et elle l'est vraiment!

Mais savez-vous quoi? Il s'agit en fait du château! Du XVIe siècle, inscrit aux monuments historiques, visitable. Le château est également l'atelier-musée des tisserands et de la Charentaise.

Dans la cour de l'école, sous le rpéau, il y a une mosaïque et cette peinture naïve.

Maisons de Varaignes, sur le bord de la route.

Combien de personnes ont regardé dans la rue depuis cette fenêtre? Ces volets ont été fermés combien de centaines de fois?

Fenêtre du château, sur l'autre façade.

Mairie - Postes - Télégraphe - Téléphone. C'téiat comme ça dans tous les villages lorsque j'étais enfant (enfin, pas forcément pour la mairie, mais pour les P.T.T.). Cette façade avec ces inscriptions est un témoin devenu bien rare de nos jours! En plus, en haut à gauche, on peut lire: "Varaignes Caisse Nationale d'Epargne". Ainsi, ce bâtiment était optimisé au maximum! Un autre écriteau indique que Varaignes est jumelée avec Makrynitsa, en Grèce, depuis le 23 août 1992. Pour terminer ce tableau, un énorme dindon en plastique trône près de la porte d'entrée. Pour commémorer le fait que Varaignes organise, tous les 11 novembre, une foire aux dindons, et a créé la confrérie des dindons de Varaignes! On ne manque pas d'humour, ici.

Comme prévu, nous récupérons la D75, plus importante, et traversons Nontron (ci-dessus) une quinzaine de km plus loin. Une ville importante, et jolie, mais nous poursuivons sans marquer d'arrêt, les villes ne nous intéressant pas vraiment!

Puis c'est la jolie D707 qui nous mène à Saint-Pardoux-la-Rivière. Mais comment s'appelle la rivière qui traverse ce village, dans lequel nous trouvons un superbe endroit pour manger? Il faut dire qu'il est déjà 12h45...

La Dronne.

Vue depuis notre salle à manger.

Toujours aussi reposant comme spectacle. On ne s'en lasse pas!

De l'autre côté, le vieux lavoir, et, plus loin, un petit pont.

Il est déjà 15h15 lorsque nous quittons cet endroit bucolique à souhait, alors que de nombreux pêcheurs arrivent et s'installent sur la berge. Nous avons assisté au manège d'un petit oiseau (ci-dessous) qui, sans arrêt, est venu picorer dans l'herbe. Nous n'en revenions pas de voir avec quelle dextérité -si je puis m'exprimer ainsi...- il a prélevé plusieurs dizaines de vers de terre, s'envolant à chaque fois le bec rempli! La nature est généreuse!

Nous quittons une fois de plus le "grand axe" (qui était déjà un axe très secondaire...) pour les toutes petites routes, nous efforàant de pénétrer au plus profond de la campagne, pour traverser ces petits villages vivant un peu à l'écart. J'ai pris les photos qui suivent tout en roulant.

Une vieille ferme, sur la D79, au lieu-dir Grafeuilles (voir carte). J'ai pu situer facilement les lieux de prises de vue grâce à la trace du GPS, comparée à l'heure des fichiers photo. La nouvelle technologie a du bon, c'est vraiment pratique!

Eglise de Mialet. Je me serais bien arrêté, mais il y avait de la circulation -eh oui...- et pas de place pour le gros (notre véhicule...). J'ai néanmoins réussi à dégaîner en roulant... Peu après, à La Coquille, nous traversons la N21 (Périgueux-Limoges) et poursuivons sur la jolie D79. Nous traversons Saint-Priest-les-Fougères, puis arrivons à Jumilhac-le-Grand...

Commune étendue sur un vaste territoire de 6700 ha, située en Dordogne dans les contreforts limousins du Massif Central, traversée par les gorges de l’Isle, Jumilhac-le-Grand compte 1200 habitants. Le château (XIII-XVIIème siècle), classé monument historique, est l’âme du village car il fut protégé de la Révolution par les habitants du bourg.

En fait, impossible de passer à Jumilhac sans voir le château. Il est magnifique. Un écriteau placé sur la porte blindée nous renseigne: "prochaine visite dans un quart d'heure". Nous décidons de faire le tour en attendant...

L'église attenante au château.

La porte cloutée de l'église. Ci-dessous, détail sur les petites têtes sculptées. Très curieuses.

Une des tours du château, vue depuis l'église. Il faut savoir que le château est entièrement entouré d'un très haut mur, et on aperçoit à peine son architecture. Très bien protégé des regards, seule la visite permet d'accéder à l'intérieur de l'enceinte!

On reconnaît ici la sculpture d'une coquille St Jacques.

Derrière moi, la porte de l'église. En contrebas, les jardins du château, à l'extérieur de l'enceinte frotifiée. Des pierres sculptées certainement issues de l'église ont curieusement été intégrées dans ce muret de pierres récemment refait.
C'est ici un cul-de-sac. L'église est fermée. Nous devons faire demi-tour.

L'altitude monte petit à petit. Nous sommes ici à 268 mètres. Avec le zoom, j'aperçois l'eau de l'Isles (nom de la rivière) élargie par un petit barrage. Nous attendons l'ouverture de la porte et pénétrons dans la cour. Le prix d'entrée est de 7,50 euros. Assez cher. Nous étions cependant prêt à payer. Mais le gardien me signale que les photos sont absolument interdites! Alors ça, c'est mauvais. Nous repartons donc de Jumilhac un peu déçus.

Nous prenons maintenant la D78 qui suit les méandres de l'Isles en traversant le bois de Combeyrol. Un enchantement! Pour finalement arriver, au bout d'une quinzaine de km, sur la N21 que nous ne suivons que 4 km jusqu'à Thiviers. Nous prenons à nouveau de toutes petites routes, d'abord la D707, puis la D76 qui, après la traversée de Saint-Germain-des-Prés (non, nous ne sommes pas en région parisienne, ouf!), se finit à...

Excideuil. Dans le "Périgord Vert". La D76 se termine ici. Eh bien, nous aussi! Il est 19 heures, et grand temps de finir la journée. Nous sommes, une fois de plus, devant l'entrée d'un château. Le lieu nous convient parfaitement. Notre bivouac se fera donc ici.

Si la visite du château précédent était payante, l'entrée de celui-ci est totalement gratuite. Nous décidons d'y aller dès maintenant.

Absolument superbe!

Une grande partie de l’histoire d’Excideuil se confond avec celle de son château.
L’édification de celui-ci revient aux Vicomtes de Limoges qui, dès le XIème - XIIème siècle, remplacèrent la tour de bois peut-être érigée au temps des invasions normandes, par des remparts et un donjon en pierre.
Du XIème au XVIème siècle, le château resta dans la main de ces Vicomtes de Limoges qui en firent une pièce maîtresse dans leur lutte contre le Comte du Périgord. Mais cet édifice militaire si envié, fût aussi le cadre de combats d’une toute autre ampleur, notamment de celui qui opposa la Chevalerie de Haute Aquitaine aux Plantagenet devenus suzerains de la région depuis le mariage d’Aliénor avec Henri II (1152)....
D’après “Excideuil” de Jean de Beaugourdon et Jean Paul Laurent -1954- © Éditions Graphica- Excideuil.

Classé Monument Historique, le château se visite en partie: on accède aux remparts, à la cour intérieure, et au pavillon d'entrée du château.

Vue depuis les remparts, en cette belle soirée de début mai.

A l'intérieur, derrière les remparts.

L'énorme donjon, restauré, habité, partie privée du château.

Le long des remparts.

En redescendant des remparts. En bas, la porte conduisant à la petite place où nous allons passer la nuit.

Quel superbe travail d'architecture. Décidément, non, nos constructions actuelles ne peuvent rivaliser.

Sans commentaires. C'est trop beau!

La camping-car est juste derrière moi. On aperçoit le chemin montant sur les remparts, et la magnifique façade.

Bien que le soleil commence à décliner, nous nous dirigeons vers un petit tour de la petite ville.

Des jolis panneaux explicatifs parsèment intelligemment notre flanerie culturelle à travers les rues d'Excideuil.

Excideuil étant construite sur une butte, la rue principale monte à l'assaut de la colline, au sommet de laquelle se trouve évidemment l'église.

Les halles.

La Place Bugeaud : Aussi paisible six jours sur sept qu’elle est animée le jeudi, jour de marché, la place Bugeaud, triangulaire et de forte pente, est égayée par une jolie maison à tourelle du XVIè siècle et par sa bruissante Fontaine, don du célèbre Maréchal Bugeaud (1784-1849), duc d'Isly, et qui fut maire d'Excideuil de 1825 à 1830.

L’Eglise Saint Thomas est ornée d’un porche datant du XVè siècle.


Bientôt huit heures à l'horloge de l'église.

De là, on arrive sur la place de l’Hôpital qui fut jadis le couvent des Cordeliers, fondé hors les murs en 1260 par les anciens vicomtes de Limoges.

Les merveilleuses couleurs d'or apportées par le soleil qui s'efface...

La fontaine et la rangées d'immeubles, juste avant le parking du château. Nous arrivons à notre logis. Et nous avons faim...

Repas, lecture, PC, photos... Bref, une superbe soirée à l'abri des hautes murailles du château d'Excideuil.

Page précédente: La Rochette
Page suivante: Excideuil, le sentier karstique


Depuis le 06/06/2005 Visites:919615 Aujourd'hui :290 Maintenant:9 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)