Saint Robert en Corrèze

Samedi 9 mai 2009 - 67 km - 287 photos, 102 sélectionnées - Temps orageux, ciel gris, bleu, incolore...

Forge de Savignac-Lédrier - Vallée de l'Auvedèze - Badefols l'An - Saint Robert en Corrèze


Pas vraiment pressés ce matin... En fait, chacun se plonge dans de la lecture, et les bouquins sont tellment intéressants qu'il faut se faire violence pour se décider à partir! A peine croyable, hein? Mais c'est pourtant vrai. En quittant Excideuil, nous voyons le panneau indiquant la présence d'une aire pour camping-cars. Génial, on va pouvoir faire le plein d'eau, et vider toilettes et eaux grises. Merci à la commune d'Excideuil.

L'aire se trouvant juste à côté, je ne peux résister à photographier la statue du personnage illustre de cette petite ville.

Celle du maréchal Bugeaud. Ce n'était pas un tendre, loin s'en faut. Lisez sa biographie. Cette statue a été rapatriée d'Alger en 1962.

Pour ma part, je suis surtout admiratif du travail effectué par les sculpteurs de statues de ce genre! C'est Auguste Dumont qui a réalisé celle-ci.

Avec tout ça, il est tout simplement midi et quart lorsque nous quittons Excideuil. Oui, quand même. Je sais, ce n'est pas très sérieux, mais que voulez-vous, c'est comme ça! On prend d'abord la D705 (traversée de St Médard d'Excideuil, tout près des gorges de la Loue, sûrement à voir... Mais il faut bien en laisser pour la prochaine fois!), puis, fidèles à nos habitudes, une toute petite route, la D4, direction Payzac, qui serpente sur le plateau, aux alentours de 330 mètres d'altitude. C'est très joli, je prends des photos en roulant, mais ça secoue tellement qu'elles sont toutes bonnes à jeter.

On attrape la D75 qui nous conduit à Payzac, village très animé en ce samedi midi. Pas d'arrêt. Nous prenons aussitôt la D75E qui repart vers le sud en descendant vers une vallée. C'est là que je prends cette photo, peu après le hameau de Lassagne. Au loin, on aperçoit Le Deveix.

Sur ma carte, je vois une route encore plus petite, et toute en zigzags. Signalée comme très étroite, j'ai un moment de doute, à cause de notre moyen de transport, un peu plus gros que les motos! On verra bien. Elle -la route- "tombe" directement dans -enfin, non, il y a un pont, que voici- l'Auvézère.

Je vois des panneaux "site archéologique industriel". Il y a un parking ombragé. On s'arrête. La petite rivière au premier plan, vue depuis le pont. On aperçoit le site de la forge de Savignac-Lédrier (nom de la commune). C'est tout près, on va voir.

Un petit chemin longe la rivière jusqu'à la forge. Coup d'oeil arrière vers le pont.

Arrivée sur le site. La forge de Savignac-Lédrier est l'une des plus anciennes du Périgord et, en outre, l'une des rares dont on sait dater la fondation. D'après les archives du comté de Périgord, on situe sa construction entre 1480 et 1496!

Des barrières empêchent l'accès dans les bâtiments de la forge proprement dits, situés au plus près de la rivière. Mais ce n'est pas gênant. Des panneaux explicatifs nous permettent de comprendre. Le site est ouvert à tous, et gratuit, ce qui est fort agréable.

Je vous laisse lire. Mais si vous êtes intérssés, suivez les liens Internet que je vous fournis, je ne voudrais pas bosser pour rien!

Maquette en fer de l'usine. Et le fer, ça... rouille, forcément! Mais c'est original.

La maquette en situation!


L'histoire du château (qui s'appelle le château de La Forge...), est intimement liée à celle de la forge dont l'origine remonte sans doute à la fin de la guerre de Cent Ans (un contrat de concession d'eau date de la fin du 15e siècle) .

L'eau de l'Auvézère est capturée et sa force utilisée, bien sûr, par l'usine.

Le bâtiment des communs, faisant face à l'usine.

Les bâtiments des communs et de la ferme, des 18e et 19e siècles, sont partie intégrante du domaine. La ferme était destinée à assurer l'intendance du château et de la forge ; elle a conservé ses installations annexes (fenil, porcherie, ancien four, ...) et présente une architecture traditionnelle marquée de détails pittoresques comme les toits en avancée des fenils et la couverture à chicane de l'ancien four.

J'adore la forme de ces toits de tuiles.

Détail sur le fameux toit qui m'impressionne.

Le château, dit aussi "des maîtres de forge" présente un style médiéval, malgré ses deux lucarnes Renaissance. Propriété privée, il ne se visite.


Il faut vous dire qu'il est bien caché. Dans cette région, malgré une altitude modérée, il faut ouvrir l'oeil. En effet, la végétation est dense, les sous-bois sont sombres, le terrain est très encaissé. Les photos de paysage permettant de rendre compte de ça sont pratiquement impossibles à faire! En effet, on manque toujours de recul, et comme je fais une grande partie des photos en roulant, je loupe tout! Il ne vous reste plus qu'à me croire sur paroles, et à aller voir par vous -mêmes. Je pense que le meilleur moyen de locomotion pour bien visiter le pays, ce sont les pieds!

Vous voyez ce que je vous disais! Bien caché.

Il y a des sentiers de randonnée, et ils doivent être fort agréables. Ce n'est pas notre propos aujourd'hui, d'autant plus que nos estomacs commencent à crier -non, c'est exagéré comme terme- famine. Une passerelle permet aux piétons de traverser l'Auvezère ici. J'aurais du y descendre, car j'ai trouvé de très belles photos du château sur Internet, et elles semblent avoir été prises de cet endroit!

Un peu trop fainéant, une fois de plus!

 

Mais vous n'avez pas trop à vous plaindre quand même!

Retour vers le camping-car.

Oui, encore une de la ferme, je sais. Vous n'avez qu'à pas la regarder...

Tiens, comme c'est curieux. Des fleurs dans ce rondin de bois!

Ah, le printemps, quelle belle saison. Mais cela dit, je mles aime toutes (les saisons), chacune ayant son charme.

Où l'on aperçoit de nouveau le bâtiment des communs.

De vieux outils sont étalés dans la prairie.

Zoom sur cette grosse chaîne, que la nature est en train de phagocyter lentement mais sûrement...

La digue sur l'Auvezère, en amont de la forge (qui se trouve à droite de cette photo).

Retour à la maison pour manger, à l'ombre des arbres. Vous voyez comme la végétation est dense: impossible de voir la rivière, qui coule pourtant juste en-dessous! Nous sommes presque seuls, juste une ou deux voitures de touristes sont passées. Alors que nous partons, des pêcheurs à la truite arrivent. Je le sais, j'ai discuté avec eux. L'information est donc bonne, sauf s'ils ont menti!

Nous repartons à 15 heures. Saint Mesmin, en haut de la côte. Minuscule. Le tour de l'église avec le camping-car -par erreur- restera un grand souvenir. C'était bien juste!

 


Après Saint Mesmin( altitude 295 mètres), la route plonge à nouveau vers l'Auvezère, que l'on passe sur un tout petit pont, au lieu-dit Le Moulin (altitude 201 mètres).

C'est ici. On aperçoit au loin les falaises bordant cette rive de la rivière.

C'est magnifique, mais comme je vous l'expliquais, impossible de vous montrer le décor, pour cause d'une végétation luxuriante (forêt vierge de type amazonienne...), et impossibilité de s'arrêter à cause de notre camion et de l'étroitesse de la voie.

Nous remontons à nouveau sur le plateau. Impossible de voirt la rivière, tellement elle est encaissée, et aussi cachée par les bois. Ici, juste après Charoncle, sur la D72E5, j'aperçois au loin un village. C'est un hameau qui se nomme La Pomélie. Nous le traverserons, mais la route fait un grand détour pour l'atteindre, un ruisseau, le Gabourat, ayant creusé une petite vallée qu'elle contourne!

Juste après la photo précédente. Je vous fais partager un peu les paysages offerts par ce parcours, quand c'est possible.

Un peu plus loin, près du lieu-dit "Le Moulin de l'Abbaye". Il y a effectivement une vieille masure dans un sous-bois, justement au niveau du ruisseau dont je vous parlais précédemment.

Sur la D72E4 maintenant, qui nous mène au village photographié de loin, la Pomélie.

La Pomélie (altitude 306 mètres), c'est ce petit paquet de maisons recroquevillées les unes contre les autres.

 

Puis ça redescend à nouveau. On roule vers la rivière.

Une magnifique courbe. Pervendoux. Altitude 180 mètres. Lieu-dit situé près du pont traversant l'Auvezève.

C'est ici, photo prise depuis le pont.

Impossible de voir la rivière de loin, regardez comme ses rives sont couvertes d'arbres jusqu'au bord.

Ici passe le GR646, et doit doit être bien agréable de la suivre, car il longe les méandres de la rivière au plus près, lui!

 


Et ça remonte aussitôt sur l'autre rive, à travers bois.

Une trouée dans les arbres, peu de temps après la sortie d'une belle épingle à cheveux, avec une vue dégagée! Béa accepte de stationner. Ouf, je vais pouvoir faire des photos sans bouger!

 

Nous sommes revenus à 300 mètres d'altitude! Serait-ce encore La Pomélie, là-haut sur la colline? Je n'en suis pas sûr.
Tout au fond, et totalement invisble, coule l'Auvezère, bien à l'abri des regards indiscrets.

Coup d'oeil en arrière.

Génis, c'est le nomp de ce petit village un peu caché par les cultures.

Après une nouvelle descente jusqu'au bord de notre petite rivière, nous ne la retraversons pas. Nous sommes sur la D5 et allons longer l'Auvezère jusqu'à Cubas (ben oui, ça existe!). Puis nous roulons sur la D705 jusqu'à Saint-Agnan. C'est la vallée, assez large. C'est donc assez plat, moins joli. Juste à côté se trouve le village de Hautefort, réputé pour son château, que nous n'avons pas envie de visiter. De plus, je vois sur la carte que nous allons avoir droit à un point-de-vue sur le dit château.

Et c'est vrai. Au lieu-dit Les Chabridoux, juste devant l'étang du Coucou, sur la D71. Là-bas, dans la trouée du feuillage, sur la colline.

Le château de Hautefort. Le château est situé sur un éperon rocheux qui domine la commune et le village d'Hautefort. Créé sur une période allant de la fin du XVIe siècle à la fin du XVIIe siècle sur les bases d'un ancien château-fort, son architecture évoque nettement les demeures royales de la Loire.

Bien que ne dénigrant en rien la beauté de ce genre de châteaux, je préfère, et de très loin, l'austérité des châteaux médiévaux!

Et l'étang du Coucou.

En contrebas, et au zoom, au-delà d'un champ juste labouré au premier plan, voici Nailhac, son église et son cimetière.

Une pancarte "route des noisetiers" nous a confirmé ce dont nous discutions justement depuis un moment. Il y en a partout!

Château de Badefols-d'Ans, XIVe siècle, XVe et XVIIe siècles, inscrit aux monuments historiques, incendié le 1er avril 1944 par la Division Brehmer.

A la sortie du village Badefols-d'Ans. On ne s'y arrête pas!

Une vieille grange au bord de la route.

Toujours sur la D71, nous traversons Coubjours, puis quittons la Dordogne/Aquitaine pour pénétrer dans la Corrèze/Limousin.

Saint Robert en Corrèze.. Béa, en arrivant près d'une petite place aux platanes torturés, me dit soudainement: "on bivouaque ici?". OK.

Aussi simple que ça, absolument pas prémédité, comme la plupart des bivouacs. Il est à peine 16h30. Nous parkons la maison correctement, et allons faire un tour "en ville". En effet, cette petite place est un peu à l'extérieur du village, aux rues très étroites.

Les pauvres... Je sais bien que s'ils avaient toutes leurs branches et feuilles, nous n'aurions jamais pu mettre le camping-car à leur pied. Mais il n'empêche que je trouve ça vraiment laid, et qu'en plus j'ai mal pour eux. Bon, ça, c'est dit.

Vieille maison de Saint Robert.

Cité médiévale. Un des plus beaux villages de France.

La cité de Saint Robert est située au Sud-ouest de la Corrèze, aux confins du Limousin et du Périgord. Sa position géographique, dominant le Val d'Ayen a décidé de sa vocation de place forte médiévale, contrôlant le passage entre ces deux régions. On connaît peu de choses de la cité mérovingienne.... (suite...)

Je suis toujours en admiration devant ces vieilles portes. Celle ci possède encore ses clous.

Et c'est reparti. Je mitraille à nouveau, car j'étais pas mal bridé en roulant...

Organisé autour d’un monastère bénédictin bâti par les disciples de Saint-Robert, le village connut de violents affrontements religieux. De cette époque subsiste néanmoins une belle église romane fortifiée du XIIe S et des demeures seigneuriales en pierre de taille dans un paysage vallonné aux confins de la Corrèze et de la Dordogne. (recopié sur le site cité plus haut).

L'église romane du XIIème siècle avec ses tours, ses créneaux et ses meurtrières.

Il y a du monde ici, car c'est la journée porte-ouverte d'une association.

A l'intérieur de l'église. Ah, vous aviez déjà remarqué! Bravo.


Mais c'est la création en 1122, par des moines bénédictins, disciples de Robert de Turlande, créateur de la Chaise-Dieu, d'un prieuré, qui marque le départ de l'histoire connue de Saint Robert. De ce prieuré, on retrouve sans doute des éléments dans certaines maisons proches de l'église, mail il en reste surtout une superbe église romane, construite sur le modèle de celle de Beaulieu-sur-Dordogne. C'était une abbatiale fortifiée, flanquée de quatre tours de défense, situées aux quatre extrémités des branche de la croix. Seule demeure la tour Est. (suite...)


A gauche, je ne sais pas. Mais cette statue est très curieuse, en ce sens qu'une tête disproportionnée par rapport au corps a manifestement remplacée l'originale. A droite, Christ espagnol du XIIIème siècle. Selon la légende, il aurait été rapporté de Lépante en 1571 après la victoire des Escadres d'Espagne, Gênes et Venise sur l'escadre turque.

Détail de la tête du Christ.


A gauche, Saint Maur (je pense, car c'est le fils d'Equitius, sénateur romain). A droite, c'est très clair, il s'agit bien de Saint Robert (de Turlande).


Fin de la visite de l'église. Je ressors, Béa en a un peu marre de m'attendre...

Les toits des maisons autour de l'église.

Vraiment pas très droit, celui-ci. Et je vous garantis: aucun trucage sur la photo! Pas de vagues!

Nous poursuivons la visite du village.

Les maisons sont toutes plus belles les unes que les autres.

Je vous laisse regarder sans les commenter, tout simplement parce que je n'ai rien de particulier à dire!


Le village s'arrête brusquement après cette porte. C'était à coup sûr une des portes d'entrée en ville.

Château d'Aragon, demeure du XIVème siècle, repaire noble d'Aragon provenant de la femme du comte de Noailles, Jeanne Germaine d'Espagne, probablement issue de la famille royale de Castille.

Paysage vu depuis cet endroit.

Quelques rares touristes en cette saison.

Témoin des fortifications du XIIème siècle.

Détail de la cloche vue sur la maison de la photo précédente.

Non non, ce n'est pas la même que tout-à-l'heure!

Les jardins à l'extérieur des murs de la vieille cité.

Comme il fait lourd et que nous sommes un peu fatigués (ben quoi, on a marché, non?), nous décidons de nous offrir une bonne bière sur la place centrale près de l'église. Il y a un peu d'animation, c'est sympa.

C'est là que j'avise cette croix placée près du bistrot (regardez photo prédédente, sur la gauche). Je la prends en détail, car j'y ai vu "marteau et tenaille". Quelle signification?

 

Pas de chance. Un nuage a la bonne idée de "crever" juste au moment où nous sommes installés en terrasse. Pas méchant, 5-6 gouttes seulement, mais qui me font faire un mouvement brusque pour ouvrir le parasol et... faire "choir" nos verres de bière sur le sol... où, naturellement, ils se brisèrent! Heureusement, le patron, sympa, nous en rapportera deux autres!

Il y a une terrasse près de l'église, avec un joli panorama, que nous n'avions même pas vu! Superbe.

Il est temps de retourner dans nos "pénates" maintenant.

La rue près de notre parking. Il est 18h15, vraiment grand temps de rentrer à la maison.

Vous connaissez le programme de la soirée maintenant...

 

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