Salers

Jeudi 14 mai 2009 - 58 km - 119 photos, 62 sélectionnées - La pluie arrive.

Barage de l'Aigle - Salers


Nous ne partons qu'à 11 heures ce matin, car le temps est plutôt mauvais, à la limite de la pluie. Direction le sud-est, vers le Cantal. Je voulais descendre par la D982, mais la route est fermée (je pense que le pont doit être en travaux). Du coup, pas le choix, nous sommes dirigés sur la D166, via Latronche. Non, nous ne faisons pas la tête, mais ce nom de ville me dit quelque chose. Yes, je sais. je suis passé ici avec mon scooter x9 surnommé Jolly Jumper le dimanche 30 avril 2006. J'ai même publié une photo de la pancarte de Latronche! Ce jour-là, je quittais au barrage de l'Aigle (où nous allons justement!) les amis de la rando à laquelle je participais, et je partais vers le Cap Nord en Norvège, puis la Finlande, et retour par les ex-pays de l'est! Que de bons souvenirs, chargés d'émotion.

Peu avant Soursac, nous prenons la D16 (ci-dessus) qui plonge littéralement dans la Dordogne (enfin, juste au-dessus), et que nous allons traverser sur le fameux barrage de l'Aigle dont je vous parlais, et qui sert également de pont. La pluie commence à tomber, mais je ne peux m'empêcher de sortir à moitié de ma fenêtre pour immortaliser cette fameuse descente, de toute beauté malgré cette mauvaise météo! Je vous laisse admirer.

La qualité des photos est très moyenne, avec beaucoup de flou, mais ça vous donnera une idée de la route.

Le petit village d'Aynes se dessine.Un profond ravin nous sépare de la Dordogne, encore invisible.

Zoom -en roulant- sur Aynes. Un peu brouillé, mais regardable quand même! Et nous apercevons, pendant quelques secondes, la Dordogne.

Avec son cadre naturel, c'est mieux.

Les protections sont plutôt minces, et sont plutôt des délimiteurs, car je ne vois pas ce qu'elles pourraient arrêter! Pas même un vélo!

Les eaux de retenue du barrage apparaissent soudain.

Nous y sommes. Altitude sur le barrage: 344 mètres. Les sommets environnants sont entre 500 et 545 mètres. Vue vers le nord-est.

Il pleut presque à verse maintenant, comme vous pouvez le voir sur la surface de l'eau de la Dordogne, ce qui gâche un peu le paysage, et notre plaisir. A propos du nom "Dordogne", j'ai lu ceci sur Internet, ce qui me permettait de me coucher moins sot ce soir. Je vous en fait profiter:

La Dordogne naît dans le Puy de Dôme ; elle résulte de la réunion de deux cours d'eau de montagne : la Dore et la Dogne qui viennent du massif du Sancy à 1700 m d'altitude.. (extrait de ce site).

Or, sur l'article de la Dordogne de Wikipedia, cette interprétation est considérée comme fausse:
Contrairement aux apparences, le nom de la Dordogne n'est pas un assemblage récent des noms de la Dore et la Dogne. Son nom vient d'un ancien Durānius, dérivé de la racine préceltique dur-, dor- (cf. la Durance). Les formes médiévales ont adopté un suffixe redoublé -ononia : Dorononia fluvius (VIe siècle), Dornonia (VIIIe siècle) qui évolue en Dordonia (IXe siècle) par un phénomène de dissimilation donnant ainsi l'impression d'une étymologie *Dore-Dogne.

Je penche personnellement pour la version exposée sur l'article Wiki. Mais allez savoir...???

C'est jour de grand nettoyage. Les ouvriers sont en mode "rappel" sur l'immense paroi. Un boulot que je ne voudrais pas faire mais qui, je l'espère pour eux, devrait être bien payé!

Et vers le sud-ouest. Nous sommes arrivés par le tunnel que l'on aperçoit en haut à droite. Au fond à gauche, on distingue Aynes.

Petite vue plongeante sur la Dordogne, et l'ouvrage. On aperçoit en bas à droite, en rouge, un des nettoyeurs.

Zoom sur Aynes. Ce qui vous permet de mieux cerner la météo du jour. Bien triste!

Nous changeons ici de département. Au revoir la Corrèze, bonjour le Cantal.
Et en même temps, changement de région. Au revoir au Limousin, bonjour à l'Auvergne!

La pluie redoublant de violence, nous déclarons forfait et courons nous réfugier à l'abri de notre maison roulante. Une bénédiction, cette maison! Nous remontons sur le plateau. Chalvignac, sur la D105, à 516 mètres, puis nous rattrapons la D678, ici, à l'altitude 600. Le hameau à droite s'appelle Le Reyt, pour ceux qui veulent à tout prix de la précision!

Photo prise juste avant l'arrivée à Mauriac. Au fond, le Puy Saint-Mary (747 mètres), et sa chapelle. Édifice de style Roman (XIXème siècle), bâti sur les fondations d'une chapelle foraine médiévale dédiée à Saint-Mary. Compagnon d'Austremoine apôtre de la Basse-Auvergne au IIIème siècle, il évangélisa la Haute-Auvergne. Les moines du monastère Saint-Pierre de Mauriac prirent au IXème siècle les restes de Saint-Mary déposés dans un cercueil en l'église de Saint-Mary le Cros, où il mourut. Ils construisirent au IXème ou XIème siècle la Chapelle du Puy Saint-Mary qui fut un lieu de pèlerinage important où s'établit une foire dont la tradition demeure... (recopié sur ce site).

Base de loisirs du Val Saint Jean, à Mauriac, prise en photo du même endroit, peu avant d'arriver à Mauriac, au sud-ouest.

Mauriac, photo prise depuis les hauteurs (contournement de la ville). Nous ne faisons qu'une halte-essence...

Après Mauriac, c'est la D922 qui nous guide vers le sud (route d'Aurillac). Ici, juste après Lavialle, au niveau du hameau de Surgères, un peu avant Salins. On aperçoit (et c'est ce qui avait attiré mon regard perçant -il le faut, avec ce ciel sombre) le viaduc de la voie ferrée.

Une minute et douze secondes plus tard... le même viaduc, juste avant l'embranchement avec la D222 qui mène à Anglards-de-Salers.

Peu après, nous faisaons halte sur le parking permettant d'accéder à la cascade de Salin, chute de la rière Auze dans un superbe cirque basaltique. A noter que le viaduc visible ici n'est pas le même que celui de la photo précédente! On aperçoit aussi le pont de la D922 sur l'Auze.

Vue depuis le parking, et en même temps depuis la fenêtre de la salle à manger! Ben oui, c'est ici que nous décidons de nous restaurer. Il est 13 heures. Superbe paysage vers l'ouest et la vallée de l'Auze, les sommets se trouvant aux environs de 600 mètres d'altitude.

Malheureusement, il pleut encore et toujours, une de ces pluies peu visibles, mais qui mouillent bien...

Compte tenu de ce mauvais temps, nous décidons de ne pas poursuivre la visite de la région. Nous allons directement à Salers, à une quinzaine de kilomètres d'ici. C'est un très beau village, visité en octobre avec mes copains motards. Avec un parapluie, nous pourrons déambuler dans ses ruelles étroites. Et s'il pleut trop, nous pourrons toujours nous réfugier à la maison, et observer les moutons entre deux sénaces de lecture et de bols de café...

C'est ici que nous passerons la nuit, à la sortie de la petite ville.

Sombre et humide. Les photos parlent d'elles-mêmes. D'un autre côté, Salers garde un certain charme, même sous la pluie.

Le ciel change très vite, tantôt presque clair, tantôt presque noir. Et finalement, ce n'est pas désagréable, car nous pouvons au moins marcher.

Salers est située à l'extrémité ouest du complexe volcanique du Cantal, au bord d'un plateau d'une altitude de 900 m environ. La ville s'est constituée autour d'un château situé sur une butte basaltique dominant la vallée de la Maronne.

 

Salers se trouve également à la limite ouest du Parc National Naturel des Volcans d'Auvergne.

 

La cité cantalienne est classée parmi les "plus beaux villages de France" avec ses immeubles inscrits ou classés monuments historiques. Grâce à son site inscrit et aux nombreuses œuvres d'art contenues dans l'église Saint-Mathieu, elle présente un ensemble exceptionnel essentiellement des XVème et XVIème siècles, époque de l'instauration du Bailliage Royal des Montagnes d'Auvergne.

Aujourd'hui, Salers se tourne résolument vers le tourisme avec environ 400.000 visiteurs par an. Dont nous faisons partie en ce beau jour de mai bien pluvieux...

 



Église Saint Matthieu - un porche du XIIème siècle subsiste encore de l'édifice roman.

Église Saint Matthieu

Une nef reprise en 1453 le dernier clocher néo-romain reconstruit à partir de 1889, le porche entièrement sculpté en 1898 par Jean Ribes.

Certaines chapelles latérales sont de 1446, 1490, 1495. Y sont à découvrir la "Mise au Tombeau du Christ (calcaire polychromé, 1495), le tableau  du "Voeu de Ville" rappellant les Guerres de religion, 5 tapisseries des ateliers de la marche (XVIIème), une Adoration des bergers du peintre Guy fançois (1640), une chaire à précher Louis XV, lustrerie et statuaire.


La petite place près de l'église.

Sculptures sous le porche.

La porte de l'église, massive et cloutée.

Détails.

La fameuse "Mise au Tombeau du Christ (calcaire polychromé, 1495).

Encore des scumptures.

Au loin, on dirait que la montagne fume... La vapeur d'eau monte.

Le curieux monument aux morts (ruines de l'église réutilisées?), surmonté d'un coq gaulois!

En arrière-plan, un joli parc avec une superbe terrasse surplombant la vallée.

Sur un mur, un vieux cadran solaire. Pas de chance pour aujourd'hui, la lumière solaire semble lui faire défaut!

 

La rue en face de l'église, montant vers le beffroi et la partie haute de la ville.

Attention, pavé mouillé, pavé glissant.

 

Et voici le fameux beffroi.

Modeste entrée principale de la Cité enclose, défendue par le faubourg et que l'on peut dater des années 1440-1450. Nos Premiers Consuls la transformèrent en Horloge en 1509 avec campanile, cloche, cadran de pierre sculptée au soleil rayonnant. Le chemin de ronde ruiné ne laisse que ses machicoulis.

 

Juste avant d'entrée sous le porche du beffroi, un petit coup d'oeil vers le ciel...

Une sorcière se promène au-dessus de nos têtes, insouciante de la pluie.

l'Hospice Lizet, il est dissimulé par le Beffroi et abrite un artisan d'émaux. C'est le premier hospice de Salers, fondé par Pierre Lizet. Pierre-Claude Lizet (1482-1554) fut 22 ans Président du Parlement de Paris et décéda 36ème Abbé de Saint Victor. Importante construction gothique, construite en partie sur le rempart à partir de 1449. Y naquirent le président Pierre-Claude et son frère Pierre qui en 1532 fondèrent l'hôtel-Dieu ; petit hôpital après la Révolution puis école des Frères de l'Education Chrétienne ; puis Gendarmerie, maintenant appartements sociaux.

Tour de Flogeac, à gauche. Maison du XVIème dont les façades ont été reprises (fermeture des échoppes). La tour en encorbellement, polygonale n'est que tour d'apparat ou de richesse. Et Tour de la Ronade (à droite). Tour austère à 5 étages d'un logis de 1356 repris au XVIIIème : à l'intérieur escalier à vis desservant les étages. Derrière la terrasse arborée le corps de logis est du XVIIIème.

Maison Baud-Lacombe. Cette bâtisse est commandée par une lourde tour d'escalier à pans, très en relief et qui se ferme d'une somptueuse huisserie d'époque (fin XVème) surmontée d'un tympan sculpté d'une croix remarquable. Il y a peu tous les meneaux des fenêtres ont été reconstitués.

Détail la porte de la maison Baud-Lacombe.

Le Baillage.

En fait 2 corps de logis gothiques construits à la fin du XVème (1470-1490) par 2 familles de hauts magistrats : les Valens et les Nozières. Cet ensemble n'a jamais été le Bailliage. Le "parloir" des Consuls de la ville y fut hébergé à partir de 1508-1510. Deux tours en encorbellement encadrent cet ensemble dont l'une historiée à la base.


Au bout de la ville, un petit parc et un superbe panorama sur la vallée de la Maronne. Vers le sud-ouest, Le Theil.

Vers le nord-est, sur Saint-Paul-de-Salers.

Zoom sur Saint-Paul-de-Salers.

Maison Bertrandy.
Bâtisse de la fin du XVIIème (1700) à tour d'escalier centrale sur perron. Porte encadrée par colonnes, fronton triangulaire et besants à valeur compagnonique.

Détail sur un mur.

Toit de lauzes.

 

Sur le même mur, un peu plus loin.

Autre toit de lauzes, pour changer...

Marteau d'une porte.

La Tour de Flogeac, sous un autre angle, en redescendant vers le bas de la colline.

Fin de la visite. Nous retournons dans notre camion, où un bon café bien chaud nous attend -enfin, pas vraiment, il faut quand même le faire, mais quelques minutes suffisent! Les moutons nous offriront un long spectacle, un petit s'étant échappé à travers le grillage et ne parvenant plus à retrouver le passage secret. Tous les autres l'appelaient de l'intérieur du pré, l'exhortant à revenir! Une curieuse position aussi, que celle de ces groupes de petits, le dos tourné vers le mur. Punition? Ils nous font un peu pitié, sous la pluie...

La soirée s'écoulera lentement, dans le calme et la sérénité. Toutefois, s'il pleut encore demain, nous changerons de région!

 

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Depuis le 06/06/2005 Visites:931201 Aujourd'hui :343 Maintenant:10 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)