Du 16 juin au 15 juillet

Russie - Pays Baltes - Pologne

Le GRAND CHOC

Europa 2014 - Du 16 juin au 5 juillet - J77 à J96 - 3.832 km - 5.463 photos

Itinéraire du 16 juin au 5 juillet

16 juin

16 juin

Descente vers la Baltique.

Au bord de laquelle je trouve un camping sympa.

Dans lequel je reste deux jours, car mon visa pour la Russie commence le 19 juin seulement.

19 juin.

Sur la route de Saint-Pétersbourg ! Beaucoup d'émotions, passage de la frontière, premiers kilomètres en moto dans la Grande Russie !

La Baltique, une trentaine de km avant d'arriver à St Pétersbourg dont on aperçoit les immeubles, à l'horizon.

La fameuse Place du Palais où commença la Révolution d'octobre 1917. A gauche, le Palais de l'Ermitage.

La cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé.

Une promenade en bateau.

Ce fut une journée exceptionnelle, et en plus avec le soleil !

21 juin

Contournement du Golfe de Finlande. Très belles forêts russes.

Baltique russe. En fin de journée, entrée en Estonie.

22 juin

Les belles forêts estoniennes.

Tallinn la belle capitale, sous la pluie.

23 juin

Les cigognes sont partout, pratiquement dans chaque village.

Sur les rives de l'immense lac Peipus, ou Chudskoye, qui fait office de frontière avec la Russie.

24 juin, entrée en Lettonie.

Les petits sont nés et elles sont donc souvent au nid.

Plats pays, lacs et forêts. La nature est belle.

25 juin

Riga, la capitale, avec du soleil.

Immeubles aux façades toutes plus belles les unes que les autres, le centre-ville historique est magnifique.

Arrêt sur la Baltique.

26 juin

Ludza. Moscou n'est plus qu'à 648 km à l'est.... !

Jolies et typiques maisons en bois à Krasvala.

27 juin. Entrée en Lituanie.

Superbe balade de 15 bornes en forêt, dans un parc national.

Vilnius, capitale de la Lituanie.

Très belle ville aux accents curieusement sud-américains !

28 juin. Entrée en Pologne

Franchissement du grand fleuve Niemen.

Traversée de la Mazurie aux mille lacs, en Pologne.

29 juin

Très belles zones lacustres.

Visite de la Tanière du Loup, là où Hitler a vécu plus de 800 jours, dans ses bunkers, et où eu lieu le fameux attentat manqué !

Fin de journée sur la Baltique polonaise.

30 juin

Magnifique Gdansk !

Des centaines d'immeubles splendides, alors évidemment, des centaines de photos....
Je ne sais plus où donner de la tête, Gdansk est incontournable !

1er juillet, après 3 mois de route ininterrompue.

Dernier regard sur la Mer Baltique, avant de descendre vers l'Europe centrale.

Ah, ces routes bordées d'arbres ! Dommage que le revêtement soit rarement à la hauteur.

2 juillet

La belle Poznan

Visite du terrible camp de concentration de Chelmno.

3 juillet

Visite de Varsovie au petit matin.

Puis Treblinka, de sinistre mémoire....

Le mémorial, au coeur de la forêt désormais si belle et si calme.

Et c'est en début d'après-midi, en descendant vers le sud de la Pologne, à environ 80 km à l'est de Varsovie, qu'un chauffard roulant très vite m'a heurté en me doublant de trop près. Totalement surpris -je ne l'ai ni vu ni entendu venir-, déséquilibré, Serparti s'est couchée sur le goudron et a glissé, glissé, glissé.... sur environ 30 mètres. Très choqué, contusionné sur la partie gauche du corps, je suis malgré tout entier.

La tenue Bering Odyssée a fait son travail de façon admirable, et m'a épargné bien des souffrances !

Quant à Serparti.....

La famille polonaise habitant en face du lieu de l'accident m'a accueilli les bras ouverts, logé et nourri pendant deux jours, soutenu avec beaucoup d'humanité, comme si je faisais partie de leur famille. Des moments inoubliables, malgré le choc tant physique que moral.

Rapatrié par l'assistance le 5 juillet en taxi, puis avion, taxi, je suis arrivé chez moi sur la côte vendéenne peu avant 20 heures, au terme d'une longue journée épuisante. Si je suis heureux de retrouver ma famille, je ne peux me résoudre à l'arrêt de mon grand voyage Europa 2014. Une seule idée me taraude : reprendre mon bâton de pèlerin, retrouver la Grande Route, repartir d'où je viens au plus vite !

En bleu le chemin parcouru.

En rouge.... ce qu'il reste à faire !

Ah oui, le matos. Si je repars en moto, il y a du travail. Tout l'équipement à changer. Il n'y a pas de top-case sur Dakara, ma BMW GS 650. Je n'ai plus de support GPS. Le sac est également à changer. Je fais quelques calculs : beaucoup d'argent. Et aussi du temps.

Physiquement, je "douille", surtout au niveau des côtes. Aïe, c'est le cas de le dire. Si je veux partir en moto, la partie "physique" est délicate. Quand serais-je capable de rouler huit à dix heures par jour ? D'autant plus que Dakara est plus lourde que Serparti, et ce n'est pas négligeable, loin de là.

Voyons voir, quelles sont les Yamaha 250 d'occasion à vendre en ce moment ? Il y en a 5 ou 6. Un peu partout en France. Entre 2.000 et 3.000 euros. Du même âge que Serparti, avec moins de kilomètres. Oui, c'est aussi une solution, à laquelle j'avais déjà pensé en Pologne. Mais je dois remettre mon neveu à contribution, il faut racheter un top-case, et la moto, forcément ! Je suis "moyennement" chaud. J'ai été "coupé" en plein élan. J'ai envie d'un changement pour me relancer, et je ne suis pas vraiment "chaud" pour acheter un autre véhicule. J'ai la moto qui va bien, j'ai aussi la voiture qui va bien.

Côté assurance, je ne suis pas près de "toucher" le remboursement.... Et... oui, dès mardi, dans la soirée, je reçois le coup de téléphone qui ne me surprend aucunement. Nous avons reçu le rapport d'expertise polonais : la moto n'est pas réparable, compte-tenu de sa valeur. Nous transmettons au service spécialisé en France, qui vous contactera dans quelques jours pour vous donner les montants exacts.

La messe est dite concernant Serparti !

 

 

Et finalement, elle l'est aussi concernant Dakara.

 

Mygoo -c'est le nom donné à la Kangoo- est finalement celle que je choisis pour effectuer la deuxième partie du trip.

 

J'ai dépensé beaucoup d'énergie pour préparer ce voyage. Et dans toute préparation nécessitant du matériel, il y a, justement, cette partie technique à résoudre. Et j'avoue que, si j'adore voyager, je déteste cordialement les préparations de matériel. En prenant l'option "moto", je dois presque tout recommencer : équipement du motard, équipement de la bécane. Je n'en ai tout simplement pas le courage. Certains copains super sympas m'ont proposé du matériel. Mais ça ne me convient pas : choisir, envoyer par courrier, essayer, puis éventuellement abîmer, casser pendant le trajet, etc.... Non, je vous le dis, je n'en ai pas l'énergie. Pas maintenant. Mon truc, c'est de rouler, point. Me lancer dans une quête de prêts, de sponsoring, là, c'est au-dessus de mes forces. D'autant plus que je suis prisonnier d'un facteur qu'il ne m'est pas possible d'ignorer : la fin du voyage. Avant l'accident, si tout se passait bien, j'avais programmé le retour pour le 5 novembre. C'était déjà osé, pour le motard. En ce moment, les jours passent. Il me faut sans doute encore une semaine de repos pour envisager un départ en moto, plus dur physiquement. Et il faut bien rejoindre le point de départ, Varsovie. Ce qui repousserait l'arrivée à fin novembre. En moto, c'est trop tard.

Et la voiture, dans tout ça ? Eh bien, c'est très simple. Le sac que j'avais sur la moto contient mes affaires. Je n'ai besoin de RIEN d'autre. Pourquoi devrais-je emporter, sous prétexte que je suis en voiture, plus d'affaires que si j'étais en moto ? Aucune raison valable. Je dirais même plus : j'ai besoin de moins de choses, moins de vêtements chauds, moins de protection. Rien, en fait. Alors, et vous le voyez sur la photo, j'ai pensé à Bocloo. Je peux le mettre dans l'habitacle, il ne me gênera pas, et me sera fort utile pour me balader dans les centre-villes historiques, et/ou sur les fronts de mer inaccessibles à tout véhicule. Hé hé hé, avec lui, je peux faire un peu de "deux-roues", et de sport, pour maintenir une ligne obtenue grâce à Serparti : j'ai en effet perdu 11 kgs pendant cette première partie du voyage, et je ne voudrais pas les reprendre. Alors, pas question de se laisser aller....

Pour ce qui est de l'arrivée fin novembre avec Mygoo : de la rigolade. Il y a du chauffage dans l'habitacle, elle a été préparée dans cet objectif, je l'ai longuement testée en Norvège en 2012. Franchement, que du bonheur.

Et Europa 2014, dans tout ça ? Dénaturé ?

Eh bien, pas du tout, en tout cas pas pour moi.

Europa 2014 a été préparé avec soin -ça, ce n'est pas un scoop-, dans le but de montrer ce qu'il y a de plus beau dans chaque pays d'Europe, les plus belles routes secondaires, les plus belles régions naturelles, et la traversée de toutes les capitales. Mais aucune des routes choisies ne l'a été du fait que je partais en moto. Si j'avais préparé cet itinéraire pour la Kangoo, il n'aurait pas varié d'un pouce. J'ai une âme profonde de voyageur avant tout, et pour moi, peu importe le flacon, c'est l'ivresse qui compte. Et cette ivresse, je la trouve dans ce ruban d'asphalte qui défile sous mes yeux, avec ce qu'il y a autour. J'aime -et j'ai toujours aimé- tous les modes de locomotion, avec toutefois une préférence pour le mode "moto".

Mais là, pour le coup, à bien y réfléchir, cet accident est -sans être providentiel- un événement qui me permet de montrer deux modes de locomotion dans le même voyage.

C'est finalement un atout sérieux pour le projet global, car ça lui offre une autre vision, alternative, pour les voyageurs. Tout le monde n'est pas motard, j'apporte d'autres solutions et moyens de rêve à mes futurs lecteurs potentiels. Avec des moyens, avant tout, modestes, et je tiens à ça dans l'esprit. Serparti était une petite moto peu onéreuse, à la portée de tout un chacun, tant du point de vue financier que du point de vue pilotage. Mygoo est un camping-car extrêmement modeste, peu onéreux, mais elle en offre les avantages, sans en avoir les inconvénients.

Bien sûr, et comme dans tout choix, il y a forcément des "plus" et des "moins"..
Mais l'idée est là, et elle se réalise. Le tout sur un voyage grandiose.

Ce que je voulais démontrer avec Serparti l'a incontestablement été. Elle a accompli son devoir avec sérénité et talent, elle a roulé sans faillir, elle a réalisé 24.000 km sans rechigner, et rien, absolument rien, ne permet de dire qu'elle ne serait pas allée au bout, bien au contraire. Mission accomplie, haut la main, haut les coeurs. Elle s'est jouée de toutes les difficultés, et les distances ne l'ont jamais effrayée. Elle m'a offert toutes les joies du voyage motard, les odeurs, l'air, la pluie, la liberté, l'entrain suscité auprès des autres... Ah oui, je peux le dire : mission accomplie !

Alors, faire la deuxième partie en mode "camping-car" : mais, mon dieu, voilà qui est absolument incroyable. Quelle occasion à ne pas manquer. Et elle est la, Mygoo, sur mon parking. Elle aussi m'attendait. Elle aussi, elle rigole, heureuse d'avoir été choisie. Et vous savez quoi ? Je suis enchanté de ne pas m'être laissé emporter par la possibilité de partir avec Dakara. Qu'elle reste sagement dans le garage, son heure viendra. Mais en faisant comme ça, je conserve mon investissement intact (elle est presque neuve, la miss Dakara), alors que Mygoo n'est pas à 35.000 km près... Enfin, économiquement, la voiture est gagnante, car vous connaissez la haute fréquence des entretiens sur une moto (et vous avez vu les tarifs.... oui, je sais, c'était en Scandinavie). Normalement, les pneus de Mygoo dureront bien plus longtemps, ses vidanges sont trois fois plus espacées, etc, etc... Théoriquement, je ne devrais pas dépenser davantage -au global- avec Mygoo qu'avec Serparti. L'avenir nous dira ce qu'il en est exactement.

Donc, amis voyageurs, vous voici désormais embarqués dans une "caisse"... J'entends déjà hurler mes copains motards. Mais non, les gars, ne vous énervez pas. Les routes que je vais suivre sont celles que j'ai préparées pour Serparti aussi, alors vous pourrez vous en servir pour préparer vos futures escapades en Europe Centrale et en Europe du Sud, soyez totalement rassurés. Vous n'y perdez rien du tout, sauf la vue d'une "caisse" sur la route. OK, j'éviterai de la mettre, il n'y aura QUE la route et/ou les paysages sur les photos, hé hé hé. Ce que je pourrais perdre ? Les rencontres, peut-être ? A moi de les susciter, ça ne m'inquiète pas du tout.. Les camping-caristes échangent beaucoup pendant leurs voyages. Alors, je ne vois vraiment pas pourquoi je ne pourrais pas....

J'espère que vous êtes aussi heureux que moi de reprendre la route. Je me repose encore quelques jours, car les douleurs ne sont pas encore parties, surtout au niveau des côtes. Cette pause me permet de revoir mes proches, un atout sérieux. Finalement, je transforme cet événement initialement catastrophique en atout passionnant pour relancer le voyage et lui offrir une vision supplémentaire.

Départ, en principe, mercredi 16 juillet, à l'aube.

4 jours de route pour rejoindre le nouveau point de départ.

Vive Europa 2014.

C'est reparti !

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