Europa 2014 : Pays-Bas, Allemagne, Luxembourg, Danemark, entrée en Suède

Europa 2014 - du 1er au 18 mai - 6.595 km - 18 étapes
Pays-Bas- Allemagne - Luxembourg - Danemark - Entrée Suède

Entre Pays-Bas et Allemagne, c'est le plat pays. Commençons par rouler sur la grande digue barrant la Ijsselmeer, puis poursuivons en direction du nord-est à travers landes et marais, toujours en empruntant le réseau secondaire, jusqu'à la belle ville de Groningen. Le Damsterdiep, puis contournement du vaste estuaire de l'Ems. Entrée en Allemagne, plus précisément en Frise orientale, dans la Basse-Saxe. L'Allemagne est notre sixième pays. Le paysage ne change guère, landes et marais, digues de protection. Soyons fous et allons jusqu'au littoral de la Mer du Nord, dans le Parc National de la Wattenmeer, entre l'Ems et la Weser. J'aime bien ces plats pays entre terre et mer, sans doute à cause de mes ancêtres vendéens vivant dans les marais. A partir de là, j'entame une longue traversée nord-sud de l'Allemagne, qui commence, après le contournement de la baie de Jade, par une traversée de la belle ville de Brème, et se poursuit vers Osnabrück à travers le Parc National Wildeshauser Geest.

La descente vers le sud se poursuit en contournant la Ruhr industrielle par l'est, mais sans quitter le réseau secondaire, sur lequel se savoure une Allemagne totalement méconnue du voyageur moderne. Là se découvrent les petits villages et la vie rurale, absolument invisibles depuis l'autoroute. Je retrouve maintenant du relief dans le massif de moyenne montagne Eggegebirge et son Parc Naturel, puis dans celui du Rothaargebirge, avec, lui aussi, son propre parc naturel. Nous longerons ensuite la vallée du Dill via Dillenburg et Herborn, jusqu'à Ehringshausen. Notre route s'infléchit alors nettement vers l'ouest-sud-ouest en direction du Luxembourg. Petite incursion dans le Naturpark du Hoch-Taunus via Weilburg, et la vallée de la Lahn jusqu'à Limburg an der Lahn. Nous roulons maintenant dans le Naturpark Nassau, au coeur du petit massif montagneux au doux nom de Rheinisches Schiefergebirge via Bad Ems jusqu'à Koblenz, toujours dans la vallée de la Lahn. C'est là, à Coblence (en français), qu'elle se jette dans le Rhin, et que commence un magnifique itinéraire en aller-retour : la vallée du Haut-Rhin, également connue sous le nom du Rhin romantique, en descendant le grand fleuve sur la rive droite et en le remontant par la rive gauche : ce sera le jour 34. Après ce charmant détour, nous poursuivrons vers le sud-ouest en longeant, cette fois, la merveilleuse vallée de la Moselle. D'abord en territoire allemand, c'est la Moseltal, via Trier (Trèves en français), puis au Luxembourg, (septième pays) que nous franchissons en traversant sa capitale de même nom, Luxembourg. Après le grand duché du Luxembourg, nous continuons vers l'ouest jusqu'à Stenay, sur la Meuse et le Canal de l'Est : nous repassons donc par un petit bout de Belgique avant de retrouver la France. Nouvelle inversion de direction : nous allons suivre cette fois la vallée de la Meuse vers le sud-est, avec un arrêt sur les champs de bataille de la Première Guerre Mondiale, Verdun, Douaumont, et plus particulièrement Bezonvaux, où un de mes grands-oncles y a laissé la vie, un mauvais noël 1916... L'Europe s'est déchirée ici, et je suis empli du bonheur de la connaître unifiée, vivant dans la paix que des fous cherchent à briser de nouveau. Quelle joie de pouvoir franchir ces frontières en toute quiétude, et de découvrir les âmes de tous ces grands pays loin du bruit des bottes ! Retour vers l'Allemagne via Metz et le département de la Moselle jalonné de cimetières militaires, avec une incursion dans le nord du Parc Naturel Régional de Lorraine, puis dans celui des Vosges du Nord via le col de Saverne et Dabo, situé en plein coeur des Vosges Mosellanes. Strasbourg est l'étape 36 juste avant de franchir à nouveau la frontière, au kilomètre 13.000 du voyage.

Le jour 37 sera consacré aux petites routes sinueuses de la Forêt Noire, ou Schwarzwald, que nous suivrons du nord au sud, de Strasbourg à Freiburg im Breisgau, avec la recherche de la source du Danube. Nous opérerons alors un nouveau changement de cap radical sans entrer en Suisse. Nous demeurons en Allemagne, que nous allons désormais remonter du sud-ouest au nord-est. Terminons d'abord l'excursion approfondie du Südschwarzwald sur les rives du Danube à Donaueschingen. C'est l'entrée dans le Naturpark Obere Donau (Danube supérieur) : suivons donc la vallée du Danube jusqu'à Sigmaringen, ville dans laquelle se réfugia le gouvernement de Vichy en septembre 1944. Puis remontons plein nord sur Münsingen -où j'ai fait (dans une autre vie) des manoeuvres sur des chars par -27° C- pour retrouver le Danube à Ulm, dont la cathédrale possède la flèche la plus haute du monde (161,53 m). La recherche continuelle de petites routes panoramiques nous conduit par Geislingen an der Steige et Heidenheim an der Brenz dans le Jura souabe (Schwäbische Alb), entre Rhin et Danube -par conséquent dans un paysage de moyenne montagne, sur des routes aux multiples virages-, jusqu'à la traversée du haut-plateau du Härtsfeld via Neresheim, et jusqu'à Nördlingen, au coeur de l'Astroblème du Nördlinger Ries. Ici, c'est la Bavière. De là, nous reprenons la route des montagnes, comme toujours, en traversant cette fois l'autre partie du Jura allemand, le Jura appelé franconien, ou Fränkische Alb, qui forme le Naturpark Altmühltal, et que nous traversons d'ouest en est le long des méandres de la vallée de l'Altmühl, pour ensuite piquer plein nord sur Nürnberg (Nuremberg).

Toujours vers le nord-est, nous franchirons ensuite la partie nord du Jura franconien que les allemands nomment la Suisse franconienne, ou plus exactement Fränkische Schweiz (ou encore Franconian Switzerland en anglais). C'est une des plus anciennes régions touristiques d'Allemagne, réputée pour ses paysages faits de montagnes, vallées et de nombre de rochers importants surmontés de ruines, en plus de ses nombreuses grottes. Après Bayreuth, petite incursion dans le massif des Fichtelgebirge près de la République Tchèque. Nous remonterons ensuite vers le nord-ouest à travers le Frankenwald puis le massif des Thüringisch-Fränkische Schiefergebirge (les monts de Thuringe), et avec une incursion dans le splendide Thüringer Wald (ou forêt de Thuringe) à partir de Suhl. Traversée des belles villes de Thuringe que sont Erfurt et Weimar (chargée d'histoire), avec, entre les deux, le terrible camp de concentration de Buchenwald. Un peu plus à l'est se trouve Jena, connue dans nos manuels d'histoire sous l'orthographe Iéna, où se déroula une des "grandes" batailles victorieuses de Napoléon, mais aux conséquences incalculables pour l'Europe, puisque cette défaite est sans nul doute à l'origine du nationalisme allemand qui aboutira aux dernières grandes guerres mondiales... Il sera sans doute très difficile de résister au petit détour nous permettant de sillonner les routes du splendide massif et parc naturel du Harz, au nord-ouest, et de visiter Quedlinburg en passant, une des plus belles villes médiévales d'Europe. Tout ça avant de bifurquer à nouveau vers l'est, en Basse-Saxe, par Dessau et Coswig, situées au coeur des grandes plaines inondables de la vallée de l'Elbe -réserve de biosphère de l'Elbe-, puis direction le nord-est pour atteindre la grande capitale, Berlin, via Potsdam et le beau Wannsee, sur les plages duquel je suis allé me baigner... dans les années 1974-1975. Si j'en ai le temps, je vous emmènerai voir la maison de la conférence de Wannsee dans laquelle les alliés, victorieux du Reich, ont tenu entre le 17 juillet et le 2 août 1945, au Cecilienhof, la célèbre conférence qui scella le sort des pays vaincus. Et j'aimerais aussi me recueillir au camp de Oranienburg-Sachsenhausen au nord de Berlin, camp de mort nazi puis camp de misère et de mort stalinien ensuite ! Oh Europe, comme tu as souffert ! Mais l'étape est très longue, et je pense que ce sera difficile. Puis nous reprendrons la direction du nord en suivant la vallée de l'Oder, avec une petite incursion sur la frontière polonaise -vive l'Europe, qui nous permet de nous affranchir des frontières- pour pouvoir traverser les marais de Gryfino, au sud de la lagune de Szczecin formant l'embouchure de l'Oder, et que nous longerons ensuite à Grambin. Puis nous contournerons la lagune de Stettin pour visiter le Parc Naturel de l'île Usedom, et les stations balnéaires allemandes de la Mer Baltique. Poursuivons plus au nord, toujours le long de la Mer Baltique, par la visite de l'île de Rügen, la plus grande île d'Allemagne, ses plages, ses fantastiques falaises.... avec l'étape 43 à Dranske. Et nous sommes déjà le 14 mai, et avons déjà parcouru 16.000 km...

Nous porusuivrons le voyage tout au long de la Baltique que nous contournerons pour atteindre le Danemark, désormais juste en face de nous. J'aurais pu prendre un ferry ici, mais je préfère traverser les magnifiques villes allemande de cette côte plate et sablonneuse. D'abord, le Parc National du lagon de Poméranie occidentale, puis Rostock (séparée du Danemark par seulement 50 km de mer), une petite incursion sur le lac de Schwerin et son éclatant château, et Lübeck la magnifique, une des villes de la fameuse Hanse. Entre la baie de Lübeck et la baie de Kiel se trouve un joli paysage vallonné appelé la Suisse du Holstein, ou Holsteinische Schweiz. C'est là que les roues de la moto nous conduisent alors, avant de traverser le grand port de Kiel, le fond de la baie de Eckenförde, la belle Schelswig qui possède encore des maisons de l'an mil, et Flensburg la ville-frontière qui nous fait passer en terre danoise.

Le Danemark est notre huitième pays. Passons ensuite sur l'île de Fionie afin d'emprunter le pont payant et cher du Grand Belt et permettant d'atteindre l'île de Seeland (Zélande en français) sur laquelle se trouve Copenhague, la capitale du Danemark, et en même temps l'étape 46, 17 mai. Au lieu d'aller en Suède par le pont de l'Oresund, très onéreux, je préfère prendre le ferry pour traverser le détroit de l'Oresund à Helsingor (au nord de l'île), ville qui fait face à Helsingborg, détroit que j'ai déjà traversé en moto en 2008 lors de mon retour d'Islande, au terme d'une étape humide de 645 km.

Nous voici donc en Suède, notre neuvième pays. Longeons vers le nord cette côte réputée pour sa grande beauté naturelle, aux multiples criques et aux jolies petites villes normalement resplendissantes sous le soleil, -si les dieux sont avec nous, et ils le seront forcément-, et nous ferons étape à Ytterby, un peu au nord de Göthenburg, au soir du 18 mai.


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