Europa 2014 : Scandinavie

Europa 2014 - Du 19 mai au 19 juin - 11.402 km - 31 étapes
Suède - Norvège - Finlande

Poursuite de la montée vers le nord en visitant les beaux villages de la côte suédoise très découpée, les belles maisons en bois de pêcheurs peintes de toutes les couleurs, et les nombreux sites de gravures rupestres. Traversée, donc, de Marstrand, passage dans l'île de Tjörn, puis dans celle d'Orust, puis le Lysekil avec les gravures rupestes de Backa, la péninsule de Sotenäs avec ses roches nues en granite rose, les villages de Smögen, Bovallstrand, Hamburgsund, Fjällbacka, les gravures rupestres de Tanum inscrites au patrimoine mondial.

Puis nous quittons la côte pour pénétrer en Norvège (dixième pays) au sud du Iddefjorden que nous longeons avant de rejoindre Tistedal et de longer la rive sud du Femsjoën. Puis ce sera ensuite le lac Aspern à Aremark, puis le Oymarksjoen et le Rodenessjoen, toujours plein nord, avant d'incurver nettement vers l'ouest pour finalement atteindre Oslo, la capitale de la Norvège. Et c'est parti pour une transversale de la Norvège -ce qui est autre chose que celles effectuées jusqu'à ce jour dans les autres pays, en terme de distance-, d'abord en direction du nord-ouest à partir du Tyrifjorden, dont nous longerons toutes les rives sud presqu'en forme d'un demi-cercle. Nous sommes ici dans le comté du Buskerud, dans lequel je suis déjà venu plusieurs fois. Suivons ensuite la rive nord du lac Kroderen, au milieu duquel nous atteindrons la route numéro 7, une des grandes routes pénétrantes de Norvège. Elle remonte en effet la Hallindal, la longue vallée de la rivière Hallingdalselva, souvent appelée par les locaux la "grande rivière", qui calme ses impétuosités en traversant les nombreux lacs dans lesquels elle se jette. Sa direction est orientée sud-est nord-ouest, et passe par Nesbyen jusqu'à Gol, véritable noeud de communication incontournable en Norvège. Je cois bien être passé à Gol à chaque fois que je suis venu dans ce fantastique pays. C'est un virage à 90° que prend la route n° 7, comme la grande rivière, puisque je roule ensuite vers le sud-ouest, via Geilo. Les paysages deviennent de plus en plus grandioses au fur et à mesure que nous nous approchons des grands fjords de l'ouest. Elle passe au nord du grand plateau Hardangervidda qui m'avait tant impressionné lors de ma première visite de la Norvège, battu par les vents, et où nous pourrions essuyer encore une tempête de neige au cours de cette étape 50, au 20 mai. C'est ce que j'avais vécu le 13 mai 2006.... L'arrivée à Eidfjord sur les rives du Eidfjorden est la porte d'entrée dans le grand fjord Hardangerfjorden. La route 7 nous conduit jusqu'à Bergen, où j'avais débarqué en revenant des îles Féroé et d'Islande en 2008. Il risque d'y avoir de l'octroi à payer pour circuler dans cette ville, les Norvégiens étant de plus en plus friands de ce système.

De Bergen, nous repartirons vers le nord le long du Sorfjorden via Trengereid jusqu'à Dale, où nous prendrons la route 314 qui longe le cours de la Bergsdalselvi vers l'est jusqu'au Hamlagrovatnet, pour ensuite remonter jusqu'au Vangsvatnet via Bulken jusqu'à Voss, où nous retrouverons la E16 qui nous mènera à la splendide Gudvangen via la Naeroydalen tout au fond du Naeroyfjorden. Après le Gudvangatunnelen, la route 243, d'une longueur de 47 km, permet de franchir le haut plateau de la Aurlandsfjellet, et d'éviter le plus long tunnel du monde, le Laerdaltunnelen, long de 24,5 km ! Nous longerons ensuite l'Ardalsfjorden, une des branches terminales du plus grand fjord de Norvège, le Sognefjorden. Tout au bout se trouve Ovre Ardal. En poursuivant vers le nord-est, nous prendrons la vallée Utladalen via une route privée à péage (la Tindevegen) qui nous permettra de rejoindre la splendide route 55 à Turtagro, pour attaquer le massif montagneux du Sognefjellet, route déjà documentée lors de mon dernier passage en août 2012. Elle traverse des paysages extraordinaires, des plateaux battus par les vents, elle passe au pied d'immenses glaciers.... Assurément, une des plus belles de Norvège, quoique, dans ce pays, tout est tellement hors norme en terme de beauté... Après ça, un dernier crochet vers le nord-ouest via la Billingsdalen pour, une fois de plus, aller admirer des lieux dont je ne me lasse jamais : Geiranger, Eidsdal et la traversée du Norddalsfjorden en ferry, puis la Valldalen et la merveilleuse route de Trollstigen, rêve pour tous les motards, avant d'atteindre Andalsnes.

C'est à Andalsnes que nous nous lancerons dans la grande largeur : plus de 600 km à vol d'oiseau, pour passer des rives de la Mer du Nord jusqu'à celles de la Baltique. Retour en Suède, donc, à travers les immenses forêts, pour atterir dans la capitale, Stockholm, le 25 mai. Déjà 20.000 km parcourus depuis le départ, c'est le moment de faire le deuxième entretien de la moto, et peut-être de changer chaîne et pneus ! Une fois remise à neuf, elle repartira de plus belle, vers le nord, en longeant la côte Baltique jusqu'à Lulea, aux portes de la Finlande, via Umea, capitale européenne de la Culture cette année avec Riga. Virage à 90+, retour dans les terres, mais toujours en montant, et en restant en Suède. Jokkmokk, incursion au coeur de la réserve du Kvikkjokk avant de reprendre la route du Grand Nord à travers les immensités des terres du haut, au plus profond des forêts : nous y sommes, là, en Laponie, au pays des Sames, et au bout de la Suède. Nouveau virage à 90 degrés, changement radical de paysage : nous prenons nord-ouest, Norvège, et retrouvons les montagnes, et quelles montagnes : les Alpes de Lyngen, un de mes coins favoris. Nous allons explorer le Troms, qui donne sur la Mer de Norvège, plus précisément les îles de Kvaloya et Ringvassoya. Ici, tout est au superlatif, il n'y a pas de déchet visuel. Partout où l'oeil se pose, il pleure d'admiration.

Ensuite, ma foi... à l'assaut de l'interminable côte norvégienne, tout au long des fjords découpant le rivage en un véritable labyrinthe de centaines de canaux naturels. Je veux aller aux bouts des bouts, jusque là où la route s'arrête et tombe dans la mer. Hammerfest, Brennsvik, Havoysund, Gjesvaer.... Pour atteindre le Cap Nord le 6 juin, au kilomètre 23.954.... et au point le plus septentrional de notre grand voyage, à savoir à la latitude 71°10' Nord, et en même temps également le point le plus au nord d'Europe. Mais nous n'en avons pas pour autant terminé avec la Norvège, et je vous emporte avec moi dans ma quête des extrémités, avec Veidnes, Mehamm, Gamvik, Store Molvik, Batsfjord, Hamna, Hamningberg, Bugoynes... Vardo, sur la très sauvage péninsule de Varanger, au bord de la Mer de Barents, marquera le point le plus oriental de notre voyage, à savoir la longitude 31°06' Est, un peu plus à l'est que Saint Pétersbourg, à peine plus qu'à Istanbul au sud, où nous passerons également. Depuis les 10° Ouest du Kerry en Irlande -le 22 avril- aux 31° Est atteints ici -le 7 juin-, nous avons parcouru plus de 40 degrés, soit 11 % du tour de la Terre. Ici, les distances sont phénoménales, les terres sont presque vierges de toute présence humaine, le long ruban d'asphalte se perd à l'horizon sans fin, le monde minéral domine, c'est tout bonnement... inhumain. Allez, puisque nous sommes fous, offrons-nous un dernier aller-retour dans le Parc National de Ovre Pasvik autour de la Pasvikdalen, dans l'enclave norvégienne entre Finlande et Russie, à deux pas de Nickel, dans l'oblast de Mourmansk.

Voilà. Etape 70. 11 juin. Inutile de vous dire qu'ici, les nuits sont claires comme le jour, et depuis un moment déjà. Et je dois vous avouer que, eh bien.... j'adore ça. Certainement parce que je crains la nuit. Là, comme il fait toujours jour, je peux prendre mon temps le soir avant de m'installer dans un camping, pas grave si j'arrive à 22 ou 23 heures.... Bon, vous suivez toujours ? Faites gaffe, parce que nous allons faire une sacrée chute, accrochez-vous bien. C'est parti pour une longue, longue descente.

Nous entrons en Finlande, notre onzième pays.Des forêts, des lacs, des rennes, et le cordon de bitume s'étire encore et toujours à perte de vue. Un petit crochet à Ivalo, histoire de revoir des moments de vie. Nous retrouvons la Suède à Muonio, une large rivière servant de frontière entre les deux pays jusqu'à la Baltique. Restons côté finlandais pour longer le grand fleuve jusqu'à son embouchure à Tornio. Un petit crochet pour aller admirer les puissants rapides de Kukkola (côté suédois) sur la rivière Torniojoki, et nous poursuivons notre route sud d'abord en longeant le Golfe de Botnie jusqu'à Nykarleby, puis en nous enfonçant dans les terres -façon de parler, car il y a dans cette région presque plus d'eau que de terres, le nombre de lacs y étant considérable-, via Virrat, Ruovesi, Jämsä, Asikkala, pour finalement revenir sur la Mer Baltique à Turku, et faire un tour dans son archipel composé de plus de 700 îles. C'est le sud de la Finlande, que je vais ensuite traverser d'ouest en est pour atteindre la frontière russe à Imatra, après la traversée de la capitale finlandaise Helsinki, déjà visitée en scooter en 2006, et une boucle via Savonlinna, en Savonie du sud, autour du système du lac Saimaa, le plus grand de Finlande.

Etape 78, ce sera le 19 juin, au bout de 28.813 km de route !


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