Europa 2014 : les Balkans

Europa 2014 - Du 24 juillet au 28 août - 11.513 km - 33 étapes
Roumanie-Moldavie-Serbie-Bosnie&H-Montenegro-Kosovo-ARYM-Bulgarie-Turquie-Grèce-Albanie

J'espère que vous n'êtes pas trop perdus, avec tout ça. Allez, c'est reparti, car nous allons arriver dans l'Europe des Balkans, et c'est très dense ! Je reprends donc là où je vous avais laissés.

... avant de reprendre la route vers le sud via Voronet pour traverser des zones montagneuses aux magnifiques paysages autour du Parc National Ceahlau, -dont les gorges de Bicaz- avant de faire un crochet à l'ouest dans le Parc national Cheile Bicazului-Hasmas via le lac Izvorul, Georgheni, Bradesti, Miercurea Ciuc, puis revirement vers l'est via Comanesti jusqu'à Bacau, au pied des Carpates en Moldavie roumaine. Justement, allons en République de Moldavie (vingt-et-unième pays) via Iasi au nord, franchissement de la frontière à Sculeni en franchissant la Prut qui sert de frontière entre les deux pays. Etape 112 à Trebujeni, sur les rives de la Raut, dans un paysage très bucolique. Retour en Roumanie après la traversée de Chisinau, la capitale, en traversant à nouveau la Prut, mais bien plus au sud, au poste frontière d'Oancea, puis descente plein sud jusqu'à Galati, et entrée dans la zone de l'immense delta du Danube, en s'y enfonçant jusqu'à Murighiol, avec une sortie par le sud et Constanta, puis Mangalia, sur les rives de la Mer Noire. C'est l'étape 114, le 28 juillet.

Une minuscule incursion en Bulgarie, (vingt-deuxième pays) histoire de franchir la frontière (nous y reviendrons longuement plus tard) -j'ai déjà visité cette région en moto en 2010-, avant de repartir plein ouest, en Roumanie, (vingt-troisième pays) pour traverser Bucarest la capitale (visitée en 2010). Toujours vers l'ouest, retrouvons le beau Danube -bleu?- à Turnu Margurele, et suivons-le jusqu'à Belgrade, capitale de la Serbie, (vingt-quatrième pays), après avoir parcouru une superbe boucle via Petrosani autour et au coeur du Parc National roumain Retezat ( l'un des plus beaux des Carpates, aussi appelées ici Alpes de Transylvanie) dans le massif de même nom -avec une incursion jusqu'au lac Gura Apelor.

Belgrade -une des plus anciennes cités d'Europe, avec une histoire s'étendant sur plus de 7.000 ans!- marque le début de l'exploration d'un nouveau grand morceau d'Europe appelé Europe des Balkans, d'après la récente définition des géographes anglo-saxons, qui la délimitent au nord par le Danube, excluant donc de-facto Roumanie et Moldavie que nous venons de visiter. Notre tracé va se faire depuis la Serbie, en passant, dans l'ordre, par la république serbe de Bosnie-Herzégovine, le Montenegro, le Kosovo, l'Ancienne République Yougoslave de Macédoine, la Bulgarie, la Turquie, Grèce, remontée en Bulgarie, Grèce, Albanie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine et Croatie. Oups !

Quittons donc Belgrade -située au confluent du Danube et de son affluent la grande Save, que nous retrouverons plus tard- pour Zvornik, en république serbe de Bosnie-Herzégovine (vingt-cinquième pays) -oui, c'est très complexe, le découpage de l'ex-Yougoslavie-, juste pour visiter la ville, située de l'autre côté de la rivière Drina, qui sert de frontière avec la Serbie. Nous sommes ici dans un grand massif montagneux, celui des Alpes Dinariques, plus précisément les Monts Zlatibor. Suivons la vallée de la Drina, côté serbe, jusqu'au Parc National de Tara, sur la route 112, quelques kilomètres après Bajina Basta -sans omettre un aller-retour à Srebrenica, en Bosnie-Herzégovine, pour malheureusement y découvrir le lieu du plus récent génocide perpétré dans notre si belle Europe. Ensuite, faute de route directe, il faut faire un crochet via Mokra Gora pour retrouver et franchir la Drina plus au sud sur un pont inscrit au patrimoine de l'humanité, celui de Visegrad : nous voici à nouveau en Bosnie-Herzegovine. La route suit le cours de la Drina vers le sud via Gorazde et Brod dans de beaux paysages de montagnes. Ici s'amorce un nouveau virage et retour vers l'est, nous repasserons ici à la fin du mois d'août...

Nous sommes le 3 août, entrée dans le Montenegro, (vingt-sixième pays) étape 120 -kilomètre 43.551- à Pluzine, au bord du joli lac Pivsko, dans le massif karstique du Durmitor, au sein du Parc National de même nom. Après Zabljac -où j'avais bivouaqué en 2010- passage au-dessus de la Tara - qui a creusé le plus grand cañon d'Europe (1.300 m de profondeur !)- sur le pont Durdevica (non, le canyon n'est pas sous le pont, et non, le pont n'est pas 1.300 mètres au-dessus de la rivière....), puis Pljevlja, incursion en Serbie pour prendre la vallée du Lim qui redescend plein sud au Montenegro. Après Bijelo Polje puis Berane, c'est une incursion au Kosovo (vingt-septième pays) pour traverser le Parc National de Bjeshket e Nemuna et la ville de Pec avant de retourner au Montenegro via Rozaje, histoire de franchir des cols, et de revenir au Kosovo par le magnifique lac de Gazivode. Arrivée dans la capitale du Kosovo, Pristina après avoir traversé Mitrovica.

Sortie du pays par le sud via Prizren et le Parc National Sar Planina dans les Monts Sar pour entrer en ARYM (Ancienne république yougoslave de Macédoine), (vingt-huitième pays), la Grèce lui refusant le nom de Macédoine. Que de tensions encore dans l'Europe des Balkans ! On en fait le tour dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, en descendant jusqu'au lac Ohrid -visité en 2010- côté ouest via Tetovo dans un paysage splendide au pied des montagnes, pour remonter par l'est et Bitola, Prilep et Vélès jusqu'à sa capitale Skopje, via les gorges de Vélès puis celles de Taor ou Vardar. Contournons ensuite le massif Skopska Crna Gora par le nord, puis direction nord-est via Gnjilane (nouvelle entrée au Kosovo), puis Bujanovac, Vranje et le lac de Vlasisko en Serbie, avant d'atteindre Sofia, la capitale de la Bulgarie (après une superbe étape au nord-ouest pour voir le site des Rochers de Bielogradtchick et la belle région montagneuse du Balkan de Vraca). Je vous l'avais bien dit que nous reviendrions en Bulgarie !

Toujours à la recherche des plus beaux paysages et soucieux de découvrir des routes inconnues, le meilleur choix qui se présentait à mes yeux en regardant les atlas était forcément celui du massif montagneux des Rhodopes, qui forme un bel ensemble avec celui de Rila, et occupe tout le territoire du sud de la Bulgarie et du nord-est de la Grèce. Du coup, la route est facile (enfin, façon de parler, elle est facile à choisir, mais quant à y rouler, c'est une autre paire de manches!) : les Rhodopes du nord en allant vers l'est et la Turquie (route aller), et les Rhodopes du sud en revenant (route retour), à nouveau par la Bulgarie (la zone côtière de la Grèce, au sud, ayant déjà été parcourue par mes soins en moto en 2010).

Et ça commence très fort par le Parc National de Rila. On ne manquera pas de s'enfoncer au coeur du parc par la profonde vallée de Rilska jusqu'au fameux monastère de Rila, inscrit lui aussi sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Après ce détour, nous descendons dans la vallée de Razlog séparant le massif de Rila du massif du Pirin (les montagnes des dieux) avant de nous enfoncer dans les Rhodopes proprement dit par la vallée de la Mesta jusqu'à Velingrad. On poursuit par Sarnitsa et les superbes rives du lac Dospat jusqu'à la cité de même nom. Ensuite, un spectaculaire aller-retour sur la route de Buynovo via les gorges de la rivière Buynovska, à deux pas de la Grèce. Les routes des Rhodopes sont très souvent étroites, et pratiquement absentes de lignes droites, si vous voyez ce que je veux dire en tant que motard ! Juste un peu plus loin, nous ne manquerons pas ce nouveau crochet conduisant à Trigrad par les gorges du même nom. Un détour au nord par la multi-millénaire Plovdiv et son magnifique théâtre romain antique, pour redescendre par Assénovgrad, célèbre pour ses nombreuses églises et monastères, jusqu'à Ardino, et poursuivre vers l'est via Kardzhali (carrefour de communications pendant trois millénaires !) sur l'Arda, au milieu de grands lacs de barrage offrant des paysages d'une rare beauté, de type "fjord"' nordique, jusqu'à Edirne, en Turquie, après le franchissement d'une toute petite enclave grecque.

La Turquie sera donc notre vingt-neuvième pays. Cette région de la Turquie jusqu'à Istanbul est la Thrace Orientale, et correspond donc à l'actuelle Turquie d'Europe. Nous filons à Istanbul par le nord via Kirklareli, Pinarnisar et Saray, retour par le rivage de la Mer de Marmara via Tekirdag, pour finir à Alexandroupoli -souvenir 2010- en Grèce. Je prévois un arrêt de 24 heures à Istanbul la magnifique (Constantinople, Byzance), car je n'avais que traversé la ville en 2010. Ce sera l'étape 128, au 133ème jour de voyage, le 11 août, après 46.550 km ininterrompus de bécane. Cette étape marque notre point le plus oriental du sud de l'Europe (29 ° de longitude est) et, à partir d'ici, nous roulerons à nouveau vers l'ouest jusqu'a....

la Grèce, le trentième pays de la liste. Depuis Alexandroupoli, nous remontons plein nord le nome de l'Evros, via la route 53, perdue dans les montagnes Rhodopes grecques, région sauvage ne comprenant que peu de villages, jusqu'à l'ouest de la plaine d'Edirne, pour retourner en Bulgarie, vers l'ouest cette fois, par où nous en sommes sortis, Ivaylovgrad. Suivons d'abord la route 59 jusqu'à Momchilgrad, puis la petite 867 qui suit la vallée de la Varbitsa, via Zlatograd, la ville la plus méridionale de la Bulgarie, à deux pas de la Grèce. Nous suivons d'ailleurs au plus près la frontière grecque en poursuivant plein ouest, toujours dans les Rhodopes, et par conséquent dans un paysage montagnard et sur des routes souvent difficiles, à travers des villages alternativement musulmans ou orthodoxes, pour finir par le sud du massif du Pirin -après détour au monastère de Rozen- avant de retrouver la république de Macédoine (ARYM) par Stroumitsa, puis les gorges de Demir Kapiya. Nous passerons à nouveau Prilep et Bitola (Etape 132, pour vous retrouver sur la carte) avant de changer radicalement de direction, vers le sud-est, la Grèce et sa capitale. On passera d'abord entre les lacs Petron et Vegoritida -aussi appelé Ostrovo-, puis Veria, près des Monts Vermio, puis au pied du massif de l'Olympe, point culminant de Grèce, pour atteindre les fameux monastères des Météores, déjà visités en 2010. Notre descente se poursuit au pied de la chaîne de montagne des Pindos Oros (le Pinde) près du lac de barrage de Plastira, puis Makrakomi au pied du Mont Othrys, pour enfin faire un gros détour vers l'extraordinaire lac de barrage de Mornos et le village de Lidoriki au pied du mont Giona, par des routes très difficiles, avant de rejoindre le Golfe de Corinthe à Erateini, que nous longerons un peu pour ensuite retourner dans les hautes terres via Delphes -vu en 2010- au pied du Mont Parnasse, traverser Thèbes, entre le lac Yliki et les Monts Kithairon, et enfin finir à Athènes, la belle capitale que je ne connais personnellement pas encore. Nous serons alors le 19 août, étape 135, kilomètre 49.074... Une journée de pause obligatoire pour cette si belle cité d'Europe, c'est un minimum !

Après cette courte halte, nous poursuivrons la visite de la Grèce en passant sur la péninsule du Péloponnèse, par la façade nord l'isthme de Corinthe, le long du golfe de Corinthe, au pied du massif Geraneia (lequel couvre la partie nord de l'isthme entre le Golfe de Corinthe et le Golfe Saronique). Après un petit arrêt sur le célèbre Canal de Corinthe (vu en 2010), nous longerons vers l'ouest le golfe de même nom au plus près de la mer et de ses belles plages jusqu'à Platanos. Cette région s'appelle Achaïe, et nous nous trouvons entre le bord de mer et un important massif montagneux situé au sud, le Panachaïchon, dans lequel nous nous enfonçons, évidemment, toujours à la recherche des plus beaux paysages, et des petites routes envahies de virages. Nous traverserons ainsi tout le Peloponnèse du nord au sud via le lac Ladona, puis Megalopolis au coeur de l'Arcadie avant de finalement rejoindre la Mer Méditerranée en longeant le golfe de Messine depuis Kalamata jusqu'à Coron : nous sommes en Messénie. A partir de là, nous entamerons une très longue remontée de cette partie de la Méditerranée séparant la péninsule italienne des péninsules balkanique (au nord) et grecque (au sud), en commançant justement par cette dernière, appelée la Mer Ionnienne, et en terminant bien sûr par le littoral de la Mer Adriatique au nord. Notez que nous serons parvenus ici sur un des trois points les plus méridionaux de notre périple, à savoir à la latitude 36°43' nord, et par conséquent pratiquement à égale distance entre l'équateur et le Cap Nord, où nous étions début juin... Nous traverserons donc Kiparissia, Katakolo, Kastro-Kyllini, pour finir à Patras, à l'issue du contournement du massif de Panachaïko via Aigion et le bout occidental du rivage du Golfe de Corinthe. Cette étape 138, au kilomètre 50.011, sera donc en même temps le moment d'effectuer une nouvelle révision de notre moto, pour la mettre en condition de poursuivre la longue route : pour ce faire, une pause de 24 heures sera à nouveau nécessaire.

Traversée du Détroit de Corinthe par le ferry ou par le pont, les deux sont possibles, à choisir sur place. Puis nous poursuivrons notre route vers le nord en alternant entre les montagnes de l'intérieur et la côte de la Mer Ionniene. Nous emprunterons la vallée de l'Evinos pour atteindre et longer les rives du plus grand lac naturel grec, le lac Trichonida, et traverserons de magnifiques forêts de pins et autres essences, puis atteindrons plus au nord le plus grand lac, artificiel cette fois, de la Grèce : le magnifique lac Kremaston, et ses différents bras aux allures de fjords. Nous bifurgerons ensuire vers le bord de mer via le golfe Ambracique au sud duquel eut lieu la fameuse bataille d'Actium. Etape 139 à Igoumenitsa, port bien connu des routards descendant d'Europe de l'ouest vers la Grèce via Ancona en Italie -voie maritime évitant la longue descente routière de la côte adriatique. Quant à nous, nous préférons hautement la route, n'est-il pas ?

Quelques kilomètres plus loin, nous franchissons une nouvelle frontière en entrant en Albanie, qui sera le trente-et-unième pays à recevoir notre visite.. Nous resterons sur la façade maritime à l'ouest, qui débouche un peu plus au nord sur la Mer Adriatique, que nous suivrons jusqu'à Durrës puis Tirana, la capitale, qui fera l'étape suivante. Nous filerons ensuite vers le nord-est à travers le superbe Parc National du Dajt dans une zone montagneuse très rude et sauvage, sur une route étroite avec des portions de piste, pour revenir sur le littoral via Klos et Burrel et le lac de barrage Ulza, suivant en cela la très belle vallée du Mat, jusqu'à Shkoder et le magnifique lac Skadar : nous entrons à nouveau dans le Montenegro. Ayant roulé côté lac en 2010, je vous emmènerai côté ouest et mer Adriatique, via Ulcinj et Bar, avant de faire un crochet au nord pour traverser la capitale du Montenegro, Podgorica, pour ensuite revenir vers le littoral, via le Parc National du Lovcen, dans la merveilleuse baie de Kotor, que j'avais adorée, et où l'on fera l'étape 141.

Nous retrouverons ensuite la Bosnie-Herzégovine, en commençant par le lac Bilecko, près de la frontière avec le Montenegro. Pour bien voir les beautés naturelles du pays et sa capitale, sans omettre la beauté de la côte Adriatique, la meilleure solution est de faire une boucle. Nous nous enfoncerons donc à l'intérieur des terres vers le nord puis le nord-ouest, pour ensuite revenir au sud-est à notre point de départ sur une route plus méridionale. Le pays entier est très montagneux : nous sommes revenus dans les Alpes Dinariques, dont nous avons visité la partie nordique à l'aller. Nous retrouvons donc la Drina et repassons à Brod, que nous avons déjà vu début août, avant de bifurquer dans la vallée de la Zeljeznica au pied des monts Treskavica pour atteindre finalement la capitale Sarajevo via Trnovo.

Nous serons alors le 28 août, étape 142 et 150ème jour du voyage, après avoir roulé pendant 51.384 km sans discontinuer. Oups !


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