F2011_008

Jour 008 - Mercredi 13 juillet 2011 - 0 km - 50 photos (680 km - 866 photos)
Aubrac (Aveyron)


La pluie a commencé hier soir tard dans la soirée. J'étais heureux. En effet, c'est bien connu : pluie toute la nuit, beau temps le mercredi...

Eh bien N O N. Au réveil, il pleut toujours. J'ouvre les volets pour "voir" : je ne vois rien. En fait, le brouillard, dense, recouvre la terre d'Aubrac. Nous sommes dans le nuage, et le nuage est immense ! Pas question de partir dans les prés, ni sur les chemins, par un temps pareil. Pas question non plus de partir avec Mygoo sur les routes : quel intérêt de rouler dans le brouillard, je vous le demande ? J'ai la chance de ne pas être pressé, ce qui me permet de prendre ce contre-temps non seulement avec philosophie, mais même avec joie. Pendant que les éléments se déchaînent au-dessus de ma tête -et croyez-moi, sous le toit de tôle de Mygoo, il est difficile de les ignorer-, je m'installe dans mon fauteuil (comme j'ai bien fait de le prendre, celui-là !), j'allume le PC, et la radio pour le fonds musical, et je pianote. C'est tout simplement royal.

Je fais ma petite popote lorsque mon estomac commence à me faire des appels de "j'ai la dalle". Le ciel n'a pas changé, les rafales de vent sont par moments puissantes; le plateau est battu à plate coûture par les éléments. Je souris en pensant au programme que je m'étais concocté... S'allonger dans l'herbe, aujourd'hui, n'est tout simplement pas possible. Enfin, si, c'est possible, mais sans intérêt ! Les agriculteurs seront satisfaits. Les touristes énervés. Autour de moi, pas ou peu d'activité. Les camping-caristes sont en majorité comme moi : le temps ne leur est pas compté, j'imagine sans peine les couples en train de jouer aux cartes, au scrabble, ou tout simplement plongés dans la lecture de leurs bouquins, ou dans la (re) découverte de leurs corps respectifs. Et ils ont bien raison.

Pour ceux, plus jeunes, qui sont ici avec des enfants, ce doit être plus difficile, nettement moins marrant. Mais voilà, il fallait réfléchir avant de les faire. Maintenant, ils sont là, et pour un moment encore ! C'est vrai, il faut bien l'admettre, c'est plus "cool" sans mômes. Pour ma part, j'adore les miens, mais si c'était à refaire, je changerais tout : je n'en ferais pas. Je le leur ai dit, mais ça leur est égal, ils sont heureux de vivre, m'ont-ils dit, et contents que cette façon de penser ne me soit parvenue qu'après leur arrivée. Ben oui, c'est sûr, nous sommes tous pareils, nous n'avons pas demandé à venir, et une fois que nous y sommes, nous nous y accrochons : les gênes d'attachement à la Terre sont livrés avec ! J'ai pour ma part souvent dit à mes parents que j'aurais préféré rester là où j'étais, mais ça les fait rire : "original comme tu es, tu ne pouvais pas dire autre chose !". Je ne leur en veux pas; c'est arrivé, je ne peux rien y changer, ils ne l'ont pas fait exprès (ou peut-être que si, mais ça ne change absolument rien au résultat), alors autant en profiter autant que faire se peut. Et pour en profiter "à donf", le mieux est de ne pas rajouter d'autres exemplaires à notre image sur la planète. Nous sommes déjà bien trop nombreux, ils n'ont pas demandé à venir. Et quel bonheur de pouvoir vivre totalement la vie de son choix entre 20 et 50 ans, sans contrainte autre que celle de nos envies !

Assez de philosophie, retour au récit. Ce n'est que dans la soirée que le ciel a commencé à s'éclaircir. Oh, ce n'est pas non plus le ciel bleu, lequel restera pratiquement invisible jusqu'au soir.

Je profite de cette accalmie pour aller me dégourdir les jambes. Ici, la grange de l'ancien hôpital d'Aubrac.

De courageux, très courageux, cyclistes. Je les admire, je l'ai souvent dit dans mes récits. Rien ne les arrête, ils ont une force de caractère au-dessus des autres, et même très nettement ! Ce sont les plus forts et lorsque, d'aventure, j'ai des baisses de moral, il me suffit de penser à eux pour retrouver mon énergie. Voyager en voiture ? Mais c'est, en comparaison, le confort absolu. Lorsque j'étais en moto, j'étais absolument conscient du niveau "facile" de la moto en comparaison du vélo. Et pour ce qui est du voyage à pied, je pense également que c'est plus facile (que le vélo). Bref, pour moi, les cyclo-touristes, ceux qui passent des semaines, des mois, voire des années -il y en a- sur leur vélo sont des humains au-dessus du lot. Admiration et respect !

Détail du toit de la grange.

Hommage aux quelques habitants d'Aubrac.

Plaquette de l'hôtel "Chez Germaine".

Hommage aux pèlerins de Compostelle.

L'église.

Entrée de l'église de l'hôpital d'Aubrac.

Une immense fresque de très belle facture a été posée sur les murs de pierre de la vieille église (fin du 12ème siècle). Elle raconte l'histoire de ce lieu. On y apprend qu'Adamard, bouteiller du comte de Flandres, a beaucoup souffert en passant ici, à Aubrac, alors qu'il se rendait à Saint Jacques de Compostelle. Il y est arrêté par la forêt, les loups, les brigands, la neige.C'est un lieu d'horreur et de vastes solitudes. S'en sortant vivant, il fait alors le voeu de fonder ici un hôpital pour les pèlerins. Il y revient aux alentours de 1120 pour y accomplir son voeu.

Quelques clichés pour partager avec vous la beauté de ces peintures.

C'est un style qui me plait énormément, et qui me fait penser aux peintres flamands du Moyen-Âge.

Au fond de l'église, une autre fresque, plus moderne, plus religieuse aussi, mais néanmoins intéressante au niveau artistique.

Je suis une fois de plus surpris par le côté très religieux et croyant des gens qui entrent ici. Ils prient, c'est visible.

Je ressors à l'air libre.

Aubrac était entièrement entouré par les maisons de l'hôpital, et des tours.

Il ne reste que la Tour dite des Anglais, servant encore de dortoir et de chambres pour les pèlerins.

La bruine reprend, il est temps de retourner à la maison.

Elles ne semblent pas être trop gênées par les intempéries.

Demain, le beau temps devrait revenir.

Finalement, ce fut une très belle journée, un jour "RTT" dans le voyage, l'occasion de poser les valises....

 

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