F2011_024

Jour 024 - Vendredi 29 juillet 2011 - 68 km - 118 photos (1.905 km - 3.475 photos)
Autour de Lans-en-Vercors (Isère)

Enfin.... diront mes lecteurs/lectrices les plus assidu(e)s.

Et je les comprends, les pauvres, depuis le temps qu'ils attendent la suite du récit de cette jolie balade en terre française. Comme je vous l'ai dit dans le livre d'or, j'ai été assailli par le beau temps, par une tempête de chaleur sans précédent -enfin, sans doute que si- qui m'a poursuivi pendant de nombreuses semaines, à tel point que je n'avais plus le courage de "bosser", le soir, sur le PC, et auquel je préférais, incorrigible fainéant, les douceurs du farniente, de la lecture, du rêve éveillé, ou plus simplement des ronflements du voyageur épuisé que j'étais ! Alors que je remontais vers le nord -quoi? Le nord ? Mais pour quoi faire, le nord ?-, je pensais -logiquement- retrouver un peu de fraîcheur, voire même, pourquoi pas, des nuages, et, qui sait, un peu -beaucoup?- de pluie, afin de reprendre le récit de mes pérégrinations là où je l'avais laissé, là-bas dans le Vercors, et vous apporter un peu de lecture. Mais les dieux n'étaient décidément pas avec vous ! Ni avec moi, qui avais tant envie d'écrire au frais. Car le ciel bleu, et son corollaire attitré messire le soleil, sont demeurés accrochés à mes... pneus et à mes basques, repoussant toujours plus loin la reprise du boulot. Et puis, soudain, c'est l'éclaircie -enfin, plutôt, l'obscurcissement-, les nuages sont bien là, en ce mardi 4 octobre 2011, apportant leur lot de bruine -pas encore bien méchante, mais néanmoins réelle- salvatrice pour vos lectures, et libératrices des souvenirs que j'emmagasine depuis tant de jours et de jours...

Vais-je me souvenir ? Ah oui, le Vercors. Comment pourrais-je l'oublier ?

Il est plus de 10h30 lorsque je démarre ! Ben oui, pourquoi aller vite quand on peut faire doucement ?
Direction, le nord du Vercors. Ici, sur la D106C, vers Autrans, regard vers le sud-ouest. Large vallée, pentes douces, forêts sur les sommets.
C'est un paysage reposant. Exactement ce qu'il me fallait, ce matin.

Autrans, et un bon banc, justement. Je vous le disais bien, tous les ingrédients pour se reposer sont là.

Après Autrans, je prends la D218 qui file vers le nord, mais qui se trouve bloquée par un tunnel fermé à la circulation. Ici, coup d'oeil arrière vers le sud.

L'Achard, 1181 mètres d'altitude. La route se poursuit presque en ligne droite vers le nord, et s'achève à 1390 mètres au tunnel du Mortier. Heureusement, il existe une alternative pour éviter le demi-tour : c'est la route forestière des Feneys.

En fait, elle continue de s'élever sur les hauteurs, mais repart plein sud ! Elle est donc parallèle à celle sur laquelle évoluait Mygoo précédemment, et que j'aperçois de temps à autre, dans les trouées offertes par la végétation ou... les nuages !

1539 mètres. A mes pieds, c'est l'Achard... vu sous un autre angle ! Vous vous souvenez ? Non ? Déjà oublié ? Franchement, c'est inquiétant, car il n'y a pas 5 minutes, je vous en parlais déjà. Il va falloir consulter, si ça se reproduit trop souvent...

Au sud-ouest, Autrans se découvre dans son intégralité. Les joies de l'altitude. La cartographie en chair et en os.

Et toujours l'Achard à mes pieds. Quand je vois ça, j'ai juste envie d'avancer et d'écarter mes ailes pour me laisser aller à virevolter comme un oiseau. Je me suis réveillé, une nuit, comme ça; je venais de voler, réellement, et j'avais une conscience parfaite de l'envol, comme si je l'avais vécu. Je ne sais pas si ça vous est arrivé, mais pour ma part, je n'oublierai jamais. La seule chose importante depuis ce moment-là : toujours me souvenir, devant un tel spectacle, que j'ai laissé mes ailes à la maison... Ils ont de la chance pour ça, les oiseaux. Ils peuvent franchir facilement les obstacles, et gagner bien des kilomètres. D'un autre côté, si j'étais un oiseau, je perdrais l'immense plaisir que représente la route et, justement, ses obstacles. Alors, l'un dans l'autre... Comme toujours, rien n'est parfait.

Le lieu de l'observation. Cette petite route est ravissante.

Bien sûr, tout autour de moi, c'est une explosion de nature. La végétation, vous le savez bien, s'accroche partout et conquiert tous les milieux.

Rien que sur quelques mètres carrés, si je m'en donnais le temps, je pourrais faire une centaine de belles photos, et remplir un carnet !

Une vue d'ensemble de la vallée vers Autrans.

Peu avant la route forestière de La Molière, je suis arrêté par ces trois grandes sottes... En effet, elles me regardent comme si j'étais un extra-terrestre -mais peut-être ont-elles raisons, après tout, je ne sais pas d'où je viens ! Par contre, ce qui m'ennuie le plus, c'est qu'elles ne bougent pas d'un millimètre. Elles me regardent, sans haine, mais aussi sans joie. Bêtement, c'est le terme exact ! J'engage Mygoo à forcer le passage : peine perdue. Elles ne bougent pas. Je suis obligé de reculer, de peur de prendre un coup de corne. Il ne me reste plus qu'à attendre... Enfin, elles finissent par quitter l'asphalte. Ouf !

La Molière. 1634 mètres. Il y a un petit parking, bien rempli. Je ne pensais pas trouver autant de monde ici ! Vu l'heure, je décide d'abord de me restaurer. Une bonne platée de spaghettis, hummmm.... Délicieux !

Malheureusement, mon repas champêtre devait être perturbé par... les vaches ! Décidément, je n'aime pas les vaches du Vercors, et elles me le rendent bien ! J'étais en train de manger paisiblement, ne faisant de mal à personne, lorsque j'aperçois un groupe de ces grosses bestioles remontant la forte pente à travers la forêt de sapins. La première, que toutes les autres suivaient, se dirigeait droit sur moi. Et, curieusement, j'ai aussitôt su qu'elle ne s'écarterait pas de sa trajectoire pour contourner Mygoo... Plus elle avançait, et plus je savais qu'il fallait que je fasse quelque chose. D'abord ranger ma gamelle de nouilles, et ma chaise, et fermer les portes arrières : elle avançait toujours droit sur moi, ses compagnes lui collant l'arrière-train. Arrivée à ma hauteur, elle me touche le bras que j'avais avancé pour lui signifier -à voix haute, d'ailleurs- de dégager, et de contourner Mygoo. Que faire ? Je rouspète, et repousse son énorme mufle, suffisamment pour que ce soit clair pour elle, mais pas trop pour ne pas l'énerver... Elle finit par relacher la manche de mon gilet qu'elle avait prise -oui, oui, je vous jure que c'est vrai-, pendant que le reste du groupe attendait. Finalement, ses suivantes, se rendant compte que je ne représentais aucun intérêt -depuis le temps que je le dis- la dépassent et prennent la tête. Elle passe alors très lentement devant moi, ses cornes frôlant la carrosserie de ma jolie Kangoo, avance de 3 pas... Je commence à reprendre ma respiration, ouf ! Soudain, elle s'arrête, se retourne, me regarde droit dans les yeux, et tourne sa tête légèrement de droite à gauche en disant "tssss.... pauvre gars !"... avant de se retourner, relevant la tête avec orgueil, et reprendre sa route vers ses copines !

Pour me remettre de mes émotions, je vais faire une petite balade, à pied bien sûr.

Les nuages frôlent les pentes,

absorbant en même temps le paysage qui se défile et disparaît.

N'y voyant plus grand chose -mais c'était très beau, j'ai fait un petit film-, je retourne vers Mygoo. Et soudain, un nouveau -grand- troupeau de ces vaches du Vercors me barre le chemin ! Décidément, elles ne m'aiment pas, et je le leur rends bien. Par précaution, je leur cèderai donc le passage, peu désireux de le forcer : je fais un -grand- détour afin de les éviter ! Sauve qui peut....

Je retrouve la route forestière, dont le revêtement est en bien mauvais état.

Mais dont l'agrément est indéniable. Ici, dans la dense forêt de Guiney.

Et juste après, en surplomb du Truc et du Bouchet...

Et au-dessus de la combe de... Bellecombe, qui porte admirablement bien son nom !

Une fois redescendu dans la vallée, je poursuis vers le sud et traverse le village de Méaudre en pleine effervescence : ils y préparent une grande fête pour ce week-end. Ici, un petit sommet chevelu que je trouvais rigolo. Puis retour à Lans-en-Vercors, où j'ai élu domicile, par Villard-de-Lans.

Une fois n'est pas coutume, je vous offre la visite de l'église de Lans-en-Vercors.

Une bien jolie maison en face de l'église.

Ce sera la dernière photo de cette journée chargée d'émotions (hi hi). Je retourne vers mon hôtel et spot WiFi préféré.... à 300 mètres d'ici.

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