F2011_047

Jour 047 - Dimanche 21 août 2011 - 90 km - 306 photos (3.293 km - 7.169 photos)
De Guillaumes à St Dalmas-le-Selvage (Alpes Maritimes)

Et encore une petite journée de repos en ce samedi 20 août. C'est le festival du livre à Guillaumes. De plus, il fait une chaleur épouvantable. Alors, lecture sous les arbres au-dessus du Var, baignade, balade dans la ville, longue discussion avec un artisan local expatrié de la région parisienne depuis une vingtaine d'années, etc. Bref, les vacances, quoi ! Le soir, spectacle musical avec une troupe africaine, et beaucoup de rythme donné par le chef d'orchestre sur son djembé, c'était fameux. Et c'est ainsi que je démarre plutôt de bonne heure, en ce dimanche 21 août. Il est 9 heures.

Et il fait déjà chaud.

Depuis le temps que je vois le château de Guillaumes me narguer au-dessus de la petite cité, je décide d'aller le voir de plus près avant de la quitter. La route est très étroite, et les lacets impressionnants. La montagne surplombant le village est complètement déchiquetée, comme vous pouvez le constater.

En montant, j'ai droit à de belles échappées sur Guillaumes.

Soudain... il apparait au détour d'un lacet, perché au sommet d'un éperon rocheux dont il épouse le socle.

C'est Guillaume Ier de Provence dit le Libérateur, comte de Provence, en guerroyant dans la région contre les Sarrasins, qui repéra l'intérêt stratégique du site. Le castrum de Guillelme est mentionné pour la première fois dans un texte de la première moitié du XIIIe siècle. Il figure dans une liste des habitats relevant du comte de Provence, établie par l'administration comtale entre 1232 et 1234. Le château a été fondé par le comte de Provence Raymond Béranger V durant la première moitié du XIIIe siècle, probablement entre 1233 et 1235. L'agglomération a été fondée à sa suite vers 1235-1240, en tant que ville neuve et à son emplacement actuel.

A la fin du XVe siècle, le comte de Provence René Ier d'Anjou, Roi de Naples, ajoute au château le donjon circulaire, symbole de son pouvoir. En 1481, du fait du rattachement de la Provence à la France, suite au testament de Charles du Maine, Guillaumes devient enclave française dans les États sardes et dès lors son importance militaire ne fait que se confirmer au fil des siècles.

Croyez-moi sur parole, je n'étais absolument pas tranquille en passant sous ces fondations ! Franchement, si rien n'est fait, il va s'écrouler !

Comme toute construction humaine finit par le faire, en fait.

Un espace bien plat et sécurisant se situe au pied des murailles. Il est interdit d'aller plus loin.

Je brave l'interdiction en prenant ce magnifique escalier de pierre, mais peu désireux d'aller bien loin. Or, ce papier m'a arrêté plus tôt que prévu. Je vous laisse le découvrir comme je l'ai fait. Je suis redescendu en riant, car j'ai adoré l'injonction "veuillez redescendre immédiatement". Ils ont raison, c'est extrêmement dangereux, et je ne regrette nullement de les avoir écoutés. Vous avez assez de photos pour vous faire une idée de cette imposante bâtisse, et aucune photo ne vaut une chute, encore moins une mort, n'est-il-pas ? De plus, si je me casse la margoulette, qui continuera ce site, hein ?

Depuis la grande cour au pied de la muraille et de l'escalier, voici la vue vers le sud de Guillaumes.

Zoom sur le Tuébi, la rivière impétueuse qui se jette dans le Var au pied de l'aire de camping-cars. Notez le flot.....

Autre vue sur le château. Cette route (D75) étant un cul de sac conduisant à un village (Bouchanières), je fais demi-tour vers Guillaumes. Je le regrette, car la route et ce hameau valaient largement le déplacement, surtout que j'étais bien engagé ! Ci-joint un lien pour ceux que ça intéresse. Je compte bien revenir ici, et je complèterai la visite de cette région.

A Guillaumes, je prends la D29 que j'avais repérée depuis longtemps. Elle longe le torrent du Tuébi, complètement asséché, comme je vous l'ai déjà présenté dernièrement (à la fin de cette page pour ceux qui ne l'auraient pas vue), et comme vous venez de le voir depuis le château !

Je suis très impressionné par la vue de cette vallée asséchée.

A perte de vue...

La chaleur est torride, la lumière éclatante me fait plisser les yeux, j'ai eu bien du mal à récupérer du détail sur la photo !

Le torrent est asséché au minimum jusqu'à Péone, à 6 bons kilomètres de Guillaumes !

Le pont de Péone sous lequel passe le Tuébi. En fait, ce torrent n'est vraisemblablement alimenté que par la fonte des neiges, car il prend sa source à quelque 5 kilomètres d'ici, en haut de la Montagne de l'Alp et la Crête de Maleterre.

Sur une maison de Péone.

Le pont de Péone. Imposant, compte tenu du torrent éphémère qu'il enjambe.

La route part à l'est et longe le ruisseau de l'Aigue Blanche, complètement asséché lui aussi. Sur ma gauche, le ravin de la Vignetta laisse imaginer le torrent de la Vignetta lorsqu'il descend du Pral. L'érosion est ici terrifiante. C'est toujours cette même roche très friable, comme à Guillaumes.

Zoom sur les roches si érodées. Heureusement que les sapins sont là !

Autre vue vers les sommets situés au nord de la D29, alors que la route se poursuit maintenant plein sud en escaladant la montagne opposée. Vous pouvez prendre la mesure de l'immense érosion subie par cette montagne.

Fermette abandonnée sous le Coulet.

Depuis cette ferme, vue vers la Baumette et le col de Crous au fond à droite. En face, les crêtes de la Montagne de l'Alp.

Nombreux lacets pour finalement atteindre Valberg, où je suis passé voici quelques jours.

Ensuite, c'est la descente vers Beuil, bivouac de la semaine dernière. Je reste manger à Beuil, car un vide-greniers me tend les bras. C'est le genre d'appel auquel je ne puis résister ! J'y trouve quelques bons bouquins pour la suite du voyage, et pour un prix dérisoire.

Ensuite, direction le col de la Couillole via la D30, à nouveau. Au loin, la silhouette caractéristique du Mont Mounier (2817m) et, à gauche, du Petit Mounier (2727m). Il faudra que je prenne un jour le temps d'aller sur ce sommet. En effet, voici ce que j'ai lu sur Wikipedia. En raison des barres rocheuses, le seul accès au Mounier se fait en longeant l'arête depuis le col de Crousette (2 480 mètres) où passe le GR 5. On rejoint d'abord le petit Mounier, puis le sommet par un sentier aérien. L'ascension est facile, néanmoins une stèle d'un lieutenant ayant glissé dans les pentes raides invite à la prudence. Le panorama sur la région, qui s'étend aussi par ciel clair de la Corse aux Alpes suisses, est exceptionnel.

Du même endroi, la vue sur Beuil. On y distingue la foule et la place où se tient le vide-greniers, près du chalet orange.

Puis c'est l'arrivée à Roubion, visité mercredi dernier.

Vue sur Roubion. Cette fois, je poursuis sur la D30, étroite et sinueuse.

Passage au-dessus de la Vionène, sur une belle roche rouge comme je les aime. Je ne parviens pas à atteindre le bord de la rivière, trop escarpé.

Je ne voudrais pas descendre la D30 en camping-car, tant elle est étroite ici, avec de nombreux passages sous des tunnels délicats. Eric, si tu me lis, et si tu viens par ici, fais-moi plaisir : prends le scooter ! Et voici l'arrivée à Saint-Sauveur-sur-Tinée, lieu du bivouac de samedi dernier, étape 39. La chaleur est épouvantable, je n'ai même pas le courage de prendre des photos.Je reprends la D2205 empruntée la semaine dernière, qui longe l'Italie. Je poursuis toutes vitres ouvertes, les cheveux au vent, et chantant à tue-tête, vers Isola, que je dépasse pour finalement atteindre Saint-Etienne-de-Tinée.

Dont voici l'église.

La circulation est dense, il y a un monde fou, le stationnement est très difficile, le camping est complet.....

Alors je continue, bien décidé à stopper dès que je trouverai un coin pour bivouaquer. Je n'ai plus envie de rouler par cette chaleur, j'aspire à me poser, à manger (il est déjà 14 heures), à m'installer à l'ombre et à bouquiner. Je vois sur ma carte une possibilité d'atteindre la Cime de la Bonette en passant par Saint-Dalmas-le-Selvage. La route semble minuscule, elle est peut-être interdite aux voitures, on verra bien. En attendant, je pourrai faire halte dans ce village, dont voici la petite église.

Bingo ! Je me trouve un coin superbe, près du torrent de Gialorgues, où je vais faire trempette. L'eau est glaciale, malgré la chaleur ambiante !

Et je m'installe sous des arbres, au cul de Mygoo, dans ma chaise-longue. C'est le bonheur. Bien plus tard, des cris attirent mon attention. Des jeunes sont montés au sommet de la falaise, et l'un d'entre eux est debout sur les bras de la croix plantée au sommet.

Soudain, j'entends l'orage. Il fallait bien s'y attendre ! Magnifique.

Finalement, ce n'est pas bien méchant, et la température est descendue de quelques degrés, ce qui n'est pas pour me déplaire. Du coup, je décide d'aller faire le tour du village. Ce village aux paysages variés (prairies fleuries, forêts de mélèzes, d'épicéas, alpages ou simples montagnes rocheuses) est le plus haut du département des Alpes-Maritimes . L'origine du toponyme « Selvage » vient du mot latin « silva » qui signifie « forêt ».

L'église paroissiale Saint-Dalmas est un ancien prieuré de Pedona, construite dans un petit enclos.
Elle a été remaniée au XVIIIe siècle et son clocher de type roman lombard date de 1718.

Comme c'est curieux. Sans raison apparente, une fois de plus, me voici réveillé vers 6 heures !

Son mobilier comporte, entre autres, un triptyque de Saint-Pancrace : à droite dans le chœur (anonyme, 1515).

Je discute un moement avec un homme fort sympathique, qui a découvert de nompbreux objets dans cette église, et donne beaucoup de son temps pour la restaurer. C'est un passionné, et heureusement qu'il y en a pour redonner vie au travail des artisans d'autrefois.

Le village est cerné de toutes parts de de hautes murailles. Brrrr.... Je ne voudrais pas habiter ici.

C'était la fête au village, je comprends maintenant pourquoi j'ai eu tant de mal à trouver une place pour Mygoo.
Je vous laisse faire le tour avec moi.

La vie s'en va doucement....

Les statues protectrices sont là. Les hommes ont toujours besoin de se sentir protégés, la science ne suffit pas.

Les derniers rayons de soleil illuminent les hauteurs vers l'orient.

A l'ouest, le jour s'éteint sur le Parc National du Mercantour, aux portes du village.

Quelques gouttes tombent à nouveau. Je rentre dans ma coquille. Comme je suis bien. Je vous laisse....

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