F2011_051

Jour 051 - Jeudi 25 août 2011 - 140 km - 188 photos (3.617 km - 8.484 photos)
De Ceillac à Ville-Vieille (Hautes-Alpes)

Départ à 8 heures, pas trop mal, hein ?

Le soleil éclaire déjà les crêtes vers le sud. Je suis ici juste à la sortie de Ceillac, au bord du Cristillan.
Au-dessus de moi, ce sont vraisemblablement les crêtes de la Mourière.

Juste à côté (c'est la partie droite de la photo précédente) sans doute la Crête de Cugulet ? Vous savez, derrière cette masse rocheuse se trouve le Val d'Escreins visité hier matin, et le ravin creusé par le Rif Bel. Ce qui serait chouette, c'est d'aller marcher sur les crêtes. En fait, c'est possible, j'ai trouvé un site qui décrit de nombreuses balades dans le secteur; il faut quand même être prudent, et ce serait mieux à plusieurs.

Les lacets de la D60, particulièrement dans sa partie finale, sont superbes. La descente est raide, mais je l'avais bien remarqué hier en montant (forcément, dans l'autre sens....). Ici, vous avez une vague idée du dénivelé, au niveau du ravin de Combalas. L'érosion dans le ravin y est particulièrement efficace ! S'il y avait des arbres dans la pente, ils ont été emportés. On aperçoit un bout de la route en bas à droite.

A la Maison du Roy (au niveau du barrage), je prends bien sûr à droite vers le nord-est, la D902 qui poursuit son chemin au fond des gorges du Guil. C'est la Combe du Queyras.

Ici, pratiquement pile entre la montagne de Furfand au NO et le Sommet d'Assan au SE, un chemin (ancienne route ?) suit le Guil.

Un peu plus loin, des routes minuscules attaquent les pentes basses des deux sommets précités, une de chaque côté. Je ne les ai pas vues sur ma carte en roulant, et c'est bien dommage, car vu le nombre de leurs lacets (surtout sur celle montant au Châtelard, j'en compte 25 sans discontinuité !), elles doivent être terribles ! Je me le note pour un prochain passage. Les gorges se resserrent encore davantage au niveau du Grand Clapier. Il y fait sombre. Normal, le soleil ne doit pas venir souvent traîner ses guêtres par ici. Petite vue arrière.

Je vois passer des cyclistes, et quelques motards de la gendarmerie; une course, certainement. Je repars, mais pas pour longtemps. La circulation est complètement bloquée juste au sud de l'Ange Gardien (montagne que la D902 contourne par l'ouest et le Guil par l'est). Au final, je vais rester bloqué ici pendant 20 minutes, et j'en profite pour manger quelques casse-croûte. La course est extrêmement étirée, les écarts entre les cyclistes sont très importants. Je ne voudrais pas être avec eux... Je ne dirais pas "les pauvres", ils ont choisi de faire ça, à chacun son plaisir.

Le gars qui me suit est extrêmement nerveux, du genre "jeune cadre dynamique". Il sort, regarde sa montre, rentre, téléphone, ressort... Il doit être pressé, et peut-être peu habitué à se trouver bloqué comme ça. C'est le jeu de la route, ma pauvre Lucette....

Un peu plus loin, la D902 part vers le nord (col d'Izoard et Briançon). Ce sera pour plus tard. Je veux d'abord finir ma visite du Queyras. je file donc tout droit (mais la route change de nom, c'est la D947) vers l'est. Peu après, arrivée à Château-Queyras, où se trouve le fameux Fort-Queyras.

Je poursuis car le stationnement est pratiquement impossible ici, puis également parce que je n'ai pas envie de payer une visite. La nature, gratuite, me suffira une fois de plus. Nouvel embranchement à Ville-Vieille. Tout droit, la D947 poursuit son petit bonhomme de chemin vers l'est-nord-est (en fait, elle suit la vallée du Guil).C'est aussi un cul-de-sac. Par contre, à droite, c'est la D5 qui part vers le sud-est. Ce n'est pas un cul-de-sac, elle va vers l'Italie par le Col d'Agnel (2744 m quand même), que j'avais adoré faire en moto fin septembre 2009. Nous nous étions alors arrêtés au col. J'avais vu la descente côté italien, qui m'avait semblé terrible, et je m'étais promis intérieurement d'y revenir. Le moment est arrivé : j'y vais.

En passant, l'église de Ville-Vieille.

La "demoiselle coiffée" de la Combe de Gambard.
Au loin, je pense qu'il s'agit de la Pointe de Rasis, derrière laquelle se trouve la vallée du Cristillan remontée hier, au-dessus de Ceillac.

Il y avait une méchante courbe précédée de quelques pierres et, surtout, de boue au bord de la route sur une cinquantaine de mètres. Sans doute les vestiges d'une grosse averse. Et dans le virage, sur un terre-plein, j'ai vu un cycliste adossé contre un arbre, le visage en sang, et son vélo bien abîmé près de lui. Deux femmes étaient en train de le soigner et de le soutenir. Il est évident qu'il n'avait pas pu anticiper et qu'il a dû freiner sur la boue, le virage étant plutôt sec. Ce qui me rappelle de nombreux souvenirs de moto. C'est dangereux ! Au retour, en fin d'après-midi, un panneau signalant le danger aura été placé; c'est bien, mais c'est trop tard.

J'apprécie d'avoir quatre roues, ça tient mieux sur la route. C'est une des raisons m'ayant poussé à laisser tomber la bécane; j'estime en avoir fait le tour, j'en ai profité un maximum, je m'en suis bien tiré. Je reprendrai sans doute plus tard, mais ce n'est pas dans mes projets à court terme. Il me reste cependant un rêve inassouvi de voyage en bécane, non réalisé essentiellement en raison de mon anxiété à faire du bivouac sauvage en pleine nature. J'aimerais faire, en moto, et principalement sur pistes et/ou sur toutes petites routes, tous les massifs montagneux d'Europe, en six ou sept mois, et seulement en bivouac sauvage. Pour ça, il me faudrait trouver un ou deux motards sympas (il y en a beaucoup, si si, je vous le garantis), sans doute retraités (sept mois...), et ayant ce même rêve. Si je les trouve, j'achète un trail (comme celui que je vous ai montré hier), et j'y vais. Sinon, je reste avec Mygoo (elle ou une autre, peu importe, mais je conserve les quatre roues).

Bon, assez discuté, on reprend la route. A Molines-en-Queyras (très jolie église, mais en travaux), je fais un détour pour aller visiter Saint Véran. Ce village de 300 habitants est situé à 2042 mètres d'altitude, et est souvent qualifié de plus haute commune de France et d'Europe (je pense que c'est faux). Cette affirmation ne porte pas seulement sur l'altitude à proprement parler, mais aussi sur la relation entre l'altitude et la culture du seigle, servant à faire le pain. Dans l'esprit des anciens habitants, Saint-Véran est le plus haut village où se mange le pain fait avec les céréales cultivées dans les champs alentour : "Lou Plus haouto coumunoutas inte se mangeu lou pan de Diou" ("La plus haute commune où l'on mange le pain de Dieu" - inscription sur le cadran solaire sur le mur de l'église). Cependant, depuis les inondations de 1957 qui ont détruit les canalisations amenant l'eau au moulin, ce moulin n'existe plus et donc on ne fait plus de farine à Saint-Véran. La culture du seigle s'est donc aussi arrêtée ces années.

Bref... Je n'ai même pas atteint les premières maisons du village que je suis arrêté par deux jeunes filles -au demeurant fort jolies- et une barrière. Pour aller à Saint Véran, il faut stationner sur un grand parking ici, ET PAYER une contribution. De plus, j'avais repéré une petite route/piste fort étroite qui suit la vallée de l'Aigue Blanche. Ces demoiselles me disent qu'une navette obligatoire permet d'atteindre le fond de la vallée. Ou à pied. Conclusion : je ne vous ferai pas la visite de Saint Véran, je refuse de payer pour visiter un village, quel qu'il soit. Pour ce qui est de la navette, je peux encore le comprendre en haute-saison comme maintenant, compte tenu de l'étroitesse de ces routes, et par sécurité.

Je prends une autre petite route pour contourner la Montagne de Beauregard et rejoindre la route du Col d'Agnel (la D205 T) à Pierre Grosse. Elle est magnifique, et surplombe la Chalp Ronde et la Roche Longue, au pied des crêtes de la Rousse et de la Combe Arnaude. On voit très nettement le GR 58 en bas à droite, qui part à l'assaut du Col des Estronques, point de passage vers le Bois des Eysselières et la vallée du Cristillan que vous connaissez.

Elle est jolie, hein ? J'aime bien ces routes qui longent plus ou moins les crêtes. On y découvre généralement de splendides paysages et, généralement, elles sont agréables à la conduite (en tout cas, beaucoup moins stressantes que les portions empruntées pour les atteindre). En face, proéminent et inmanquable, c'est le grand Pic de Rochebrune (3325 m) avec, à sa gauche et en descendant, la Crête des Oules, la Côte Belle et, dans le petit creux, le Col d'Izoard.

Coup d'oeil arrière. Au fond, la crête de Curlet et le Pic Cascavelier.

Les foins viennent d'être faits, face aux crêtes de la Rousse et de la Combe Arnaude. Entre les deux, la vallée de l'Aigue Blanche, 200 mètres plus bas et cachée par le ressaut. C'est vrai qu'on est ici à 1997 mètres, et faire les foins à une telle altitude, c'est peu commun.

Toujours un petit coup d'oeil en arrière. Quelques randonneurs venaient vers moi à pied. L'un d'entre eux m'appelle et me crie, de loin : "les photos sont interdites ici", d'un air très sérieux. J'aime beaucoup ce genre d'humour...

En bas, les villages de Molines-en-Queyras, et en haut, le Grand Pic de Rochebrune.

Les chalets au-dessus de Pierre Grosse.

Dernier regard vers l'arrière avant de redescendre sur Pierre Grosse.

Sur la façade d'une maison à Pierre Grosse. Il est 10h57 à ma montre (donc 9h57 au soleil ?)...

Le paysage est très minéral, et la D205T suit une vallée presque rectiligne entre le Pic de Château-Renard au sud et le Grand Queyras (ci-dessus) au nord. Je suis ici dans le premier lacet important, à 3 km à vol d'oiseau du col d'Agnel. Il fait un vraiment froid, malgré le beau temps.

Du même endroit, vue arrière sur la D205T.

Et voilà. Le vent est glacial. De plus, je ne suis pas du tout en forme, mal au fond des orbites, envie de vomir. Je pense que les casse-croûte mangés ce matin dans la combe de Queyras me restent sur l'estomac, et devaient avoir un problème. Je jetterai le paquet entamé, car ça a commencé pratiquement juste après les avoir mangés, et je ne vois pas d'autre raison à ce malaise qui dure depuis ce moment.

La France vers l'ouest, et la longue vallée de l'Aigue Agnélie que je viens de grimper. En bas au centre, le Grand Bois.
Au loin, sans doute Château Renard, village situé au-dessus de Pierre Grosse.

Toujours côté français, les derniers lacets sous le col, le Pic de Foréant et la Crête de l'Eychassier.

Ces dalles (France) sont d'une beauté saisissante ! C'est la Taillante. Au sommet.... Je n'oserais jamais !

Col d'Agnel, Colle dell'Agnello, 2744 m, France à gauche, Italie à droite, Pain de Sucre et Pic d'Asti en face, dans les nuages.

La descente côté italien, la SP251.

On voit les lacets plus bas, très impressionnants car sans protection et sur une route étroite. Il ne fait pas beau en Italie.

C'est marque : "strada priva di barriere di protezione...". je pense que vous pouvez traduire !

Allons-y.... En moto, elle doit être chouette. En camping-car, elle doit être terrifiante.... En kangoo, elle est chouette !

Ouf, un petit replat pour respirer, avant de reprendre la descente.

Chianale, en bas. Le village est en piteux état, sale, triste. je ne voudrais pas vivre ici !

Lago di Castello.

Le même, un peu plus loin, en regardant vers la France.

Pontechianale. La ville est sale, une fois de plus.

Façade de la belle église de Pontechianale, qui mériterait d'être un peu restaurée.
On sent que les italiens s'en moquent complètement, et ont d'autres chats à fouetter, ce qui ne me surprend absolument pas !

Je poursuis jusqu'à une petite ville appelée Casteldelfino, depuis laquelle je quitte la route principale pour m'élever dans une vallée perpendiculaire vers l'ouest. Il s'agit du Val Bellino. Il s'agit d'une des vallées piémontaises. Je traverse plusieurs villages, que je trouve peu attrayants. Posterle, Chiesa, Bellino (qui a donné son nom à la vallée). Ici, c'est le village suivant, Celle. J'avoue être un peu déçu, mais mon état de santé peu reluisant y est sans doute aussi pour quelque chose, car les églises recèlent de jolies fresques que je suis tout bonnement incapable d'apprécier.

Oratoire à la sortie de Celle.

Arrivée en vue de Sant'Anna, qui marque le bout de cette vallée. La France (l'Ubaye) est de l'autre côté de ces montagnes.
Ici un lien vers une carte des vallées de cette région des Alpes.

Sant'Anna di Bellino. Il est midi. Je n'ai pas faim, bien au contraire....

Sur le mur de la petite chapelle. Je sors marcher un peu, mais non, ça ne va décidément pas. Je fais demi-tour.

Au retour, j'ai le courage de photographier les maisons typiques de ces vallées du Piémont. Beaucoup d'entre elles possèdent de balcon-grenier extérieur permettant d'entreposer du bois ou autres matériaux nécessaires à la vie difficile dans ces hautes montagnes.

Vue sur l'église de Chelle.

Juste avant bellino, je trouve enfin ce que je cherche : un emplacement tranquille. Rien ne va plus, faites vos jeux, qu'ils disaient.... Je fais le mien. Je vais dans ma petite chambre, je rentre dans mon duvet, je ferme les yeux et je m'endors instantanément ! Deux heures trente, ce sera la durée de ma sieste... Quel bonheur ! Lorsque je me réveille, je sais que je vais mieux. Ce n'est pas encore la grosse forme, mais au moins, je reprends goût à la vie...

Nouveau passage à Casteldelfino (Châteaudauphin), où je reprends la route principale vers le col d'Agnel.

Dans les lacets, une belle vue sur la Vallone di Soustra, où se trouve un joli sentier facilement accessible.

Coup d'oeil arrière sur le Ricovero (caserne) Carlo Emmanuel III. Les stationnements sur la route montant au Colle dell'Agnello sont extrêmement difficiles, car elle est étroite et non aménagée pour ça. C'est très dommage, et je me mets en situation délicate pour prendre quelques photos.

Vers la France. Vallone del Agnello.

Au sommet, je suis totalement dans les nuages. Côté italien, on ne voit plus rien. Coup d'oeil côté français. C'est plus ensoleillé !

En passant, je fais une halte au lieu-dit Rocher d'Annibal (sans "H" sur la carte....). Une passerelle sur l'Aigue Agnelle.

Les stèles posées sur ce gros rocher situé en bordure de la route. On peut entre autres y lire, sur la plaque du bas :

Devant ce rocher passèrent les soldats d'Annibal (toujours pas de "H") en 218 avant J.C., les légions romaines de César en 51 avant J.C., le chevalier Bayard en août 1515, le duc de Leydiguières en août 1578, le maréchal de Bellegarde en janvier 1579, le duc de Berwick en septembre 1712, l'infant Don Philippe d'Espagne en octobre 1743...

L'église de Ville-Vieille, à nouveau. je ne vous en avais montré que le clocher ce matin.

Ville-Vieille toujours.

Je trouve un bon petit coin pour bivouaquer, tout près de la D947.

Le soleil est bien revenu, je me sens suffisamment bien pour manger. Le bonhomme va mieux, une bonne nuit là-dessus....

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