F2011_053

Jour 053 - Samedi 27 août 2011 - 86 km - 488 photos (3.763 km - 9.132 photos)
De Château-Ville-Vieille à Briançon (Hautes-Alpes)

Départ à 9 heures, ça va. La Dent de Ratier m'accueille à mon lever, et c'est agréable de déjeuner en sa compagnie.

Avant de quitter le Queyras, j'ai envie de faire une route très intéressante, qui me taquine depuis quelques jours, du moins lorsque je regarde mes cartes. Je ne suis pas certain qu'elle soit vraiment carrossable jusqu'en haut, mais je vais au moins essayer. Elle prend sa "source", si j'ose dire, à Château-Queyras, où j'arrive. D'ailleurs, admirez cette belle vue sur le Fort Queyras avec, en contrebas, Villargaudin et, au somment, la jolie Dent de Ratier !

Fort Queyras entre dans l'histoire comme château rattaché au Dauphiné en 1265. Au XVIe siècle, le château est la proie des guerres de religions et ensuite en 1695 il résiste aux assauts des troupes savoyardes mais le village quant à lui est partiellement détruit. À la suite de cette dernière invasion, Vauban vient inspecter la frontière des Alpes et dresse des projets pour rendre le château inviolable. Il prévoit une large extension de l'enceinte sur le front ouest et dote le fort au nord-est d'une enceinte entièrement nouvelle, avec escarpe, fossé, contrescarpe et demi-lune (en 1700). À la fin du XVIIIe siècle, on renforce la valeur de l'ouvrage en aménageant des batteries casematées. Le fort fut désarmé de 1940 à 1944, puis rendu à la vie civile en 1967.

La route est très étroite au départ, puis grimppe ensuite fortement sur les pentes du Mont Boucher à travers le bois du peyron, rendant les points de vue plutôt rares. Mais j'ai de quoi m'occuper avec la conduite, de toute façon ! 1612 m. Une zone d'érosion a couché les arbres, m'offrant une vue dont je profite aussitôt, et vous avec par la même occasion. En face légèrement à gauche, sensiblement à même altitude, un alpage sur lequel se situe le hameau de l'Eyssartou. Loin derrière, à gauche, la Crête de Crépaud suivie par le Pic de Rochebrune. Et loin derrière, à droite, la crête de Croix la Crèche suivie par le Pic de l'Agrenier (2793m). On aperçoit à droite le village appelé Les Meyriès.

Zoom sur ce très beau Pic de l'Agrenier.

Ensuite... toute mon attention est retenue par la route, que je ne vais plus quitter des yeux. Je perds rapidement le goudron, mais heureusement, tous les lacets sans exception sont cimentés, faute de quoi je n'aurais pas pu grimper. Il y a pas mal de VTT, très difficiles à doubler tant la route est étroite, et je dois plusieurs en suivre pendant un moment. Généralement, ils se rangent pour me laisser passer, car ils détestent qu'une voiture les talonne, et je les comprends. C'est long, très long. Il y a environ 8 km entre cette photo et le parking sommital. Beaucoup de graviers, quelques zones fort érodées; je prendrai des photos pendant la descente.

Le parking est situé environ 300 mètres sous le sommet. J'ai la surprise de voir une petite gelée blanche dans une petite clairière près des sapins, et c'est vrai qu'il ne fait pas chaud ! Le sommet est à 2254 mètres. Il y a une table d'orientation. Le panorama n'est bien dégagé que vers l'est. Or, à l'est, il y a le ... soleil levant ! Donc... Contre-jour, bravo pour ceux qui ont répondu immédiatement. Sur cette photo, en face de moi, plein sud, la Crête de la Combe Arnaude, suivie de la jolie Pointe de Rasis (2844 m). Au sud-est, à gauche sur la photo, c'est la Montagne de Beauregard.

Avançons un peu. La Montagne de Beauregard se situe maintenant en plein centre de cette photo. Son point culminant est le Pic de Château Renard (2931m), sur lequel se trouve un observatoire. En bas, en avant de cette montagne en forme de barque retournée, on distingue trois villages. La Rua, suivi de Molines-en-Queyras, et Gaudissart, un peu détaché sur les pentes à gauche. Et, pour bien vous situer tout ça, la vallée qui part à gauche est celle qui va au col d'Agnel par la D205T (la vallée de l'Aigue Agnelle), et celle de droite mène à Saint Véran par la D5 (la vallée de l'Aigue Blanche).

Zoom sur la vallée de l'Aigue Blanche. Le village au centre en bas, c'est Saint Véran. La petite route qui vient par ici depuis le village est celle que j'avais empruntée pour rejoindre Pierre Grosse dans l'autre vallée, vous savez, là où il y avait des mottes de foin qu'on distingue même sur cette très mauvaise photo (contre-jour oblige... mais je voulais la mettre, au moins pour moi). Le mont qui ressort au loin est le Monte Viso (Italie, Piémont, 3841 m).

Et la vallée de l'Aigue Agnelle... qui file vers l'Italie via le col de même nom, après le grand virage.

La Rua et Molines-en-Queyras.

Où l'on revoir le magnifique Pic de l'Agrenier, au nord. La lumière est belle, de ce côté, quel plaisir.

Et la majestueuse Pointe de Rasis au sud.

Les monts à l'ouest partagent le ciel avec les nuages.

J'ai discuté un grand moment avec un couple de voyageurs qui dorment, pour leur part, dans un fourgon Peugeot Expert. Si je devais regretter mon achat de la Kangoo, ce serait pour cette camionette, car elle est plus grande que la Kangoo, tout en étant nettement plus petite que le Renault Trafic. Le VTT ne me gênerait pas du tout, alors que c'est un peu juste avec Mygoo. Il est 10h30, je repars. La route est goudronnée juste pour le sommet.

A quelques 38 km au nord-ouest à vol d'oiseau, ma montagne favorite : la Barre des Ecrins et le Glacier Blanc, à 4102 m.

Zoom maximum, en plein centre, juste sous les nuages..... La masse blanche, c'est le glacier !

En face, le Pic de l'Agrenier.

Vous voyez que ce n'est pas large, et je préfère être venu tôt, avant l'affluence.

Terre et graviers; vu la pente, je n'avais pas envie d'arrêter en montant.

Quelques endroits goudronnés, de ci de là. Le bois de Gambarel est vraiment magnifique. Le soleil a bien du mal à traverser...

Plein sud, on retrouve la Crête de la Combe Arnaude terminée par la Pointe de Rasis (à gauche). A droite, la terrifiante Pointe de la Selle (2745 m).

Ciment dans les lacets, heureusement !

Partie délicate en montée, car la couche supérieure est constituée de graviers trop fin, presque sableux.

Portion vertigineuse à droite...

Aucune protection, la vigilance est de rigueur. Sinon, bonjour la descente....

Au fond, je retrouve le Fort Queyras.

Et, en face au-dessus de l'Eyssartou (à droite), la Crête de Crépaud suivie par le Pic de Rochebrune (3320 m) au fond.

C'est beau, je suis heureux d'avoir pris cette route.

Arrivée au niveau du Fort Queyras (à droite, pour ceux qui ne voient rien, ou qui ne regardent pas les photos; il y en a, si si...).

Passage au-dessus du Guil sur un très joli pont. vers le sud-ouest; vous reconnaissez la Dent de Ratier, n'est-ce-pas ?

Et de l'autre côté, le Fort Queyras sur son éperon rocheux que l'on perçoit mieux comme ça.

Bien, ça, c'est fait.... Et maintenant, je vais quitter le Queyras, direction Briançon, au nord, via le col d'Izoard. Du coup, sitôt après Château-Queyras, je tourne à droite sur la D902. Si je continuais tout droit, je suivrais la vallée du Guil qui me conduirait à ... Guillestre, bien sûr !

Zoom sur les montagne au nord-ouest peu avant l'arrivée à Arvieux. Je ne parviens pas à savoir de quels sommets il s'agit !

Il est midi lorsque j'arrive en vue de La Chalp. A droite, le sommet du Vallon (2592 m).

Zoom sur le Vallon et sa crête, la Crête du Tronchet, suivi du col du tronchet (2347m) puis de la Crête de Glaisette.

La Crête de Glaisette.

A Brunissard, le Pic de Beaudouis (2843 m). Quelle majesté !

Et c'est parti pour les magnifiques lacets du col de l'Izoard. Ici, le ravin et les crêtes de la Coste Belle.

Crêtes de Coste Belle.

Vue arrière sur la large vallée que je viens de remonter avec Brunissard au premier plan. On voit encore parfaitement la Dent de Ratier à droite !

Crête de Combe La Roche.

Quelle beauté ! On dirait presque un cirque. Tous les débris tombent au centre de la marmite....

Et voici LE site à ne pas manquer lorsque l'on monte à l'Izoard par le versant sud : la Casse Déserte, située sous le col.
Ce site situé à 2200 m d'altitude a été classé. Et je dois dire qu'il le vaut bien !

Passé en moto dans l'autre sens en septembre 2009, nous ne nous étions pas arrêtés.... Le plaisir des virages !
Cette fois, je ne risque pas de faire cette erreur. J'ai tout mon temps, il fait beau, et le paysage est remarquable, presque lunaire !

Allez sur ce site pour ceux qui veulent avoir des explications géologiques de ces formations exceptionnelles. Un petit extrait ci-après.

La Casse Déserte est remarquable par son paysage d'éboulis d'où surgissent les pitons cargneuliques. Ces affleurements de cargneules représentent la zone de contact entre les deux ensembles rocheux qui se superposent et/ou se juxtaposent ici : à l'est les calcaires dolomitiques de l'Arpelin, à l'ouest les gypses du soubassement de la Pointe de Clôt la Cime. C'est sous l'influence des eaux sulfatées provenant de ces gypses que les calcaires dolomitiques ont été bréchifiés et partiellement dissous selon le processus de la cargneulisation.

La route passe au milieu du site et le traverse de part en part.

Vue d'ensemble, la "casse déserte" se trouvant à droite, et le col d'Izoard au-delà, derrière cette montagne.

Zoom de la précédente.

Je suis arrivé sur le lieu. Vue vers l'ouest, le ravin en face de moi, et la Casse Déserte dans mon dos.

Et je me retourne vers le sommet...

Comme c'est curieux. Sans raison apparente, une fois de plus, me voici réveillé vers 6 heures !

Mygoo est bien insolite ici !

Bon, j'arrête, vous en avez assez comme ça, je suppose. Je reprends la route.

Col de l'Izoard, 2.360 mètres.

Le vent est glacial, mais j'avais remarqué la même chose en 2009, ici.

Etonnant, non ?

Il fait trop froid pour manger ici, je descends. Je ne fais pas d'arrêt parce que j'ai monté la caméra sur Mygoo pour faire un film. Pas de chance, je récupère un camping-car qui va me gêner -un comble pour moi qui vais pourtant doucement- et gâcher de la pellicule (ou plutôt de la place disque, ce qui est tout-de-même moins onéreux). De toute façon, la descente vers Cervières n'offre pas de panorama, car elle a entièrement lieu dans les bois. Puis, au hameau du Laus, le paysage change car la D902 passe dans une large vallée au pied du Lasseron (2702m) _à droite- dont les pentes sont couvertes d'éboulis semblables à ceux de la Casse Déserte que nous venons de voir !

Ce qui n'est pas sans me faire penser aux paysages de Cappadoce en Turquie -un peu...

Arrivée à Cervières. L'église Saint-Michel, datant du XVe siècle, domine d'environ 50 mètres les habitations. Son clocher carré en pierre, encadré de 4 clochetons, est représentatif du style Lombard, sur le modèle de la cathédrale d'Embrun. Jje suis à quelques kilomètres de Briançon maintenant, mais je n'ai pas envie de dormir dans la grande ville. Et comme j'ai décidé de visiter toutes les vallées accessibles en voiture, il se trouve qu'il y en a une ici, la vallée de la Cerveyrette. Elle commence par une piste qui s'élève en lacets au-dessus du village, je vais essayer.

Tout autour de moi se trouvent de grandioses manifestations de l'érosion sous diverses formes.

Au sud, la D902 en provenance de l'Izoard. Me voici dans les hauteurs de Cervières.

L'énorme face ouest du Lasseron domine le paysage, tout particulièrement par la présence de ces fantastiques cônes d'éjection de roches effritées qui semblent comme vomis du coeur de la montagne.

Je suis impressionné, émerveillé, abasourdi par la masse qui s'accumule en bas.

Incroyable ! La nature n'a pas de limite. Les arbres donnent une idée de la démesure du site;

La piste est très mauvaise, les cailloux qui la forment sont acérés, il y a énormément de nids de poule. je roule au pas.

J'avais eu plusieurs fois l'occasion de voir de telles formations, mais toujours de loin. Je suis heureux d'en approcher ici au plus près.

Je vous le disais : ce coin est un véritable musée grandeur nature de l'érosion sous de nombreuses formes.

Cette portion est meilleure.

Soudain, la route débouche au sommet d'un plateau, et le paysage s'ouvre sous mes yeux, après le passage à flanc de montagne.

Au premier plan en contrebas, une sorte de marécage fort curieux. Puis, plus loin, la vallée de la Cerveyrette. Je me trouve presque sur un belvédère.

Le hameau de La Chau installé au pied du Grand Charvia.

En fait, cette zone, la Plaine du Bourget, dans la haute vallée de la Cerveyrette, constitue un exemple rare de marécage d'altitude (à environ 1900 m d'altitude), d'une très grande richesse biologique.

Et je retrouve le goudron avec grand plaisir. La D89T longe la Cerveyrette aux eaux d'une limpidité surprenante !

Les arbres habillent le paysage, sur cette montagne complètement dénudée.

Le coin est joli, il y a de l'ombre, il est 14 heures, j'ai faim....

Que croyez-vous donc que je fis ? Je vous laisse deviner.

Le hameau du Bourget et sa petite chapelle.

Comme c'est curieux. Sans raison apparente, une fois de plus, me voici réveillé vers 6 heures !

Le Pic Lombard (2975m). Et juste derrière le Pic Lombard se trouve le Petit Rochebrune, 3078m, non visible ici.

Les Chalps.

Et Les Fonds, terminus, fin de vallée, place aux randonneurs.

Je vais faire un petit tour dans le village, très animé en cette saison.

Sur la route du retour, la même bien entendu, cul-de-sac oblige.

La zone marécageuse. Regardez cette eau transparente, qui semble ne pas bouger.
En fait, il y a un fort courant, mais à peine visible tant les eaux sont claires.

Du sommet du plateau, vue sur Cervières. Je suis de retour sur la mauvaise piste.

Accrochez-vous, les gars !

Dans les pentes du Lasseron.

Coup d'oeil arrière sur le Lasseron.

En regardant le bas de la coulée, que vois-je ?

Je vous le disais bien, que Dame Nature peut tout se permettre. Les jardins ont été recouverts par cette coulée.

Une vue globale du site.

Lorsque j'écris mes compte-rendus, je consulte pas mal Internet -si j'ai du réseau- pour me documenter à postériori. Et quelle ne fut pas ma surprise en lisant ceci. Je me doutais bien que cette coulée était récente vu sa couleur, mais j'étais loin de m'imaginer qu'elle l'était à ce point! En fait, elle s'est produite lundi (22 août 2011) dans la soirée, vers 17 heures, à la suite d'un terrible orage de grêle. Je cite le journal : « Il y a eu un bruit sourd, puis une odeur de soufre. » Les habitants de Cervières en sont encore abasourdis. « De mémoire d’homme, c’est la première fois qu’on voit une coulée d’une telle ampleur. » Dans le couloir de l’Etablon, une gigantesque coulée d’une centaine de mètres de long, 5 mètres de haut et 30 de large, a emporté les jardins privés sur son passage, aux Chalmettes, bloquant une petite route communale. «La lave torrentielle est difficile à évacuer, surtout quand elle devient sèche. C’est du béton. »

D'autres se sont produites ici...

Et voilà. Retour à Cervières. Finalement, je change d'avis et file vers Briançon, où je dois rencontrer demain des amis. Et je trouve un coin sympa pour bivouaquer, en pleine ville, près d'un excellent spot WiFi. Avec Mygoo, je peux pratiquement dormir partout !

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