F2011_061

Jour 061 - Dimanche 4 septembre 2011 - 168 km - 382 photos (4.388 km - 11.729 photos)
De Corps à La Bérarde (Isère)

Le ciel est toujours chargé, mais il fait bon, et c'est si agréable ! Je suis réveillé de bonne heure, car je suis sur un parking en centre ville, et bien que ce soit dimanche, il y a toujours des gens qui se lèvent tôt. Qu'à cela ne tienne, ce n'est pas bien grave. Comme je ne mange pas sur les parkings devant tout le monde -j'aime bien manger seul, au calme, et dans un bel environnement si possible-, je pars aussitôt. Il est 8 heures !

Je m'étais toujours dit que j'irai un jour voir ce sanctuaire de plus près. Je parle de Notre-Dame-de-la-Salette. Sans doute parce que ma frangine y a travaillé en saison il y a fort longtemps, alors que nous étions jeunes... L'occasion est belle, c'est à quelques kilomètres d'ici, là-haut, sur la montagne...

Juste avant l'Eglise (c'est le nom du village dont on aperçoit d'ici l'église, justement !), j'ai la surprise de "tomber" sur ce cimetière canadien ! Tiens, c'est curieux, de quoi s'agit-il ? Le 13 novembre 1950, le crash d'un DC-4 canadien sur le sommet de la Grande Tête de l'Obiou fait 58 morts, aucun survivant. Le « Pèlerin Canadien », un avion de Curtiss-Reid Aircraft Ltd, ramenait des pèlerins de Rome à Montréal via Paris. Le pilote aurait fait une erreur de navigation et s'est éloigné d'une centaine de kilomètres de sa route normale.

Dans la cour principale du cimetière, des statues fabriquées avec des dévris de l'avion.

Le responsable de l'accident : la Grante Tête de l'Obiou. (2789 m).

Peu avant le passage au Col de l'Homme (1657 m).

Le Col de l'Homme. Les petits points blancs disséminés sous le sommet à gauche sont des moutons.

Vue globale sur le col, peu avant l'arrivée au sanctuaire.

Le sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Salette.

Du même endroit, vue plongeante plein sud sur le village l'Eglise. On y aperçoit le cimetière canadien en haut à droite.

L'Obiou à droite, la montagne de Faraut à gauche.

Le sanctuaire élevé sur les lieux de l'apparition. Le samedi 19 septembre 1846, à environ trois heures de l'après-midi, sur une montagne proche du village de La Salette-Fallavaux, deux jeunes bergers, Mélanie Mathieu ou Mélanie Calvat, âgée d'un peu moins de quinze ans, et Maximin Giraud (qu'on appelle parfois Mémin, et, par erreur, Germain), âgé de onze ans, voient apparaître dans une lumière resplendissante une « belle dame » en pleurs qui s'adresse à eux. Le soir, ils en parlent à leurs maîtres. La veuve Pra (dite veuve Caron), maîtresse de Mélanie, se dit d'avis qu'ils ont vu la Sainte Vierge et on engage les enfants à tout raconter au curé de La Salette.....

Lettre sur le muret du pont conduisant au sanctuaire. C'est ici le domaine des croyants. Un car rempli de touristes pèlerins est devant l'entrée, il y a de l'activité. Comme c'est ici un cul-de-sac, je fais demi-tour, n'ayant rien à faire ici. Il y a bien des sentiers de randonnée, mais les parkings ne sont pas clairement gratuits -et il y a du monde, déjà, à cette heure matinale- et je n'ai pas envie de me promener -ciel incertain...

C'est donc reparti dans l'autre sens. Je suis heureux d'être venu voir. Je suis heureux d'en partir, je me sauve presque. Pourquoi ? Parce qu'il s'agit ici d'un lieu de rassemblement religieux, et je n'aime pas les religions, car elles sont une des causes de millions de meurtres et de milliers de guerres. Les hommes ont besoin de croire, de s'accrocher à quelque chose de surnaturel. Pourquoi pas, ça ne me dérange aucunement. Mais là où ça me stresse et m'insupporte, c'est lorsque ces mêmes hommes veulent convertir les autres dans leur foi. Intolérance, d'autant moins acceptable qu'elle est le fait de gens prêchant l'amour et le respect des autres... Misère de misère...

Retour à Corps que je traverse pour reprendre la Route Napoléon vers le nord. Je la quitte peu avant d'arriver à Mure, pour rattraper la D526 vers Entraigues. Arrivée ici à Valbonnais. Je reconnais le village dans lequel j'avais surfé sur le spot WiFi de l'Office de Tourisme le 2 août dernier. Je récidive forcément...

Entraigues. Le ciel devient de plus en plus menaçant.

La pluie fait son apparition... Je prends quand même la D117 vers l'est, pour visiter les vallées s'enfonçant dans le massif des Ecrins

La rivière qui serpente dans cette vallée s'appelle la Bonne. Nous sommes dans le Valbonnais....

La Chapelle-en-Valjouffrey. Ce village se trouve à l'embranchement de deux vallées : au nord-est les vallons de Béranger et de Valsenestre et au sud-est la continuité dans la vallée de la Bonne. Chacune de ces vallées est évidemment un cul-de-sac en soi. L'ensemble forme le Valjouffrey.

Cette vallée marque profondément le massif des Ecrins d'une entaille longue de 25km depuis Entraigues jusqu'au sommet de l'Olan. Comme partout ailleurs, les glaciers ont oeuvré pour le creusement de cette vallée en auge, petite soeur du Valgaudemar. Petits villages disséminés sur l'axe tracé par la Bonne, versants très abrupts, dont l'un est forestier dans sa partie inférieure, et vallons secondaires peu pénétrants, excepté le Valsenestre, caractérisent le Valjouffrey.

Je commence par suivre la Bonne... Traversée des hameaux La Chalp, puis ici, juste après Les Faures.

La route s'arrête au Désert (1275 m)... Le Désert est le dernier village de la vallée du Valjouffrey. Il doit son origine au mot essart (l'endroit défriché). Le Désert a certainement été le dernier lieu colonisé de la vallée de la Bonne. Témoin de ce travail, l'épierrage des prés situés en amont du village forme une mosaïque étonnante de petites parcelles et de clapiers.

Vu le mauvais temps, je ne m'attarde pas, c'est dommage. Retour à La Chapelle-en-Valjouffrey...

où je prends cette fois la petite route du vallon de Béranger (du nom du torrent qui y coule).

Arrivée dans la Réserve Naturelle de la Haute Vallée du Béranger.

Valsenestre est le nom du hameau qui marque la fin du trajet pour les véhicules. Il fut entièrement enseveli sous une avalanche venue de la Combe Oursière au 19ème siècle. La dernière habitante permanente a quitté le hameau en 1959...

Plusieurs sentiers partent d'ici, et le GR 54 y passe aussi. Un randonneur en provenance de ce chemin se dirige vers moi et me demande si j'ai un téléphone. Il me dit que son copain, là-haut, s'est brisé les deux pieds et est incapable de marcher. N'ayant pas de téléphone, je l'envoie vers les quelques maisons du hameau devant lesquelles se trouvent des véhicules de type 4x4, ce qu'il s'empresse de faire. La pluie revient, je fais demi-tour.

J'entends un hélicoptère passer, les secours ont été très rapides !

Prairie peu après La Chapelle-en-Valjouffrey.

Au pied du Chamoux, les arbres dénudés attirent mon attention : traces d'un incendie ?
Je retrouve la D526 à Entraigues, que je remonte maintenant vers le nord et Le Bourg d'Oisans.

Je vois sur ma carte la présence d'une belle cascade près du village du Périer; je décide d'aller voir.
La route, goudronnée, est minuscule, et si je croise un véhicule, il faudra forcément reculer... Soudain je l'aperçois...

Effectivement, la cascade de Confolens avec sa chute de 75 mètres est vraiment très belle.

La route se termine ici. Je vais faire un tour à pied, histoire de me dégourdir un peu les jambes.

Au retour, j'aperçois Le Touret (1572 m) entre deux nuages.

Pour vous donner une idée de la petite route forestière conduisant à la cascade de Confolens.

Je retrouve la D526. Juste un peu plus haut, au lieu-dit le Pont du Gas (926 m), je suis scotché par les structures de cette montagne.
Ce sont en fait les falaises calcaires du Touret, photographié plus haut.

Les arêtes vives des crêtes se découvrent de temps à autre dans les hauteurs.

La D526 sélève ensuite jusqu'au col d'Ornon (1367 m), où je décide de manger. Normal, il est déjà 14h30....

Vue juste après le col d'Ornon.

De beaux lacets pour descendre sur Le Rivier, la Poutuire, La Palud.
A ce niveau, les roches surplombant la route sont étonnantes. Quels phénomènes géologiques ont donc conduit à ces merveilles naturelles ?

Et me voici arrivé dans la vallée de la Romanche, à Bourg d'Oisans. Derrière moi, la Crête de la Brèche (1730 m).

Ces montagnes, pas très élevées, sont d'une très grande beauté, et je ne me lasse jamais de les admirer. Je suis venu plusieurs fois en vacances autour de Bourg d'Oisans, et je suis heureux d'y faire une petite halte. De plus, le soleil pointe à nouveau le bout de son nez, ce qui fait plaisir à voir. C'est la foire à Bourg d'Oisans, et il y a foule dans les rues, à tel point que le stationnement y est particulièrement difficile !

Finalement, je ne m'attarde pas, pressé que je suis de m'enfoncer jusqu'au bout de la vallée du Vénéon. J'y étais en 1976 avec un de mes frères, et ce site nous avait enchantés. En 2009, j'y suis retourné en moto, mais la route était coupée à Saint-Christophe, et nous avions du faire demi-tour !

Ici, le Vénéon au Bourg d'Arud. Ah, le ciel bleu, c'est quand même mieux, et tant pis s'il fait chaud !

La route commence maintenant à s'élever. Un peu plus "haut", au lieu-dit Le Plan du Lac.

Le Vénéon au niveau de Lanchâtra. Les choses sérieuses commencent peu après.

D'abord une série de quatre lacets fort impressionnants, puis deux autres et me voici presque à 1400 m.

Juste en-dessous de Saint-Christophe-en-Oisans; en bas, la vallée du Vénéon.

De l'autre côté de la vallée.

La route continue à s'élever au bord d'un ravin qui se creuse. Traversée de Champhorent, hameau de quuelques maisons seulement. La vallée du Vénéon suit les méandres du massif sud du Soreiller. Les glaciers commencent à pointer le bout de leur nez.... On entre ici dans le domaine de la haute montagne.

Le vallon de la Lavey ou de la Muande (recopié sur le lien référencé) :

Le Vallon de la Lavey est l'un des principaux, sinon le principal vallon de Saint-Christophe-en-Oisans. Il est situé en rive gauche de la vallée du Vénéon en face du hameau de Champhorent. Il se raccorde à celle-ci par un gradin de confluence glaciaire de faible ampleur, de l'ordre de 200 mètres, indiquant un glacier d'importance presque équivalente à celui du haut Vénéon. Son torrent le parcourt par une gorge de raccordement qui comme son voisin de la Mariande se termine par la bruyante Cascade de la Lavey que l'on devine depuis le confluent. Orienté globalement nord-sud il permet de remonter jusqu'à la crête de séparation avec le Valgaudemar, que l'on aperçoit de Champhorent. C'est une belle vallée glaciaire en auge typique, profonde et de grande longueur, de l'ordre de la dizaine de kilomètres jusqu'au pied des Rouies.

Zoom sur les ponts de la Lavey.

Extraits du site de vallouimages.com :

Le cirque de la Muande, qui ferme le vallon à l'amont, est encore occupé par un système glaciaire significatif mais de plus en plus morcelé avec le Glacier de la Muande, que son altitude protège un peu, et le Glacier du Fond qui est en cours de dislocation. Celle-ci, très rapide durant la dernière décennie, a provoqué le dégagement d'un austère lac juxta-glaciaire, le Lac de la Muande.

Les pierres dévalant les pentes....

Après Champhorent, le Vénéon fait un angle de près de 90 degrés en bifurquant vers l'est. La route est très étroite, et les croisements ne sont possibles que dans les endroits prévus à cet effet. A gauche (au nord), les pierriers très pentus tombant de la Tête de la Marsare et, à droite, le ravin au-dessus du Vénéon. La route est donc creusée dans le pierrier...

Oups, les boules.... Je ne désire pas rester ici !

Coup d'oeil arrière sur la Cascade d'ren Bas peu avant le hameau des Etages.

Toujours au même endroit, 1536 m, au lieu-dit Les Pièces du Clot.

Et c'est l'arrivée à La Bérarde, sur le parking terminal.
Vous ne pouvez pas savoir la joie que je ressens en posant ici Mygoo !

Là-haut, les deniers nuages s'effilochent.

Le Vénéon coule avec force au pied du parking. je vais m'installer ici pour quelques jours.

La chapelle de La Bérarde.

Hummmm... Si le temps revient au beau, je sens que je vais reprendre les randonnées.

Ce soir je m'endors au coeur du Massif des Ecrins, et c'est le grand bonheur !

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