F2011_076

Jour 076 - Lundi 19 septembre 2011 - 215 km - 46 photos (5.797 km - 16.246 photos)
De Illkirsch à Thiaucourt (Alsace - Meurthe-et-Moselle)

Ce matin, je suis invité à partager le petit déjeuner avec Claude, parti de bonne chercher des croissants sous la pluie. Délicieux. Merci à toi, Claude.

Je serais bien resté à discuter, mais il y en a qui bossent... C'est ainsi que je pars à 9h30 sous un ciel humide. Je dois d'abord me rendre dans une entreprise à Lingolsheim. En effet, mon poste de radio, récemment acheté, a un problème, et il se trouve que le magasin se trouve ici, à quelques kilomètres à peine ! L'opération s'est déroulée en 5 minutes, le poste a purement et simplement été échangé sans aucune difficulté; voilà ce que j'appelle une affaire rondement menée !

Le but de la journée est d'atteindre les champs de bataille de la Première Guerre Mondiale. Environ 200 bornes. Sous cette météo incertaine, ce sera une nouvelle journée de "transition", sans aucun itinéraire de visite particulier!

Sur la A352, gratuite, entre Strasbourg et Molsheim.

A Schirmeck, je prends la D392 pour rejoindre Lunéville par le col du Donon. Ici, l'église de Framont.

Je viens juste de passer le col du Donon (718 m). Il y a juste après une table d'orientation et, surtout, ces vestiges gallo-romains qui ont attiré mon attention alors que je passais à côté. Malgré la pluie, un arrêt s'imposait ! On aperçoit à l'arrière-plan le sommet du Donon.

Le mauvais temps m'a empêché de "creuser" un peu cette "découverte". En fouillant sur Internet, je constate qu'il existe un sanctuaire au sommet du Donon, et que ce site a été un lieu de culte de plusieurs divinités.

Cette statue représente Anguipède. Anguipède est une créature légendaire dont le corps finit en queue de serpent. Équivalent du démon Abrasax de la mythologie grecque, ce personnage symbolise les formes du mal issues de la Terre. Le cavalier à l'anguipède représente un groupe sculptural de l'époque gallo-romaine, typique du panthéon gaulois, figurant un étrange guerrier divin, dressé sur son cheval cabré qui foule sous ses sabots un géant difforme dont les jambes, atrophiées, se finissent en queue de poisson ou de serpent !

La table d'orientation, une curiosité en un lieu si peu élevé, et au panorama relativement insignifiant.

Le paysage autour de la table d'orientation.

Encore des vestiges...

Un peu plus loin se trouve le Monument des Passeurs.
Il a été élevé à la mémoire des personnes ayant aidé les prisonniers de guerre évadés à passer la frontière.

A Nancy, je trouve un spot WiFi et je reste un long moment à manger, puis surfer, car il pleut, et c'est ce que j'ai de mieux à faire. Je repars vers 17 heures sur Pont-à-Mousson, pour finalement arriver à Fey-en-Haye, dont voici l'église.

Les couleurs du soleil couchant sont ici très appuyées ! L'influence terrible de la Première Guerre Mondiale est évidente lorsqu'on regarde ce vitrail.

En fait, rien n'est plus normal. De 1914 à 1915, le village de Fey-en-Haye s'est retrouvé dans le no man's land entre les lignes françaises et allemandes. Après la guerre, un nouveau village a été reconstruit à quelques centaines de mètres de l'ancien bourg, qui avait été totalement dévasté.

Dès septembre 1914, alors qu'ils tentaient d'encercler Verdun, les Allemands firent une avancée importante dans les lignes françaises qu'on appellera le Saillant de Saint Mihiel. (Ces indications sont toirées du lien internet précédent, que je vous recommande de visiter). Cette ligne de front s'étendait des Eparges à Pont à Mousson, en passant par Saint Mihiel, qui resta occupée par les Allemands durant toute la guerre, comme de nombreux villages alentours. Pendant 4 ans, de violents combats eurent lieu dans tout ce secteur, les Français ne parvenant pas à réduire ce saillant. Il fallut attendre septembre 1918 et l'intervention des troupes américaines pour voir cette poche définitivement rayée du front. Aujourd'hui, de nombreuses traces de ces combats sont encore visibles : tranchées, forts, postes de combats… Depuis la fin de la guerre, des monuments commémoratifs et des musées ont été créés.

Je me déplace donc vers l'ancien village.

Et voici ce qu'il en reste.....

Quelques tombes, pas une seule maison. C'est très émouvant.

Tout autour de moi, des forêts bordées par d'immenses clairières de champs cultivés. J'ai envie de suivre cette piste, et je me laisse plus ou moins conduire par Mygoo. Par endroits, le chemin est en mauvais éta, avec quelques jolis trous. Je ne peux m'empêcher de penser à ceux qui résultaient des explosions des bombes tombant ici voici bientôt un siècle, et je m'estime terriblement heureux !

Puis je retrouve le goudron avec plaisir, et le premier village : Vilcey-sur-Trey. Les gens me regardent avec insistance, sans doute fort surpris de voir passer un véhicule. Le terrain est légèrement vallonné, la campagne est belle et, surtout, très calme. Si je ne me trompe pas, ce village est resté sous occupation allemande pendant toute la Première Guerre Mondiale.

Je prends alors la D89 via Viéville-en-Haye, cherchant un coin pour bivouaquer. Je retombe sur la D3 et me dirige vers....

Thiaucourt, niché dans la vallée du Rupt de Mad, rivière affluent de la Moselle.

Je me trouve finalement un joli bivouac fort tranquille au bord de la petite rivière.

 

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