F2011_077

Jour 077 - Mardi 20 septembre 2011 - 109 km - 428 photos (5.906 km - 16.674 photos)
De Thiaucourt à Verdun (Meurthe-et-Moselle - Meuse)

Il est à peine 7 heures lorsque je mets le moteur en marche ! En fait, les motifs déterminant les horaires de départ sont parfois bassement "matériels" : pour cette fois, il ne s'agissait que de satisfaire une envie pressante... Passons donc sur les détails, lesquels n'ont, ici -et ailleurs aussi d'ailleurs- absolument aucun intérêt. Ce besoin urgent me fait faire un tour dans la campagne située au nord-est de Thiaucourt-Regniéville.

Ici, passage dans le hameau de Charey.

Et ici sur la D28 tout près de Rembercourt-sur-Mad.

Puis Jaulny. Avec la couleur, c'est beaucoup mieux.

Entre Jaulny et Thiaucourt, où je reviens finalement.

Je reprends finalement la D3. Juste à la sortie de Thiaucourt vers l'ouest se trouve le St Mihiel american cemetery and memorial.
Comme il est ouvert -il n'est pourtant que 8h30-, je vais visiter. Et vous aussi par la même occasion.

En fait, je crois que ce n'était pas encore ouvert au public (9 heures); les jardiniers travaillent, et je suis le seul visiteur.

J'avais déjà visité en 2007 celui d'Omaha Beach en Normandie, dont je retrouve ici l'ordre et la parfaite symétrie des croix.

Et la propreté parfaite.

Le terrain de ce cimetière de 40,5 acres (unité de mesure américaine valant 40,468 ares, soit un peu plus de 16 hectares) a évidemment été donné par la France aux USA. Il contient les tombes de 4.153 soldats américains tués majoritairement dans l'offensive réussie destinée à libérer le saillant de Saint Mihiel menaçant Paris en septembre 1918.

Le cimetière est divisé en quatre parties strictement égales délimitées par des chemins et alignements de tilleuls.

Je vous laisse faire la visite en ma compagnie.

Au sud, au-delà de la zone d'inhumation, se trouve un mémorial de pierre blanche.

Aujourd'hui est un grand jour : je vais revoir mes amis italiens de Turin, alias d'Islande et de Berlin !

1914-1948. A ceux qui sont morts pour leur pays.

Le mémorial est constitué d'un péristyle en son centre, d'une petite chapelle d'un côté, et d'un bâtiment abritant la carte des opérations militaires.

Une grande urne funéraire en granit rose se trouve au centre du péristyle.

Les portes de chaque côté, que ce soit pour pénétrer dans la chapelle ou dans le bâtiment aux cartes, sont identiques.
Acier poli et comme blindé : en tout cas, c'est lourd, et c'est fait pour durer ! L'aigle de type "impérial" me surprend toujours !

C'est ici la partie "musée". Sur deux côtés, les listes nominatives des 284 disparus. "In memory of those american soldiers who fought in this region and who rest in unknown graves". En d'autres termes, "à la mémoire de ces soldats américains qui combattirent dans ce secteur et qui reposent dans des tombes inconnues". Les américains ont pensé à tout, puisqu'ils ont prévu -et gravé- de petites rosettes en regard des noms de ceux qui, depuis la création de l'immense plaque, ont été identifiés et récupérés !

Et sur le grand mur face à la porte d'entrée se trouve une grande carte de marquetterie en marbre représentant l'offensive de Saint Mihiel.

La qualité des matériaux utilisés est admirable, et le travail effectué par les artisans est absolument parfait.
A noter que le cimetière d'Omaha Beach en Normandie procède du même "acabit".

Détail de la poignée de porte. je vous le disais, c'est de l'acier brossé, lourd et extrêmement solide.

Dans la chapelle, un des murs représente un ange rengainant son épée. Il s'agit d'une mosaïque.

L'autre mur de la chapelle. Tout est en mosaïque, y compris le fond.

Détail du travail effectué, là aussi absolument exempt de défaut.
On peut contester le style, très pompeux, mais en aucun cas la qualité jusqu'au moindre détail de l'ouvrage et des matériaux utilisés.

Ressortons au grand air.

Les hommes que vous pouvez apercevoir sont les jardiniers passant les tondeuses. Dommage pour moi : le bruit, gênant dans ce lieu de... paix !

A l'entrée se trouve un petit bureau, dans lequel on peut entrer pour signer les registres ou discuter avec le préposé.

Je pense aux paroles d'une chanson de Francis Cabrel, dont le sujet n'a rien à voir avec ça.
Mais la musique et ces seuls quelques mots ne me quittent pas : "... mais ça continue, encore et encore, c'est que le début, d'accord, d'accord...".

"C'est toujours le même film qui passe...."...

Une grande ligne droite après le cimetière, arrivée en vue du petit village de Beney-en-Woëvre.

Vigneulles-lès-Hattonchâtel. Face à la mairie, voici un monument élevé "à la mémoire d'un jeune américain mort pour la France".

Sauf que.... voici la plaque ! Un peu les boules, quand même, après la visite du cimetière américain, non ?
Moses Taylor Jr, 1st lieutenant 9th Infantry 2nd Div. US,
born June 8th 1897, died "form" (sic, au lieu de "from") wounds received in action March 24th 1918

Cette plaque pourrait quand même être au moins lavée de temps en temps, non ?

Juste à côté.

Et là-haut, sur la colline, on aperçoit Hattonchâtel. Je vais là-bas, car Michel, un lecteur du site, m'a envoyé un mail fort sympathique début septembre avec quelques tuyaux de visite à effectuer dans ce secteur si durement touché par cette terrible guerre (sans vouloir minimiser le moins du monde les autres !).

A l'entrée du village.

Seul village meusien situé sur un sommet des Côtes de Meuse, Hattonchâtel doit son nom à son château posé sur le promontoire rocheux naturel et dont les origines remontent au IXème siècle. Lors de la Première Guerre Mondiale, le site fut partiellement endommagé, le château presque anéanti lors des combats de 1918 (bombardements). Au lendemain de celle-ci, le village médiéval fut reconstruit, sur la base de l'organisation urbaine précédente du fait de la configuration du site, par une riche américaine : miss Belle Skinner, originaire du Massachussetts. Elle édifia de 1923 à 1928 sur les ruines de l'antique bastion, un château aux lignes néo-romanes néo-gothiques. Sur les plans de l'architecte Jacquelin d'Evreux, c'est sans doute l'une des dernières fantaisies médiévales construites en France avec les indemnités de guerre. (Recopié sur le site indiqué en lien).

La maison dite "aux arcades".

La mairie reconstruite avec les fonds de Miss Belle Skinner.

C'est elle, la bienfaitrice et marraine de Hattonchâtel. Ce dernier lien est fort bien écrit, avec beaucoup d'humour, et mérite une bonne visite !

Vue sur la plaine de Meuse depuis la façade arrière de la mairie. En bas, Vigneulles-lès-Hattonchâtel.

Je ne suis pas seul, on m'observe !

Le fameux château, reconstruit avec les sous de Miss Belle Skinner, aujourd'hui privé...

Ah bon, je pensais que ça appartenait aux habitants...

L'église collégiale Saint Maur et le cloître du XIVème siècle juste à côté.

Inscription sur un mur sous le cloître.

Sous le cloître.

Une autre vue sur la plaine de Meuse.

Ce fut aussi le premier village de Meuse à être équipé de l’adduction d’eau potable. En fait, cette adduction d'eau a été offerte à la commune de Hattonchâtel par Miss Belle Skinner et inaugurée le 13 septembre 1920.

Cette route est la DS 3a, ou tranchée de Calonne.

La Tranchée de Calonne est une route forestière (ne traversant aucun village) reliant Hattonchâtel (département de la Meuse) à Verdun sur une distance de plus de 25 kilomètres. Elle fut tracée vers 1786 sur les ordres de Charles Alexandre de Calonne, ministre de Louis XVI qui en ordonna la réalisation dans le but de desservir directement le château qu'il avait acquis le 9 août 1770 à Hannonville-sous-les-Côtes de la veuve du marquis Michel de Dreux-Brézé. Pendant la Première Guerre mondiale la Tranchée de Calonne fut l'enjeu de combats acharnés. En septembre 1914, l'écrivain Alain-Fournier y trouva la mort. Maurice Genevoix la cite dans ses mémoires de guerre « Ceux de 14 ». De nos jours ce chemin forestier est parcouru par les amateurs d'Histoire et les randonneurs à vélo.

Il est plus de midi, et il se trouve que j'ai faim. Normal, vu l'heure à laquelle je me suis levé. Je fais halte dans une clairière de la tranchée de Calonne, juste à côté de la tranchée du Longeau. Attention, une tranchée est, ici, une voie, un chemin, et n'a rien de la tranchée militaire à laquelle on pense lorsque l'on parle de la première guerre mondiale.

Juste à côté de la clairière, j'aperçois cette paire de chaussures pendue à des clous sur ce tronc d'arbre.
Un touriste ayant sauté sur une bombe ? Un randonneur distrait ?

Après m'être copieusement sustenté, je m'enfonce un peu sur la tranchée du Longeau.

La forêt domaniale de La Montagne est fort belle.

Bois de Dommartin, tranchée de Calonne.

Et, juste un peu plus loin, Bois de Saint Rémy, dans lequel a été retrouvé le corps de l'écrivain Alain Fournier et de ses compagnons d'armes.

C'est là-bas, au bout de cette allée perpendiculaire à la tranchée de Calonne, que les corps des 21 soldats ont été découverts...

De chaque côté, dans ce Bois de Saint-Rémy, le terrain est bouleversé.

Oh, ça ne se voit pas si facilement que ça, car la végétation a fait sont travail. Mais on distingue bien les boyaux comme ici, au centre.

Des abris sont visibles sous terre. Je n'ose pas y pénétrer.

Sous cette verrière, les tombes factices des 21 soldats retrouvés là dans une fosse commune avec l'écrivain Alain Fournier. Ils ont tous été ré-inhumés solennellement dans la nécropole nationale de Saint-Remy-la-Calonne, tout près d'ici.

Si l'histoire de la recherche et découverte de la fosse commune vous intéresse, allez voir ici. Cette fosse correspond aux pratiques funéraires des armées pour ensevelir les morts en 1914. Par mesure d'hygiène, pour éviter les épidémies, on creuse une fosse collective et dispose les corps en rangées opposées, parfois sur plusieurs couches. Les identités ne sont pas relevées, les plaques d'identité, les baïonnettes disparaissent parfois (trophées), sacs à dos et livrets militaires forment un bûcher. Il faut nettoyer et assainir le terrain sans perdre de temps après que l'officier de renseignements a récolté des indications sur l'adversaire.

Le bois autour du lieu où se trouvait leur fosse commune.

Des vestiges apparaissent par-ci par-là. J'imagine que trous et bosses correspondent aux explosions des bombes.

En retournant vers Mygoo et la tranchée de Calonne.

Je me dirige ensuite vers Saint-Rémy-la-Calonne. Juste après avoir quitté la tranchée de Calonne pour rejoindre le village, je m'arrête en découvrant un terrain fort tourmenté dès le bord de la petite route. Je suis ici exactement au même niveau que la fosse d'Alain Fournier et de ses compagnons, la route étant parfaitement parallèlle au sentier qui y conduisait, mais au nord-ouest.

La route en question, un peu plus loin.

Un peu plus loin, en arrivant au sommet de la côte Colas (339 m) dominant le ravin des Feuilles et Saint-Rémy-la-Calonne.
Les terres agricoles que je déteste, dépouillées de toute haie, ouvertes aux quatre vents, inhumaines.

Saint Rémy-la-Calonne est bien là, blotti dans un creux entre les côtes. En face, la côte Amarante.

Vers la nécropole de Saint-Rémy-de-Calonne. Je viens de lire les propos publiés par Jacques Rivière (ami et beau-frère d'Alain Fournier) parti en 1919 sur les terres où son beau-frère avait disparu, et donc sur les terres mêmes où je me trouve aujourd'hui avec vous. Ce récit est poignat, et je vous le livre ici, en vous donnant le lien du site sur lequel je l'ai trouvé. Les voici :

« Fournier tomba, frappé au front, m'a affirmé un homme qui était près de lui. Longtemps le mystère régna sur cet engagement et les histoires tantôt les plus encourageantes, tantôt les plus horribles circulèrent dans la troupe sur le sort des disparus. On crut que Fournier avait été seulement blessé et recueilli par l'ennemi. La fin de la guerre a cruellement détruit ce dernier espoir.
J'ai refait à pied, en 1919, la dure dernière étape sur cette terre de mon ami. Pays affreux, sur lequel pesait, en ce moment, -je ne sais s'il s'est ranimé depuis- une solitude vraiment monstrueuse. De Ranzières, sans rencontrer une âme, j'ai gagné Vaux-les-Palameix, rasé, enlevé par la guerre, comme on cueille un chardon avec un couteau, du vallon où il était tapi; je me suis assis longtemps sur une pierre plate, près du ruisseau, seul murmure en ce désert. J'ai monté la longue côte qui longe le Bois Bouchot, entre les arbres décharnés, épointés, noircis. Mais plus loin, toute la végétation avait repris et couvrait déjà les petits cimetières allemands, pleins de grenades, où s'effaçaient des noms: "Ein französischer Krieger", ou même: "Ein französischer Held", découvrais-je çà et là, mais pas une date qui fût antérieure à décembre 1914. Plus loin une ville de tôle ondulée, -les cadres de bois, à l'intérieur, qui servaient de lits, tous pourris et moussus déjà. Dans le talus même de la route, I'entrée de profonds abris, mais effondrés. Et tout seul, dans un taillis, par quel miracle échoué là ? Tout à coup un vieux coupé de louage, épave dérisoire.
Plus loin encore, à la lisière des bois, au bord de la pente qui descend vers St-Remy, dans les parages où Fournier a dû tomber, sur les anciennes positions allemandes, les Américains, en 18, avaient campé. Conserves et brochures, du linge abandonné : une voie de soixante sinuait entre les buissons sournoisement ; près d'un gros tas d'obus, un crâne de cheval tout blanchi; des croix par-ci par-là au pied des arbres, d'autres sur le versant découvert de la colline, comme de petites barques en peine, traînant un lourd filet, mais qui peu à peu, dans la terre, s'allège. Une paix cependant, désolante, infinie... Le vent berçait les arbres ; une odeur de fraises me venait. Devant des baraques en bois, alignées droit comme dans un ranch, des chaises restaient debout en plein air (...) ». Jacques Rivière  

Là-bas, à l'horizon, les bois mystérieux, témoins de tant de drames.

Si Alain Fournier était connu, n'oublions pas tous les autres !

La couronne de fleurs est pour la tombe de l'écrivain...

La nouvelle église de Saint-Rémy-de-Calonne.

La construction de l'église ne sera entreprise qu'en 1925, I'église reconstruite sera beaucoup plus petite que l'ancienne. Au cours des travaux de terrassement effectués pour les nouvelles fondations, deux sarcophages furent mis à jour ; ils contenaient deux squelettes. L'examen de cette découverte aurait certainement été intéressant à faire, mais personne ne le signala et les ossements furent ramassés et ré-enterrés dans le cimetière, quant aux deux sarcophages, ils furent cassés et mis à la décharge.

Les registres sont ici.

Tout ce qu'écrivent ces gens est vrai.

En même temps, d'autres sentiments m'habitent. Ils ont défendu leur patrie, oui. Mais ont-ils eu le choix ?

Lorsque je lis le livret militaire d'un de mes grand-pères, je suis beaucoup plus circonspect... Et leur livret contenait plus de pages portant sur ces règlements que sur eux-mêmes. Soit tu acceptes de te faire tuer par ceux d'en face, soit tu acceptes de te faire tuer par les tiens...

Liberté ?

Ou seulement "chair à canons" ?

D154, deux kilomètres plus loin... Les Eparges, autre lieu de mort tristement célèbre.

A droite, vers la butte des Eparges, enjeu d'une longue, très longue bataille.

Au pied de la crête, la nécropole nationale des Eparges. La colline à l'est du village des Éparges a fait l'objet d'importantes batailles en 1914 et 1915. Ces faits sont relatés entre autres par Maurice Genevoix dans un de ses livres intitulé Les Éparges. La colline porte encore les traces de ces combats, on peut y voir les entonnoirs résultant d'explosions de mines pour le contrôle du « point X » qui domine la plaine, stratégique pour le contrôle de l'artillerie. Ces positions sont le théâtre d'une des luttes les plus meurtrières de la Première Guerre mondiale. Les Allemands s'acharnent pour la possession de la crête, et les attaques et les contre-attaques, les combats corps à corps et à la grenade, sous un bombardement d'obus de tous calibres et sous l'écrasement des torpilles se renouvellent pendant une période de 5 mois dans les conditions les plus pénibles.

Au fond, dans la plaine, les tracteurs plus pacifiques ont pris possession du terrain. La butte reste aux mains de ceux qui l'ont prise.

Au centre, sur le béton, il y a une inscription. Comme les lettres gravées sont de la même couleur que le reste, on ne peut pas lire. Bravo à ceux qui ont pris cette décision déplorable. Ce sont des choses qui, franchement, sont difficiles à encaisser ! Un coup de pinceau noir dans le creux des lettres, et c'est bon. J'accepte même de venir le faire à mes frais, matériel compris ! Ceux qui ont donné leur vie ici méritent au moins ça.

Bref, ce qui est écrit : "1914 - 1918. Ici reposent 852 soldats français inconnus morts pour la France".

Remarquez, s'il n'y avait que l'affaire de la peinture. Quand je vois ces croix minables de mauvais béton.

Je n'ose pas parler de celles-ci. Dans la famille "mauvais goût", ET "pingre", la France. Oui, je sais, c'est aussi mon pays. C'était aussi le leur. On ne leur a pas donné le choix pour mourir, et on ne leur donne même pas une belle tombe. Je sais, ça ne les fera pas revenir. Mais très franchement, quand on a commencé par visiter le cimetière "ricain", ça laisse des traces !

Même l'alignement est mauvais.

Les plaques sont difficilement lisibles.

Il pourrait aussi y avoir aussi leurs dates et lieux de naissance.

Bref, pour tout vous dire, je n'apprécie pas trop la façon dont sont tenus ces cimetières. Je sais, ça coûte des sous. Mais eux, ils ont payé de leur vie. Alors, entre la vie et quelques euros, vous prenez quoi, vous ? Par exemple, si chaque membre participant et vivant -bien, voire très bien- de la vie publique, actuellement, en France, pouvait payer un peu en acceptant des émoluments inférieurs, l'arrêt des cumuls, etc, etc..., on pourrait dire que l'Etat français (puisque ce sont eux, hein, quand même, qui prennent les décisions et votent les déclarations de guerre) rend hommage aux gens qu'il a envoyés au casse-pipe ! Non ? Mais souvenez-vous, ils ont récemment refusé de se voter une diminution de 10%...

N'essayez surtout pas de chercher à quel parti politique j'appartiens, car il n'existe pas encore. Je vote pour le "bon sens".
Et ça n'a rien à voir avec le Crédit Agricole, hein !

Michel et sa Transalp.

Ah, Michel, encore une belle rencontre de ce voyage ! Lorsque je suis arrivé à la nécropole, je l'ai vue tout de suite. Qui ? La moto, bien sûr. La Transalp. J'ai beau rouler avec une boîte à roues, je n'ai pas oublié. En plus, il y a peu de motards qui viennent dans ce genre d'endroit. Et la Transalp, je connais : elle est presque ma moto préférée. Or, lorsque je suis arrivé, il n'y avait qu'un seul visiteur. Et c'était un motard. Je ne pouvais donc pas ne pas avoir noté ce point.

Je suis donc entré, j'ai vu le motard de l'autre côté, j'ai fait mes photos et, à un moment, nous nous sommes rapprochés. Et comme nous sommes des gens civilisés, nous nous sommes poliment salués. A ce moment-là, Michel m'a dit : "Je vous connais ?", en me regardant gentiment. Ce à quoi j'ai répondu un truc du genre "Je ne pense pas, ou ça m'étonnerait". Alors, sans se démonter, il m'a dit : "Jef, de allersretours.com ?". J'ai eu un moment d'absence, le temps de réaliser et de me reconnecter. Incroyable, non ? Eh bien, c'est ma foi vrai. Michel, c'est celui qui m'avait renseigné par mail sur les coins à visiter. Mais de là à nous rencontrer ici, il y a une marge, d'autant plus qu'il n'habite pas à côté ! Il m'a reconnu car j'ai publié quelques photos de ma tronche sur le site. Il allait rentrer chez lui, mais du coup, il tient à m'accompagner sur la crête des Eparges. Avec le plus grand plaisir.

La Transalp m'ouvre donc la route. Un honneur pour Mygoo, qui a de suite compris le privilège avec lequel elle était traiée.

Les entonnoirs géants que je découvre en montant sur le champ de bataille m'obligent à stopper. Michel revient vers moi. C'est... hallucinant !

Je passe mon appareil photo à Michel et je descends au fond d'un de ces trous. Franchement, c'était dangereux. La pente est énorme, et il a bien fallu que j'y mette les mains pour me sécuriser au mieux. Il n'y a absolument aucun trucage sur cette photo. je ne suis pas bien grand, mais quand même...

Bon, ce ne sont pas des trous d'obus, comme Michel me l'explique, mais des trous de mines (je cite) :

"En ces premiers mois de 1915, la guerre de mines était caractérise par l'exécution de sapes (longs couloirs boisés), permettant de s'avancer à couvert vers l'adversaire. Tous les 30 ou 40 mètres les têtes de sapes étaient reliées par des parallèles. Lorsque les sapes paraissaient suffisamment près de l'ennemi, les sapeurs amorçaient une entrée en galerie de mine pour conduire à un fourneau d'explosifs dont l'importance de la charge variait avec la distance qui séparait le fourneau du terrain naturel. Ces fourneaux étaient placés, en général, sous un saillant ou sous des points particulièrement tenus et fortifiés de la ligne ennemie (emplacements de mitrailleuses, de minen-werfer, ouvrages importants, etc..). L'explosion des fourneaux produisait d'énormes entonnoirs, détruisait les organes de défense ou de flanquement de l'ennemi et ouvrait, surtout, dans les réseaux de fil de fer, de vastes brèches qui permettaient à l'assaillant de pénétrer dans les tranchées de l'adversaire. Mais souvent l'ennemi, aux aguets, éventait ces travaux souterrains ; il faisait alors des contre-mines, c'est-à-dire creusait des galeries au dessous de celles de l'adversaire, y installait des fourneaux et s'efforçait de le faire sauter... avant de sauter lui même."

Je suis "vert", comme disent les d'jeunes.

Plus haut, près du sommet, ce sont plus vraisemblablement des trous d'obus.

La crête des Éparges domine, d'une part, vers l'est, toute la plaine de la Woëvre et, d'autre part, vers l'ouest, toutes nos organisations défensives ; d'où, pour les deux adversaires, Allemands et Français, un intérêt de premier ordre à s'en assurer la possession.

Là, c'est bien : il y a de la peinture dans les lettres, on peut lire !

Etat du terrain....

Toujours avec Michel qui, cette fois, me suit, sur la D21 entre Les Eparges et Rupt-en-Woëvre.

Village que nous visitons, à la recherche d'un bar que nous ne trouvons pas. Regardez la particularité de cette région : les ouvertures du premier étage sont à raz du toit. C'est Michel qui me fait voir cette architecture particulière de la région.

Contre la mairie de Rupt-en-Woëvre. Nous filons ensuite jusqu'à Dieue-sur-Meuse pour trouver un bistrot. Merci à toi, Michel, pour cette bonne bière et cette rencontre fort sympathique. J'espère revenir, car j'aurai un jour un pèlerinage à effectuer sur ces terres maudites (je ne parle que des guerres).

La Meuse.

Elle me surprend par sa faible largeur.

Nécropole nationale de Dieue-sur-Meuse.

Heureusement que vous le dites.... Hummm.... Ils sont commencés depuis combien de temps ?

Sur la route de Verdun/

Ici, l'alignement est meilleur. mais ce sont toujours les mêmes croix laides et les mêmes pancartes.

Et il est toujours difficile de lire les textes....

Néanmoins, c'est le cimetière français le mieux entretenu de ceux vus aujourd'hui.

C'est la banlieue de Verdun. Je rentre en ville et trouve un spot extra pour bivouaquer, en pleine ville et en même temps dans un coin charmant et tranquille, au bord d'un canal. Je ne peux m'empêcher de penser à cet endroit en m'endormant, cette ville dont le nom, Verdun, aurait pu devenir un nom commun pour exprimer l'horreur de la guerre militaire proprement dite. Et qui est assurément connue de tous les citoyens européens.

Une bien triste renommée.

 

Page précédente: F2011_076
Page suivante: F2011_078


Depuis le 06/06/2005 Visites:919489 Aujourd'hui :164 Maintenant:9 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)