F2011_084

Jour 084 - Mardi 27 septembre 2011 - 101 km - 338 photos (6.655 km - 17.769 photos)
De Cambrai à Amiens (Nord - Somme)

Départ à 9 heures. Le soleil n'est pas loin, mais le brouillard le garde prisonnier.

Le port de Cantimpré à Cambrai à 8h30. C'est beau !

Je quitte Cambrai direction Bapaume, D930. La circulation est importante. C'est une ligne droite de 15 km !

Juste entre ces deux villes, mon attention est attirée par un beau bâtiment en bordure de route, à hauteur du hameau de Louverval au nord, et du village de Doignies au sud. C'est un cimetière militaire britannique. J'ai le temps, je vais "faire un tour".

Géré, comme tous les autres cimetières britanniques du secteur, par la "Commonwealth War Graves Commission", il s'appelle "Louverval Military Cemetery, Doignies" dans leur base de données, ici. Voici le plan du cimetière. Il contient 124 tombes situées en contrebas du mémorial.

Sur une terrasse se trouve le Mémorial de Cambrai, ci-dessus.
Il commémore plus de 7.048 soldats tués dans la bataille de Cambrai en novembre et décembre 1917 et dont les tombes sont inconnues.

Sur le mur sont gravés les noms des unités et des soldats disparus.
Malheureusement, l'humidité attaque la pierre tendre et la lisibilité n'est pas toujours au rendez-vous !

Des visiteurs ont laissé des photos.

Voici ce qu'on peut lire sur ce site : La bataille de Cambrai marquée par une percée le 20 novembre, un arrêt sur positions le 22 et une contre-attaque allemande du 23 au 29 novembre, se solda par un gain de terrain mitigé mais apporta aux alliés de précieux enseignements tactiques et stratégiques. De leur côté, les Allemands avaient découvert que leur ligne de défense était vulnérable. Le Mémorial, situé sur une terrasse à l'extrémité du cimetière militaire, a été conçu par H. Chalton Bradshaw, le sculpteur étant C.S. Jagger dont on peut admirer les deux bas-reliefs illustrant des scènes de combats.

Les registres sont ici dans ce coffre. Par terre, des témoignages de passage typiquement anglo-saxons !

Extrait du livre d'or.

Je casse la croûte ici, sur le petit parking près du mémorial, face aux champs.

Après Bapaume, je prends la D929 (ci-dessus) en direction de la petite ville d'Albert. Une nouvelle ligne droite de 20 km, à forte circulation.

Je fais une nouvelle halte devant un nouveau cimetière militaire britannique, le Warlencourt British Cemetery.

Ce cimetière contient désormais 3.505 tombes de la Première Guerre Mondiale, dont 1.823 sont de soldats inconnus. Plan.

Extrait de ce site sur la mémoire des soldats australiens.

Le long de la route de la Butte de Warlencourt, en direction de Bapaume, se trouve le cimetière anglais de Warlencourt. Celui-ci n’est pas très connu en tant que cimetière australien, quoique 461 hommes de l’AIF y reposent. La plupart des dates de décès inscrites sur leurs pierres tombales évoquent les combats au nord-est de Flers des derniers jours de la campagne de la Somme en 1916 et les pertes subies pendant le long et froid hiver de la Somme de 1916-17. D’autres dates évoquent l’avance australienne moins connue de fin février début mars 1917 dans la campagne au nord-est de la Butte de Warlencourt, en croisant la route Albert-Bapaume et en remontant les versants vers le village de Warlencourt et plus loin jusqu’au bois de Loupart. Les tranchées allemandes situées juste devant le bois furent vaillamment défendues par l’arrière-garde allemande pendant la période du 27 février au 4 mars 1917, et de nombreuses vies australiennes furent perdues dans des attaques visant ces positions. Au cimetière anglais de Warlencourt, les dates des différentes pierres tombales fournissent une chronologie de ces assauts.

Extrait de ce site.

Entre Bapaume et Albert, l’histoire de la Butte de Warlencourt reste attachée aux violents combats de l’automne 1916. Haute d’à peine 10 mètres, cet ancien tumulus gallo-romain offre une vue dégagée sur des kilomètres. L’armée allemande y installe un poste d’observation qui vaudra à la butte d’être progressivement transformée en véritable forteresse. Pendant les dernières semaines de la bataille de la Somme, en octobre et novembre 1916, l’armée britannique l’attaque à plusieurs reprises sans parvenir à la prendre.

Le cimetière militaire britannique dénommé Warlencourt British Cemetery est situé à Warlencourt-Eaucourt (route de Bapaume à Albert, lieux-dits les Culs Notés, les Dix-huit et Courcoupe Gueule, superficie : 1 hectare 5 ares 12 centiares). À Warlencourt, la butte de Warlencourt et l'abbaye d'Eaucourt furent les théâtres de rudes combats en 1916. Eaucourt fut enlevé par la 47e division (London) en octobre. Ce cimetière fut créé en 1919 par le regroupement de petits cimetières alentours.

Deux soldats français inconnus côptoient un soldat britannique lui aussi inconnu !

Les arbres sont splendides avec leurs belles couleurs automnales.

Les registres sont ici.

Extrait.

Je fais un petit crochet vers Martinpuich, situé à quelques centaines de mètres de la départementale.
Dans le cimetière du village se trouvent des tombes de soldats britanniques.

Curieux qu'elles ne soient pas dans le cimetière militaire situé juste un peu plus loin.

Je retourne sur la D929. Des tas de betteraves ont été déversés en bordure de la route, au lieu-dit Le Ballon.

La campagne de betteraves de 2011 devrait dépasser 90 tonnes de betteraves par hectare et atteindre près de 5 millions de tonnes de sucre, soit un niveau comparable à l’excellente campagne 2009 et même peut-être plus encore. Ces rendements remarquables sont certes dus à une climatologie qui, in fine a été très favorable à la betterave, malgré ses caprices et imprévus, mais également à l’extraordinaire potentiel de cette plante. Sa productivité ne cesse de s’accroître d’année en année, grâce à une amélioration de la qualité des semences mais également à une optimisation des techniques culturales qui sont toujours plus performantes et respectueuses de l’environnement.

Tout près se trouve un monument canadien.

Il n'y a aucune tombe. Mais un registre est à la disposition des visiteurs.

Toujours sur cette même D929, peu avant d'arriver à Pozières. Côté gauche, un petit mémorial dédié à la mémoire des soldats des bataillons de chars qui tombèrent au combat dans les années 1919, 1917 et 1918. C'est en effet près de ce monument que les premiers chars furent utilisés, le 15/09/1916.

De l'autre côté de la route se trouve le site du Moulin à Vent.

Le texte ci-dessous a été recopié ici :
Ce site, conservé en état, est le dernier fait d'armes correspondant à la prise de Pozières. Gravés sur une stèle, on peut y lire ces quelques mots : "Les ruines du moulin à vent (windmill) de Pozières qui sont étendues ici étaient le centre des combats dans cette partie du champ de bataille de la Somme en juillet et août 1916. Elles ont été capturées le 4 août par les troupes australiennes qui sont tombées sur cette crête en plus grand nombre que sur n'importe quel autre champ de bataille de la guerre".

Une touriste hollandaise avec laquelle je discute un bon moment.

Ici, sur ce tertre, se trouvait un blockhaus allemand appelé "le moulin à vent".

Les Australiens appelaient ce point haut "Hill 160" ou "The Windmill". Les Allemands, en connaissant l'importance tactique, lui avait donné le nom de code Die Windmühle d'après un moulin à vent du XVIIe siècle qui se trouvait là avant la bataille.

Dans la nuit du 4 au 5 août 1916, les Australiens atteignirent et conservèrent la Crête de Pozières, ici. En dix jours de combat pour la prise de la Crête de Pozières, la 2ème Division essuya au total des pertes de 6.846 morts, blessés ou disparus. "Tout est enterré, puis remué, puis enfoui de nouveau... les pauvres diables de blessés que vous rencontrez rient de joie sur les brancards. On ne peut leur en vouloir : ils quittent ce bourbier". Lieutenant John Raws, tué au combat à Pozières le 23 août 1916.

Dont il ne reste pratiquement plus rien.

Troupe australiennes

Etat du terrain au cours des combats....

Je me dirige ensuite sur Pozières même.

Entrée du village.

Pozières, mémorial de la Première Division australienne.

Le nom de Pozières possède une telle renommée dans la mémoire australienne qu'il a été donné, après la guerre, à un petit village du Queensland (Australie).

La bataille de Pozières.

Etat du village, avant, puis au coeur des combats !

Le lieu est très visité, beaucoup d'étrangers anglo-saxons. Je quitte la grande route, désireux de retrouver le calme des chemins de traverse. En étudiant la carte, je constate que je peux rejoindre Amiens en longeant la Somme. C'est parti...

Premier village traversé : Contalmaison.

A gauche se trouve un petit mémorial cylindrique en briques, autour duquel sont scellées des plaques en acier.
Au pied de l'église, on aperçoit un banc rouge.

A la mémoire des hommes du 16è Royal Scots qui prirent part à l'attaque sur Contalmaison le 01/07/1916.

Et aussi pour le 15è Ecossais.

Exclusivement britannique.

Mygoo m'attend patiemment.

Le "Willie Bauld Club" d'Edimburgh, en mémoire du Bataillon écossais McCrae.

Un petit cimetière britannique entre Contalmaison et Fricourt.

Puis je vois un nouveau cimetière militaire allemand, à la sortie de Fricourt.

Origine des tombes rassemblées dans ce cimetière.

Extrait de ce site. Environ un millier des hommes inhumés ici a été tué entre la fin août 1914 et juin 1916 ; dix mille le furent entre la fin juin et la mi-novembre 1916, au cours de la bataille de la Somme ; et un peu plus de six mille périrent au cours des offensives de 1918, entre mars et octobre. Le Baron von Richtofen, abattu le 21 avril 1918, après avoir reposé un temps dans un cimetière de Bertangles, y a été inhumé avant que ses restes ne soient transférés à Berlin en 1925. Aujourd'hui, ce cimetière contient 17.027 corps (croix en métal) : 5.057 dans des tombes individuelles (dont 144 n'ont pu être identifiés) et 11.970 dans quatre ossuaires (dont 5.331 ont pu être identifiés).

Nécropole allemande de Fricourt.

Je vous laisse déambuler avec moi dans ce cimetière d'où se dégage une belle atmosphère de paix.

Dans quatre tombes communes reposent 11.970 soldats allemands, dont 6.477 demeurèrent inconnus.

Avec Karl Randel, un soldat allemand inconnu.

Et le livre d'or. La grande majorité des visiteurs l'ayant signé est de nationalité anglaise.

Je poursuis mon chemin sur la D147. En pleine nature, peu avant d'arriver à Bray-sur-Somme, se trouve un tout petit cimetière britannique.

C'est le Bray Hill British Cemetery. Plan.

Il contient 105 tombes de la Première Guerre Mondiale, parli lesquelles 32 ne sont pas identifiées.

Un extrait du livre d'or.

Je ne suis pas le seul visiteur de ce lieu !

Finalement, je suis bien ici au soleil, et je m'installe pour manger, car je commence à avoir "la dalle". Il est près de 14 heures, c'est normal.

Je me dirige ensuite vers la Somme. Ici, Etinehem.

La rivière s'étire tellement paresseusement qu'il a fallu la canaliser, au milieu de quantité de petits lacs appelés "marais".

Que l'on peut voir depuis un belvédère situé sur une butte appelée "Camp de César", près de Chipilly, en face de Méricourt-sur-Somme.

Camp de César (voir ici) : Au retour d'une expédition outre-Manche, aujourd'hui Grande Bretagne, Jules César installa lui-même son camp romain au nord de Chipilly, en l'an 54 avant Jésus-Christ. Passant à Amiens il avait reçu une lettre de Cicéron l'informant que sa légion était en danger. Il arriva à Chipilly. Le Camp Romain de Méricourt est plus grand que celui de Chipilly qui lui fait face et n'a que 8 ha. Il a été évalué à 27 ha 45 a 94 ca. Les légions (corps de troupe) avaient deux de leurs camps aux Cateaux de Méricourt et aux Cateaux de Chipilly, à moins de 3 km de Bray. Une légion se composait de 6000 hommes, répartis en cohortes, manipules, et centuries.

Tas de betteraves à l'entrée de Chipilly.

Eglise de Chipilly.

Soldat britannique et son cheval blessé, à Chipilly. Le monument est érigé en l'honneur de la 58ème Dicision, dite "London Division", et sculpté par Henri-Désiré Gauquié (1858-1927). 375.000 chevaux auraient bété tués pendant la Grande Guerre.

Traversée de la Somme entre Chipilly et Cerisy.

J'ai vu assez de cimetières, maintenant.

Ma décision est prise : terminé, place à la nature !

Nouvelle traversée de la Somme un peu plus loin, face à Sailly-Laurette.

Elles sont toujours là, au-dessus des ponts, entre les rambardes.... Attention où vous mettez les mains !

A la vue de ce bistrot, j'ai subitement l'impression de me trouver en Grande-Bretagne ou même en Irlande !

A la sortie de Sailly-Laurette.

Paysage entre Sailly-Laurette et Sailly-le-Sec.

Sailly-le-Sec.

La campagne est très belle en approchant d'Amiens.

L'hôtel de ville de Corbie.

L'église moderne de Fouilloy.

Puis c'est l'arrivée à Amiens, et l'accueil enthousiaste de mes amis "scootards" Alain et Mychèle, rencontrés lors de randonnées motardes.

La soirée fut délicieuse, la bière et les grillades inoubliables, le plaisir nde revoir les amis toujours aussi chaleureux. Merci à vous deux !

Et ce soir, pour la première fois depuis bien longtemps, je n'ai pas couché avec Mygoo.....

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