F2011_086

Jour 086 - Jeudi 29 septembre 2011 - 81 km - 226 photos (6.826 km - 18.157 photos)
Du Crotoy à Criel-sur-mer (Somme - Seine-Maritime)

C'est beau de se lever et de voir cette immensité : une plage à perte de vue, vide de toute activité humaine.

Ah non, j'aperçois deux petites silhouettes là-bas, au bord du bras en provenance du port, qui rejoint la Somme un peu plus loin.
Là-bas, à l'horizon, c'est Saint-Valéry-sur-Somme et le Cap Hornu. J'y vais...

Et voilà, tout près du Cap Hornu je suis, maintenant. La Somme au courant virulent longe le quai de Saint-Valéry-sur... Somme, évidemment.

Au Cap Hornu, je m'installe pour le rituel quotidien du petit-déjeuner. Il y a là les pécheurs qui arrivent, les sportifs qui montent dans des kayaks, les premiers promeneurs. C'est une bien belle ambiance, que celle du réveil de la vie, au petit matin.

Le Hourdel, c'est cette avancée ultime de la côte, exac tement à l'embouchure de la Somme. Ici, un spectacle que je connais bien, un chenal à marée basse, avec ses mélanges de vase et de sable. J'ai l'impression de me retrouver à la maison, sur ma côte vendéenne. Encore un monde très particulier, avec ses habitants et ses règles.

Ce chenal conduit vers le canal de Cayeux. Un port miniature, à marée basse.

A l'est, au-delà de la vaste baie de la Somme, on distingue vaguement la côte du Crotoy, sur laquelle j'ai passé la nuit dernière.

La Pointe du Hourdel. Mais que font donc tous ces gens ? Qu'y a-t-il donc à voir ici ?

Je vous laisse une fois de plus découvrir le spectacle avec moi. Vous noterez que le temps est tout bonnement parfait.

Au loin, un blockhaus comme on en voit sur toutes nos côtes, vestiges du fameux "Mur de l'Atlantique" voulu par Hitler et dirigé par Rommel. Nous en avons aussi chez nous en Vendée. Il est intéressant de voir, à ce sujet, le recul effectif de nos côtes. En effet, ces blockhaus ont été construits au sommet des dunes et se retrouvent tous, moins de 70 ans plus tard, pratiquement dans l'eau. Ils servent de témoins visuels très efficaces sur ce point !

Une drôle de machine, parfaite du point de vue écologique !

Ah, ces retraités, qui savent mêler confort et efficacité. Ils ont bien raison.

Je n'ai pas de jumelles, et je ne verrai donc rien du tout. Mais en fait, pour les voir, il faut venir à... marée haute !

Encore un argument pour revenir, si tant est que j'en aie le moindre besoin !

La D102, censée longer la mer, est interdite à la circulation et réservée aux piétons... Demi-tour par La Molière pour atteindre Cayeux-sur-mer.

Juste avant Brighton (ça sonne un peu "british" comme nom, non?) et Cayeux, je retrouve le bord de mer. Cependant, la vue est complètement occultée par de hautes dunes bordant la D102, et je décide d'aller au sommet pour avoir une vue d'ensemble.

La côte du Crotoy se distingue encore au nord-est.

Cayeux-sur-mer est visible de l'autre côté, vers le sud-ouest.

Fin de saison sur le front de mer de Cayeux.

Je retrouve avec plaisir ces immenses plages de galets que nous n'avons pas en Vendée, et qui font le charme de cette côte, entre autres.

Je choisis de toutes petites routes pour m'enfoncer dans les marais au sud de Cayeux, ici dans les Mollières d'Aval.

Là, c'est moins joli, dès que l'agriculture intensive reprend ses droits, avec les traces d'engrais et autres produits chimiques...

Je retrouve une route plus importante, la D940, à Brutelles. Ici, la très belle ferme de Brutelette, toute en briques.

Le marais de Woignarue, juste après Hautebut.

Et, soudain, très brutalement, les permières falaises, à Ault. La route semble être en sursis, non ? Au loin, le plat pays vers Cayeux d'où je viens.

La commune de Ault a payé un lourd tribut aux attaques de la mer, qui ont produit un important recul de ses terres et une fragilisation considérable de ses digues, et ce n'est pas fini. Le problème est toujours d'actualité car, même s'il y a plusieurs années de cela des travaux ont été entrepris, (dotant notamment la commune du premier « balcon sur la mer » réalisé en béton afin de permettre quand même la circulation des riverains), le recul par l'érosion de la falaise est toujours là. Il y a peu, un parking en épi entre Ault et Onival a dû être fermé et entouré de barrières pour éviter tout risque d'éboulement. Des signes d'usure de la digue sous le casino d'Ault sont régulièrement constatés. Les Aultois se sentent quelque peu impuissants face à ce phénomène naturel difficilement maîtrisable.

Hautes de 38 mètres, les parois de craie de la Somme reculent en moyenne de 30 cm par an. Elles ont perdu 70 mètres pour le seul XXe siècle. Le gel, le vent, les vagues, la valse des galets et les tempêtes, qui avaient détruit le village d'Ault en 1570 et contraint ses habitants à le rebâtir en haut de la falaise, continuent leur harcèlement.

Et vue vers le sud-ouest, où je me dirige.

Tout simplement grandiose.

Juste avant d'atteindre Mers-les-Bains, j'aperçois un chemin se dirigeant vers la côte. C'est là que je vais manger, car il est déjà 13h30 !

La statue de Notre-Dame sur la falaise (+- 1890). Orientée vers la mer afin d'en protéger les pêcheurs et marins, déposée durant l'Occupation par les soldats Allemands car elle générait un repère trop visible du large pour les alliés, la statue fut de nouveau érigée en 1955, en haut d'un ouvrage circulaire placé sur le toit d'un blockhaus enterré. Le piédestal comprend trois haut-reliefs représentant chacun des saints protecteurs des trois villes sœurs : saint Martin pour Mers, saint Laurent pour Eu, saint Jacques pour le Tréport.

A nouveau le fameux thème du soldat romain protecteur, St Martin, donnant la moitié de son manteau à un pauvre.

Vue sur Mers-les-Bains.

Et ses falaises; je n'ose pas m'aventurer au bord, et je vous garantis que c'est très impressionnant.

Dommage que la brume de chaleur ne gâche la netteté et les couleurs, mais ça vous donne une idée du panorama vers le sud-ouest.

Et vers le nord-est, c'est Ault et le début des falaises, puis, au loin, la côte plate vers Cayeux, la pointe du Hourdel et la Baie de Somme.

Toujours depuis le même endroit, le port du Tréport (face à Mers) et les falaises du Tréport.

Je contourne largement l'ensemble citadin formé par Mers-les-Baisn, Eu et le Tréport sans marquer d'arrêt.

Criel-sur-Mer.

Je trouve des campings le long de la petite route retournant vers la mer et Criel-Plage. Sous mes yeux, un véritable tableau vivant : c'est magnifique.

C'est donc ici que je jette mon dévolu. Il est tout juste 15 heures, ce qui laisse largement le temps de faire une grosse lessive et de profiter de ce généreux soleil pour sécher tout ça. Douche, chaise-longue, lecture seront mes grosses occupations de cette belle après-midi d'automne.

 

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