F2011_087

Jour 087 - Vendredi 30 septembre 2011 - 80 km - 268 photos (6.906 km - 18.425 photos)
De Criel-sur-mer à Saint-Valéry-en-Caux (Seine-Maritime)

Il est 9h30 lorsque je quitte le terrain de camping. Le ciel est toujours uniformément bleu, c'est magique. Pourtant, c'est le dernier jour de septembre.

Quelques km sur la D925 -je poursuis ma route le long de la Manche- et je reprends à droite la première route retournant vers la côte.
Tiens, un camp militaire ?

Oh là, non, c'est bien pire que ça ! C'est la centrale nucléaire de Penly. Vous remarquerez, si vous êtes attentifs, que la dénomination inscrite sur la carte IGN est "centrale électrique de Penly". L'adjectif "nucléaire" n'est pas utilisé. Voyez-vous, ce sont ces petits indices qui montrent à quel point ils sont cyniques ! Ils disent qu'il n'y a aucun danger, mais ils ont peur de l'appeler par leur nom... Ne trouvez-vous pas ça pour le moins... curieux ?

Le bon sens devrait l'emporter. Personne sur Terre ne voudrait vivre dans une zone nucléairement contaminée. Or, ce risque existe. Pourquoi continuer à travailler avec un matériau que l'on ne maîtrise pas ? Comme d'un fait exprès, au moment exact où je vous écrivais ces lignes, il y avait une émission sur Arte consacrée précisément à ce sujet. Je viens de la regarder. Le traitement des déchets radioactifs n'est absolument pas solutionné. C'est absolument consternant ! Le discours des pro-nucléaires ne peut pas se poursuivre ainsi. Le peuple ne désire pas prendre ces risques.

Alors, que des gens désirent que nous continuions à produire ainsi notre électricité, c'est quelque chose que je ne peux tout simplement pas comprendre. Quel est l'intérêt d'avoir de l'électricité ou de l'énergie lorsque l'on se trouve dans une région contaminée? Sérieusement, je vous mets au défi de me trouver des français ayant envie de s'installer dans la région de Fukishima. Aussi, quand je vois cette centrale sous mes yeux, là, je me dis que si un accident arrive, ce ne sera pas au Japon, mais juste à côté de chez nous. Les habitants seront bien obligés de partir, et ils partiront. Je vous conseille vivement de lire l'interview du maire de Futuba, une des huit municipalités évacuées ayant subi de plein fouet l'accident de Fukushima.

Je cite un extrait, parce que je pense qu'il correspond au coeur du problème et à notre nature d'êtres humains. Je ne jette pas la pierre. Les français qui habitent ici ont été "achetés" de la même manière, et ça se passe toujours comme ça.

« Ils sont venus nous acheter nos terrains à prix d’or. Ils insistaient, ils augmentaient les sommes. C’était suspect », me dit le maire en parlant de l’opérateur Tepco. « Nous étions pauvres, avant la centrale, il n’y avait pas une seule voiture à Futaba. Ils nous ont inondés d’argent. » Le maire sait que j’irai dans la zone interdite quelques jours plus tard : « Regardez l’hôtel de ville quand vous y serez. Il est tellement grand qu’on se demande comment c’est possible, pour moins de 7 000 habitants ! Ils nous donnaient tout l’argent qu’on voulait. On vivait dans un rêve. »

 « On savait bien que c’était dangereux, mais on s’est laissé acheter. »  Et, le regard triste : « Nous avons vendu notre futur… »

Et... vous savez quoi ? Parmi les reportages passés ce soir, l'un d'entre eux parlait de Bure, petite localité de 200 habitants. On vient de leur construire une salle des fêtes d'une valeur de 1.000.000 d'euros.... Le site du laboratoire de recherche pour l'enfouissement des déchets radioactifs lourds devait être transparent et accessible aux visiteurs. Le reportage ne nous montre pas la même chose.

Pour être clair, lorsque les puissants empêchent la transparence et sont menaçants lorsque l'on désire en savoir plus sur ce qui se passe, c'est précisément une façon de nous montrer que les affaires traitées sont, précisément, malhonnêtes.

Rien ne peut arriver..." Douze mètres au-dessus du niveau de la mer... une protection sûre contre les éléments naturels". Fukushima nous a démontré le contraire d'une telle affirmation. Et le "11 septembre 2001" nous a montré un autre exemple de vulnérabilité... Misère de misère. Il faut arrêter les frais et mettre notre argent ailleurs de toute urgence ! On va une fois de plus être en dehors du bon wagon, il devient urgent de se désinvestir massivement du nucléaire et de se lancer à fond dans la recherche sur les énergies renouvelables. Le bon sens près de chez nous, disent certains... Faute de quoi nous serons encore les derniers, ça suffit comme ça.

Mais pourquoi acceptons-nous de jouer avec un monstre que nous ne savons pas contrôler ? N'est-ce pas pour le moins... étonnant ?

On nous rétorque que les centrales à charbon polluent... C'est vrai. C'est indéniable. Mais c'est, en matière de dangerosité pour les êtres vivants, absolument sans comparaison avec le nucléaire ! Qui accepterait de vivre dans un environnement nucléairement pollué ?

Il faut s'informer sur les suites de Fukushima, pour savoir ce qui pourrait nous arriver.

Enfin, ce qui me fait plier de rire, -je ris "jaune"- c'est lorsque j'apprends que, une fois de plus, nous avons été obligés d'acheter en masse de l'électricité à l'Allemagne lors de la petite vague de froid que nous avons subie cet hiver.... Un des hivers les plus doux de ces dernières décennies. On se marche sur la tête, ou quoi ?

Quand je vois ces belles motos, je sais que j'ai toujours un peu le virus dans la peau....

Depuis les hauteurs dominant le site, vue vers l'ouest-sud-ouest : Dieppe est la grande ville la plus proche de la centrale nucléaire du Penly, qui sera peut-être le site qui accueillera le deuxième réacteur nucléaire de type EPR. Les pauvres. Ici, les réacteurs sont refroidis par l'eau de la Manche.

Allez, je quitte avec plaisir ce lieu dangereux que je n'ai absolument pas aimé. Des flics partout, les barbelés, on a l'impression d'être en guerre.

C'est opressant, je déteste, mais je voulais voir et témoigner. Pourvu qu'il ne se passe jamais rien, c'est ce que je souhaite de tout coeur, mais à force de jouer avec le feu, on finira bien par se brûler nous aussi, malheureusement !

Je passe Dieppe sans m'arrêter, et reviens sur la côte juste après la ville : c'est Pourville-sur-mer. Les touristes sont partis depuis longtemps, c'est maintenant le troisième âge qui envahit la plage et... prend même son bain. Ils ont bien raison.

Aujourd'hui est un grand jour : je vais revoir mes amis italiens de Turin, alias d'Islande et de Berlin !

Le site est beau, et j'ai envie de marcher sur la grève.

J'ai toujours été fasciné par la modélisation en "miniature" des grands fleuves du monde.

Modélisation naturelle, sur la plage, visible à chaque marée.

La vie est partout.

Les falaises reculent, la mer avance inexorablement. Les poteaux des fils de fers barbelés installés en bordure tombent...

Je me retourne. La mer creuse terriblement, les falaises reculent énormément.

Pourville au premier plan, Dieppe se situe derrière cette falaise. La centrale se trouve à gauche, à l'horizon.

Pilier naturel.

Il est interdit de s'approcher bu bas des falaises. Mais je vous garantis que c'est très impressionnant, et que je préfère marcher plus bas sur la plage.

De nombreuses pierres sont percées naturellement, et peuvent servir de porte-crayon naturel.

Je continue ma progression, à savoir : poursuite sur la route côtière (plus en retrait), et retour sur la côte par la première route possible. Celle-ci, minuscule, suit la gorge du Petit Ailly. Elle est très étroite, comme vous pouvez le constater.

Certains arbres sont grandioses.

Le Petit Ailly. Vers le nord-est, toute la côte que je viens de longer.

Vers le sud.

Gros plan sur les falaises. Pourville est caché dans l'échancrure.

Je reprends la gorge du Petit Ailly et contourne le Bois de l'Aunay pour me retrouver de l'autre côté de la vallée.
On voit bien Dieppe et sa longue jetée, avec, en arrière-plan, la centrale nucléaire de Penly.

Je décide de rester manger ici, à l'ombre des arbres.

Le phare d'Ailly, sur la commune de Sainte Marguerite-sur-mer.

Le bord de mer est ici privé...

Pancarte me rappelant de biens mauvais souvenirs.

Eglise de Sainte-Marguerite-sur-mer.

Un joli front de mer avec une longue plage de... galets.

La corniche juste après Saint-Aubin-sur-mer.

La plage de Saussemare, avec les échancrures de Saint Aubin et de Quiberville-Sainte Marguerite.

Sotteville-sur-mer.

Ensuite, je passe Veules-les-Roses sans aller sur le front de mer. Ici, sur la D68, peu avant d'arriver à Saint-Valéry-en-Caux.

Le phare de St Valéry-en-Caux.

La falaise d'Aval.

Le chenal d'entrée (ou de sortie, c'est comme vous voulez....).

Les falaises d'Amont.

Magnifique coucher de soleil sur les falaises d'Amont.

On aperçoit Veules-les-Roses au fond.

Ce soir, je bivouaque à Saint-Valéry-en-Caux pour la deuxième fois. je suis venu ici en septembre 2005, en camping-car. J'étais venu assister au Festival de l'image -voyage et aventure. Et figurez-vous que je viens pour.. la même raison !

 

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