France 2011_Jour 016

Jour 016 - Mercredi 13 avril 2011 - 2 km - 222 photos (1313 km et 4036 photos)
De La Trivalle à Tarassac (Hérault) + 13 km à pied, gorges d'Héric.

Deux kilomètres de voiture aujourd'hui !
Pas cher d'essence. pour compenser, soyons fous, petit-déjeûner au bistrot du coin, avec croissants pris à la boulangerie juste à côté. C'est beau la vie !

Vous l'avez compris, ce sera "journée de marche". Le ciel est resplendissant, la balade est notée sur tous les guides touristiques et promet d'être belle. Pour ce qui est de la distance, ça devrait aller. En effet, n'aimant guère devoir repasser aux mêmes endroits, j'ai trouvé des chemins de raccordement pour faire une boucle. Le boulanger m'ayant assuré que c'était bien balisé, je ne suis pas trop inquiet, bien que la carte IGN montre plusieurs bifurcations.

Héric : le nom du hameau situé au nord des gorges, et aussi le nom de la petite rivière.

Le sentier est goudronné. Les résidents peuvent l'emprunter avec leur voiture. Tous les cyclistes avec leur vélo.
Tiens, pourquoi n'ai-je pas sorti le vélo ?

L'Héric coule évidemment au bord du chemin, puisqu'il est le but central de la promenade. Ses eaux sont d'une transparence exceptionnelle.

Des cascadelles sont visibles tout au long de son cours, fort encombré de cailloux souvent gargantuesques !

Un conseil : ne marchez pas avec l'appareil-photo collé à votre oeil, car louper la marche serait sans doute votre dernière erreur !

Des piscines naturelles innombrables. Curieusement, je n'ai aucune envie de m'y tremper, l'eau doit y être glaciale !

Parfois, on peut même voir des plages de sable, la nature est vraiment incroyable.

Petit coup d'oeil arrière. En effet, ne revenant pas par ici, je me retourne souvent pour immortaliser un autre point de vue fort différent.

Le fond donne parfois à l'eau une magnifique couleur opale, comme ici. Les Caraïbes en France, ça existe ! Pas besoin de prendre l'avion.
Et c'est bien plus raffraichissant !

Vue donnant une bonne idée du paysage et de la difficulté rencontrés pendant la première partie de la montée. Très facile, donc.

Je suis toujours admiratif des arbres, et de la façon dont ils s'agrippent sur les terrains particulièrement rocheux. Rien ne les arrête, ils se permettent toutes les positions. S'accrocher ici relève quand même d'un très bon niveau d'escalade, sans doute un bon grimpeur chez eux...

Et toujours, régulièrement, ces splendides joyaux naturels. Je vous garantis qu'"en vrai", c'est beaucoup plus beau !

Et quelque soit le lieu où tu te trouves, si tu lèves la tête, tu vois des avions, ou leurs récentes trainées de poison !
Misère de misère ! J'aimerais qu'il n'y ait plus d'avion sur terre, excepté les petits "coucous" locaux.

L'accès au torrent est souvent facile. Une seule déception : la partie "gorges" des guides. Il ne faut pas exagérer...

Ici, la route s'élève nettement en s'éloignant du cours d'eau. En même temps, elle pénètre dans le bois.

Un nouveau petit coup d'oeil arrière. C'est plus sauvage. J'aime bien aussi. Sauf pour la "grimpette"...

Arrivée à Héric. C'est le choc. 5 ou 6 maisons, en état "moyen". Il y a quelques voitures, mais les gens ne sont pas visibles. Si, un homme faisant taire son chien, attaché et nerveux. Je discute un peu avec lui. Il me dit être le seul habitant d'Héric, il vit ici toute l'année. Je lui demande si ce n'est pas trop dur, mais il me dit que non, qu'il n'est qu'à 500 mètres d'altitude et que ce n'est rien du tout. J'aperçois un potager. Il doit vivre en autarcie, comme il y en a quand même très peu maintenant.

Voici maintenant la "route" de Bardou, le prochain village. Quel changement. C'est la partie la plus intéressante de cette promenade, et de très très loin. C'est tout simplement extraordinaire. Ce sentier m'a fait penser aux chemins des Incas, en Amérique du Sud. Oui, je sais, j'ai un peu d'imagination, car je n'y suis jamaais allé, mais je dis ça en me remémorant certains reportages. C'est un chemin de pierres, parfois taillées. Le roc sert souvent lui même de chemin. Tout simplement envoutant.

Regardez comme c'est beau. Et, très franchement, je m'en veux de ne pas avoir bien "travaillé" mes photos lors de la prise de vue. C'était difficile, compte tenu des forts contrastes de luminosité entre les parties à l'ombre et celles situées en plein soleil.

Un peu partout, des murs de pierre, des murs de soutènement.

On sent bien que ce chemin fut, autrefois, fort bien entretenu, et certainement très utilisé par les habitants de ces petits hameaux.

Bardou est à 550 m, Héric à 511 m. J'avais pensé, "39 mètres de dénivellé, c'est de la rigolade...". Oui. Seulement, je n'avais pas bien regardé la carte IGN et analysé les courbes d'altitude. En fait, après Héric, le sentier plonge jusqu'à la rivière, située à 430 mètres. Ensuite, elle remonte au Col de Bardou, à 641 mètres, avant de "replonger" vers le village.

Ici, une "épingle à cheveux" pendant cette descente vers le ruisseau.

Je suis heureux d'avoir emmené mes bâtons de marche. En effet, c'est une aide importante qui facilite la descente en apportant deux points d'appui supplémentaires -excellent pour éviter une entorse, ou même une chute, sur un tel terrain- pendant les descentes, et une aide musculaire des bras pendant les côtes, soulageant d'autant les muscles des cuisses. Bref, pour moi, c'est devenu pratiquement indispensable. Certains pensent que ça fait "kéké", mais ça ne me gêne pas.

L'homme en situation de travail, photographié par une charmante randonneuse...

Toujours pendant la descente.

Sur cette photo, on se rend bien compte qu'il s'agit d'un chemin "pavé". C'est ça qui me fait penser aux Incas. je suis certain que lorsqu'il était bien entretenu, le pavage était excellent. Désormais, petit à petit, les pierres se disjoignent, certaines "sautent", l'érosion apportée par les randonneurs et les pluies font le reste.

Je viens de traverser l'Héric sur ce petit pont. A partir de maintenant, c'est la montée vers le col de Bardou.

En face, de l'autre côté de la gorge, la "route" d'Héric empruntée tout-à-l'heure, ici à l'endroit où elle entame la montée vers les maisons d'Héric.

Dure, très dure, cette montée.

Je me suis souvent arrêté, et pas seulement pour prendre des photos.

Mais aussi pour reprendre ma respiration ! Par endroitis, le tapis de feuilles est tellement épais qu'il recouvre complètement les pierres du chemin.

Tu t'arrêtes ici, tu reprends ton souffle, et... tu écoutes. Le chant des oiseaux, c'est le seul bruit.

Seul au monde, c'est un peu l'impression que l'on ressent.

Le bois est dense, très dense.

Mais le chemin est très bien tracé, impossible de se tromper, même pour un gars comme moi ! Admirez comme c'est bien fait.

De tels chemins ont certainement des siècles d'existence, je pense.

Arrivée au col de Bardou. Pause sandwich. Et reprise de respiration.... pour le vieux !
Décidément, je ne suis pas juste "rouillé", je crois bien que j'ai perdu des ressorts en route. En piteux état, le gars.

Je sais, désormais, que je ne peux pas encore m'attaquer à l'Everest comme je le pensais...

Je rigooooole.....

Après le col, c'est la descente vers le village.

Je rencontre un couple de randonneurs anglais. Qui arrivent justement de Mons-La Trivalle. Ils ont un petit guide anglais, avec un plan -trop petit- de la boucle que je me suis imaginée. Il est comique de voir que des guides anglais sont mieux renseignés que les guides de nos autochtones ! Ces Anglais, ils sont partout, ils fouinent partout, ils vont au bout des petites routes, des chemins vicinaux, au fond de la nature. Beaucoup plus que les Français, je l'ai souvent, très souvent, remarqué. Ceci explique certainement le succès des Anglo-Saxons. Certains Français se plaignent qu'ils envahissent nos villages les plus reculés. Mais franchement, ils les font revivre, ils les "retapent". Bien sûr, ça fait monter les prix. Mais, honnêtement, qui empêche les Français d'acheter ?

Bref, ils me disent que je ne devrais normalement pas me tromper. Pour eux, c'était facile, dans le sens de la montée, mais ce sera peut-être un peu plus difficile dans la descente pour choisir le bon. Et c'est vrai. Il y a plusieurs chemins qui partent, mais il n'y a aucune indication, pas de pancarte, rien ! Ne voulant pas faire de kilomètres supplémentaires, je préfère descendre au village de Bardou. Des Français m'ont dit que c'était préférable de suivre la route, plus longue, mais sans aucun risque d'erreur. Je vais la jouer "sécurité"...

Le village de Bardou, "beaucoup" plus important que celui d'Héric, et surtout, en bein meilleur état.

Les maisons ont été restaurées, c'est superbe. Une pancarte invite les touristes à ne pas dépasser une certaine limite, espace réservé aux seuls habitants du petit bourg, et de respecter leur intimité ! En effet, les passages entre les maisons sont-ils des ruelles ? Ou tout simplement propriété commune ? En tout cas, je n'ai vu absolument personne. Deux-trois voitures sur le petit parking -privé- attestent de la présence d'hominidés, mais ils se terrent dans leurs tanières.

Seuls, quelques paons se promènent en poussant leurs cris si caractéristique : "Léon..... Lééééoooooonnnnn"..

Et font la roue pour attirer les femelles, beaucoup moins belles, et qui passent à côté sans même les regarder ! Pauvres mâles...

La route qui redescend vers la vallée est fort jolie.

Ce n'est pas ce que j'avais prévu, mais c'est fort plaisant.

Sur la doite, les gorges creusées par le Bardou. Chaque village possède sa petite rivière... Qui a donné son nom a l'autre ?

Le Bardou se termine en lac, un petit barrage le bloquant ici, comme vous pouvez l'apercevoir sur cette photo.

Ce massif de l'Espinouse, dans le Parc du Haut Languedoc, est incroyablement sauvage, difficile d'accès, dense, très boisée, creusée de dizaines de vallées et sommets, parcourue par des dizaines de sentiers. L'altitude n'est pas très importante, mais les dénivellés sont absolument incessants. Ici, tu montes... et tu redescends... pour remonter encore, et encore, et ainsi de suite. Une nature très présente.

Un nouveau regard en arrière. A gauche, un très beau ravin.

Je croise ici tout un groupe de randonneurs montant vers Bardou. Le chef de troupe, un jeune, est d'une grande gentillesse, et prend largement le temps de me répondre, laissant son groupe s'éloigner dans la pente ascendante. Il possède une très belle carte d'Etat-Major, et cherche une possibilité de rejoindre le chemin que je voulais prendre initialement. Et il le trouve. Oui, c'est un beau raccourci, essayez de le prendre, il démarre dans la prochaine épingle à cheveux de cette route, vous ne pouvez pas vous tromper. Sur son polo, je lis "Népal". Je lui pose la question s'il y est allé. Oui, me répond-t-il, plusieurs fois. Il a fait de nombreux treks là-bas. Un très grand marcheur !

Je trouve le fameux chemin. Abandonné, couvert de végétation, mais ça passe quand même facilement.

J'aperçois la civilisation.

Et voilà. Jonction avec l'itinéraire prévu.

C'est l'arrivée à Mons-La Trivalle. ici, c'est Mons. La Trivalle, plus importante, est en bas. Et c'est à La Trivalle que je suis installé !

Je passe par les murs de pierre séparant les vignes, et servant accessoirement de chemins de passage entre les propriétés.

La marche y est difficile, cassante. Heureusement, j'arrive très vite dans le village.

Il y a un camping dans le village de Tarassac, de l'autre côté de l'Orb. C'est le camping municipal.

Je ne le vous recommande pas. L'accueil y est presque désagréable, les douches sont pratiquement froides, les toilettes sont sales... Dommage, c'est le seul point noir de cette splendide journée. Je ne mettrai pas longtemps à m'endormir ce soir, cette marche m'a bien fatigué, mais m'a bien fait du bien...

Page précédente: France 2011_Jour 015
Page suivante: France 2011_Jour 017


Depuis le 06/06/2005 Visites:872571 Aujourd'hui :57 Maintenant:10 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)