France 2011_Jour 025

Jour 025 - Vendredi 22 avril 2011 - 55 km - 133 photos (1960 km et 5402 photos)
De Murviel-lès-Béziers à Saint-Pierre-la-Mer (Hérault - Aude)

Départ à 8h10. Décidément, en forme, le pèpère, en ce moment !

Le bivouac, que j'oublie souvent de photographier. Très tanquille, comme je l'ai dit.

Je rejoins Cazouls-lès-Béziers par la D16, qui traverse ici l'Orb, sur ce pont mono-voie.

Là-bas, dans les remous, il y avait deux hérons qui semblaient très heureux. Il m'aurait fallu une bonne paire de jumelles, le spectacle était beau.

Une vieille bâtisse.

Je fais un petit crochet à Sévignac, pour aller voir les sablières.

Vue sur Cazouls-lès-Béziers, au 80 mm.

Eglise de Cazouls-lès-Béziers.

A l'intérieur. je suis surpris de la clarté, car il y faisait vraiment sombre.

J'ai cru sentir une présence. Mais non, ce n'est qu'une statue...

Toujours ces tableaux naïfs.

Je vais faire quelques courses à la sortie de la petite ville avant de reprendre la route.
Je me dirige vers la mer et Narbonne, mais en contournant Béziers, que je n'ai pas envie de traverser.

C'est ainsi que j'arrive à Colombiers, traverssé par le Canal du Midi.

En faisant quelques photos, je croise de nombreux couples de cyclistes, bien chargés, avec sacoches. Il est évident qu'ils suivent le canal.

Il y a un solitaire, installé en train de casser la croûte. Je vais discuter avec lui. Il s'appelle Franck. C'est un vrai dur. Il vit depuis plusieurs années déjà en solitaire, d'abord dans une voiture -il me dit avoir beaucoup souffert du froid en hiver-, puis maintenant en vélo. Il aimerait bien aller dans les pays du nord. Il ne fait que la France, un peu l'Espagne, mais il n'aime pas trop les pays du sud. C'est un breton. En fait, nous allons discuter pendant plus d'une heure, parler de la vie, de philosophie. Il a rencontré hier un randonneur qui parcourt l'Europe à pied. Le gars dort partout, à même le sol, dans son duvet. Il n'a pas de tente. L'extrême. Il me dit qu'il n'avait jamais vu quelqu'un avec une telle acuité visuelle, sachant presque détecter les caractères des gens au premier regard, ou au moins au premier échange. Obtenue grâce à une très longue observation des êtres humains. Franck, de son côté, me dit qu'il remonte vers le Massif Central, et qu'il redescendra plus tard au sud pour travailler dans le ramassage des fruits. Mais, me dit-il, je ne retournerai pas dans un foyer. Il vient d'y passer deux jours, et me dit que c'était affreux. Bagarres, drogue, alcool, haine, jalousie, vol... Bien sûr, on a un repas chaud, me dit-il, mais c'est bien trop cher payé. Je préfère la solitude, mais la gentillesse, le calme, la sérénité.

Il aimerait voir mon installation, je lui montre. C'est un truc qu'il envisage car, me dit-il, la seule chose difficile, c'est quand il pleut trop longtemps. Je suis bien d'accord avec lui. Un gars bien, Franck. Bonne route, l'ami.

Finalement, je vais manger au bord du Canal du Midi. Ce n'est qu'après que je me suis dit que j'aurais pu manger avec Franck !

Une pancarte indique "Oppidum d'Enserum". J'y vais. Ici, je dois faire une marche arrière, pas possible de croiser un autre véhicule !

En montant sur l'oppidum, je regarde la plaine et suis sidéré par ce que je vois ! Quel est ce cercle parfait ? Je consulte la carte : étang de Montady ! Pas possible, il a du être asséché, il n'y a pas une goutte d'eau.

Au sommet, je rencontre une famille de Laval. Très sympas, ils m'expliquent que, oui, il y avait ici un lac. Il a bien été asséché, mais pas récemment. Non non, pas du tout. Au milieu du 13ème siècle ! Incroyable, non ? Grâce à des canaux de drainage, l’eau est conduite vers un collecteur central, ce qui explique la disposition en étoile des champs. L’eau est ensuite évacuée par un fossé à contre pente vers l'étang de Capestang et par une galerie sous la colline d'Ensérune et sous le tunnel de Malpas. Il est caractérisé par un paysage en forme d'étoile ou de soleil, formé par les champs et les vignes qui occupent l'espace de l'étang asséché.

Je ne vais pas visiter l'oppidum : payant.... Pendant la descente.

Une belle descente. L'étand de Montady est visible en bas, dans la plaine.

Juste à côté, le Canal du Midi, encore. Il passe sous la colline, lui aussi !

Par de toutes petites routes, je vais voir la chapelle Notre-Dame, située en pleins champs, et faisant partie de la commune de Nissan-les-Ensérune. A propos, "les" est en réalité une dérivation de lès, qui vient du latin latus (côté) . Lès signifie donc "près de..". C'est la forme occitane du lez français.

Autre vue de la chapelle. Il semble bien que la petite maison qui la jouxte soit habitée. La chapelle est en mauvais état.

Après Nissan, je poursuis vers le sud. C'est la plaine, le marais.

De nombreux canaux passent, puisant leur eau dans l'Aude toute proche.

L'Aude, justement, dont je vous parlais : c'est elle, qui a donné son nom au département.

Ce crucifix, à Salles d'Aude. L'inscription est intéressante : "Croix érigée en 1855 pour remercier Dieu d'avoir épargné Salles d'Aude lors des grandes épidémies de choléra de 1835, 1845 et 1854. Restaurée par la commune en septembre 2000".

La route traverse ensuite la Montagne de la Clape, réputée. Il y a un peu plus loin un goufre, à un kilomètre de marche. Cet écriteau m'a dissuadé, plusieurs voitures occupées avec force musique m'ayant fait soupçonner avoir affaire à des visiteurs potentiels. Je suis donc reparti. Pas grave.

Saint-Pierre-la-Mer. J'arrive donc sur la Méditerranée. 25 jours devoyage pour parvenir ici... Cette commune est juste à côté de Narbonne.

La mer est mauvaise.

Ce type s'est installé ici avec sa fille et un parapluie, et est resté plus d'un quart d'heure à se faire arroser. Je ne sais pas si ça plaisait autant à la gamine !

Mais ils étaient trempés.

Comme je vous le disais, la mer est houleuse.

Il y a juste cette partie rocheuse au milieu d'immenses plages de sable.

Là-bas, c'est Narbonne-Plage.

Tiens, je vous le disais bien, mais personne ne me croit !

Je ne voudrais surtout pas être propriétaire d'un bateau. Que de soucis. Que de frais. Que de galères.
Enfin, chacun ses loisirs, n'est-ce-pas ?

Le soir tombe sur Narbonne Plage.

Il n'est pourtant pas très tard, juste 16h30, mais le ciel est sombre.

Je m'installe ici, avec une bonne connexion Internet.

Petite pause-photo de la plage avant de retourner dans Mygoo.

Au soir, je me place sur un autre parking. Il y a énormément de places disponibles, je n'ai que l'embarras du choix. Le vent souffle assez fort, et je suis au bord de la mer, mais je décide de rester. Je serai pourtant réveillé vers 23h30 par de très fortes rafales qui me pousseront, finalement, à changer de place. J'irai me mettre un peu plus loin, à deux ou trois cent mètres, mais derrière un rang d'immeubles qui me protégeront très efficacement. je me suis rendormi aussi vite, pour finalement passer une très bonne nuitée !

Page précédente: France 2011_Jour 024
Page suivante: France 2011_Jour 026


Depuis le 06/06/2005 Visites:873525 Aujourd'hui :495 Maintenant:11 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)