France 2011_Jour 036

Jour 036 - Mardi 3 mai 2011 - 76 km - 73 photos (260 km et 7509 photos)
De Combret à Lacaune (Aveyron - Tarn)

Tiens, il fait gris. Uniformément gris. Aucun souffle de vent. Pas grave. En fait, c'est un élément qui ne me gêne plus, avec Mygoo !

Départ à 8h30. Ici, descente du village de Combret pour récupérer la D91, juste en bas.

Le paysage est magnifique avec les nuages. Dommage, je ne peux pas vous montrer les photos telles qu'elles sont en réalité, nettement meilleures en fait !
L'hiver prochain, j'essaierai de faire une synthèse avec les meilleures photos, et un bon traitement, ce sera superbe.

Les agriculteurs ont continué de couper l'herbe hier. Mais avec la pluie qui va tomber, ce n'était pas le bon plan !

J'arrive donc à Belmont-sur-Rance, déjà visité la semaine dernière. Mais je vous l'ai dit, j'ai en tête de préparer la suite de mon itinéraire, décider de la direction à prendre, revoir un peu tout ça. Et je connais un bon "spot" WiFi ici, sur une petite place. Je m'y installe et, 5 minutes plus tard, je "surfe" sur la "toile"... Je prends mon temps. La radio est allumée, avec de la musique. Je passe le PC sur la batterie arrière et, curieusement, il ne parvient pas à conserver le "jus". Pourtant, je recharge la batterie de l'appareil-photo sur cette même batterie sans problème : curieux ! Soucieux de ne pas trop "tirer" sur la batterie moteur, je continue mon boulot sur les batteries du PC, je le rechargerai en roulant ! Puis je vais faire deux-trois courses : du sel, enfin !

Il est 12h45, grand temps de partir manger dans la campagne. Il a plu pas mal pendant que je bossais. Très agréable pour moi, de voir les gouttes s'écraser sur les vitres de Mygoo sans me déranger le moins du monde. Quel bonheur !

Je tourne la clef : rien. Pas de contact. Rien de rien. Je dois me rendre à l'évidence : batterie à plat. Je n'en reviens pas ! Du calme : ce n'est pas grave, il n'y a pas mort d'homme, mec. Tu peux même camper ici pendant plusieurs jours si ça te chante.... Cooooool. Je tourne la tête : une dame se trouve ici. "Bonjour madame. Dites-moi, savez-vous s'il y a un garage ici dans le village, car je n'ai plus de batterie ?". "Bonjour. Oui, à 300 mètres en bas du village, le garage Renault. Ce doit être fermé maintenant. Mais je peux vous aider à pousser, si vous voulez...." Oups ! Quelle gentillesse. Là-dessus, un jeune homme arrive, ayant entendu la conversation. "On va vous pousser, vous mettez en seconde, et c'est sûr, avec cette pente, ça va partir !". Ce jeune homme est handicapé de la main gauche, pliée en deux, et pourtant, avec la dame, il m'aide à pousser Mygoo -elle était rouge de honte, et je vais vous dire, le rouge lui va très bien ! Il y a une petite pente, 30 mètres à pousser pour atteindre le sommet. Un dernier coup de reins, seconde, je la laisse prendre un peu de vitesse, et.... Vroummmmmmm, ça démarre. Je stationne aussitôt pour aller serrer les mains de mes deux bienfaiteurs, et je prends la seule décision qui convient : rouler, rouler, rouler, pour recharger la batterie défaillante.

Je vais faire une boucle et revenir à côté du garage, où se trouve une aire pour camping-cars. Ce qui ne m'empêche pas de faire des photos, car c'est vraiment très beau sous la pluie, ou sous les nuages, ou même dans le brouillard sur les crêtes. Mais attention : je laisse tourner le moteur.... Ici, sur la D74, dans le Bois de Bernet, près du lieu-dit Maspials.

Un peu plus au sud, vue sur la ferme de Salelles, près du ravin de Grèses. En bas, la vallée du Tourdoure, le ruisseau ayant creusé cette vallée.

Arrivée à Saint Sever-du-Moustier.

Où se trouve un petit musée.

La façade de l'église de Saint Sever-du-Moustier.

Et je reprends de la hauteur, toujours sur la D74. Saint Sever-du-Moustier semble déjà tout petit...

Au loin, les sommets sont dans les nuages : sûr qu'il doit y pleuvoir !

Eh oui, il pleut. Je passe la ligne de crête dans un fort brouillard humide. Et le Col de Sié, à 999 mètres ! Il y a un beau panorama, dit la carte Michelin... Pour moi, il n'y a rien à voir. Le voile se déchire un peu plus bas, ici, à 928 mètres. Il y a une borne : tiens tiens. Je viens de passer dans le Tarn (en montant au col, justement), et comme je retourne sur Belmont-sur-Rance, je rentre à nouveau en Aveyron, car j'ai fait un virage à 180 degrés...

Le soleil essaye de crever les fines gouttelettes.

Magnifique spectacle offert par l'humidité. Un enchantement pour les yeux.

Je vous laisse admirer.

J'ai envie de rester ici, un moment, à admirer ces changements lumineux, propices à de très belles photos.
Mais le moteur de Mygoo m'énerve ! J'ai besoin du silence pour profiter.

Je m'installe donc sur l'aire de camping-cars. Il y en a un, il me fait bonjour.... Yeees, c'est le couple de retraités rencontrés voici quelques jours à Vabres l'Abbaye ! On discute un moment. Mais comme la faim me tenaille -et ils n'ont pas mangé eux non plus, et il est 14 heures....-, nous allons nous restaurer dans nos habitacles respectifs. Hummmm, ça fait du bien. Avec un peu de sel, c'est finalement meilleur !

En mangeant, je réfléchis. Ne riez pas, alors que je suis très sérieux. C'est vrai, quoi, soyez sympas !

J'ai envie de m'installer dans un bistrot avec une bonne bière et Internet. Ici à Belmont ? J'hésite. Puis je me dis que j'ai plus de chance à trouver à Lacaune, plus important, et où je sais pouvoir bivouaquer. Et quand la décision est prise, "y'a plus qu'à...". Au revoir, les camping-caristes...

Instant stressant : la mise en route de Mygoo. Vroummmm. Au quart de tour, sans avoir besoin de pousser.

Soulagement du conducteur.... Néanmoins, je n'arrêterai pas le moteur avant d'arriver à destination !

Petit joueur, va...

J'ai repéré une MD -il y en a plein- qui devrait être superbe, histoire de ne pas passer aux mêmes endroits. Et je ne me suis pas trompé, cette mini-départementale est une véritable "tuerie".

Malheureusement entâchée par le passage d'un vingtaine de vieilles caisses bariolées : des hollandais en mal de rallye, qui choisissent nos petites routes pour se "lâcher"... Ils roulent comme des malades, sans aucun respect pour les locaux, me font même des appels de phare pour me doubler sur ces petites routes, en pleine côte, sans visibilité. Du coup, ils m'ont énervé. Ils prennent notre pays pour l'Afrique, sans doute, comme nous avec le "Paris-Dakar".... Forcément, chez eux, tu dépasses le 35 km/h, on te retire le permis, alors allons jouer chez les Français, là-bas on peut... Ben oui, je vous l'ai dit, je suis énervé. Certains passent à fond alors que je suis stationné à moitié sur l'herbe, et moi dans l'herbe avec l'appareil-photo. Je leur fais signe de calmer le jeu un peu, je mets mon doigt pointé sur ma tempe pour ceux qui ne ralentissent pas -vous voyez le tableau, non?...

Pauvres types ! Et encore, je suis poli !

Après, quand il y a un accident, ça pleure. "Je regrette. Je ne savais pas... ".

Trop tard.

Pauvres types !

OK, je suis calmé, ça m'a fait du bien. Non mais...

Le silence est revenu. Non. Faux. Mygoo ronronne... Dommage.

C'est magnifique. Il y a un col, ici, à 845 mètres.

Puis ma petite route plonge vers le bourg de Murasson.

Une descente comme je les aime.

Sur une route comme je les aime. Le pied.
En fait, je vais vous dire. Vous prenez n'importe quelle petite route, vous ne serez jamais déçu(e)s.

Au Bousquet Haut, une oie essaye d'intimider Mygoo, mais sans succès. Il en faut bien davantage pour freiner la miss...

Une vielle maison au carrefour : c'est une image bien classique sur ces petites routes assez désolées.

Murasson.

La D209E remonte vers le ciel. En fait, on ne fait que ça, ici.
On monte, on descend, on remonte....
Vous comprenez pourquoi le vélo reste dans l'habitacle, maintenant ?

Une croix très originale. Sur le socle, une niche abrite une petite statue sur chacun des quatre côtés.

Un coup d'oeil en arrière : ces quelques arbres survivants du dernier grand abattage sont admirables.

Là-bas, au creux du vallon, on distingue le cloger de Murasson.

Et juste au-dessus, un nouveau col : le Col du Bouissou, à 915 mètres.
Qui marque en même temps la frontière invisible avec le Tarn, département dans lequel je reviens pour y passer la nuit.

Arrivée à Lacaune, où je retrouve mon bivouac déjà expérimenté ! Fin de la journée pour Mygoo.

Je pars en quête d'un bar offrant un accès Internet, que je trouve après avoir questionné quelques passants. Accueil extrêmement chaleureux, installation "aux p'tits oignons", prise électrique, connexion parfaite. Je suis bien. Tellement bien que, ce soir, je m'offre un plat chaud de canard délicieux, pour 7 euros. Le tout accompagné d'un petit rouge de pays. Je l'ai bien mérité, non?

De plus, si j'attends qu'on me l'offre.... Comme on dit, on n'est jamais mieux servi que par soi-même.

Franchement, à part l'absence de mes proches, je suis comblé.

Pour le "fun", et comme j'ai du temps, voici les traces du voyage effectué jusqu'à présent, dans sa partie "sud".

Les divagations de Mygoo dans un petit bout de France.

Un peu "bourrée", la miss, non ?

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