France 2011_Jour 044

Jour 044 - Mercredi 11 mai 2011 - 84 km - 356 photos (3172 km et 9660 photos)
De Sainte Eulalie-de-Cernon à La Roque-Sainte-Marguerite (Aveyron)

Pour la météo, il me suffit de copier la phrase d'hier. Voici. Grand beau temps encore aujourd'hui. Décidément, je suis vraiment verni depuis le départ de Vendée ! Mais en fait, ce n'est pas tout-à-fait vrai. Il a fait chaud, trop chaud... et ce qui devait arriver est arrivé : orage et pluie.

Quoi qu'il en soit, à 7h30, je suis déjà en forme pour aller visiter Sainte Eulalie-de-Cernon. Rappelez-vous, j'ai dormi sur place.
Je n'ai donc que quelques pas à faire pour me trouver à pied d'oeuvre dans la petite cité.

Et à une heure pareille, les touristes ne sont pas là, les autochtones dorment encore, ou sont déjà partis. Bref, je suis seul.

C'est à partir de Sainte-Eulalie que les Templiers organisent le territoire du Larzac, et construisent à Sainte-Eulalie une grande commanderie. Structurant l’espace agricole, la Commanderie deviendra une des plus puissantes du sud de la France, participant alors au financement des activités des Templiers en Palestine.

Je viens donc de passer une des portes et de pénétrer dans le bourg. Contemporaine de l'enceinte fortifiée, cette maison a été fortement remaniée et embellie au XVIIème siècle.

Autre belle maison.

La Commanderie.

A l'extérieur de la forteresse, ces ouvertures se trouvent dans le mur d'enceinte, et permettent de donner de la lumière aux pièces des maisons.

Au fait, vous avez vu ? Parking gratuit, visite de la cité gratuite. Conclusion : n'allez pas à La Couvertoirade, ça leur apprendra à prendre les touristes pour des vaches à lait. Je dis ça, non pas pour le parking payant -ce que je peux admettre-, mais pour les remparts payants !

Ensuite, direction La Cavalerie. Ici, sur la D562E, peu après Lapanouse-de-Cernon.

La route s'élève rapidement sur le plateau du Larzac. Ici, coup d'oeil arrière sur Lapanouse-de-Cernon.

Arrivée à La Cavalerie. Tiens, mais je le connais, le gars, là, dans la vitrine.

Les Templiers puis les Hospitaliers ont exploité les ressources agricoles de ce territoire via le travail des paysans de l'époque. Une commanderie fut fondée pour les Templiers au douzième siècle dans laquelle s'est développé le bourg chef lieu de la commune actuelle comme en bien d'autres endroits. Elle a été fortifiée par les Hospitaliers au quinzième siècle. Les fortifications ont subi d'importantes dégradations pendant les guerres de religion.

Allez, suivez-moi à l'intérieur de la petite cité entourée de ses fortifications.

Comme à Sainte Eulalie-de-Cernon, c'est gratuit.

C'est joli, bien restauré.

1450 ! Très impressionnant, comme date au-dessus d'une porte !

L'autre entrée dans le village fortifié.

Je vois la présence d'un dolmen sur la carte IGN au 1/25.000ème. J'ai du mal à le trouver. Il est dans un champ protégé par du fil-de-fer barbelé.
Mais je parviens à passer sans trouer mon pantalon. Ouf !

Je roule désormais sur la D999, au sud du Camp Militaire du Larzac. Côté gauche, défense de pénétrer, tirs, danger de mort.... OK, on n'y va pas...

Tiens, une belle lavogne, sur le côté droit. Avec une magnifique rigole qui me semble très ancienne.

Mais la lavogne est vide ! Alors qu'elle est bien cimentée. Curieux.

Vue sur la D999. De très grandes lignes droites. Le camp militaire est à droite, car c'est une vue arrière.

Maison entourée de barbelés militaires. Il y en a plusieurs.
Des gens qui vivaient ici depuis sans doute de très nombreuses générations ont été virés pour permettre l'entrainement de militaires...

Les Liquisses, minuscule hameau au bout du camp militaire.

Je retrouve les prés couverts de fleurs.

Je remonte vers le nord du Causse du Larzac, en direction des gorges de la Dourbie.

Au premier plan, le hameau de Saint Sauveur. Au second plan, le Causse Noir ou montagne Noire ou causse Nègre est le plus petit des Grands Causses. Il doit son nom à la couleur sombre des forêts de pin qui recouvraient jadis la totalité du plateau. Entre les deux, dans le ravin, coule la Dourbie, qui sépare les deux Causses (Larzac et Noir).

La vieille et très belle église de Saint Sauveur.

Ici commence une fabuleuse descente. Déconseillée -très fortement- aux camping-caristes.
C'est absolument génial !

Au fond du ravin, la D991 longe la Dourbie.

Quelle route extraordinaire.

Partout autour, les châteaux-forts.... naturels émergent des forêts.

Je traverse la Dourbie.

Pour attaquer l'autre côté. Me voici donc désormais sur le Causse Noir.

En bas, le village Les Moulinets.

Là-haut, de l'autre côté, sur le Causse du Larzac, on aperçoit Saint-Sauveur, que je viens de traverser.
La route sue laquelle je roulais est absolument invisible, totalement recouverte par la végétation.

Les Moulinets, encore...

La D159, sur laquelle je roule maintenant. Elle est nettement plus grande que celle qui descendait du Larzac.

Je suis monté sur le Causse Noir, précisément ici; pour en redescendre aussitôt par ce routin, qui retourne dans les gorges de la Dourbie, avant d'arriver au bourg de Revens. Elle est étroite, sinueuse à souhait, et au fort pourcentage. Génial.

Rencontre sympathique. Ils se sont de suite approchés pour discuter, mais je ne connais pas leur langue.

Le précipice est très impressionnant.

Au niveau de cette maison en partie ruinée est planté un panneau "voie sans issue". je suis très surpris, je reprends la carte IGN, je grossis le zoom à 200% pour être certain. Pas de doute, la route arrive à l'ermitage Saint Pierre, traverse la Dourbie et rejoint la D991 en bas.

Justement, je l'aperçois, en bas, la D991.

La descente est terrible. En fait, il y a beaucoup de gravier, la pente est très forte, et il y a une épingle à cheveux qui, très franchement, m'a fait peur. Mais, au pas, en première, ça va. Je suis quand même inquiet, je pense à ce panneau "cul-de-sac", et je ne voudrais pas avoir à remonter.

En bas, le fameux ermitage St Pierre. Magnifique.

Mais ce que vous ne voyez pas, c'est ce que, dans ma rage, j'ai complètement oublié de photographier ! Au bout de la route, en bas, je vois bien le pont passant la Dourbie. Mais entre les deux, entre Mygoo et le pont, il y a un.... portail. Oui, oui, vous lisez bien. Un portail, bien solide, bien fermé par une commande électrique estrêmement solide. Du beau boulot. Là, je me pince ! C'est un rêve ? Non, je dois me rendre à l'évidence. Je suis fait comme un rat, je vais devoir remonter là-haut. Pas possible. Je vois bien cette belle maison près de la chapelle. J'aperçois des voitures... de riches. Du genre grosse voiture noire type 4x4 aux vitres teintées. Je vais voir et demander si c'est à eux, et s'ils peuvent m'ouvrir ce portail. Clochette, un chien arrive en courant et en aboyant... Coooool, rester calme. Bonjour. Une femme arrive, la soixantaine, fardée, genre "riche". Je suis désolé d'écrire ça, mais c'est la vérité. "Non monsieur, c'est privé, je ne vois pas pourquoi je vous ouvrirais. Vous remontez en première, je le fais deux fois par jour. Non.". Je demande s'ils font à manger, ou s'ils font bistrot, je prendrais une collation, et ils me feraient passer. "Si vous voulez dormir ici, oui, alors nous vous ouvrons, mais non, nous ne faisons pas à manger". Rien à faire avec cette vieille peau. Plus ils ont du fric, et moins ils ont d'humanité, de gentillesse. Je retourne à ma pauvre caisse qui va devoir se coltiner la dure grimpette. Je regarde dans la direction de la maison, et je vois un mec, au balcon, en train de me regarder, les yeux protégés par des lunettes noires. Style mafia. Pauvre type, même pas venu discuter avec sa femme. Je hais ces gens-là, ils n'ont absolument aucune valeur. Ils ne servent à rien. Bon, vous l'aveza compris, ils m'ont mis en colère.

Je suis donc parvenu au sommet, avec deux-trois glissades sur le gravier dans les épingles, mais je suis passé. En y réfléchissant, je reste persuadé que cette route que j'ai empruntée n'est pas privée, mais fait bien partie du domaine public. Une commune a payé pour la goudronner, un jour. Et il y avait, obligatoirement, un droit de passage en bas. Mais ces gens ont du réussir à acheter ce droit de passage. Si j'avais du fric, je porterais bien plainte pour voir exactement de quoi il retourne, et pour obtenir la réouverture du droit de passage. On devrait leur interdire l'utilisation de cette route, car en fait, elle ne sert qu'à eux, alors qu'elle a été payée par la collectivité... Allez, Jef, cool, du calme, tout va bien...

Oui, je sais, mais parfois, j'ai une furieuse envie de monter sur les barricades !

En haut, je m'installe et mange, ce qui me fait le plus grand bien. Puis je poursuis mon chemin sur le Causse Noir. Ici, c'est le village de Revens.

Sur la D159, au nord de Revens.

Le paysage dans le Causse Noir.

S'il était couvert de forêts, ce n'est plus le cas. Il y a ici un élevage de bisons.
Il y a ici un ravin, un petit canyon, creusé par un ruisseau, la Garène. C'est ça, sur les terres karstiques. L'eau s'infiltre et creuse !

De l'autre côté du canyon, La Foulquarié. Je suis ici à 875 mètres d'altitude.

Autre vue vers le canyon, difficile à bien voir.

Lanuéjols. Je reste un moment, car je trouve un bon spot WiFi.

Puis je prends la D28, retour vers l'ouest. L'agriculture est également bien présente ici.

Vue vers le sud, vers le Causse du Larzac.

Une tombe en bordure de la route.
"Marceau Vernnet (?) décédé par accident le 20 juillet 1948".

La chaleur est étouffante. Le ciel est noir. Les mouches sont partout. J'espère que ça va craquer pour raffraichir l'atmosphère !

Au loin, un gars est en train de rassembler son troupeau de moutons en moto, avec l'aide de son chien.
Non, ce n'est pas l'Amérique du sud, mais l'Aveyron...

Je fais un détour vers Saint-André-de-Vézines. Pleuvra, pleuvra pas ?

1666.... Une année difficile. Louis XIV.

Saint-André-de-Vézines. Un groupe de randonneurs et randonneuses. Enfin, non. Un randonneur et 7 randonneuses...
Mais le village ne me plait pas. Non, je ne vais pas bivouaquer ici.

Alors, je redescends du plateau. Je retourne sur les gorges de la Dourbie.

Par la D41. C'est absolument splendide.

Une belle route. Mais peu de possibilités de s'arrêter.

Vue plongeante sur la Dourbie. On voit Saint Véran.

Et j'aperçois à peine la rivière... Ah si, en me penchant.

La Dourbie, et sa copine la D991.

Je roule maintenant sur la D991, en approche de La Roque-Sainte-Marguerite.

Dans le village, je trouve un modeste parking en pente. Je tente une connexion Internet. Bingo. Le presbytère, accès libre. génial, je peux transférer mes fichiers, ce sera toujours ça de fait. Pendant ce temps, l'orage éclate, le ciel se vide, et c'est délicieux ! Mais je ne peux pas rester là cette nuit, tout le monde me regarde comme si j'étais un martien, et les gens ne répondent pas à mon bonjour/sourire. Je ne supporte pas ça. Tu dis bonjour, gentiment, en souriant, et on te regarde, et... rien. J'ai envie de giffler les gens comme ça, très sincèrement. Pour le coup, j'adore les Japonais !

Je me barre. Et... et.... à la sortie du bourg, il y a un pont. Le soleil est revenu. je vais faire cette photo de la Dourbie.
C'est magnifique, et avec le soleil couchant, c'était cent fois plus beau que sur la photo.

Et... et... en regardant à gauche, je vois ce parking (voiture rouge), avec toilettes.

Absolument parfait pour moi.

C'est donc ici que je bivouaque. Je vois un pêcheur vers 21 heures. C'est beau. Une bien belle fin de journée.

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