France 2011_Jour 045

Jour 045 - Jeudi 12 mai 2011 - 65 km - 139 photos (3237 km et 9799 photos)
De La Roque-Sainte-Marguerite au Rozier (Aveyron)

Le ciel est gris, ce matin. C'est un peu triste. Mon ciel préféré, c'est bleu et blanc, avec du noir de temps à autre. J'aime bien les nuages, ça donne du relief au paysage, et ça protège des terribles rayons de notre étoile. Accessoirement, ça donne aussi de l'eau, ce qui n'est pas négligeable !

Bref, je démarre peu après 9 heures. Ce spot-bivouac était excellent. Une fois de plus, quelle joie de ne pas être avec un camping-car : il y avait une barre, empêchant les hauts véhicules de passer, mais la petite Mygoo s'y est glissée sans souci. Je poursuis donc sur la D991 le long des gorges de la Dourbie, que vous pouvez admirer ici.

Pas très large, mais assez profonde. Le courant est bien présent.

La D991 telle que je l'ai vue. Sur les sommets, les grands châteaux du Causse du Larzac à gauche. A droite, c'est le Causse Noir.

Je suis très admirateur de ce genre de paysage

Ce qui est génial, c'est d'imaginer le "dessous" : qu'est-ce qui se cache sous cette luxuriante végétation ? Je suis bien certain que le monde animal trouve ici une zone extraordinaire zone de liberté, si près et en même temps si loin des hommes. On dirait presque une forêt vierge. C'est, une fois de plus, la France. J'insiste sur ce point, car nous partons souvent bien loin, en oubliant ce qui se trouve à portée de main. Moi le premier, je l'avoue. Néanmoins, en ce qui me concerne, c'est un choix délibéré d'aller d'abord voir au loin pour, au final, visiter ce qui est près. Question de "forme physique".

Le Monna est en ligne de mire, au pied de la falaise du Causse Noir.

Je ne peux pas m'en empêcher. Je pense que tout le monde trouve ça beau, non ?

Alors, d'après vous, j'arrive où, maintenant ? J'y suis déjà venu dimanche dernier. C'est Millau. Ben oui, je tourne un peu en rond, moi. Bref, une grande ville, je vais pouvoir refaire les pleins de nourriture pour le bonhomme et pour Mygoo. C'est tout. Je reprends aussitôt la route...

Direction : le Causse Noir, via la D110. Qui grimpe très fort, à l'aide de plusieurs très beaux lacets.
Au loin, vers le nord, Paulhe, Aguessac et Compeyre, 3 villages groupés autour d'une boucle du Tarn.

Arrivée sur la Pouncho d'Agast. Altitude : 841 m, soit 485 m au-dessus du confluent du Tarn et de la Dourbie.
A mes pieds s'étale la ville de Millau.
Je vous l'avais dit, le ciel est gris. On distingue à peine le viaduc, au loin, à droite sur la photo.

En face de moi, le Causse du Larzac, bien sûr.

Ici, c'est un site très connu pour les parapentes.

Justement, à propos des parapentes, un jeune homme m'interpelle alors que j'arrive au sommet : "Regardez les vautours". En effet, je ne les avais pas vus, leur tournant le dos. Il y en a une bonne dizaine. Ces oiseaux sont fascinants à observer en vol -parce qu'à terre, c'est nettement moins bien ! Quelle grâce, quelle élégance, ils savent user du moindre courant d'air, modifiant imperceptiblement l'angle de leurs belles ailes. Bref. Mon interlocuteur est très bavard, et nous entamons finalement une très longue conversation, qui va se poursuivre pendant plus d'une heure ! Il est jeune -je dirais aux alentours de la trentaine-, et est un sportif accompli, amoureux de tous les sports à voile : parapente, surf, etc... Et justement, il est là, attendant le moment opportun pour effectuer un bon vol. Nous avons refait le monde, tout y est passé, sauf la politique. Surtout la philosophie. Il se pose des tas de questions. Comme nous tous, d'ailleurs. Et, chose rigolote, Franck est, comme moi, sur la route pour au moins 6 mois ! Il couche dans un break, mais a une petite tente qu'il n'hésite pas à monter dans la nature, près de sa voiture. Il n'est pas "trouillard" comme votre serviteur ! Quoi qu'il en soit, je suis très heureux d'avoir pu discuter avec un jeune de choses aussi sérieuses, et je lui sais gré de sa gentillesse. J'ai beaucoup apprécié son point-de-vue, c'est un garçon fort intelligent et équilibré, et ça fait réellement plaisir à voir. Bon voyage à toi, l'ami, et bons vols.

La jolie table d'orientation de la Puncho d'Agast, sur laquelle nous avons si bien discuté. Entretemps, nous avons vu les nuages monter rapidement sur le sommet, nous entourer... Le vent a forci, les gouttelettes de bruine sont apparues, le froid est arrivé, nous avons ressenti le besoin de mettre une petite laine. C'est ainsi que nous nous sommes séparés, chacun poursuivant son chemin. Lui, à la recherche de spots aériens ou maritimes, et moi à la poursuite des prochains virages, des prochaines côtes, pour aller voir ce qui se cache derrière...

Je retourne sur la D110, qui poursuit sa route à travers la superbe forêt du Causse Noir. C'est là que je vais manger, un peu sous la pluie. Et, vous allez rire, j'ai trouvé ça génial ! Ensuite, mon chemin passe au bord d'un petit hameau qui attire mon attention par son chemin d'accès : c'est Longuiers.

Paysage au bord du chemin traversant le village.

C'est le GR62 qui passe ici. Les quelques maisons du bourg sont toutes fermées.

Mais elles sont superbes, et je suis heureux d'avoir marqué ici une petite pause.

Sur la carte IGN, je vois souvent la mention "aven".

Un aven (de l'occitan avenc de la région du Rouergue et des Causses, prononcé généralement avén/ovén) est un gouffre caractéristique des régions karstiques, le plus souvent formé par l'effondrement de la voûte d'une cavité karstique (ou grotte) dû à la dissolution des couches calcaires. Un aven est une cavité dont l'accès s'ouvre dans le sol et qui présente sur tout ou partie de son développement la forme d'un puits vertical ou sub-vertical, ce qui la rend difficilement accessible sans matériel spécifique. Les dimensions de l'ouverture en surface de ces cavités béantes sont très variables : de quelques décimètres jusqu'à deux cents mètres, de même la profondeur peut être impressionnante.

J'aimerais bien en voir un. J'en vois soudain un, accessible par un chemin : c'est l'aven de Trouchiols. A moins d'un kilomètre de la route. C'est parti.

En fouillant sur Internet -là, en écrivant ce texte-, j'apprends qu'il fait 128 mètres de profondeur. Bref, le chemin est superbe.

Je suis toujours dans cette belle forêt du Causse Noir. Malheureusement, ma balade se termine par un... grillage ! Le chemin est fermé. Très déçu, je fais demi-tour. Une fois dans la voiture, je vérifie sur la carte. Damned ! Je me suis trompé. Il fallait tourner deux fois à gauche... Dommage, j'ai loupé, je n'ai pas envie de retourner, détestant, vous le savez, refaire les mêmes chemins ! Photos sur Internet pour l'aven de Trouchiols.

Brrr.... Impressionnant, ces trous aux fonds invisibles ! Claustrophobes : à fuir !

Puis j'arrive au chaos de Montpellier-le-Vieux. Non, ce n'est pas un village. Montpellier-le-Vieux est un chaos rocheux ruiniforme sur le Causse Noir. La roche est de la dolomite. Le Chaos couvre 120 ha. L'imagination des visiteurs voit dans les roches des similitudes avec des fortifications en ruines et leur donne des noms rappelant la mythologie. Chacun veut se faire photographier sous la porte de Mycène, grande arche de pierre. Les bergers l'appelèrent Lo Clapàs Vièlh (Le vieux tas de pierre, en occitan). Il devint Montpellier-le-Vieux lorsque Édouard Martel l'explora en 1883-1884 car "Lo Clapàs" est le surnom familier que les montpellierains donnent à leur cité par référence à son vieux centre de pierres calcaires.

Mais... vous savez quoi ? Le lieu est complètement barricadé, enfermé de grillages, avec impossibilité de stationner sauf.... si vous payez. La magnifique somme de 5,70 euros ! Tout y est : petit train, restaurants, gnan gnan gnan, etc... Bref, tout ce dont on n'a pas besoin quand on veut voir la nature ! Ils y sont tous, les grands rapaces du monde touristique organisé, les suceurs de fric professionnels. Demi-tour, à fuir : je fuis...

Bien sûr, site sponsorisé par tout-le-monde, tous les guides touristiques, tous les offices de tourisme de la région, etc... Croyea-moi sur parole, il existe des tas de sites gratuits vous offrant la vue de rochers ruiniformes, loin de tout ce tapage dénaturant et horripilant de la foule humaine. Grrrrrr....

A commencer par eux. Ils sont gratuits, profitez-en, et passent au coeur du massif ! Ces "fumiers" de marchands sont allés jusqu'à cacher les entrées des GR, qu'il faut chercher et ne pas confondre avec les entrées, bien payantes celles-ci, des sites de sport-nature dans les rochers.... Oups, je m'énerve encore !

Cooool, Jef, t'es pas tout seul à penser ça. Hein ? Comment ? Si ?

Alors, désolé, mais je suis comme ça, et ce n'est pas maintenant que je changerai. Un site naturel DOIT être gratuit. C'est ma conviction. Un jour, on vous fera payer pour voir la mer. Et puis quoi, encore ? La nature, et même la culture, doivent être accessibles au plus grand nombre. Nom de d.... C'est pourquoi je vous préconise d'y aller, exprès, et de faire demi-tour devant les guichets, histoire de leur montrer ! Non mais...

Au loin, un berger rassemble son traoupeau à l'aide de son chien. Il ne m'a pas fait payer pour le spectacle, ouf !

Des morceaux de Montpellier-le-Vieux.

Cette petite route part de la D110 et descend sur La Roque Sainte-Marguerite. Vous vous souvenez ? C'est là-bas que j'ai bivouaqué.
Je fais demi-tour.

Un hameau abandonné : La Roujarie. Une chaîne ferme le passage.

Extraordinaires, ces vestiges de vie passée.

Je trouve ça toujours très émouvant.

Sans doute quelqu'un a acheté ce site, je n'en sais rien. Mais il est splendide, plein de calme et de sérénité. Et en même temps, de tristesse !

De temps à autre, je vois des chevaux dans des prés.

Ces belles roches qui émergent de la végétation... Vous savez, il y a sur ce Causse Noir un grand nombre de sentiers, qui, j'en suis certain, méritent tous d'être parcourus. De quoi passer plusieurs jours de découvertes et de plaisirs de la nature absolument gratuits, loin de la foule et du bruit, pour lesquels il faut, en plus, payer ! Et je dis ça AUSSI pour les parents qui veulent toujours emmener leurs enfants dans de tels sites. mais, au contraire, fuyez-les, et apprenez à voss enfants l'aventure, la vraie, celle qui n'est pas "formattée, dirigée". Qu'ils apprennent à se prendre en main, c'est tellement plus formateur!

Puis je prends la D29 pour descendre sur Peyreleau et Le Rozier, sur les gorges de la Jonte, séparant le Causse Noir du Causse Méjean, au nord.

Une délicieuse descente, avec des virages faits pour mes amis les motards.

En face, le Causse Méjean.

En descendant....

Au loin, de l'autre côté de la Jonte, les magnifiques corniches du Causse Méjean.

Au 80mm, c'est sublime.

Et gratuit... OK, je sais, j'arrête de vous importuner avec ça. Mais je vous en supplie, refusez de payer pour aller voir la nature !

Dans un des lacets de la descente.

Quel beau spectacle.

En roulant.... je sais, ce n'est pas bien, mais ça circule sur cette départementale, et j'hésite à bloquer la route pour prendre une photo !

Peyreleau. C'est superbe. Je trouve un spot-bivouac magnifique, mais je vais d'abord jusqu'à la rivière.

La Jonte. Ici, c'est le village du Rozier, que je trouve sympa. Il y a au moins 4 campings.

Et je me décide pour l'un d'entre eux. A 6,80 euros la nuit, avec Internet, au bord de l'eau, c'est parfait !

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