France 2011_Jour 053

Jour 053 - Vendredi 20 mai 2011 - 67 km - 420 photos (3619 km et 12102 photos)
De Sainte Enimie à Sainte Enimie (Lozère) + 5 km à pied

Sur la carte, en rouge, les 3 balades à pied. Météo moins torride. Mais comme hier, beau le matin, se couvrant en début d'après-midi, pluie en soirée.

Une fois n'est pas coutume : aujourd'hui, sur allersretours.com, ce sera une journée dédiée à la culture. Ceux que ça n'intéresse pas vont gagner du temps : tourner la page.... Hier, à l'Office de Tourisme, j'ai trouvé des dépliants gratuits sur l'archéologie de la région, ainsi qu'un livre -payant- que je me suis offert (2 euros, ça me parait très correct). L'un de ces dépliants est intituilé "parcours des menhirs et dolmens du Causse de Sauveterre". J'ai décidé de le faire entièrement; enfin, je vais essayer. En même temps, ce petit prospectus délivrant des informations très pertinentes, je vous les transmets.

Mon bivouac. Je me suis réveillé de bonne heure (vers 7 heures). En me déplaçant dans le bourg, je parviens à récupérer la connexion Internet du bar d'hier soir. Du coup, je termine le récit de la journée d'hier, et je le mets en ligne ! Veinards ! Puis je décolle, car j'ai du pain sur la planche !

Direction : le nord, Causse de Sauveterre, D986. Conclusion : ça grimpe, puisque je monte sur le plateau, forcément !

En grimpant, un beau panorama sur Sainte Enimie. Il y a là un joli panneau explicatif, dont je vous livre une partie. Sainte Enimie se situe au carrefour de voies ancestrales appelées "drailles". Ces chemins de transhumance sont empruntés par les troupeaux des garrigues languedociennes pour rejoindre le Mont Lozère, l'Aubrac et La Margeride à la saison estivale. C'est le premier réseau de communication entre le bas (plaine languedocienne) et le haut-pays (plateaux de l'Aubrac et de La Margeride). Aujourd'hui utilisées comme sentiers de grande randonnée, elles eurent pendant des siècles un rôle prépondérant dans la vie économique du Gévaudan (Lozère). Un chemin de pèlerinage dénommé le "chemin de Saint-Guilhem" (variante de Saint-Jacques-de-Compostelle) suivait sur de longues portions la draille d'Aubrac et passait par Sainte Enimie et ses reliques.

Un peu plus loin, vue arrière sur Sainte Enimie.

Arrivé sur le plateau, au lieu-dit Le Bac, je prends cette MD qui descend vers Dignas.

Un peu avant Dignas, je "pose" Mygoo : la suite se fait à pied (600 mètres aller-retour).
Sur le chemin, l'eau tombée hier a disparu... C'est le paysage des marais vendéens...

En cheminant, je vois partout ces petits tas de pierres, que la végétation, lentement mais sûrement, recouvre et fait disparaître.

Et le voici, mon premier but. Il y en a 9 en tout. Donc, voici le dolmen de Dignas, Sainte Enimie. Au sommet d'un petit tertre.

La table est fendue en plusieurs morceaux.

La chambre rectangulaire possède un pavage monolytique. Un court vestibule à l'est -aujourd'hui enfoui dans le tertre- permettait l'accès à cette chambre. Les fouilles du docteur Prunières à la fin du XIXème siècle ont presque totalement vidé la chambre. Toutefois, une étude récente a permis, dans le tertre, de retrouver du mobilier de l'Âge du Fer.

Je reste un moment à essayer d'imaginer ces gens qui, voici 40 siècles, habitaient sur le Causse et inhumaient, ici, leurs chefs.
Temporellement, ils étaient aussi éloignés des Gaulois du temps de César que ceux-ci le sont de nous.
Oups !

Retour vers Mygoo.

Et demi-tour vers Le Bac, puis la D44 vers Champerboux.

Cette fois, il faut marcher un peu plus : 2,2 km aller-retour. A travers bois.

Puis en lisière du bois, jusqu'au croisement avec le GR60. Vue vers le ssud, on aperçoit la dépression du Tarn.

N° 2 : le menhir du Bac. C'est un beau bloc en calcaire local remis à la verticale en 1988.

Il occupe une position topographique recherchée par les dresseurs de monolithes. Dimension totale : 350 x 100 x 40 cm.

Les populations agro-pastorales du Néolithique nous ont laissé, par centaines, les monuments à la fois les plus spectaculaires et les plus énigmatiques de la Préhistoire : les mégalithes. De par leur taille parfois impressionnante, induisant des efforts considérables pour les édifier, ils ont frappé l'(imagination populaire qui y voyait l'oeuvre d'êtres surnaturels, géants ou fées.

Les monuments mégalithiques de la région des Causses appartiennent à deux types principaux : dolmens et menhirs. Les dolmens sont essentiellement des sépultures collectives. D'après la forme de leur chambre, de leur structure d'accès et de leur tertre protecteur, on peut les classer en diverses catégories. Le dolmen à couloir d'accès coudé est particulier au domaine caussenard.

Les menhirs, quant à eux, sont le plus souvent isolés. Malgré les apports de la recherche moderne, leur signification culturelle reste à découvrir.

Outre sa fonction pratique, évidente dans le cas du dolmen, le mégalithe devait être le reflet d'une expression sociale, la marque d'une identité collective.

Il y a des restes de murets un peu partout. Ainsi que les petites fleurs.

Manifestement un ancien chemin. Ou une draille ?

Une "doline". C'est une dépression circulaire de la surface du sol en milieu karstique, entrainée par la dissolution des calcaires de surface. Leur présence témoigne de l'existence d'un conduit souterrain permettant le drainage des eaux vers les profondeurs. Leur largeur peut varier de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres.

Et une cazelle. Vouss connaissez, maintenant !

Eglise de Champerboux.

Toujours à Champerboux. Très jolie croix, avec des têtes gravées sur le socle. Admirez aussi le mur de pierres.

La MD conduisant au mégalithe suivant, perdu sur le Causse.

Le fléchage du parcours est absolument exemplaire ! Bravo aux concepteurs, c'est du très beau travail. Merci.
600 mètres aller-retour pour voir le n° 3.

Le dolmen de La baume, Sainte Enimie.

Ce monument mérite le détour.

C'est un dolmen simple au centre d'un tumulus circulaire.

Il vous surprendra par sa hardiesse générale et le contour de sa couverture.

Une très belle table.

Et son entrée.

Retour à Mygoo.

Juste à côté, une grosse fourmilière. Elles sont des centaines -milliers ?- à rentrer et sortir par les diverses cavernes. Brrrrr....

Sur le chemin du retour, je devine un cratère, mais la zone eest entourée d'un haut grillage. Sauf.... que je trouve une faille.
Je m'en doutais bien : il s'agit d'une splendide doline.

Mygoo près de la "faille" dans le grillage : plusieurs poteaux sont tombés.

Je repasse par Champerboux.

Et je retourne sur la D44. Le n° 4 se trouve au bord de la route.

C'est exactement ici...

Enfin, là. C'est le dolmen des Ayguières, Chanac.

Un beau tumulus de cailloutis superficiel enveloppe ce dolmen à architecture complète.

La dalle de clouverture est cassée et clivée.

La chambre rectangulaire a été fouillée à plusieurs reprises.

Une cupule -petit creux- se trouve sur la table, juste au-dessus de l'entrée.

La cupule vue du dessus.

De l'autre côté de la route, j'aperçois une nouvelle doline. Il y en a plein sur cette partie du Causse de Sauveterre.

Il faut ensuite quitter la D44 pour une route carrossable, que voici.

Sur le bord de la voie, le Puits de Fraisse.

Assez profond.

Ces deux "auges" se trouvent à côté du puits.

N° 5. Les menhirs dee Roumaldis.

Bloc très élancé en calcaire local, récemment mis à la verticale. Dimensions 353 x 72 x 50 cm.

A côté, un menhir inccomplet plus large.

Détail du menhir plus large. Comme dit plus haut, la fonction de ces pierres debout est encore obscure.

Midi et demie. Je suis idéalement installé ici pour casser la croûte.

Donc, pouce, c'est la pause. Vous pouvez aller manger...

Vue près de Mygoo.

Après manger, je continue le travail commencé. Il faut poursuivre sur la piste carrossable pendant un kilomètre.
Le voici, le n° 6. C'est le dolmmen de l'Aire des Trois Seigneurs, Sainte Enimie.

Il s'agit d'un mégalithe à double chambre emboîtée. Il a malheureusement perdu ses dalles de recouvrement.

Son accès coudé, tourné vers le nord, est prolongé par une courte structure bordée de murets en pierre sèche.

La fouille préalable à la consolidation a rencontré une chambre funéraire et une structure d'accès pratiquement vide d'os humains et de mobiliers.

En revanche, le tertre abrite des vestiges qui témoignent de pratiques rituelles liées au fonctionnement du tombeau central et des réutilisations postérieures.

Je suis desccendu à l'intérieur.

Pour vous offrir ces photos. C'est une curieuse impression que celle de me trouver ici.

A l'Âge du Fer, les hommes ont profité du tertre existant pour y enterrer l'un des leurs avec quelques offrandes (vases modelés) et ceci, sans doute, à plusieurs reprises.

Direction le suivant. Il faut continuer sur la piste pendant près de deux kilomètres.

N° 7 : le dolmen de La Cham, Laval-du-Tarn.

C'est un exemple de dolmen coudé à chambre large orientée est-ouest. L'accès coudé s'ouvre au sud.

La dalle de couverture est brisée en deux.

La consolidation a révélé la présence d'un pavage.

Ainsi que la réutilisation du tertre à l'Âge du Fer.

Je le trouve plutôt bien réussi.

Maintenant, si je suis la brochure, je devrais faire demi-tour et contourner ce petit massif pour me retrouver à 6 km d'ici environ. Or, si j'en crois ma caarte IGN, cette piste se poursuit jusque là-bas. C'est en même temps le GR60, et je répugne rouler sur un GR. Je décide de continuer, n'ayant pas vu un seul marcheur jusqu'ici, d'autant plus que cette piste est celle préconisée. C'est par endroits très rocailleux, j'ai mal pour mes pneus. je croise deux cyclistes qui ne répondent pas à mon "bonjour" souriant, puis, par trois fois, des couples de randonneurs. Tous "faisaient la gueule". Pourtant, je roule aux pas dès que je les vois. Comme souvent, les gens ne sont pas partageurs !

Le long de la route, j'ai la surprise de voir ce magnifique jardin, parfaitement entouré !

Bingo ! Mégalithe numéro 9, j'ai réussi. C'est le neuvième, tout simplement parce que je roule dans le mauvais sens. Je vais récupérer le 8 après.

C'est le dolmen de la Rouvière, Chanac.
Le support sud s'est effondré sous le poids de la dalle de couverture.

Le résultat des fouilles anciennes est inconnu.

Le tertre, très résiduel, parait ovalaire.

Le Sec, c'est un lieu-dit que je traverse. J'ai trouvé cette toiture -au fond- très curieuse.

J'ai retrouvé le goudron. En fait, cette route-piste que je suis depuis un moment s'avère être une ancienne draille.

Et je retrouve les cailloux !

Il y a des dizaines de ralentisseurs le long de cette piste... Un peu trop, je trouve.

Les dolines sont vraiment très nombreuses par ici.

Tiens, une lavogne maintenant.

Remplie de têtards.

Encore une doline.

Je suis toujours sur la bonne piste.

1300 mètres aller-retour pour voir le numéro 8.

Et toujours toutes ces petites fleurs disséminéesun peu partout.

Dolmen de Laumède, Chanac.

La chambre principale qui supporte une lourde table (au moins 10 tonnes) se prolonge par un coffre de dalles de moindre élévation et non couvert actuellement.

La fouille effectuée à la fin du 19è siècle ne permet plus de savoir si les deux chambres sont contemporaines ou non.

Les menus objets découverts lors de la restauration appartiennent au Chalcolithique (flèche à bords crénelés, pendeloque) et à la fin de l'Âge de Bronze.

Je n'ose pas me glisser dessous, on ne sait jamais !

Dix tonnes sur ma tronche !

Comme c'est le dernier que je visite, je vous en mets un peu plus.

Allez, une petite dernière.

De gros nuages noirs sont apparus. Je reçois quelques gouttes en rejoignant Mygoo.

Il doit me rester moins de 3 km de piste maintenant.

Je n'aimerais pas rouler ici en moto, avec tout mon chargement !

Un puits, juste avant d'arriver à la ferme Laumède Haute.

Assez profond, mais complètement encombré de végétaux !

C'est juste après que la pluie est arrivée, assez forte. Je prends la D44 vers Chanac pour aller voir le dixième, mais je renonce finalement.

Une fois arrivé à Chanac, dont voici l'église, la pluie a cessé...

Le cimetière entoure toujours la vieille église.

Une vieille maison du 18ème dans Chanac.

Celle-ci est à vendre, et elle est vraiment superbe.

Juste à côté.

L'autre façade de celle qui est à vendre, et qui donne sur....

la tour de Chanac.

Une autre jolie maison au coeur de la petite ville, qui se trouve au bord... du Lot.
Eh oui, le Causse de Sauveterre est fermé au nord par la vallée du Lot.

Mais je n'en ai pas terminé avec celle du Tarn. Je retourne donc bivouaquer à Sainte Enimie !

La pluie me rattrape sur mon parking au bord du Tarn. Il va pleuvoir toute la soirée. J'espère que ça va bien nettoyer le ciel !

Et j'espère que cette petite journéed culturelle ne vous aura pas trop ennuyés. Tous les textes techniques ont été recopiés sur ma petite brochure.

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