France 2011_Jour 054

Jour 054 - Samedi 21 mai 2011 - 68 km - 249 photos (3687 km et 12351 photos)
De Sainte Enimie à Sainte Enimie (Lozère)

Décidément, je suis réveillé de bonne heure à Sainte Enimie. 7 heures. Le plafond nuageux est bas, le plateau est sous les nuages. Comme hier, je commence ma journée par une connexion sur mon bar, à transférer les fichiers, puis à terminer la saisie de la journée. Pendant ce temps, les nuages ont commencé à se lever.

Je vais suivre aujourd'hui un circuit de découverte publié sur un "carnet du voyageur" délivré dans les Offices de Tourisme du coin. Le circuit porte le titre "roches et géologie". Direction Florac par la D907bis qui longe le Tarn. Vue arrière à la sortie de Sainte Enimie. Il est 9h30, les nuages ne vont pas tarder à disparaitre.

Toujours en vue arrière, car je roule vers l'est, et me trouve donc en contre-jour. C'est superbe, avec les nuages.

La route surplombe un peu le Tarn, et offre quelques belles perspectives. Vers Sainte Enimie.

Vers Prades (en contre-jour), petit village surplombant la rivière.

A Prades, je descends au bord du Tarn. Très belle architecture.

Au bord de l'eau : le mini-barrage de Prades.

Puis je retourne sur la D907b.

Prades vu dans le bon sens, c'est-à-dire avec le soleil dans le dos : c'est nettement meilleur !

Castelbouc est en vue.

Castelbouc pourrait tirer son nom de château des Bouches ("bouc" en occitan) en raison de l'énorme résurgence à 4 exutoires qui le baigne.

Et une vue arrière vers Prades.

Tout le monde connaît cette jolie fleur...

Castelbouc encore.

Je traverse le Tarn sur un pont submersible.

Il y a des centaines de petits poissons, de toutes tailles, que je fais fuir au moindre mouveement sur la berge.
C'est rigolo, ils me font penser aux moutons. L'un d'entre eux décide de fuir, tout le troupeau suit, et le mouvement s'amplifie de lui-même.

Autre vue de Castelbouc. C'est drôle, mais la route conduisant au village démarre au milieu d'une belle épingle à cheveux. Or, aucun panneau n'indique "Castelbouc", j'ai juste vu un panneau "interdit aux motos". C'est ainsi que j'ai loupé ma visite du hameau !

En bas, le fameux petit pont submersible. Sur les côteaux pousse à nouveau la vigne qui tend, depuis quelques années, à reprendre sa place ancestrale.

Je suis sur une petite MD qui suit la rive sud, je reviendrai par la rive nord sur la D907b. En face, c'est Blajoux.

Je ne retraverse pas le Tarn : je viens juste sur le pont pour le photographier.

Des pancartes avertissent le conducteur : "route étroite et difficile, interdite aux camping-cars, camions et caravanes".

Et c'est vrai. Je traverse Montbrun, et ça grimpe dur. Je croise un gars du coin qui descend avec une remorque pleine de grosses pierres. Dans mon rétroviseur, je constate que les roues arrière de sa remorque sont pliées vers l'extérieur, sans doute à cause de l'énorme charge !

Le paysage est merveilleux. Il a, je trouve, une "touche" méditerranéenne.

J'aime bien m'arrêter dans les épingles.

A mes pieds, ce que je croyais être du bois et du tissu s'avère être bien autre chose. Couverts de mouche, ce sont les restes de ce qui fut sans doute une biche ou un chevreuil, au vu des sabots. Deux-trois plumes à quelques mètres me dévoilent le nom de ceux qui ont opéré : les vautours ! Ces charognards ne laissent vraiment rien derrière eux. Enfin, si, puisque des centaines de mouches sont en train de poursuivre leur oeuvre ! La nature s'auto-nettoie. Il faut bien reconnaître qu'elle fait un excellent travail !

Pour ma part, je préfère m'éloigner rapidement -ça sent un peu...- non sans avoir pris quelques clichés.

J'ai désormais une très jolie vue sur la vallée du Tarn, très large à cet endroit.

Vue sur ma MD.

Une autre épingle.

Coup d'oeil arrière. Les murets sont récents, et j'avoue que c'est moins stressant.

Autre vue sur la route. Je préfère monter plutôt que descendre, je trouve que c'est moins impressionnant. En moto aussi, d'ailleurs.

Plus de muret. Instinctivement, je serre à droite !

Dernier regard sur cette grande boucle du Tarn, avant d'arriver sur le plateau.

Le changement de paysage est absolument instantané ! Me voici sur le Causse Méjean, le plus élevé et le moins peuplé des Grands Causses.

Une immense doline, près de laquelle s'est installé le hameau de Mativet.

Cultures.

Soudain, près de Valbelle, je vois quantité de vautours virevoltant au-dessus de moi. En approchant du lieu, deux ou trois traversent la route pas loin de la voiture et j'en aperçois une grande quantité posés sur le sol, au-dessus de moi. Très impressionnant. Je n'ai aucune envie d'aller voir, sans doute sont-ils en train de dépecer une proie. Un gars du pays m'a expliqué que les paysans avaient le droit de déposer les carcasses de moutons morts, sur des emplacements prévus, et à condition d'avertir à chaque fois les autorités chargées des vautours. Leur population est en forte croissance. Il m'a raconté qu'ils se sont jetés sur une quinzaine de brebis bien vivantes, une fois, à une telle vitesse que lorsque le propriétaire est arrivé, c'était déjà trop tard. Comme toujours, l'homme joue à l'apprenti-sorcier, alors qu'il ne sait pas gérer. Tant qu'il s'agit de vautours... Avec l'atome, c'est déjà plus difficile..

Je m'installe un peu plus loin, près de la ferme Pradal, pour manger. C'est aussi le parking de départ pour une petite randonnée que je commence aussitôt après le repas. Coup d'oeil arrière sur le fameux parking. La balade commence par une forte montée vers un pylône au sommet d'un mont dénudé et sis à 1065 mètres d'altitude.

J'y suis. Entre-temps, vous n'êtes pas sans avoir remarqqué le changement de temps.
Comme ces derniers jours, l'après-midi se termine en orages, et je constate qu'il pleut dans la vallée.

Vers le nord-ouest.

Vers le nord-est. A droite, Florac.

Vers le sud-est, Florac à mes pieds.

J'adore marche sur un chemin en crête. C'est fabuleux.

Sur ma droite, la ferme de Pradal. Au fond, le mont Aigoual (1567 m).

Et sur ma gauche, le paysage montré plus haut en trois parties. Ici, vous voyez Florac, au pied des blocs rocheux fortement érodés.
Devant la menace d'une pluie imminente, je renonce à faire le parcours de 3 km. Dommage !

Aussitôt, c'est la descente vers Florac.

Au même endroit, au bord de la route, le dolmen de Pierre Plate, l'un des plus anciens de ceux qu'on trouve sur les Grands Causses.

Pendant la descente, j'observe évidemment quelques arrêts ! Vue sur Florac.

Encore une....

Les courbes de la D16.

Et le ciel s'est à nouveau éclairci.... Dommage, j'aurais pu faire ma petite marche.

Je la trouvais jolie.

Je suis resté un moment à Florac, à surfer. Je n'ai pas trouvé la petite ville jolie, les maisons sont sales et non entretenues, et pour la plupart d'entre elles recouvertes d'enduit cimenté si laid... Par contre, il y a une belle aire pour campings-caristes gratuite. C'est tout ce qui a retenu mon attention. Désolé !

Joli pont à la sortie de Florac.

Au-dessus du Tarnon. Oui oui, ça existe, ce n'est pas le Tarn. Il s'y jette juste un peu après le pont.

Ensuite, je roule sur une... nationale ! Ouahhhh. La N106. Que je quitte très vite, ici, pour retrouver la D907b délaissée ce matin.

Le vieux pont sur le Tarn, à Ispagnac.

Le Tarn, à Ispagnac, depuis ce vieux pont, justement. Vue vers le sud.

Je me retourne, ce qui donne : vue vers le... nord. Bravo.

Puis je traverse Molines, où se trouve l'usine de mise en bouteille des eaux minérales de Quézac situé juste en face. A la sortie de Molines, je pmrends la D31 partant à l'assaut du Causse de Sauveterre. Mais c'est juste pour aller jusqu'à un joli panorama, que voici, sur le vallon Ispagnac-Quézac, entre Mont Lozère, Causses et Cévennes. Une carte géologique nous apprend que la nature des sols y est bien différente : le mont Lozère est granitique, le mont Aigoual est schisteux, les Causses sont calcaires.

Ispagnac est à gauche, Quézac à droite, le Causse Méjean à droite, et l'entrée des Gorges du Tarn, également à droite.

Je redescends aussitôt sur la D907b. La pluie est revenue.

Le Tarn.

Encore le Tarn, forcément.

Si je vous dis Montbrun, ça vous rappelle quelque chose ? Non ?
OK. J'y suis passé ce matin, lorsque j'ai entamé la forte grimpette sur cette jolie MD difficile.
C'est ici. Et c'est cette montagne que j'ai escaladé, pour atteindre le Causse Méjean.

La D907b est très tortueuse, puisqu'elle épouse ses courbes sur les méandres de la rivière.

Juste avant Blajoux, le château de Charbonnières.

Du même endroit, un petit cliché vers l'arrière !

Un peu plus loin, je repasse à Prades, où je suis passé ce matin. Il pleut à verse, et pourtant, à travers les essuie-glaces, j'ai le temps d'entrevoir ce panneau, placé dans un coin, sur un des murs de la mairie. J'arrête aussitôt, pour honorer ces pauvres hommes tués dans cette terrible guerre.

En regardant les noms, les dates, les visages de ces hommes, une grande surprise m'attendait. Vous remarquerez qu'il n'y a pas de photo sur les trois derniers (entre autres). Observez l'avant-dernier cercle, et lisez ce qui est inscrit dans le rectangle en-dessous.

Les quatre frères Mathieu. Morts pour la France. Ce qui devrait vous rappeler un certain film, sur une autre guerre....
Sauf qu'ici, ce ne fut pas un film !
Ils sont indiqués par ordre alphabétique de leurs prénoms. Je vais vous les placer dans l'ordre chronologique de leur mort, ce sera plus parlant !

Le 4 novembre 1914, c'est Elie qui est tué. Il a 30 ans. La guerre vient juste de commencer.
Le 12 janvier 1915, soit juste un peu plus de deux mois plus tard, c'est Denis qui y passe. Il a 25 ans.
Imaginez la douleur des parents...
8 mois plus tard, le 30 septembre 1915, c'est au tour d'Urbain de se faire descendre. Il a 22 ans.
Là, on dit : non, ce n'est pas possible, c'est trop.
Eh bien non, ce n'est pas assez pour la grande faucheuse.
5 mois plus tard, le 24 février 1916, c'est Auguste qui rend son tablier. Il a 36 ans.

Je vous laisse méditer sur l'utilité de la vie.

Et pourtant, tous autant que nous sommes, nous nous y accrochons.

Et, le pire, c'est que nous sommes heureux d'y être, sur cette bonne vieille terre, non ?

 

Personnellement, j'aurais vraiment préféré de pas venir, plutôt que de voir des choses pareilles. Mais si je n'étais pas venu, peut-être n'auriez-vous jamais entendu parler du malheur qui a si cruellement frappé cette famille.

Et vous n'auriez pas à lire mes récits presque chaque jour...

Enfin, j'y suis, maintenant, alors je vais essayer d'y rester le plus longtemps possible.
Snif....

 

Ce sera tout pour aujourd'hui; j'arrive à Sainte Enimie sous la pluie, et je m'installe sur mon bivouac, pour la troisième fois consécutive !

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