France 2011_Jour 056

Jour 056 - Lundi 23 mai 2011 - 40 km - 344 photos (3789 km et 12969 photos)
De Meyrueis à Meyrueis (Lozère) + 6 km à pied

Bien que réveillé, je n'ai pas envie de me lever, et je somnole lorsque soudain, je suis rappellé au monde du réel : des garçons sont en train de jouer. Et comme ce ne sont pas des filles, ils inventent des jeux remuants : ils cueillent les petits fruits des arbres du parking et se les envoient dans la tronche avec force cris et rires. Quand ils ratent leur coup, ça tombe sur la carrosserie, et ça s'entend bien ! Il est 8h45, on ne peut même pas faire la grasse matinée !

Le ciel est bleu, il fait chaud : l'été est revenu, si tant est qu'il soit jamais parti.... Bref, ça va "cogner" aujourd'hui, je le sens bien !

A la sortie de Meyrueis, sur la D996, je vois "Pont des Liards" sur ma carte. Le nom sonne bien, ce doit être joli. J'ai du mal à trouver le chemin. Il y a un petit camping, je vais demander. La dame, très gentille, me fournit le renseignement. Comme je reviens ce soir sur Meyrueis, je lui demande le tarif : six euros. Du coup, je réserve pour ce soir !

Il est magnifique.

Le Pont des Liards est le seul témoin visible de la présence d'un prieuré de moines Bénédictins fondé au XIème siècle et nommé Ayres. Le pont, édifié par eux au XIIème siècle, permettant d'accéder à Ayres depuis le Causse Méjean. Son nom garde le souvenir de la taxe qu'il fallait acquitter pour le franchir. Le liard était une monnaie de cuivre de peu de valeur ayant cours avant 1789.

Regardez bien la pente, et essayez de vous imaginer aux commandes d'un char tiré par des boeufs... Dur dur !

Je reprends Mygoo, direction... le Causse Méjean, pour changer ! C'est là-haut !

Vous le savez maintenant : je m'arrête sans cesse ! Un petit coup d'oeil en arrière vers Meyrueis. Au premier plan, Gatuzières.

Arrivée au col de Perjuret, 1028 m, qui marque l'arrivée sur le Causse Méjean.

Je rigole en voyant cette photo. Un lacet plus bas, un énorme lièvre a déboulé sur la route, juste devant mes roues. Il galopait comme un malade sans quitter le goudron. Puis, tout d'un coup, il a réalisé qu'il pouvait filer dans l'herbe à côté de lui. J'arrête et le prends en photo -trop loin pour vous la montrer-, il était assis, les oreilles bien droites. Je repars, il prend peur, et part à toute allure à l'assaut de la pente. Et, après l'épingle, que croyez-vous qu'il advint ? Mon lièvre était à nouveau devant moi, sur la route ! Le genre "collant"... Cette fois, il m'a fait l'honneur de trois incroyables bonds successifs : quelle panache ! Bravo à lui, je ne l'ai plus revu.

Juste au-dessus du col. Quelle spectacle !

Et c'est le plateau, le Causse Méjean dans sa partie la plus désertique.

J'adore ces grands espaces. Je me dirige de suite vers le hameau de l'Hom.

Situé au coeur de Nîmes-le-Vieux.

Le relief ruiniforme de ce site résulte du lent travail de dissolution de l'eau sur la roche. Seules les parties les plus résistantes restent en place, sculptées par l'eau en formes variées d'arches, de voûtes, etc. Moins imposant que le site de Montpellier-le-Vieux situé sur le Causse Noir, il a un énorme mérite : il est gratuit ! Un sentier d'interprétation y est tracé, faisant une boucle entre les hameaux de l'Hom et de Gally.

Le chemin grimpe. Je me retourne : vue sur les fermes de l'Hom.

Petites pierres plus ou moins rondes, ça glisse, c'est dur. Heureusement, comme mes genoux ont l'air de vouloir faire des siennes depuis quelques jours, j'ai pris la précaution de prendre les bâtons de marche, et j'ai vraiment bien fait !

Curieusement, j'ai comme l'impression de m'éloigner du chaos rocheux; sans doute le chemin contourne-t-il ce petit "puech" à droite.

Une magnifique fleur de chardon. Il y en a beaucoup par endroits le long de ce chemin.

Un troupeau de moutons. Je reste un moment à les regarder. C'est fascinant. Vous savez à quoi ils me font penser ? A un liquide qui s'écoule. Par moments presque arrêtés, au bord d'une pente, comme un ruisseau peut l'être devant un obstacle, le temps que le niveau de l'eau monte. Puis, soudain, ça déborde, et le flot descent. Les moutons font la même chose. Devant la pente, ils restent au bord, se poussent les uns les autres. Mais aucun ne se lance. Cependant, au bout d'un moment, sous la pression, l'un d'entre eux descend : aussitôt, le groupe lui colle à la peau, et ils s'entraînent les uns les autres dans la pente... Et ça accélère... Quel spectacle. C'est vraiment incroyable, je vous assure que ça vaut le coup d'oeil !

Par ccontre, de mon côté, ça ne s'arrange pas : je m'éloigne vraiment de Nîmes-le-Vieux, que vous voyez au loin, à droite.

C'est clair, je ne suis pas sur le bon sentier. En fait, comme il s'agit d'une boucle, il y avait un départ vers la droite ou vers la gauche. J'ai pris à droite.

Mais en fait, le début de la vraie boucle était commun à l'aller et au retour, et c'est ce qui m'a trompé. La fourche était plus loin...

Ce n'est pas trop grave, car je bénéficie, ici, de l'immensité du Causse.
Et je vois bien que je contourne au large le chos rocheux. Je devrais rejoindre Gally, et récupérer la deuxième moitié.

Au loin, quelques "puechs" (sommets) sont recouverts de forêts : on dirait des monts chevelus.

Mon chemin est beaucoup plus facile qu'au tout début, et c'est un vrai plaisir.

Nîmes-le-Vieux à gauche.

Pour ma part, je grimpe -mais c'est léger- sur un puech.

Au sommet, je retrouve le roc, celui qui ne s'est pas encore dissous ! Il y a des cupules de toutes tailles sur la partie plate de la roche, et certaines contiennent de l'eau. C'est ainsi que ça se passe...

Depuis le sommet, j'aperçois une lavogne entièrement cimentée.

Un croisement : je prends à gauche, vers le chaos. Sûr que ce chemin conduit à Gally.

J'approche nettement de la partie finale du chaos.

Au loin, un des sommets chevelus...

Bingo, c'est bien Gally.
Bien vu, mec. Je me félicite, puisque personne ne le fait ! Bande de mauvais camarades !

Superbes maisons caussenardes à Gally.

Au loin, les Monts de Lozère, dans les Cévennes.

Et comme je le prévoyais, je récupère le vrai chemin faisant le tour du chaos.
Là, je tire au sort : gauche ou droite, sachant que, quel que soit mon choix, j'arriverai à l'Hom, forcément.

Je prends à droite. Je ne sais pas si j'ai bien fait, si c'est le plus joli.

Mais ce que je peux vous garantir, c'est que c'est affreux !

Non, je ne parle pas du paysage, mais du chemin. C'est un véritable "casse-pieds" au sens littéral du terme, un "tord-chevilles".

Si vous venez, prenez les gros godillots, je vous le conseille fortement. Et les bâtons ne sont pas du luxe non plus !

Bref, vous l'aurez compris : la marche est extrêmement pénible.

Et, du coup, je suis franchement enchanté de m'être trompé au départ

Car je n'aurai que la moitié du calvaire à supporter.

De plus, c'est assez banal. Je voulais voir un chaos de près. J'ai vu.

Quand vous en avez vu un....

Vous les avez tous vus !

Un ancien chemin, une draille ?

Certains passages sont très délicats.

Une pancarte, au début du chemin, déconseille formellement de le tenter à cheval.

Je confirme, ce serait de la folie. De quoi lui briser une patte.

Ouf, la partie la plus difficile semble être passée.

C'était sous les arbrisseaux que c'était le plus dur.

Voici l'Hom.... Je pense que ça devrait vous faire penser à quelque chose, non ?
Pour les catholiques : "ecce homo", qui signifie "voici l'Homme"...

Il est 13 heures passées, et j'ai un petit creux à l'estomac. Mais je ne reste pas à l'Hom. En effet, ce ne sont que des fermes, et Mygoo est couverte de points noirs bien visibles de loin : mes ennemies les mouches. Je les hais. Je pars sous des cieux plus hospitaliers, et donc loin des hameaux.

Je vais ensuite au Veygalier, hameau situé sur l'autre partie du chaos, où il y a un petit sentier géologique. Il commence près d'une auberge. Et... c'est payant. Je fais donc demi-tour !

Je reprends les MD, avec l'idée de retourner vers Gally par la route.

Superbe paysage.

Près de Gally, je vois sur ma carte à l'écran une "étoile", signe d'un élément intéressant. Effectivement, il y a un passage dans la clôture, avec une petite pancarte : dolmen, 50 mètres. Je marche, je cherche, je ne trouve pas ! Forcément, il y a beaucoup d'effleurements de roche, et de petits arbrisseaux les recouvrant. Tout se ressemble, comment trouver un dolmen dans un tel environnement, où chaque roche y ressemble ! Je retourne à Mygoo, bredouille !

Or, à ce moment, un tracteur passe; je fais bonjour, le gars me répond. Je lui fais un signe qu'il comprend immédiatement : j'écarte les deux mais de mon corps vers le haut en secouant laa tête de droite à gauche... Il crie : si si, il est plus haut, là-bas, vers la droite.

Et je le trouve.

Vu du dessus, dans son environnement.

Il est très profond. A côté, à quelques mêtres, un autre trou, très profond -je ne vois pas le fond-, mais qui semble aller dans sa direction. C'est tellement profond que j'ai d'abord cru qu'il s'agissait de l'entrée d'un aven Il y a plein de végétation autour, je vous garantis que c'est dangereux, et je ne voudrais pas tomber dedans. Comme quoi, sur le Causse, en dehors des chemins, il vaut mieux regarder où l'on met les pieds !

Je ne sais pas si ce dolmen a été fouillé, mais il est très impressionnant !

En retournant, je vois ce beau cratère d'effondrement. Une profonde doline.

Ces menhirs, retrouvés à proximité par des agriculteurs, ont été redressés en bordure de route.

Juste avant Aures, je vois un sentier qui s'approche de la cassure du plateau. Je décide d'y aller, il n'y a que deux ou trois cent mètres de marche. En sortant de la voiture, un groupe de randonneurs passe devant moi, prenant la même direction. Je les suis. Nous discutons un peu. C'est leur cinquième jour de marche, ils auront fait ce soir 120 km depuis leur départ, et il leur reste 4 jours à marcher. On les aperçoit à droite.

En bas, la vallée par laquelle je suis monté ce matin sur le plateau, au-dessus de La Bragouse et Salvinsac.

Un peu plus loin, au liey-dit Le Cayla. Il y a une pancarte explicative très bien faite.

En face, les pentes boisées du massif de l'Aigoual dominées au loin par le mont Aigoual lui-même.

J'adore cette petite route qui longe les crêtes : à gauche la vallée, à droite le plateau du Causse Méjean au bord duquel je roule.

Au loin, j'entrevois un instant Meyrueis.

Peu après, la route passe à côté du GR de pays faisant le tour du Méjean.

Je le traverse juste pour aller "choper" ce paysage que je devinais sur la carte. Bien vu.
Sur la gauche, le bord du plateau depuis lequel je vous ai fait la photo au Cayla.
C'est la vallée de la Jonte vers le col de Perjuret, ou "col du lièvre".... hi hi hi.

Les cheveux d'Ange, c'est le nom local donné à cette herbe. C'est la grand-mère de la jeune femme du camping qui m'en a parlé ce matin.
Ils ont un mois d'avance, m'a-t-elle dit.

Détail d'un Cheveu d'Ange.

La route s'éloigne désormais de la crête.

Tiens, un menhir !

Superbe, dans ce paysage d'exception, où la vue porte loin.

Ce que je trouve vraiment dommageable pour apprécier ces immensités, c'est la présence continuelle des clôtures.
Bien sûr, je comprends que ce soit indispensable.
Mais c'est bien pour ça -entre autres, car c'est aussi tellement plus immense- que les paysages de Mongolie doivent être si fantastiques.

Les pauvres ! Il semblerait qu'il y ait autant de cailloux que d'herbe, non ?

Ah la la... Ces brebis, elles sont vraiment phénoménales.
Elles sont toutes ici, autour de l'arbre, sans bouger, cul à cul...

Que font-elles ? Une prière à leur dieu, pour lui demander plus d'herbe, ou de la pluie ?

Juste ce petit ruban d'asphalte qui me permet de traverser ces immensités sans effort aucun, grâce à Mygoo.

Les maisons du hameau de Costeguison.

L'extrême érosion sur une pierre posée sur un muret.

La D18, peu avant de retrouver la....

D986, que je vais suivre jusqu'à Meyrueis. C'est la même qu'hier soir. Il n'y aura donc pas de photos, je ne vais quand même pas les refaire !

Arrivée au camping à 16 heures.

Hummmmm, la délicieuse douche; c'est quand même bien...
Mais je maintiens que l'eau froide, en pleine nature, quand il fait chaud, c'est également délicieux !

En tout cas, je vous recommande absolument ce petit camping deux étoiles, sur la D996, au Moulin d'Ayres, à la sortie de Meyrueis. Franchement, j'ai rarement vu des cabines de douches aussi bien pensées, dans lesquelles on ne peut pas tremper ses vêtements avec le jet, par exemple. L'accueil et le prix sont également au top. Pour moi, c'est parfait. Il se peut bien que j'y revienne dans une semaine !

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