Première blessure

Première blessure


Certificat de visite.

Souvenez-vous les informations du livret militaire à la page 4. "Blessé le 20 sept. 1914. Balle bras gauche".

Ce certificat de visite nous confirme donc les assertions du livret militaire.

- Joseph Boizard, 123ème de ligne. Il appartenait donc au 123ème R.I. (Régiment d'Infanterie).
- Information sur la blessure : Balle bras gauche.
- à Tulle, le 20 septembre 1914.
- Tampon : Le médecin chef - 12ème Corps d'Armée - Hôpital temporaire de Tulle.

Observations du médecin traitant au moment de la sortie : évacué du front sur Tulle. A évacuer sur son dépôt. Le 22 septembre 1914

Puis une dernière indication : vu le 25 sept. 1914.

 

Plusieurs remarques à propos de ce certificat.

Blessé sur le front, il est évacué sur Tulle. Il est ausculté à l'hôpital temporaire de Tulle, appartenant au 12ème Corps d'Armée, le 20 septembre 1914. Or, le livret militaire dit qu'il a été blessé le 20 septembre. Ce n'est pas possible. Il ne peut avoir été blessé le 20 septembre et, le même jour, être ausculté à Tulle ! Son régiment, le 123ème R.I., se trouvait aux environs de Berry-au-Bac, près de Pontavert, dans l'Aisne, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Reims. Entre les deux, 500 kilomètres à vol d'oiseau !

Tulle, hôpital temporaire du 12ème Corps d'Armée. Il a sûrement été aiguillé par erreur sur cet hôpital. En effet, le 19 aôut, le régiment est incorporé dans la 5ème Armée, 3ème Corps d'Armée. Puis, fin août, il rejoint le 18ème Corps d'Armée. Nulle part il n'est question du 12ème C.A. (Corps d'Armée). A-t-il été mêlé à un moment à des éléments appartenat à ce C.A., je le pense. Toujours est-il que le médecin n'en veut pas dans son hôpital et le renvoie sur son dépôt par décision du 22 septembre 1914. Je suppose qu'il a été soigné entre le dimanche 20 septembre (jour de la visite à l'hôpital) et la décision de son renvoi vers son dépôt le 22, c'est-à-dire pendant deux jours. Une blessuere au bras n'empêche pas de marcher, d'où la décison. D'ailleurs, le document étant une nouvelle fois visé à Tulle le vendredi 25 septembre, c'est vraisemblablement à cette date qu'il est physiquement parti.



Certificat de visite - Billet d'hôpital - Dépôt militaire de guerre à La Rochelle. Vue globale du document, découpé en deux parties plus bas pour une vue détaillée.


S'il est parti de Tulle le 25 septembre 1914 comme je le suppose, il était à La Rochelle le même jour. Pourquoi pas ? Les trains fonctionnent bien, et il n'y a que 250 km à vol d'oiseau entre Tulle et La Rochelle.

Il est donc reçu à l'hôpital de La Rochelle le 25 septembre par le médecin-major. Le soldat Boizard de la 25ème compagnie sera admis à l'hôpital étant atteint de plaie par balle, bras gauche. Dans la partie droite, qui est le billet d'hôpital proprement dit, figurent en haut les renseignements d'état-civil du malade. Quelqu'un (autre écriture) y a ajouté son corps : 123 d'infanterie. Cette information est très importante, car elle devrait permettre de déterminer à quel endroit iol se trouvait sur le champ de bataille de façon bien plus précise que la seule information du numéro de régiment. Malheureusement, je ne vois pas trace de cette 25ème compagnie. On sait, par son fascicule de mobilisation, qu'il a été incorporé au 123ème (ce qui est toujours vrai fin septembre 1914), mais dans la 8ème compagnie du 2ème bataillon. Avec les pertes et le désordre des premières semaines de combat, les unités ont sans doute été remaniées.

Sur la partie basse, côté gauche, nous avons deux nouvelles informations. Notre soldat hospitalisé a été évacué sur Chatelaillon. Sans date. Mais j'ai appris que la 18ème Région Militaire (Bordeaux) dont faisait partie notre soldat avait deux hôpitaux à Chatelaillon, grâce à cette discussion. Le HA n° 54  Chatelaillon - Etablissement Privé - 75 lits - SSBM - Fonctionne du (31 octobre 1914 au 1er janvier 1916) et le HA n° 130  Chatelaillon - Association Vacances Populaires - 80 lits - UFF - Fonctionne du (24 décembre 1914 au 1er janvier 1916). Du coup, je dirais qu'il a été transféré au HA54, ouvert au 31 octobre 1914 seulement, l'autre n'ayant ouvert que le 24 décembre, date à laquelle il était parti ! Il n'est donc pas resté longtemps à Chatelaillon puisque nous apprenons qu'il est évacué sur le dépôt de convalescents de La Rochelle le 19/11/1920. Pour en ressortir dès le lendemain 20 novembre 1914, tel qu'il apparaît en bas à droite.

Ensuite ? Je pense qu'il est alors retourné à sa caserne initiale de La Rochelle, là où il fut mobilisé. En effet, nous avons appris, sur son livret militaire, dans la description de ses campagnes, que la deuxième partie de ses campagnes débute le 26 décembre 1914. J'en conclus qu'il est peut-être resté quelque temps sur La Rochelle (entrainement, remise en forme définitive ?), et qu'il a aussi peut-être bénéficié d'une permission en tant que blessé de guerre, avant de se retrouver sur le front le samedi 26 décembre 1914.

En août 1914, l'infanterie de l'armée d'active compte 173 régiments d'infanterie dont l'effectif réglementaire est d'environ 120 officiers et 3250 hommes de troupe. A cette armée d'active s'ajoute l'armée de réserve, constituée des réservistes (forcément !). Or, lors de la mobilisation de 1914, les jeunes réservistes (les classes 1908, 1909 et 1910) sont versés dans les régiments d'active. Et chaque régiment d'active forme un régiment de réserve dont le numéro est le même, augmenté de 100. Ainsi, le régiment de réserve du 123ème R.I. est le... 123+200 = 323ème R.I. Ces régiments de réserve sont composés de deux bataillons, numérotés 5 et 6. Le régiment d'active est composé de 3 bataillons, parfois mais rarement 4 (9 régiments seulement auront 4 bataillons), numérotés de 1 à 4, le 4 restant ouvert même si non utilisé.

Quand sonne l'heure de la mobilisation générale, le 123ème R.I., régiment de la Rochelle, était formé par les classes 1911, 1912, 1913. Il fut complété par les réservistes des classes 1908, 1909 (notre soldat Joseph Boizard fait partie de ceux-là), et 1910. Il se compose de trois bataillons. Un bataillon (environ 1.000 hommes) comprend une section de mitrailleuses et 4 compagnies numérotés de 1 à 4 pour le 1er bataillon, 5 à 8 pour le 2ème, et 9 à 12 pour le 3ème bataillon. C'est pour cette raison que je ne comprends pas le numéro de compagnie de Joseph Boizard, la 25ème compagnie !

Le 5 août 1914, le régiment, composé de trois bataillons, trois sections de mitrailleuses et une C.H.R. (54 officiers, 3286 hommes et 160 chevaux), sous le commandement du lieutenant-colonel HUBERT, est embarqué en gare de la Rochelle pour le nord-est de la France.



On notera la mention du n° "réserve 2442".


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