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Du 5 au 6 février 2019 : Cabo Sardao.

5 février, descente à Almograve, 8 km à pied, puis bivouac plus au sud au Cabo Sardao. 6 février, 24 km de VTT, même bivouac. Tempête de soleil, coups de soleil, bronzage. En T-shirt dans la journée, mais de nouveau froid pendant les deux nuits au cours desquelles le thermomètre est descendu à 2°C.

5 février. Nous quittons notre joli coin de bivouac de V.N. de Milfontes et descendons au village côtier suivant vers le sud : Almograve. Là, tout est interdit aux camping-cars, y compris la petite route côtière et le grand parking en bord de mer. Nous décidons, après réflexion, d'y rester seulement le temps de notre randonnée.

Très joli moulin situé à Longueira, juste avant Almograve.

Nous retrouvons donc la Rota Vicentina, qui longe la côte, et partons vers le nord voir la portion située au sud de celle effectuée avant-hier. Ainsi, sans faire exactement la totalité de la voie, nous en faisons la plus grande partie, et même davantage. En effet, le sentier passe très souvent en retrait du trait de côte. Nous adoptons une autre méthode : nous longeons le rivage au plus près, descendant même sur les plages lorsque c'est possible (pas toujours le cas en raison des falaises souvent trop abruptes), et revenons par la voie officielle. Ainsi, nous voyons une grande partie des plages et criques qui échappent à ceux qui s'en tiennent strictement au chemin tracé.

Géologiquement, le rivage est ici exceptionnel, les plaques qui furent un temps horizontales ont été basculées dans tous les sens, pliées, tordues, enfoncées comme de vulgaires brindilles, nous donnant une image précise de la puissance de Dame Nature. J'essaie de vous montrer ces strates du mieux possible, mais une fois de plus, les lumières violentes (et mon pauvre appareil photo) ne rendent pas vraiment justice à la beauté de ce que nous avons vu. Au fait, j'ai ici mon gilet plus le coupe-vent, car nous venons juste de démarrer, et il est encore tôt. Mais dix minutes plus tard, gilet et k-way étaient enlevés !

Ici, nous avons été obligés de nous déchausser pour franchir ce ruisseau, et nous aurons droit à la même punition au retour ! J'ai trouvé l'eau glaciale, alors que Claudine ne l'a pas trouvée si froide que ça...

Le sentier est tantôt très étroit, tantôt fort large.

La mémoire du vent, chère à Claudine.

Séquence "admiration".

Séquence "émerveillement".

Séquence "mise en mémoire".

Séquence "rigolote", mais "gla-gla".

Vu du haut, le petit ruisseau que nous venons de franchir....

Nous avons rencontré quelques randonneurs, principalement des jeunes. Et nous sommes restés discuter une heure entière (nous avons vérifié) avec Stéphane, un entrepreneur français d'une bonne cinquantaine, venu marcher depuis Compostelle. Il avait fait le chemin Le Puy-St Jacques, il voulait le poursuivre à travers le Portugal, pays qui l'intéresse énormément. Il songe à y acheter une vieille maison et à la rénover. Ce fut un échange très riche, humainement et philosophiquement.

Comme nous avons pique-niqué au sommet des dunes, et qu'il fait encore très chaud, nous décidons d'aller nous tremper les pieds sur la magnifique plage d'Almograve, la Praia Grande, avant de quitter le village. Nous y rencontrons deux Népalais, émigrés ici, attendant l'opportunité de trouver un travail. Toute la région est occupée par de très nombreux émigrés, l'immense majorité d'entre eux étant de type népalais, hindou. Nous avons discuté avec ces deux jeunes pendant au moins une demi-heure, en anglais. L'échange fut, de nouveau, très riche tant humainement que philosophiquement. A part ça, Claudine comme moi nous sommes pris des vagues un peu fortes, et sommes revenus avec des pantalons bien trempés d'eau de mer... Mais nous avons bien rigolé, et c'est là l'essentiel. Instants magiques, comme toujours.

C'est finalement ici, quelques kilomètres au sud, au Cabo Sardao, près du phare, que nous avons planté la tente. Avant de rentrer dans nos appartements, nous sommes allés faire une petite reconnaissance de notre nouveau territoire.

Tournée vers le sud, Claudine admire les falaises et le long trait de côte descendant vers la pointe extrême portugaise, tout à droite, vers le Cabo de Sao Vicente.

Les jours sont de plus en plus longs, et je dois ressortir pour photographier l'incendie laissé dans le ciel par notre étoile.

A l'intérieur, les choses sont plus prosaïques, mais tout aussi intéressantes !




6 février. Ciel bleu pur. Un peu de vent. Froid au lever, mais se réchauffant extrêmement vite. Nous décidons de prendre les VTT pour descendre vers le sud, car c'est la seule portion d'étape faisable en vélo (moins de sable). Nous ferons 24 km en tout et avons hautement apprécié les VTT. En effet, ils nous ont permis d'accéder à toutes les falaises et criques les unes après les autres, ce que nous n'aurions jamais pu faire si nous avions été à pied, la voie passant vraiment majoritairement très en retrait du bord des falaises.


Là, ce fut le grand bonheur. Claudine l'avait lu, Claudine les a vues la première. Ici, sur ce petit bout de Portugal, nous assistons à un spectacle extrêmement rare, puisque c'est le seul endroit au monde où il se produit : les cigognes du littoral, vivant sur les falaises, ayant construit leurs grands nids sur des pics inaccessibles aux hommes, au-dessus des ressacs, hors de portée de la falaise principale. Nous en avons vu plusieurs dizaines, ce fut absolument grandiose et, sans conteste possible, le clou de cette randonnée. Malheureusement, une fois de plus, elles étaient hors de portée de mon objectif mais, au moins, vous savez qu'elles sont là et pouvez venir les immortaliser avec vos propres appareils.

La tronche du voyageur totalement épanoui.

Là-bas, aussi loin que porte le regard, la suite ininterrompue des hautes falaises portugaises, noyées dans la brume émergeant des vallées humides. Bien entendu, le grand nid et sa propriétaire n'auront sans doute pas échappé à votre regard acéré, sur le piton rocheux, au premier plan. Grandiose !

Là, à nos pieds, une véritable petite colonie : nous avons dénombré 7 nids, tous occupés. Essayez de repérer les petites taches blanches et noires. En plus de ça, c'est l'époque des amours, et nous avons assisté avec beaucoup d'émotion à plusieurs parades nuptiales.

Vu depuis l'autre côté de la falaise, on les distingue... OK, c'est facile pour nous, puisque nous savons où elles sont !

La Praia do Tonel, seule plage du secteur, et pratiquement... inaccessible !

Encore un nid occupé ici...

Magique, n'est-il pas ?

Vous les voyez, au premier plan à gauche ? Et admirez l'immense piscine naturelle à leur disposition en bas !

Nid vide ? Que nenni ! Ce nid était le plus proche de nous, et bien entendu, elles se sont envolées alors que je les filmais, vraiment à deux pas. Une fois de plus, un très grand moment.

Là, tout en bas, le minuscule port de pêche appelé "Entrada da Barca". C'est là, près de la digue, que nous avons cassé la croûte. Le sentier de la Rota Vicentina y descendait à l'aide d'un escalier pendu, il nous a fallu faire un détour de 3 kilomètres pour y accéder, mais avec les VTT... A savoir, quand même : nous n'avons utilisé l'énergie électrique de nos VTT que pour remonter cette pente, le reste a été réalisé seulement avec nos petites gambettes, y compris dans les portions un peu ensablées et/ou inondées par les pluies des jours récents.

Retour en direct par la piste. Et du coup, pas de nids, pas de cigognes. Aussi, si vous venez là, n'hésitez surtout pas à quitter la voie tracée et à vous approcher des falaises, même si elles sont loin. La récompense n'en sera que plus grande. Belle soirée dans la chaleur de Rouletabille. Quelques voisins, deux-trois camping-cars, hollandais et français, pareil hier soir, mais pas les mêmes. Le seul désagrément, pour moi, est le manque de réseau. Mais bon, ce n'est pas indispensable non plus, hein, et j'y ai survécu !

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