Culture-Aventure à Paris

Samedi 17 et Dimanche 18 Mars 2007
Festival Culture Aventure

Depuis ma première expérience en "festivals", à Saint-Valéry-en-Caux, je suis allé voir celui de la 7ème Biennale du carnet de voyage à Clermont-Ferrand les 17-18 et 19 novembre 2005 à Clermont-Ferrand, puis en dernier lieu le festival ABM Globe Trotter de Massy du 23 au 24 septembre 2006.

J'ai immédiatement pris goût à ces manifestations qui se déroulent autour du thème du voyage. En fait, tout me plait. Voir les réalisations des voyageurs -films ou diapos-, mais aussi voir les voyageurs eux-mêmes, pouvoir les questionner, apprendre pourquoi ils sont partis, ce qu'ils ont ressenti, ce qu'ils ont vécu... Les mots me manquent pour décrire ce que je ressens à chaque fois, mais en tout cas, je peux vous affirmer qu'en sortant d'un tel festival, j'ai la tête remplie d'images, de paysages, de personnages, de rencontres, de peuples, à un point tel que j'y pense pendant plusieurs semaines encore après l'événement. En fait, si je ne peux pas partir en voyage, alors je vais voir un festival de voyage, et alors là, vous pouvez me croire sur parole, c'est exactement comme si j'avais voyagé, pour un prix défiant toute concurrence...

 

C'est pourquoi j'ai décidé d'aller voir cette année un nouveau festival, le festival Culture Aventure, à Paris, les 17 et 18 mars 2007. L'organisation est un peu particulière. Il y a deux salles, une petite de 100 places et une plus importante de 350 places. Et dans chaque salle, il y a 5 séances de projection par jour -samedi et dimanche-, chaque séance étant composée de deux représentations, généralement une plus courte que l'autre, la plus courte en premier. Les présentations ayant lieu en même temps dans les deux salles, il est impératif de procéder à un choix, pourtant bien difficile, car il n'est pas possible de tout voir!

 

Voilà. J'ai donc pris le maximum. 5 spectacles le samedi, et 5 spectacles le dimanche.
Soit 20 voyages, 20 aventures, 20 rêves.
Deux journées entières devant les écrans! Comme à Saint-Valéry-en-Caux!

Je n'ai pas de photo, rien. Mais j'ai quand même pris la décision de vous raconter ce que j'ai vu, pour partager les émotions ressenties, et aussi pour remercier les auteurs-réalisateurs des voyages présentés!

 

J'arrive en métro. Je descends à la station Chatelet. Pas trop de monde. Il fait beau. Les rues sont presque désertes. Je côtoie ceux qui se lèvent tôt, ceux qui travaillent le samedi. La plupart des boutiques sont fermées. Il est 8h40. Je trouve rapidement la rue Saint Martin, puis le numéro 199. C'est bien ici. Je me renseigne, mais il me faut revenir plus tard. Eh oui, je suis en avance, comme d'habitude! J'ai toujours aimé venir voir, repérer les lieux, bien avant l'ouverture. Ainsi, je connais, j'ai l'esprit tranquille, je peux me détendre, je sais où c'est... J'ai plus d'une heure devant moi, je décide de marcher un peu. J'aperçois une belle église là-bas, c'est l'église Saint-Martin. J'essaye d'entrer, mais tout est barricadé! Je passe devant le Conservatoire des Arts et Métiers. Puis j'arrive sur un grand boulevard, le Boulevard Saint Martin, en face du théâtre de la Renaissance. J'admire la Porte Saint-Martin. Les immeubles sont magnifiques. Paris est beau, j'aimerais avoir mon appareil photo, évidemment... Je retourne doucement vers mon festival, après m'être offert un grand crème et un beau croissant!

 

Samedi 10h30, salle Bivouac.

Il n'y a pas grand monde, je suis surpris.
D'un autre côté, c'est agréable. Je peux me mettre devant, et ainsi mieux voir les voyageurs.

Ce premier voyage, ce sera avec Emmanuel Vauquelin. C'est un cycliste, enfin plutôt un cyclo-routard, comme il se définit lui-même, et il m'emmène sur les routes de l'Himalaya. Avant de commencer son diaporama, il se présente. Il a un fort accent, que je pense être un accent du Nord. C'est un immense gaillard, et le vélo parait presque petit près de lui! J'avais prévu de lui poser des questions sur un tel voyage, mais en moto, car j'adore le deux-roues... avec un moteur... !

Je n'ai pas eu besoin de poser ma question! La réponse, Emmanuel me l'a apportée à maintes reprises durant le diaporama. Là où il est passé, bien d'autres, même en vélo, auraient fait demi-tour. Le spectacle des routes emportées par les rivières en crues, des précipices au-dessus desquels un minuscule routin passait, perdu dans la pente, à peine visible, des torrents de boue... Bref, vous l'aurez compris, une moto ne passe pas ici. Mais Emmanuel n'a pas laissé tomber, il est passé! Avec l'aide des autochtones qui ont parfois porté son vélo, souvent seul. Il est allé au bout de ses rêves, il n'a pas laissé tomber! Les photos sont magnifiques, le diaporama est bien fait et plein d'humour, comme seuls en ont les globe-trotteurs, et le voyageur nous parle aussi de ses contacts avec la population locale, les écoles. Il a parrainé un enfant, par l'intermédiaire d'une association, ce qui permet à cet enfant de pouvoir aller à l'école.

J'ai adoré. J'ai admiré aussi. C'est parti, je suis en voyage. Et c'est merveilleux! Merci Emmanuel, et bravo.

 

Samedi vers 11h15, toujours dans la salle Bivouac.

C'est maintenant Manuel Vidal qui vient nous présenter un film.

Il le dit de suite: le but de ce film était de faire un film, et non pas la balade, cette dernière étant le prétexte. Mais ça ne change rien pour moi, à peine ai-je ressenti une petite déception en entendant cette remarque. Peu importe. J'adore la randonnée. Qui plus est, j'ai lu de nombreux bouquins sur la randonnée "au long cours" avec un âne. Enfin, comme je suis fainéant, je suis à la recherche de solutions pour ne pas avoir à porter... tout comme je cherche des solutions pour ne pas avoir à ... pédaler! Donc, place au film de Manuel Vidal.

Passionnant, c'est bien le mot qui convient pour décrire ce film. Passionnant à plus d'un titre. D'abord pour le pays traversé, les Cévennes, en France. Je suis heureux que quelqu'un, dans ce festival, nous invite à voyager en France. C'est plutôt rare, tout voyageur rêvant de partir loin, très loin, toujours plus loin... Ensuite, pour le motif de ce voyage, le fil conducteur, l'écrivain Stevenson, qui a déjà fait ce même voyage! Encore, pour les belles images d'automne, des sous-bois merveilleux: il ne me manquait que les odeurs, encore pouvais-je les ressentir en voyant les images de ces matins de brume. Et enfin pour les rencontres effectuées le long du chemin. Fantastique! J'ai été profondément touché par la rencontre avec cet homme qui fabrique des paniers d'osiers, et qui raconte à Manuel sa propre expérience de quatre années de voyage à travers la France en compagnie d'un âne! J'aimerais d'ailleurs rencontrer cet homme, et j'espère bien y parvenir! Voilà encore bien des rêves pour moi. Le festival tient toutes ses promesses, il démarre très fort, je suis emballé, je suis sur un nuage! C'est comme en voyage: les images, les rencontres, les surprises, c'est merveilleux.

Merci Manuel, pour ce film, pour notre échange, et pour avoir partagé ces moments de vie avec nous! Bravo.

 

Prochain spectacle à 13 heures. J'ai un peu de temps devant moi pour me restaurer. J'ai faim, et je sais qu'ensuite, je serai très pris... Heureusement, tout est là, à portée de mains. J'en profite pour remercier les organisateurs de leur gentillesse, et de leur savoir-faire -je n'ai vraiment pas eu l'impression d'assister à une "première" édition! Donc, je vous l'ai dit, il y a deux salles. L'une est au rez-de-chaussée, avec une partie des "stands" où se tiennent les voyageurs-réalisateurs, et l'autre est au premier étage, avec les autres stands, un comptoir et quelques tables, chaises et coussins. C'est là que se situe l'intendance. Il y a du choix (boissons chaudes ou froides, sandwichs divers, sucreries) à des prix extrêmement corrects, ce que j'ai vraiment apprécié. De plus, la température des locaux est excellente, bref, je félicite tout le monde. Pour moi, parfait!

 

13 heures déjà! Je retourne dans ma petite salle.

Quatre jeunes filles en Amérique du Sud, à la rencontre de femmes actrices de l'économie solidaire, et du commerce équitable. J'assiste à ce spectacle un peu par obligation, car c'est le suivant qui m'intéressait. Mais comme les séances sont regroupées par deux, je n'ai pas le choix... Cependant, je les remercie pour les personnages qu'elles nous font rencontrer, c'est toujours intéressant! Et aussi pour leur enthousiasme et la foi apportée dans leur démarche et leur recherche d'un meilleur partage du fruit du travail de toutes ces femmes. Malheureusement... Enfin, la jeunesse est pleine d'espoir et croit en un avenir meilleur! Pour ma part, je pense que le meilleur échange possible, ce qui apporte le plus à celui qui travaille, c'est le système du troc. L'argent, en facilitant le troc, facilite l'exploitation, du moins me semblet-t-il... Merci pour ces témoignages, en tout cas, et j'espère sincèrement que tout ceci sera bien suivi d'effet!

 

Aux environs de 14 heures... Le chemin inca.

Grandiose. Fantastique. J'ai vraiment adoré. Quelle aventure. Quel périple. Et aussi quel groupe de copains, quelle entente, quel merveilleux exemple! Bref, vous l'aurez compris, ces trois-là m'ont conquis! Une moitié du chemin à pied, une moitié en vélo. Je vous remercie tous les trois pour ce fabuleux témoignage, pour les images magnifiques rapportées de ce continent sud-américain que vous m'incitez à visiter aussi, c'est évident, pour les informations historiques et culturelles! Et merci pour la bonne humeur qui se dégage de votre aventure. Et pour votre simplicité, et pour votre courage, et pour votre modestie. Car très franchement, ce que vous avez réalisé n'est pas à la portée de tout le monde. Pour ma part, je sais bien que je suis incapable d'accéder aux sommets que vous avez atteints, mais je vous remercie pour le partage que vous en avez fait avec nous, les voyageurs en herbe!

L'odyssée andine, à voir sur leur site!

 

15h45. Changement de salle. C'est la première fois que je pénètre dans celle-ci. Elle est beaucoup plus grande. Le fond de la salle est surélevé, et permet de s'affranchir des têtes des spectateurs qui sont devant vous.... C'est là que je m'installe!

Je retrouve ici Julien Leblay, dont j'avais déjà vu un premier diaporama à Clermont-Ferrand. Il nous emmène cette fois dans les pays de l'ex-Yougoslavie. C'est très intéressant, et je m'empresse de rajouter ces pays à la longue liste de ceux que je veux voir! Faisant partie de l'Europe, ce sera plus facile à réaliser. Julien prend un réel plaisir à voyager en vélo, et je constate que, lui aussi, a encore plein de projets en tête. Ses commentaires pertinents sur les pays traversés sont pour moi très importants, sachant qu'il déteste littéralement, comme moi, les coins "sur-saturés" de touristes. Et à cet effet, je prends bonne note des points supplémentaires attribués à la Slovénie et au Monténégro! Merci aussi pour toutes les informations révélées, notamment sur l'énorme problème des zones encore minées...!

 

Vers 17 heures. Le Sahara sur un fil. Régis Belleville. Un film de 52 minutes.

J'ai déjà vu ce film à Clermont-Ferrand. Mais je voulais le revoir, car j'avais admiré, et l'exploit, et l'homme. Je n'ai pas été déçu, c'est bien évident, et j'ai donc revu le film avec plaisir. Mais à la fin, j'ai eu la joie de voir le personnage s'expliquer, répondre aux questions des spectateurs. Une très belle rencontre, un très grand monsieur! Là, il s'agit évidemment d'un explorateur, pas d'un voyageur. Cette fois, je remercie son auteur de nous faire partager ses découvertes, de lever un peu le voile sur une région de la planète que je suis incapable de parcourir. Je suis heureux que ces zones existent, que l'homme peut difficilement atteindre, et donc modifier, voire perturber! Mais que certains hommes y aillent, oui, c'est bien, si ce sont des hommes comme lui, qui sont capables de vivre avec la nature, mais qui ne la dénaturent pas! Merci Régis, pour ce que j'ai vu, et pour ce que j'ai entendu aussi, pour votre modestie. Chapeau bas!

 

18h15. Dans la même salle. Phnom Penh-Kaboul-Paris en moto 125 cm3

Ce sera la déception de ce festival. J'attendais beaucoup du récit de ce voyage, vraiment beaucoup. Parce qu'il s'agit d'une des routes que je vise, parce qu'elle a été effectuée en 125 cm3... Mais rien, je ne verrai ni ne saurai rien de ce voyage. Ce n'était pas pour le voyage, c'était pour demander aux gens à quoi ils rêvent! Quelques belles et -trop- rares photos.

Les deux voyageurs, par contre, ont beaucoup beaucoup parlé de leur projet de connecter les rêves sur Internet, pour aider les gens à concrétiser leur rêves. J'ai eu l'énorme impression qu'il s'agissait de la promo d'un site commercial...???

Trop déçu!

 

Vers 19 heures. L'île rouge...

Tout un programme. J'attendais d'entendre ce récit depuis longtemps, car cette île m'intéresse de plus en plus. Pourquoi? Mais tout simplement parce que j'y suis né. Et cette envie d'aller voir, d'aller sur les traces de mes parents plus que sur les miennes, est relativement récente, voire très récente! Et je n'ai pas été déçu par les deux jeunes filles ayant effectué et réussi ce magnifique périple de 1500 km à pied à Madagascar. Et je tiens à les remercier de leur témoignage, de leurs photos, de leur récit, des rencontres qu'elles ont eues, et du partage qu'elles font de leur aventure avec nous. Je sais à qui leur DVD va faire un immense plaisir. J'espère que mon père les contactera, en tout cas, je suis persuadé que s'il le fait, il sera bien accueilli! Pour ma part, je sais à qui je m'adresserai le jour où je déciderai d'y aller voir en personne! Merci à vous, Cécile et Lydie.

Au niveau de l'aventure en elle-même, j'aurais aimé vous questionner sur la partie "jungle" évoquée à un moment du reportage. Il règne une forte tension dans cette partie de votre film, du moins l'ai-je ressentie ainsi! Je voulais savoir si ces frayeurs ont réellement été des frayeurs, ou si c'est juste une volonté "scénariste"? Car les moments où vous pénétrez dans ces eaux rouges et sombres font bien ressortir une certaine angoisse, et je n'ai pu m'empêcher de penser aux caïmans... Y en avait-il ?

 

Toutes ces émotions m'ont creusé l'appétit! Heureusement, il y a toujours quelqu'un au comptoir pour nous servir de délicieux sandwichs, et ce toujours avec le sourire, ce qui est encore plus agréable. Alors merci aussi pour ça, amis organisateurs.

 

20h30 déjà! Me voici à nouveau dans la petite salle "Bivouac", au tout premier rang, cette fois!

L'Afrique en ULM. Thierry Barbier est là en personne pour nous présenter son tout petit film. En effet, 12 minutes seulement, c'est bien peu... Pour ma part, je l'avais déjà vu, dans une version bien plus longue, lors du festival de Saint-Valéry-en-Caux. Et c'est avec plaisir que je l'ai revu, car il émane de lui beaucoup de gentillesse et d'humour. Les débats ont été pleins de rires, car Thierry nous a parlé avec énormément d'humour des difficultés à garder une amie, quand on a une âme vagabonde! Il nous avoue ne pas concevoir la vie sans "bouger" régulièrement, et j'aime bien cette philosophie de la vie! Que j'ai de plus en plus envie de mettre en pratique... Alors merci beaucoup, Thierry, pour ces merveilleux moments de partage et de bonne humeur, de belles images et de belles histoires. Et merci de nous montrer une autre possibilité d'évasion: un ULM...

 

Vers 21h30... Au pays des Massaï.

Un Breton en Afrique... Yann débarque, très sérieux, et lance son diaporama de façon très saccadée. J'ai l'impression qu'il ne sait pas par où commencer. Puis je me rends compte qu'il ne sait pas s'il va pouvoir dire tout ce qu'il veut dire. Sa pensée va plus vite que ses paroles, il commence à nous parler d'un truc, puis un autre lui arrive à l'esprit, dont il voudrait aussi nous parler, pour nous faire comprendre... Mais je comprends. Et je ne suis pas le seul, ça se sent. Il fait vibrer la salle, oui, littéralement, nous sommes suspendus à ses lèvres. Il a vécu un événement bouleversant, il a ressenti des choses qu'il a du mal à exprimer... Il a cotoyé un monde, un autre monde, un peu comme un voyage dans le temps et dans l'espace. Il s'est trouvé catapulté par la machine à remonter le temps, et il a vu, il a vécu quelques jours dans un état presque second!

Merci de nous avoir fait ressentir un peu de ce que tu as découvert, effleuré, et qui t'a tellement bouleversé. Et je le comprends! Bien que n'ayant jamais vu ça, j'ai vraiment eu l'impression d'y être. C'était génial. Et pourtant, Yann, tellement envahi par ses émotions, par ses souvenirs, a parfois oublié de nous montrer ses diapos... et ce fut pourtant un fabuleux voyage, et je te remercie pour m'y avoir conduit si simplement, et en même temps si intensément!

Un Massaï dans un cyber-café... un Massaï dans un 4x4... un Massaï dans la brousse, seul avec sa lance et son couteau. Un peuple incroyable, un peuple extraordinaire, un peuple encore en vie! Pourvu que ça dure encore très très longtemps!

Un grand, un très grand moment de ce festival. Bravo et merci beaucoup!

 

Fin de la première journée. Je serais bien resté ici, à discuter, avec Yann et les autres, à refaire le monde....

Mais les responsables nous poussent vers la sortie! Ils sont un peu pressés de fermer, ils doivent avoir encore du boulot, ranger, préparer pour demain, je suppose....

Il n'est pourtant pas très tard, 22h30 environ. J'ai la tête pleine de souvenirs. Non, ce n'est pas ce matin que je suis arrivé ici, mais il y a au moins deux ou trois semaines. Je ne sais plus tout ce que j'ai vu, mais je suis bizarrement un peu "sonné", comme si j'avais parcouru réellement des milliers de kilomètres et rencontré des milliers de personnes.

Aujourd'hui, j'ai beaucoup voyagé, et je sais que cette nuit, je vais beaucoup rêver...

 

Dimanche 18 mars 2007.

9h30.

Me voici à nouveau au 199 de la Rue Saint-Martin, Paris 3ème.

La porte est ouverte, je rentre, et demande l'autorisation de m'asseoir devant un bon café, sur une des petites tables rondes devant le comptoir. Autorisation accordée. C'est la ruche autour de moi. Tout le monde s'affaire, les voyageurs, les réalisateurs, les bénévoles, chacun s'active pour nous rendre cette nouvelle journée aussi réussie que la précédente.

Je prends une des revues achetées hier, sur le cyclo-tourisme, et je me plonge avec délice dans la lecture de récits de voyages.. à vélo. Soudain, quelqu'un m'adresse la parole, attiré justement par la revue que je suis en train de parcourir. Il m'a pris pour un cycliste, normal! Mais ce qui me plait, c'est tout simplement que cette revue a servi de vecteur d'échange entre nous. Et ce qui est rigolo, c'est que mon interlocuteur commercialise lui-même un moyen d'échange entre les peuples. Tout simplement un tee shirt, un sweat shirt, un bonnet ou une casquette, sur lequel est imprimé le message suivant : Bonjour, parlez-vous........... ? dans n'importe quelle langue! C'est génial. Il dit l'avoir vécu en Corée, et après avoir écrit son "appel" dans la langue du pays, il a immédiatement été abordé, aidé, submergé par les réponses des autochtones à son appel. Son nom? Patrick Zulméa. Un grand, très grand voyageur! Nous avons "papoté" un moment ensemble, c'était très agréable! Et tellement sympathique. J'ai été heureux de faire ta connaissance, Patrick, et je ne manquerai pas de tester ton produit avant de partir. Si vous voulez en savoir plus sur ce concept génial, allez sur son site, tout y est expliqué! Dommage qu'il n'y ait pas un mot sur lui, et sur ses voyages!

Merci pour cette rencontre.

 

Dimanche 18 mars 2007.

10h30, salle "Bivouac".

Amerikastola. Rencontre inattendue, car je n'avais pas vraiment perçu le message avant! Entièrement en langue basque, en français sous-titré, le film retrace le parcours de Néréa et Audrey en Amérique Latine, à la rencontre des minorités qui sont en train de perdre leur langue maternelle, et par voie de conséquence leur histoire. Elles se sont attachées à nous montrer ce qui est fait pour leur permettre de préserver leur langue. La partie qui m'a le plus interpellé est celle de la Guyane Française. C'est très démoralisant de constater que mon pays est encore un pays colonisateur... en 2007, sachant toutes les leçons qu'il cherche à donner aux autres! Balayer devant sa porte... Mensonges et calomnies, comme toujours!

Merci, mesdemoiselles, pour ces témoignages! Mais je dois dire que ce que vous nous avez montré, c'est un pan de l'histoire de l'humanité toute entière, depuis que les hommes peuplent la terre. Enfin, il faut bien reconnaître que la terre que nous occupons aujourd'hui a été volée à ceux qui étaient là avant nous, lesquels l'avaient eux-mêmes volée à leurs prédécesseurs, lesquels ont aussi perdu leurs langues et leurs coutumes... Eternel recommencement, travail éminemment vertueux, mais voué à l'échec, car les raisons économiques ont toujours remporté la bataille! Nous avons besoin de points de repères, certes, et nos ancêtres en sont un! Mais alors, que penser de l'Union Européenne, du discours "s'unir pour mieux se faire entendre", l'union fait la force...? Peut-on encore se maintenir en micro-sociétés, en individualistes, dans un monde dont la tendance est à l'uniformisation totale? Je pense que c'est vous qui avez raison, il faudrait maintenir coûte que coûte ces groupes ou groupuscules, mais les Etats les détruisent, les écrasent, les font disparaître... avec l'accord et la bénédiction de leurs sujets eux-mêmes, qui ne se rendent pas bien compte de ce qu'ils font, ou qui font semblant de ne pas comprendre...

Alors que dire? Pour ma part, je vous remercie pour votre travail et votre témoignage. Et votre courage!

 

Dimanche 18 mars 2007.

vers 11h30... Changement de continent. Direction la Russie, et plus particulièrement le lac Baïkal. Une expédition fantastique de 42 jours et de 750 km en kayak sur le lac Baïkal avec Sandrine et Julien. Leur diaporama est fort intéressant, le dialogue a été constant car la présentation de leur aventure est très bien organisée. J'ai été très intéressé par leurs contacts pour le moins étroits avec la population russe. Et aussi par leur témoignage sur la faculté des Russes à vivre en pleine nature. J'ai retenu qu'un Russe pouvait passer des années en symbiose totale avec son environnement, avec seulement son couteau pour survivre! Ce sont tous deux des amoureux de la Russie, c'est évident, et j'ai vraiment beaucoup aimé ce qu'ils nous ont montré. Quel dommage que cette aventure se soit terminée de façon si triste, j'espère qu'ils pourront reprendre la suite du périple initialement envisagé! J'ai aussi beaucoup appris sur le kayak, qui semble être un excellent moyen de locomotion -à condition de ne pas être en plein désert ou en pleine montagne... ;-)

Merci Julien et Sandrine.
Si je vais un jour en Russie, pays que j'aimerais tant visiter, je ne manquerai pas de vous contacter préalablement!

 

C'est l'heure de se restaurer! J'en profite pour parcourir un peu les différents stands.

Un peu plus tard, je vois Yann Jéréquiel, assis juste à côté de moi. Je ne peux m'empêcher d'aller le saluer, et le remercier pour sa prestation d'hier soir, sur les Massaï, encore tellement présents dans mon esprit! Et de le rassurer sur la façon dont il a abordé et réalisé son témoignage. J'espère le revoir dans un autre festival, nous racontant ses prochaines aventures et rencontres, car je suis persuadé qu'il saura les partager!

Mais le temps passe si vite. N'ayant pas de montre, je ne me suis pas rendu compte du mouvement incessant des aiguilles...

 

C'est ainsi que j'arrive en retard -très en retard, même, honte à moi!- dans la salle "Bivouac" pour l'échappée sportive. Stéphanie et Aurore nous font faire un tour du monde des événements sportifs. Leur diaporama, d'une vingtaine de minutes, se termine au moment où je rentre dans la salle. Je suis désolé pour elles, car j'imagine à quel point ce doit être déplaisant de voir quelqu'un arriver en cours ou en fin de spectacle... J'assiste par contre à la totalité des échanges avec le public, ce qui est toujours très enrichissant. Cependant, j'avoue que, n'aimant pas ou peu les événements sportifs dans leur ensemble -car je déteste la foule....-, je ne me sens pas trop frustré d'avoir "loupé" une partie de ce reportage. D'autant plus que nos deux présentatrices font la promotion, en quelque sorte, de leur entreprise commerciale en cours de constitution.
Cependant, leur témoignage est toujours intéressant du point de vue de sa démarche, et surtout dans la démonstration du fameux adage "quand on veut, on peut"!

Alors, bravo mesdemoiselles, je vous souhaite de réussir dans vos projets, mais je n'ai en fait pas de doute sur votre succès...

 

Salle "Bivouac" toujours... Voici le spectacle, le voyage que j'attendais. C'est pour ça que j'ai assisté à la présentation précédente, car, comme vous le savez maintenant, nous payons pour deux spectacles à chaque fois, impossible de les dissocier au niveau des tarifs... Voici donc l'homme que je voulais voir absolument pendant ce week-end. J'ai nommé: Hervé Bouty. Il se trouve que, très curieusement, je me retrouve assis juste à côté de lui! Et très bizarrement, ce matin, alors que je suivais avec attention les explications de Sandrine et Julien dans leur kayak sur le Baïkal, un homme était venu s'asseoir juste à côté de moi, et c'était encore Hervé Bouty... Je le connais depuis longtemps! Enfin, par Internet, et par son site. J'ai fait sa connaissance en lisant ma revue favorite, Carnets d'Aventures... qui décrivait son propre voyage, aussi en kayak, autour du lac Baïkal. Je comprends bien pourquoi il voulait voir ce reportage! Ensuite, je l'ai suivi tout au long de ce fameux voyage qu'il a lui-même intitulé "Plein Est". Hervé Bouty est pour moi un modèle, un homme au très grand coeur, et qui a une philosophie de la vie que je trouve exemplaire! C'est donc avec une très grande joie que je savoure son film, et ses commentaires, et sa façon de voir les choses, puis le débat qui s'ensuit! Merci Hervé, pour ce fabuleux témoignage. Je suis bien persuadé que tu repartiras à nouveau, c'est évident, mais merci de revenir de temps à autre et de partager ainsi tes voyages et ta vision du monde.

 

Voilà. Je sors de la salle, une fois de plus, complètement submergé d'images et de sentiments de bien-être, que les voyages et les rencontres m'apportent à chaque fois. Avant de partir pour le prochain voyage, j'ai le temps de prendre une petite collation! Et c'est reparti, cette fois dans la salle des "Grands Espaces".

 

15h45. Cette fois, c'est Audrey Lamure qui m'emmène en Afrique, et plus exactement au Maroc, en Mauritanie et au Mali. Et je ne suis pas déçu du tout! Mieux même, je suis extrêmement surpris par cette Afrique qu'il semble tout-à-fait possible d'atteindre. L'Afrique me fait peur, depuis toujours, à cause de ses terribles situations politiques, ses guerres civiles... Mais Audrey vient de me démontrer qu'il est possible d'y aller. Et j'ai désormais grande envie d'aller voir ces petits villages, ceux qui sont reculés, à l'écart des grandes routes. Merci donc à Audrey, pour ses belles photos qui ont su m'atteindre et surtout m'ouvrir des rêves de destinations que je jugeais impossibles!

Juste une petite remarque. La photo en noir et blanc, c'est bien et c'est toujours bien coté parce que plus rare, sachant que tout le monde "bombarde" maintenant en couleurs. Cependant, et plus particulièrement pour un continent comme l'Afrique, tellement naturellement coloré, je trouve très dommage de "perdre" tant d'images... C'est ma seule frustration!

Mais encore une fois, merci pour ce merveilleux voyage!

 

 

Entre 16h30 et 16h45, je change à nouveau de continent. Je me retrouve subitement dans les rues de Pékin, en Chine. Avec Christophe Tattu et Ludovic Lakière, qui nous font vivre leur fantastique équipée. De Pékin à Calcutta en vélo... Diaporama de 42 minutes, commenté en "live" par Christophe Tattu, et intitulé "la route des cîmes". Une aventure fantastique. Enormément d'émotions. En même temps, j'ai retrouvé quelques éléments de correspondance avec le voyage d'Emmanuel, le premier voyage auquel j'ai assisté hier matin! En tout cas, quelle odyssée. Et en plus, de l'aventure à l'état pur, puisque ces deux-là ont emprunté une route interdite... pendant mille kilomètres! En plus, leurs vélos qui se font voler... Emotion lorsque qu'ils font le détour jusqu'au camp de base de l'Everest! Je suis toujours tellement ébahi de voir ce que les cyclo-touristes sont capables d'endurer, jusqu'où ils sont capables d'aller! C'est sidérant. Je n'ai pas vu passer le temps... Et les échanges avec le public s'avèrent également passionnants. Et soudain, Christophe annonce, suite à la question d'un spectateur, qu'il recherche un partenaire pour son prochain périple, qui se fera... à pied, au pied des plus hautes montagnes du monde...

Et je pose ma candidature! Christophe, je veux y aller!

 

Retour à la salle "Bivouac". 18 heures.

Je l'attendais aussi, Vincent Colin. Car j'avais vu et lu entièrement son site, tellement il a réussi à capter mon attention, à me captiver totalement. Pourquoi? Pour plein de raisons. Pour le voyage réalisé. Pour le moyen de transport utilisé. Pour la qualité du site. Pour le ton employé dans le récit. Bref, tout m'avait plu chez Vincent, et instantanément. Parce que j'ai ressenti, derrière son humour, quelqu'un de profondément humain, quelqu'un de génial, quelqu'un de bien! Et je ne me suis pas trompé. Sa prestation ici au festival correspond point pour point à ce que j'en attendais! Un grand moment de bonheur, de voyage, de rencontres avec l'Afrique. Il est le deuxième aujourd'hui à me rapprocher, à me réconcilier avec ce continent!

Vincent a commenté tout son périple diapo par diapo, en temps réel. J'ai vraiment adoré. Et ses séquences vidéo, quelle merveille d'humour et de témoignage! Puis, il a encore été royal lorsqu'il a répondu aux questions des spectateurs, après son diaporama. Vincent, mille mercis pour ton récit, pour tes photos, pour ta joie de vivre et aussi pour cette belle aventure, qui nous prouve que lorsque l'on veut... l'on peut.

Mais c'est bien ici l'école de cette "maxime"...

 

Vers 19 heures.

Sur les routes du Rajasthan. En moto.

Décidément, je suis comblé. je voulais voir des voyages réalisés en moto, car ce mode de locomotion me tient beaucoup à coeur! je n'ai pas été déçu. SENSATIONNEL. Voilà, c'est dit!

Ils sont trois copains, et partent en Inde où ils louent trois motos pour parcourir le Rajasthan. Et c'est génial. Le ton est donné dès le premier tour... de... kick. L'acteur principal, enfin le seul acteur, -David Maslo-, celui qu'on voit, car les deux autres -dont Romain Kuhn- sont derrière les caméras, est sensationnel. Plein d'humour, mais aussi plein de gentillesse. On voit du pays, on voit de la route, mais on voit du culturel, on rencontre des gens, on côtoie les habitants. A titre d'exemple, Daniel va chez le coiffeur, et ses copains le filment. Il monte dans la roue de la fête foraine. Il fait une "rando" à dos de dromadaire. Il goûte des plats culinaires. Il va sur les marchés et nous explique les produits trouvés. Il visite les palais, les châteaux. Il conduit un pousse-pousse. Il charme des serpents. Il filme des Indiens dans leur travail quotidien. Enfin, c'est fantastique, car on fait le voyage avec lui, on a vraiment l'impression d'y être. oui, ce soir, je suis allé en Inde, en moto, pour la première fois de ma vie. Et j'ai adoré. Aussi, les gars, je vous confirme avoir passé un moment fabuleux en votre compagnie. MERCI.

J'espère que votre film passera sur nos TV, ça fera au moins une très belle émission parmi tant de navets!

Et je vous souhaite d'en faire beaucoup d'autres! Appelez-moi dès que je peux aller voir le prochain!

 

Bon, eh bien voilà, je suis de nouveau "groggy", comme hier! Quelle journée! Il est déjà 20 heures, je n'ai pas vu passer la journée, et pourtant, je n'ai pas arrêté une seconde! Pour le moment, j'ai encore faim, et je fonce à la buvette. Oui, il y a encore de la nourriture, sans aucun problème. C'est délicieux, et ça fait beaucoup de bien. Il y a beaucoup de monde dans les deux salles, c'est très intéressant.

Le temps passe tellement vite, déjà 20h40. Il est temps d'aller effectuer mon dernier voyage, dans la grande salle!

 

Arktika, quatre ans d'odyssée sur la banquise.

L'homme que je découvre ce soir est un explorateur. Gilles Elkaim n'a rien du voyageur. Il ne part pas pour quelques semaines, mais pour quatre années. Il le sait, car il part seul. Non, ce n'est pas Mike Horn, absolument rien à voir avec lui! Pas de médiatisation, et aucun but ni commercial ni recherche de prouesse physique. Gilles veut apprendre à vivre comme les peuples du Grand Nord, en symbiose avec la nature, en prélevant juste le nécessaire pour vivre.

Son film est en deux parties. Sensationnel. Un véritable plaisir à voir, à écouter, à vivre! Entre les deux parties, il nous montre ses chiens, qui deviennent, au fur et à mesure du temps qui passe, de plus en plus importants pour lui. J'ai bien ressenti ce changement. Il est parti à pied, sans aucune autre force musculaire que la sienne. Il a essayé en cours de route de se faire aider par les rennes. L'expérience n'a pas été concluante, les rennes sont trop faibles, paradoxalement, dans un milieu qui pourtant est le leur. Mais avec les chiens, il a vraiment trouvé, je crois, ce qu'il cherchait. Je retrouve dans cette observation le même phénomène qu'avec Nicolas Vannier. Tous les deux sont de grands spécialistes du Nord. Seulement, Nicolas Vannier médiatise davantage et cherche davantage l'exploit que Gilles Elkaim, ce dernier semblant vouloir davantage s'éloigner des hommes... Quoi que, vu ce que je viens de lire sur son site... Il vit en Finlande, tout près de l'endroit où mon scooter a trouvé bon d'éclater son pneu arrière il y a moins d'un an -si j'avais su que j'étais si près de lui, je pense que je serais allé le voir-, et élève ses chiens -la race de Taimyr et le chien de Tchoukotka-, mais en même temps invite les hommes, et reçoit ses premiers "clients" le 22 décembre 2006... auxquels il apprend à conduire un traineau de chiens, et bien d'autres choses encore. Bref, je ne sais quoi penser de ça.

Quoi qu'il en soit, merci Gilles de m'avoir permis de voir et de voyager avec toi dans ce monde fantastique du Grand Nord. Je suis heureux que ces pays soient si difficiles à vivre pour la majorité des hommes, ce qui permet de les conserver dans leur état naturel. Pourvu que ça dure.

 

Voilà. Les responsables nous poussent vers la sortie. Ils sont fatigués. Peut-être ont-ils également des impératifs de fermeture? Quoi qu'il en soit, et bien que nous aurions aimé rester davantage à discuter avec Gilles Elkaim, il nous faut partir.

Je remercie chaleureusement les organisateurs de ce nouveau festival.

Je suis totalement comblé. Je repars la tête dans les nuages, non, dans les voyages, des dizaines de visages reviennent dans ma mémoire, des dizaines de paysages de montagnes, de déserts, de lacs, d'étendues gelées, d'étendues brûlantes, qui ne cessent de défiler devant mes yeux. Je sais que j'en ai bien pour deux ou trois semaines à les revoir. Je sais que je vais avoir du mal à reprendre le train-train quotidien. Mais je sais aussi que de tout ça, un nouveau voyage va voir le jour.

Quand? Je ne sais pas, mais c'est inéluctable!

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