Etape 001 Jour 001

Etape 001 - Jour 001 - mercredi 14 avril 2010 - 10 photos - 201 km

Eh voilà, tout arrive. C'est le jour du grand départ. Je ne serai jamais prêt. Je devrais repousser de 24 heures. D'un autre côté, à force de repousser, l'été sera passé, et il sera trop tard. Ce sera donc aujourd'hui, ou ce ne sera pas. De plus, je n'aime pas avoir de rendez-vous, mais il se trouve que, une fois n'est pas coutume, j'en ai plusieurs en ce début de voyage. Au moins trois. Et si j'en décale un, je dois avertir 4 personnes différentes, etc. Trop compliqué pour moi. C'est mon côté fainéant qui ressort toujours, le moins de contraintes possible. Bien que pour le coup, non seulement ce ne sont pas des contraintes, mais bien au contraire, des moments d'échanges humains qui me réchauffent d'avance le coeur au début de ce parcours.

Je me lève de bonne heure, forcément. Préparation du sac, derniers échanges de mails, derniers au-revoir. Fébrilité.

Finalement, je mets le moteur en route à 14h30. Le compteur de Vanadis (c'est le nom de mon canasson, c'est une jument car je préfère les femmes) affiche le nombre 86.759 km. On verra ce que ça donnera au retour.

Dans quel état reviendra-t-elle, avec le pauvre gars qui va essayer de la maîtriser ?

En tout cas, pour l'instant, elle fait vraiment la crâneuse. Et elle a bien raison, car elle est vraiment belle. Mais je pense qu'elle rira moins bientôt...

Ces premiers kilomètres que je connais forcément par coeur ont aujourd'hui une saveur exceptionnelle. Je passe devant la maison de ma fille, à qui j'ai rendu visite, traditionnellement, lors de chacun de mes départs. Pas aujourd'hui. Tout le monde travaille. Mais j'ai la chance de pouvoir passer prendre un café avec un de mes fils, qui habite un peu plus loin. Il m'attend, légèrement surpris de mon exactitude. Quelle joie de pouvoir partager ces moments spéciaux avec lui. Dommage que mon autre fils soit sur Nantes. Cette dernière connection avec la famille me fait beaucoup de bien. Malgré tout, je ne m'attarde pas et, à 16 heures, je suis vraiment sur la route.

Comme vous pouvez le voir sur les photos, le ciel est plutôt bleu. Mais il ne fait pas chaud pour autant. Un méchant vent du nord-est, donc forcément froid, m'accompagne pour traverser les vilains paysages issus de l'agriculture moderne. Il n'y a pratiquement plus d'arbres. Mes pensées commencent à vagabonder dans tous les sens. Comme toujours lorsque je roule. mais avec une prédominance très forte vers les personnes chères à mon coeur que j'abandonne à leur sort pour quelques mois. Par moments, je me sentirais presque coupable. Et puis non, après tout, chacun choisit sa vie.

Il est 18h30 lorsque j'arrive sur le parking près du site du Futuroscope, à Jaunay-Clan, à côté de Poitiers. Je cherche le camping-car de Julien, mais il n'est pas visible. J'en profite pour faire le plein en attendant, histoire de ne rien avoir à faire demain matin. Je décide d'aller faire un tour dans le centre commercial en l'attendant, mais mes pas me conduisent d'abord à jeter un coup d'oeil sur les côtés du parking. Bien m'en a pris, je reconnais de suite la maison de Julien, là-bas. Je me dirige donc à pieds vers lui, histoire de lui faire une plus grande surprise !

C'est réussi. Je frappe au carreau, puisque je suis venu silencieusement. Un grand plaisir de le revoir, qui plus est au même endroit que la dernière fois, et presque dans les mêmes circonstances. En effet, c'était en septembre 2008, le dernier jour de mon voyage en Islande ! L'histoire se répète, et je crois bien que c'est bon signe !

J'installe Vanadis sur l'emplacement de son premier bivouac.

L'accueil réservé par Julien est exceptionnel. Merci, mon ami, pour cette merveilleuse soirée, et pour cette nuit excellente dans ton "home". Julien m'a gratifié d'un repas gargantuesque, qui devrait me permettre de rester une semaine sans manger. C'est du moins ce que je pensais en terminant mon assiette. C'est vraiment un plaisir de voir à quel point il est heureux. Ce garçon, bien que très jeune, vit déjà pleinement ses rêves, et applique quotidiennement ses principes de non-gaspillage, d'écologie, de simplicité. Mais ne vous leurrez pas. N'allez pas croire qu'il lui manque quoi que ce soit. Il est heureux, et je l'admire très sincèrement pour être à ce point dans l'application d'un modèle qui, ma foi, est tout-à-fait excellent.

Nous avons, une fois de plus, refait le monde, et partagé nos idées. J'ai dormi sur une banquette de rêve, Julien a tâté du sol de son camping-car, histoire d'avoir un autre point-de-vue de son palais. J'ai admirablement bien dormi. Lui aussi, me dit-il. Mais je crains que mes ronflements d'ours...

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