Etape 002 Jour 002

Etape 002 - Jour 002 - jeudi 15 avril 2010 - 28 photos - 1 vidéo - 536 km

J'avais prévu, en accord avec mon hôte, un lever à 7 heures pour un départ à 8 heures. Hier soir, alors qu'il voulait mettre le réveil, je lui ai dit de choisir l'heure lui-même, que mon patron ne m'en voudrait pas si j'étais en retarrd ! Du coup, le réveil a eu lieu à 8 heures. J'ai quitté Julien à 9 heures (il travaille, lui...), et je suis allé à la cafétéria, juste à côté, histoire de préparer ma feuille de route, et aussi, il faut bien l'avouer, de vidanger le bonhomme... Ben oui, ce sont des choses nécessaires, n'est-ce-pas ?

Pour ce voyage, ma façon de vivre l'itinéraire sur la moto a changé. J'ai acheté ce qu'on appelle un data-logger, tout petit GPS, sans écran, et ne nécessitant aucune attention. Je le branche en partant, et bravement, toute la journée, il enregistre un point GPS chaque seconde, accompagné de la date et de l'heure. Le soir, je le branche par USB sur le PC. Il devient alors comme une carte mémoire. Je n'ai plus qu'à copier le ou les fichiers générés par son boulot, et la messe est dite. Ultra simple, ultra efficace. je suis déjà totalement satisfait de mon initiative. Cela dit, je suis généralement satisfait de ce que je fais, ce qui aide énormément à vivre !

Par ailleurs, j'ai en plus acheté un petit téléphone. Quoi ? Jef avec un téléphone ? Mais ce n'est pas possible ! Vous avez raison. C'est le GPS et le système d'exploitation Windows qu'il contient qui m'intéressent. En plus, je l'ai acquis à petit prix par un ami de randonnée (merci Tof) qui me l'a envoyé pour tests avant achat. Et j'ai validé cet achat aussi. Le GPS est excellent et trouve très vite les satellites. J'y ai installé mon application cartographique favorite, OziExplorer. J'ai récupéré toutes les cartes dont j'ai besoin pour mon itinéraire cette semaine, grâce à un merveilleux petit programme. J'ai calibré toutes les cartes, et me voici avec la totalité de mes itinéraires tenant dans une petite boîte toujours dans ma poche ! Ceci ne me servira qu'en cas de besoin, si je suis vraiment perdu, ou pour vérifier si je roule bien sur l'itinéraire prévu.

Mais à côté de ça, je prends chaque soir une feuille de papier sur laquelle j'inscris mon parcours : nom des lieux et des routes, directions, etc... Bref, ce que l'on nomme généralement un road-book. Et je valide totalement cette façon de faire. Pas de soucis avec l'électronique ni avec l'électricité. Juste, de temps en temps, la nécessité d'interroger des passants. Mais ça, c'est un plaisir pour moi. Et ça me permet de m'entretenir en relations humaines, avant de devenir un ours faute de communications ! Et puis, les gens sont tellement serviables, individuellement, que c'est un bonheur de les voir se mettre en quatre pour essayer de m'expliquer. Parfois, ils m'envoient dans la mauvaise direction, et ça fait partie de l'aventure !

Finalement, il est déjà 10 heures lorsque je lance Vanadis pour une presque linéaire d'ouest en est de la France, ici vu par OziExplorer.

Ci-contre la feuille de route réalisée au bistrot, et que je vais suivre tout au long de cette belle journée.

Ainsi, vous pourrez voir exactement les villes traversées.

Vanadis prête à partir. Je vais essayer de faire cette photo chaque soir en arrivant, ou le matin en partant, si j'ai oublié la veille. Grâce à cette méthode, plus besoin de noter quoi que ce soir sur des bouts de papier que l'on perd. Vous noterez d'ailleurs que Vanadis en est encore à l'heure d'hiver... Je vais y remédier dès que j'y penserai, car ça me gêne en roulant, lorsque je me demande quelle heure il est !

Photo prise juste après la précédente. Quand on aime... Vous pouvez voi qu'un généreux soleil éclaire la moto. Eh oui, il fait beau aujourd'hui aussi.

Le début de la route est très agréable, et traverse une petite forêt pour rejoindre la D927, que je connais particulièrement bien. Beaucoup de souvenirs pour moi en roulant. Je pense spécialement à mes deux frangins Kiki et Momo avec lesquels j'ai fait ce parcours l'an dernier, lors de notre petite virée à Limoges. Les petites villes se suivent. Saint-Savin, Le Blanc, Argenton-s-Creuse, La Châtre... Il fait beau, mais toujours frais. Cependant, le vent est moins fort qu'hier. Du coup, c'est bien plus agréable.

Loye-sur-Arnon. Une auberge au bord de la route. Petit arrêt pour acheter un sandwich. Non monsieur, nous ne faisons pas de sandwich, afin de ne pas manquer de pain pour nos clients. Pas de problème, madame. Les clients près du comptoir, entendant la conversation, s'en mêlent. Vous en aurez à La Celette, à 5 km. Mais non, Robert, tu n'as pas 5 km pour aller à La Celette, il y en a au moins 9. Tu en as déjà 4 pour arriver à Fosse Nouvelle... Je suis parti, je crois bien qu'ils en parlent encore. J'aime cette France profonde, serviable et gentille. Où le moindre petit événement est sujet à discussions sans faim, histoire de remplir de nouveauté le plus longtemps possible la routine quotidienne. Un vrai bonheur. J'ai enfourché Vanadis, le sourire aux lèvres.

Et voici le bistrot de La Celette qui fait un bon gros sandwich au motard.

Deux gars au comptoir.
"Elle est superbe, votre BM. C'est une version spéciale, ou bien c'est vous qui l'avez faite ? Moi, j'ai la 1100 R. Je suis parti faire une belle balade il y a 15 jours, il faisait encore bien froid. Et vous venez d'où, comme ça ? Ah, super ! Et vous allez où, si ce n'est pas indiscret ? Oh la chance ! Mais vous en avez pour un moment. Bonne route...."

Que voulez-vous que je vous dise ? J'adore ça. Je me sens de plus en plus dans mon voyage, ces quelques rencontres m'y enfoncent de plus en plus profondément, mais sûrement. Je prends doucement le rythme. Le stress qui me restait de tous ces préparatifs est en train de s'estomper.

Je mets la tenue de pluie avant de partir, juste pour me protéger du vent, car finalement, je n'ai pas plus chaud que ça !

Le paysage juste à la sortie du village de La Celette. Admirez cette petite route. Alors, qu'en dites-vous ? N'est-ce-pas une invitation au voyage ,

Il est presque 15 heures. Traversée de la Loire juste avant d'arriver à Bourbon-Lancy. Je n'avais jamais pris cette route, toute nouvelle pour moi. Elle est très agréable. De plus, aucune circulation, c'est le bonheur. Tout-à-l'heure, il a plu un peu pendant la traversée de Moulins, par le centre-ville. J'ai demandé mon chemin deux-trois fois. Une petite dame, à Moulins, en vélo, m'a attendu le temps que je fasse mes manoeuvres, et m'a indiqué la bonne route, tout ça malgré la pluie ! Plus tôt dans l'après-midi, un monsieur est sorti de sa voiture parce qu'il me voyait chercher, et m'a expliqué avec force détails et gentillesse le chemin à prendre...

Vanadis sur le pont, au même endroit.

Sortie de Pouilloux, sur la D60, au sud de Monceau-les-Mines. Une très jolie région, bien vallonnée.

D980, quelques kilomètres avant Cluny. C'est superbe. La photo penche un peu ? Oui, c'est vrai, mais je n'ai pas le temps de la redresser. Estimez-vous heureux de l'avoir, c'est déjà pas mal, non ? Bon, mon côté fainéant ressort à nouveau, désolé. Mais c'est aussi parce que je n'ai pas tous mes logiciels préférés sur le petit portable, et que je ne sais pas trop comment m'y prendre pour la redresser... OK comme explication ?

Cluny. 16h30. Je pose volontairement Vanadis en plein milieu d'un carrefour. Bien sûr, je ne dérange pas la circulation. J'ai vraiment les crocs depuis un moment. Ah, vous croyiez que j'avais mangé ? Grave erreur ! Mon sandwich était dans le top-case, et croyez-moi, je le savoure !

Ensuite, je rejoins Mâcon par une toute petite route, la D194, qui traverse le bois de Vaux, Verzé et Chevagny, à travers les vignes et coteaux. C'est superbe, et je décide d'installer la caméra pouir montrer à Pascal, car je suis sûr que ça lui plaira. Peu avant Mâcon, je fais une pause pour retirer la caméra. je suis stationner dans une longue côte, sur du petit gravillon. La chaussée est en pente sur la gauche, et j'hésite beaucoup avant de quitter Vanadis, tant elle penche ! J'ai d'ailleurs remarqué depuis le départ qu'elle penche énormément, et je ne suis pas vraiment content. En effet, je ne suis pas très chargé (30 kilos de sacs, plus sans doute maximum 20 kilos dans les valises et le top-case), et je me retrouve avec des problèmes similaires à ceux endurés avec Akitsu la Transalp, mais avec un poids bien plus conséquent et une machine bien plus faible. Pour la GS, 50 kgs, c'est de la broutille.... en principe. Et c'est ce que j'ai lu sur tous les compte-rendus. Mais pas avec Vanadis ! Mademoiselle fait sa fière. Mademoiselle veut me montrer qu'elle n'est pas une esclave. Je range donc ma caméra, et lève la jambe (non, pas pour faire pipi sur ma moto, enfin, quand même, les filles....), mais pour enjamber la belle (oui, je sais, c'est un peu limite aussi...) quand, soudain, elle se dérobe sous moi ! Elle ne voulait pas que je l'enfourche !

Vision d'horreur. Je la vois maintenant encore très distinctement s'affaler, comme au cinéma, et au ralenti, s'il-vous plait ! Je note l'explosion du clignotant gauche lors de sa réception au sol, je réussis à l'éviter totalement en sautant de côté, je la vois presque vouloir se retourner complètement sur le dos, mais les bagages et les grosses valises l'en empêchent. Je vois distinctement l'image d'un cheval tombant, et ses deux grosses pattes arrière battre l'air avant de se recoucher complètement, et immobile. L'instant de stupeur passée, le cerveau travaille "à-donf". Couper le moteur. Non, il ne tourne pas. Cool. Déjà ça. Enlever les sacs le plus vite possible, puis les valises, pour essayer de la redresser. J'en suis au deuxième tendeur. Trois gars arrivent autour de moi, s'extirpant en courant de leurs deux voitures, et empoignent Vanadis. En un instant, elle est debout. Ils restent là à m'aider, me rassurer, ramassent le morceau de clignotant, vérifient si quoi que ce soit traine par terre, maintiennent la belle pour que je monte dessus après avoir jugé qu'elle penchait beaucoup trop sur la béquille pour me laisser monter comme ça. Bref, a-do-ra-bles. Sans eux, j'y serais encore !

Merci les gars pour votre aide providentielle. On est des motards, nous aussi, me disent-ils.

Bien, me voici à nouveau sur la rouyte. Plus aucune envie de m'arrêter. maintenant, rouler jusque chez Pascal, recoller le clignotant avec du shatterton, et c'est bon. Elle n'a pas souffert. La valise gauche, bien rayée. Pas grave. La bulle, toute neuve, également rayée. Mais très très peu. A peine visible. Le pare-cylindres a "morflé", mais a bien rempli son job. Pas grave non plus. mais tellement vexant. Qui'est-ce que c'est que cette bécane qui se couche au moindre kilo. Et je ne peux pas dire "kilo de trop", car il n'y en a pas. Puis soudain, je me souviens. Les tendeurs, je ne les ai pas raccrochés. M'arrêter. Difficile, il me faut presque trouver une bosse, là où je devais chercjher un trou avec Akitsu. Galère. Effectivement, mes deux tendeurs pendaient presque à droite. Encore de la chance, j'aurais pu perdre un sac en roulant... Finalement, je me calme en roulant : tout va bien, mec, t'es en vie, t'es en vacances, t'as une belle bécane (heu.... oui ?), les filles sont belles, le printemps est arrivé, le soleil brille...

Grosse circulation dans le coin, difficile traversée de Mâcon, puis de Bourg-en-Bresse. Il fait soudain lourd et très chaud, évidemment en plein dans la ville. Puis c'est à nouveau la route, très belle, de Ceyzériat à Nantua. Mais pas d'arrêt photo. Juste un arrêt dans une station, pour ne pas perdre de temps à chercher mon chemin. La dame qui m'a renseigné était sensationnelle. Du coup, je ne me suis pas trompé. Ensuite, la traversée de Bellegarde-sur-Valserine, chargée de souvenirs. Avec le camping-car d'abord. Puis avec Vanadis, ensuite, lorsque Pascal m'avait raccompagné quand je la lui avais achetée. D'ailleurs, j'ai l'impression que je ne contrôle plus la machine, elle part toute seule. Elle reconnaît sa maison, sans doute !

Il est 19h45 lorsque j'arrive enfin à destination.

Les trois mousquetaires ! Cette photo a été prise le lendemain matin, mais je tenais à la placer dans son contexte, à savoir l'arrivée chez Pascal. Il manque la maitresse de maison, mais levée dès 6 heures, elle est déjà partie au travail ! Merci à toi aussi, Joëlle, pour la chambre, le repas, le petit déjeûner, la serviette aussi ! Une énorme banderolle était exposée au-dessus de la porte du garage, faite spécialement à mon intention par Cédric, le fils, tout aussi accueillant que ses parents. Et s'il n'y avait que ça ! Tout était préparé dans le seul but de me faire plaisir. Un bon feu de bois m'a apporté cette énorme bouffée de chaleur dont j'avais besoin. Sûr qu'elle me manquera souvent pendant le voyage, mais elle n'en prendra que plus de saveur dans mes souvenirs.

Après manger, Pascal va au garage fabriquer une chaussure spéciale pour la petite patte de Vanadis. C'est tout simplement fantastique. Pendant ce temps, je suis au chaud dans la maison, je vais prendre une douche... C'est Pascal, le coeur sur la main, l'envie que tout se passe bien.

Merci est un bien petit mot pour tout ça. Ce soir, avec son calme, avec ses solutions, Pascal m'a tout simplement remis sur les rails du grand voyage.

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