Etape 004 Jour 004

Etape 004 - Jour 004 - samedi 17 avril 2010 - 38 photos - 198 km

L'itinéraire de la journée.

Mal dormi cette nuit, parce que j'avais froid. En fait, je me suis réveillé plusieurs fois, mais je me suis rendormi assez vite, juste le temps de ré-ajuster les écoutilles autour du nez. L'air est glacial, le duvet côté extérieur également !
Finalement, je sens qu'il fait jour, je risque l'ouverture délicate d'un oeil. Oui, c'est bien ça. Mais quelle heure est-il ? Ouvrir le sac, attraper les lunettes. Elles sont trempées, forte buée ! Différence de température avec l'intérieur du sac de couchage ! J'ai beau les essuyer, elles se recouvrent de buée avant que je ne parvienne à lire la montre ! Plusieurs fois de suite. Pour finir à mes fins : il est 6h30. Je juge que c'est trop tôt pour un honnête homme.

Je somnole dans le froid. J'entends une moto passer, et je pense aussitôt au campeur du mobile-home qui a une Harley. Il m'avait dit qu'il irait se balader aujourd'hui. Je trouve qu'il se lève bien tôt, et ça m'étonne un peu. Mais je reste bien au chaud. Finalement, il me semble qu'il fait moins froid. 8h20 ! Oh là, cette fois, il faut sortir du sac ! Dur dur, mais le ciel est bleu. C'est trempé, et je distingue une petite gelée blanche autour de la tente. La bulle de Vanadis est trempée, le siège aussi, je décide d'essuyer le plus gros avec mon chiffon, le soleil se chargera du reste le temps que je prenne mon café. Et j'ai bien fait : les moustiques bien collés issus des collisions de la veille disparaissent sans aucun effort ! En voilà d'une bonne méthode que je note dans ma petite tête : tous les matins de rosée, essuyer la bulle ! En passant le chiffon sur la selle, je récupère un peu de glace ! Ainsi, les températures sont passées au négatif cette nuit, je comprends maintenant pourquoi j'ai eu froid !
J'espérais voir le lac de Gruyère ce matin, mais non, raté. Un brouillard lumineux cache tout, y compris les sommets que je devine au loin. Dommage, il faudra revenir !
Un bon café bien chaud et quelques casse-croutes au chocolat plus tard, je commence à démonter la tente, ranger les affaires dans les sacs, essayer de trouver mes marques et un bon rangement....

Quand j'aperçois un motard (reconnaissable à sa tenue) s'avançant vers moi. Je pense à mon gars de l'Harley Davidson, mais je me ravise dans la seconde. C'est Pascal, pas mon vendeur, un autre Pascal. Avec lequel j'avais plus ou moins RDV ici. C'est vraiment génial, je n'aurais pas cru qu'il serait venu, et ça me fait un énorme plaisir. C'est lui qui est passé en moto tout-à-l'heure (et dire que j'ai cru entendre une Harley, alors que c'était une magnifique 1200 GS jaune...). Il était 8 heures lorsqu'il est passé. Je prends conscience de son extrême gentillesse. Je lui avais envoyé un mail depuis la maison de l'autre Pascal hier soir lui disant que je ne démarrais jamais avant 9 heures. Pour être certain de ne pas me rater, il est venu dès 8 heures ! Vraiment énorme. Et ne voulant pas me déranger, il est allé prendre un jus en m'attendant !

Le pauvre doit attendre que je termine le chargement de Vanadis, et il est déjà 10 heures lorsque je mets Vanadis au boulot. Pascal examine mon parcours, me confirme que le col de Jaun (le Jaunpass) est ouvert, et que c'est joli. Gentiment, et me connaissant un peu, il me dit de m'arrêter dès que je veux faire des photos sans m'occuper de lui. Ce que je fais un peu, mais sans pour autant passer à mon rythme de folie, je ne veux pas non plus lui gâcher sa sortie. Je vois de suite qu'il est un grand habitué des routes de montagne, et son allure normale doit certainement être bien plus élevée.
Mais il se met à la mienne, ce que j'apprécie beaucoup.
Le temps est tout simplement radieux. Et la température aussi. Jamais je n'aurais cru avoir chaud si vite. Il fait bon, merveilleusement bon pour des motards. Un air frais et vivifiant aux joues, mais un soleil généreux et qui chauffe très vite. Il en va de même pour les paysages de carte postale qui défilent devant mes yeux émerveillés.

La Suisse que je rêvais de voir, c'est celle-ci. Des petites routes, des petits villages avec leurs charmantes églises et leurs beaux chalets, les vaches un peu partout, les torrents dévalant les pentes, les sommets enneigés et totalement dégagés. Que demander de plus ?

A un moment, j'aperçois un machine à reluire (des brosses de poil tournent), et une vache semble y prendre goût ! Ben oui, les amis, les Suisses possèdent des machines pour brosser leurs vaches ! Pas fait de photo, Pascal non plus, et pourtant, il a vu lui aussi et a admiré ! Croyez-moi sur parole. C'était presque une vision d'un monde parfait !

Petit arrêt au lieu-dit Im Fang. Ici, c'est la Suisse allemande.

Un peu plus loin à Jaun, et Kappelboden côté droit de la route. L'église de Jaun se trouve côté gauche. C'est craquant, et mes photos ne rendent pas la pureté des lieux. Je dois dire que ça me rappelle aussi l'Autriche, ainsi que la Bavière allemande. C'est ici toute la propreté germanique qui ressort par tous les pores de ce qui nous entoure, jusque et y compris la nature elle-même !

Juste après le passage du col Jaunpass. Les paysages sont toujours superbes.
On aperçoit Pascal qui m'attend un peu plus bas.

Le voici.

Je mets ici la caméra sur le bec de Vanadis pendant la descente.

Je vous laisse admirer, malgré de mauvaises couleurs dues aussi bien aux différents contre-jours qu'au fait que je ne sois pas descendu de la moto pour prendre le temps d'affiner la prise de vue.

En bas, c'est Saanen, et juste à côté, c'est Gstaad. Pascal me conduit jusqu'à l'entrée du village, et m'explique ce que je ne savais pas. Les prix sont ici très élevés. C'est un peu le "Saint Tropez" suisse. De très nombreuses personnalités du show-biz ont ici une demeure. Johnny Halliday, le cinéaste actuellement en résidence surveillée (dont j'ai oublié le nom)... y est aussi... Curieusement, j'ai trouvé que ça ne se voyait pas de l'extérieur. Sauf lorsque j'ai vu les voitures que nous croisions dans les environs...
Ici, Pascal me propose un autre itinéraire que celui que j'avais initialement prévu. Comment refuser ? Il me garantit une petite route de toute beauté, avec passage de deux cols.

J'avais dermandé à Pascal s'il acceptait de faire une halte pour boire un coup et manger un sandwich. Un peu plus loin, à Feutersoey, il me propose ce bar. Les prix sont un peu élevés. La patronne parle évidemment allemand, qui est quand même différend, Pascal me l'expliquera en mangeant, de l'allemand de l'école. Au point que, dans les entreprises, la connaissance de l'allemand classique, celui que l'on apprend à l'école, ne suffit vraiment pas pour comprendre les subtilités lors des réunions d'affaires. Il me raconte aussi les différences entre les Suisses allemands, français et italiens. Elles sont importantes, mais tous ces groupes se respectent tout en se chamaillant et se moquant des particularités des uns et des autres. Ce qu'il m'explique sur les Suisses allemands ne m'étonne absolument pas : ils ont exactement la même réputation que celle que nous octroyons aux allemands en tant que français.

Bref, tout en mangeant une délicieuse assiétée de jambon fumé (j'adore ça, et l'assiette est très copieuse), notre conversation est très riche, et les aiguilles de ma montre tournent décidément bien trop vite ! Et en plus, Pascal insiste pour m'offrir ce repas. Sa vebue ce matin au camping était déjà un beau cadeau, je ne sais vraiment âs quoi dire à part merci !

La fameuse petite route proposée par Pascal tient toutes ses promesses, et même bien au-delà. Elle longe les trois sommets mythiques de la Suisse, la Jungfrau, le Mönch et le troisième dont j'ai oublié le nom cité par Pascal. Et comme j'écris ces lignes assis dans ma toile de tente, seul et loin de toute connexion Internet... je vous laisse le soin de chercher vous-mêmes. De toute façon, il n'y a aucune raison pour que je fasse tout moi-même.

Mini-pause devant le téléphérique de la station de ski des Diablerets, que Pascal connait bien. C'est un adepte du ski. Il faut dire qu'il est gâté ici !

Il y a encore du monde sur les pistes. Le téléphérique grimpe tout-de-même à 3.000 mètres !

Le col que Pascal voulait prendre pour rejoindre Aigle étant malheureusement fermé, nous rejoignons la petite ville via Ormont-Dessous. Nous faisons une halte dans un bistrot à Aigle, car c'est ici que nos chemins se séparent, Pascal retournant maintenant chez lui. Merci à toi, mon ami, pour avoir partagé ces quelques heures avec moi. Merci aussi à Internet, qui a permis cette rencontre et cet échange humain fort sympathique. A la "revoyure".

Désormais, je suis vraiment seul. Les rencontres prévues en ce début de voyage ont toutes eu lieu, et ont toutes été fort agréables.

La route que je vais suivre n'est pas terrible. Pascal m'a prévenu, mais je le savais déjà. C'est une vallée, très large, et frocément, c'est ici que les activités humaines se sont mises en place. Par conséquent, les usines et la circulation remplacent les hameaux et le calme. Mais peu m'importe. Je passe d'abord à Martigny, et ça me fait très plaisir. En effet, j'ai un bon souvenir de cette ville, découverte avec mon frère en septembre dernier, lors de notre descente de la Forclaz. Cette fois, je vire à l'est, alors que nous étions partis vers le Grand Saint-Bernard... Petite pensée pour Christophe, donc, et les bons souvenirs inhérents à cette balade de 8 jours dans les Alpes.

Beau paysage toutefois ici, entre Martigues et Sion.

La circulation est faible, mais tout est limité à 50 ou 60 km/heure. C'est infernal. Moi qui ne suis pas un fervent de la vitesse, je dois dire qu'ici, c'est très franchement exagéré, et Vanadis commence à ronger sonb frein. J'ai une furieuse envie d'accélérer, mais je me retiens. Evidemment, mon itinéraire prévoyait une belle incursion montagneuse sur une petite route à flanc de montagne, mais j'y renonce. C'est en effet un cul-de-sac, et je n'ai plus le temps pour ça. Une autre fois, donc. Je prends la décision de m'arrpêter au premier camping potable que je vais trouver, afgin de m'octroyer une journée de congés. J'en trouve un qui me fait faire un détour de quelques km pour rien... Mais là, on m'en indique un autre sur la route de Salgesh.

C'est le camping Swiss Plage. Très sympa. Mais le gars à l'enregistrement est une perle comme on n'en fait pas beaucoup. Il ressemble comme deux gouttes d'eau à Francis Blanche, et ce dernier aurait bien pu l'utiliser comme modèle dans un sketche ! Méticuleux, extrêmement précis, très lent. Chaque case doit être remplie, tout doucement. Et il s'applique. Et il ne rigole pas. Je commence par lui demander les prix. 25 francs. Je fais la grimace, mais je n'ai pas le choix. OK, je décide déjà dans ma tête de ne pas rester deux nuits. Je dis que c'est cher. Il me répond : c'est sans la douche, mais nous offrons, pour un franc, une douche de six minutes. J'ai alors fortement pensé au sketch de Chevallier et Lespalès, celui du l'employé SNCF tamponneur...

Six minutes, ma douche, oui monsieur. Nationalité ? Français. J'aurais dû m'en douter, me rétorque-t-il du tac au tac. Un français ! Pour pinailler comme ça, ça ne pouvait être qu'un français. Ce sont les seuls qui critiquent. Il y a toujours un truc qui ne colle pas avec les français. C'est trop cher. Ce n'est pas bien. Tiens, patron, c'est combien pour un gars avec une moto ?

Un homme d'une soixantaine d'années était dans mon dos. Il annonce de suite un prix beaucoup plus bas que celui de son employé. Pour une moto, on peut faire bien moins cher, ça ne prend pas de place, une moto. A ces mots, Francis Blanche ne se démonte pas, refait tranquilement tous ses calculs, aligne ses chiffres, applique une ristourne. Ah, la taxe de séjour. Vous n'y couperez pas, à celle-là. Il me dit ça avec un petit rire. Mais c'est vraiment un comique, et je ris avec lui. Quelques clients autour rient aussi. Ben oui, ça va tellement doucement qu'une queue se forme petit à petit ! Mais tout se passe dans une atmosphère bon enfant. Heureusement que j'ai des francs suisses, car j'aurais été inquiet de lui présenter des euros...

Numéro minéralogique ? Je ne sais pas, lui dis-je. Je vais regarder. Ecrivez "moto", me répond-t-il. Oui, marquez "moto" comme plaque, ça ira bien ! Décidément, il est absolument impayable !

Alors que je suis sur le point de sortir, un monsieur me dit " vous oubliez quelque chose, non ?" avec cet accent suisse inimitable par écrit, mais tellement savoureux. Je me retourne. Mon casque et mes gants, rien que de très normal. Je dis "quand on n'a pas de tête...", et j'entends, un peu de temps après, la fantastique réponse suivante : "on n'a pas besoin de casque"....

Je ne peux pas m'en empêcher, j'éclate de rire. Celle-là, elle est délicieuse, et je vous la transmets avec beaucoup de plaisir !

La tente est montée en deux temps trois mouvements. Un peu plus loin, une grosse quantité de camping-cars sont alignés autour d'une mare, devant un snack et une petite alimentation. Ce doiut être la fameuse plage...

La facture de mon original de bonhomme. 15,20 francs au lieu de 25... Et la douche faisait bien 6 minutes, pas une de moins, et pas une seconde de plus. Un compteur à rebours défile pendant que tu te douches. Mais si elle fait bien 5 minutes, c'est 2 minutes d'eau froide, 2 minutes d'eau presque froide, et deux minutes d'eau tiède... Pas le courage d'aller le dire à Francis, il me traiterait de français ! Par contre, un bon point : les sanitaires sont d'une propreté absolument parfaite, et c'est ma foi fort agréable. Et si les douches ne sont pas chaudes, elles sont grandes et bien faites, et on peut y poser ses affaires sans qu'elles ne soient trempées par les écalboussures, comme c'est souvent le cas dans de nombreux campings.

La petite épicerie du camping n'est pas fermée, et je possède quelques francs suisses. Je m'achète, sur les conseils de la vendeuse, moitié en italien, moitié en anglais, et moitié en français, le tout accompagné de beaucoup de rires, une soupe de nouilles avec ses épices. Délicieux, mais un peu juste pour assouvir ma faim. Heureusement, j'avais un paquet de chips entamé, que je me suis empressé de continuer à vider !

Le compteur de Vanadis à l'arrivée au camping. J'y suis arrivé à 18 heures. Ne tenez toujours pas compte de la température affichée par ce thermomètre. Elle est toujours fausse. Et l'heure est toujours celle d'hiver ! En fait, je suis arrivé au camping à 17h10, et sur le lieu choisi à 17h35. Entre les deux, c'était l'enregistrement...

Par ailleurs, j'ai aussi noté un impressionnant écart enntre les distances affichées et calculées par le compteur de la moto, et la réalité. En gros 7% de plus sur la moto qu'avec le GPS. Cet écart ne me plait pas, car je le trouve trop conséquent. De plus, il augmente artificiellement le nombre de km réels effectués par la photo, et il fausse aussi le calcul de la consommmation. Bref, ce n'est pas un bon point pour la béhème !

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