Etape 005 Jour 005

Etape 005 - Jour 005 - dimanche 18 avril 2010 - 94 photos - 333 km

L'itinéraire de la journée. La carte est mal calibrée, mais vous remettrez facilement la trace sur la bonne route. En tout cas, c'est pour vous donner une image assez précise de l'étape, qui est une très grosse étape pour un voyageur comme moi !

Lever à 7h15. Il ne fait pas chaud, mais ça va. Et ce que j'apprécie beaucoup, c'est qu'il n'y a pas de rosée. Du coup, tout est sec, et j'apprécie surtout pour la tente, que je n'aime pas ranger mouillée.
Départ à 8h50, ce qui est plutôt correct pour un début absolument seul. Si je parviens à partir régulièrement une heure après le lever, ce sera parfait.
Je commence très mal, puisque je tourne à gauche au lieu de tourner à droite. En fait, j'étais déjà sur la bonne route hier soir, ce que je ne pensais pas ! 12 km de rabbiot direct, comme ça, le matin, dès le début, j'ai un peu les boules. Le bo, côté, c'est la rencontre de motards suisses super sympas qui m'ont remis sur le droit chemin. Ils s'en allaient pour leur part faire une balade au Mont Blanc.
La suite est assez banale, et même complètement ! Jusqu'à Brig, il n'y a rien à voir. Pardon pour les gens qui habitent ici, vous avez sûrement des choses sympas à montrer, mais elles sont bien cachées, et je n'ai pas le temps de chercher...

Après Brig, les choses sérieuses commencent : c'est l'ascension du col du Simplon. Très belle route. Malheureusement, le ciel devient de plus en plus gris, et de plus en plus froid. Je fais une pause pour mettre le haut de la tenue de pluie. Quel bonheur. Panorama au début de l'ascension.

Mais malgré tout, le thermomètre chute à vue de nez, et j'arrive au col avec une température frisant le zéro degré ! Brrrrr.... Tout est blanc autour de moi. je suis émerveillé. Mais je ne prends pas le temps de profiter, car j'ai vraiment froid.

J'entame donc la descente, histoire de retrouver quelques degrés. Ils viennent beaucoup moins vite qu'ils sont partis, vous pouvez me croire. Il ne me reste pas beaucoup d'essence, mais comme je le pensais, plusieurs stations se suivent côté suisse avant la frontière italienne. Eh oui, pour une fois que les Suisses vendent quelque chose moins cher que les autres, il faut en profiter. Je fais donc le point, et j'en profite pour liquider les quelques francs qui me restent. En Italie, le ciel est de plus en plus noir et menaçant, ce qui n'arrange pas mes affaires concernant la température extérieure !

 

Isella, Santa Maria Maggiore, les noms chantants italiens. Ici, juste après Malesco, une magnifique basilique avec des peintures sous le porche. Malheureusement, les premières gouttes de pluie arrivent. Je manque de me casser la figure sur les carreaux glissants du trottoir... Ouf, retenue à temps, la bécane ! Un petit tour dans un bistrot, histoire de m'offrir deux panini bien chauds que je mangerai plus loin, et c'est reparti. Je suis entré dans l'église, mais il y avait une cérémonie, genre baptême... J'ai d'ailleurs croisé un peu plus loin, dans une ville plus importante, un jeune garçon avec une aube de communiant toute blanche.... Souvenirs d'une autre époque pour moi. Je me souviens avoir été dans cette tenue. Les années ont passé, les croyances avec !

La descente jusqu'à Locarno et jusqu'au grand lac Majeur, ou Lago Maggiore, est extrêmement difficile. La route est très étroite -même pour une moto- aux virages incessants, sur une asphalte brillante comme du verre. Il pleut, et je route presque sur une savonette. Je mets donc le mode "lopette" "on", avec la peur de pencher de trop. Bref, je ne profite pas d'un paysage très austère, avec des ravins et vallées profondes et encaissées, et un petit train qui, tout en roulant doucement, va plus vite que moi ! En un mot, je souffre !

C'est un petit train suisse car, et j'ai omis de vous le dire, je viens de repasser en Suisse !

Pour vous donner une petite idée...

Bref, je suis heureux quand j'arrive enfin sur les rives du lac. Au moins, la route est large et la pente nulle. La pluie cesse aussi, ce qui n'est pas fait pour me déplaire. Et j'ai la vague impression que le ciel est moins chargé plus au sud, vers l'Italie. C'est ici que je déguste un de mes paninis.

Laggo Maggiore, San Bartolomeo. Je viens de repasser la frontière, je suis à nouveau en Italie, dans le Piémont. En face, c'est la Lombardie.

C'est dimanche, et la circulation est dense. Verbania est une grande ville pénible à traverser. Stresa est une ville très riche, et j'ai vraiment eu l'impression de rouler sur la promenade des Anglais à Nice, avec une série d'hôtels dans lesquels la pension d'une semaine doit tout simplement coûter le prix de Vanadis. Les grooms sont prêts à ranger les voitures de luxe stationnées un peu partout. C'est beau, mais fuyons...

Puis la traversée, au fond du lac, des villes de Meina, Arona, Sesto Calende et, sur l'autre rive, Angera, est une véritable épreuve. C'est moche, c'est laid, c'est affreux, c'est... à éviter à tout prix. Les villes ont perdu tout cachet, ce ne sont qu'une suite ininterrompue de centres commerciaux d'une laideur à faire fuir. Et pourtant, la circulation y est intense, de longues files de voitures à l'arrêt presque sans discontinuer, et des parkings de supermarchés bondés. Incroyable ! Quelle horreur. Habiter si près d'un si bel environnement naturel, et passer son dimanche dans ces bâtiments tous identiques recouverts de bardeaux plastiques et de panneaux de publicité tous plus immondes les uns que les autres dépasse mon entendement ! Les gens sont quand même bizarres. Et ce sont les mêmes qui, ensuite, vont se plaindre de ne pas avoir d'argent. J'ai envie de leur crier : "allez vous étendre sur la berge du lac, c'est gratuit, et lisez, regardez, admirez, faitres l'amour... mais de grâce, fuyez ces zones inhumaines -quoi que, j'ai l'impression d'avoir écrit ici, avec l'adjectif "inhumain", le contraire d'un pléonasme... je devrais plutôt écrire, fuyez ces zones humaines, et allez dans les zones inhumaines, là où la nature règne en maître!".

Enfin, je retrouve de la beauté en arrivant à Laveno-Mombello, jolie petite ville dans laquelle je perds pas mal de temps à chercher mon chemin. Sur un trottoir, une dame me renseigne. D'abord en allemand, sans doute à cause de la moto à l'allure quand même quelque peu germanique ! Je lui dis que je ne suis pas allemand, mais français. Et elle me répond en français, sans aucun problème. Admirable ! Ensuite, la route retrouve le bord du lac, escarpée, à tel point qu'elle passe souvent sous des tunnels. Avec ça, le soleil revient doucement, et c'est le bonheur retrouvé. J'ai l'impression d'avoir changé de planète, en rapport aveec ce que je viens de traverser !

Cette photo a été prise juste avant Germigniana. Ici, je quitte les rives du Lago Maggiore, et je retourne en Suisse !

Pour arriver à Lugano. C'est beau, et propre. C'est la Suisse ! J'en profite pour refaire le plein d'essence.

Je vais suivre les rives du lac de Lugano vers l'est jusqu'au fond, pour ensuite passer sur l'autre rive.

Et je retrouve l'Italie un peu loin, à Grandia. Ce lac est une splendeur, et je vous le conseille très fortement si vous venez dans cette région.

Presque un air de Polynésie, non ? Avec ça, le ciel bleu se fait de plus en plus présent. Au fond, là-bas, se trouve mon camping. Cooooool !

Le Dana Camping, à Porlazzo. Cette petite ville me plait, je décide de faire une pause ici, c'est absolument parfait.

A vingt mètres de ma tente, au fond du joli lac de Lugano. Je me sens bien. Je me sens en vacances.

Il est 18h30 lorsque j'arrive au camping, au terme d'une journée de 333 km bien chargés !

C'est un réel bonheur que de trouver une très longue douche très chaude, suivie d'un bon matelas dans un bon duvet sous ma tente.

En une demi-heure, je suis complètement retapé. Comme quoi, il suffit de peu de choses pour être heureux.

Manque quand même, peut-être, une présence féminine... Mais on ne peut pas tout avoir, n'est-ce-pas ?

Si ?

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