Etape 008 Jour 009

Etape 008 - Jour 009 - jeudi 22 avril 2010 - 143 photos - 275 km - 2.338 en tout

L'itinéraire de la journée.

J'ai eu un peu de mal à rattraper la route prévue, car je voulais à tout prix éviter la ville de Bolzano. Mais ça valait vraiment le coup. Que des petites routes de montagne, avec de très jolis paysages. En plus, le temps est radieux. Alors je ne risque pas de me plaindre.

Une nuit excellente, comme la précédente. Pas eu froid non plus, et pas de rosée non plus ce matin. Je me lève à 7 heures. C'est tôt, mais j'ai envie de me lever, alors je ne vais pas me gêner ! La porte des sanitaires est fermée. Je comprends en y pénétrant. C'est chauffé la nuit, et c'est fort agréable.

En revenant à la tente, je croise mon voisin "de palier". Un allemand qui vient juste d'avoir sa retraire (nous avons discuté un peu hier soir, et sympathisé). Il est ici en caravane. Il se balade de camping en camping, et a l'intention d'aller en Norvège cette année. Nous passons un bon moment à discuter, et c'est un plaisir. Finalement, je lui laisse l'adtresse de mon site internet, qu'il a bien l'intention de "visiter". Du coup, comme j'ai fait la "piplette" ce matin, je ne pars pas plus tôt que les autres jours : 8h50. Le patron du camping m'inscrit sur un papier le chemin à suivre pour éviter Bolzano.

L'immense plaine creusée par l'Adige entre Trento et Bolzano, que je viens de traverser en 5 minutes. Mon chemin reprend la montagne illico presto. Comme disait Jean Ferrat, "que la montagne est belle...". Je suis presque seul sur la route, un vrai bonheur. Les virages se succèdent, je monte, je descends, je traverse de petits villages juste réveillés, les anciens vont à la boulangerie, les églises sont toutes plus belles les unes que les autres. Bref, que du bonheur. Je prends le temps de faire quelques photos, mais de vous les les préparer, c'est vraiment beaucoup trop long. Je vous mets les plus belles, ce qui n'est déjà pas mal. Vanadis se porte comme un charme, et il ne lui faut pas longtemps pour mettre derrière elle les rares camions ou bus qui se présentent sur son chemin.

Mes pensées roulent comme la moto, vont et viennent, ne s'attardent guère. Bref, elles vagabondent, comme leur maître.

Nova Levante, le village que je voulais rejoindre. Me voici sur la route prévue, dans l'ascension du col de Costalunga. Je trouve une pompe à fric. Je m'explique. Je roule sur la réserve depuis un moment, et j'avais décidé de faire le plein dans la première station à venir. C'est ici. Automatique. Elle ne fonctionne qu'avec des billets ! Un ouvrier travaillant à côté m'explique fort gentiment. J'en mets donc pour 20 euros, puisque la machine ne rend pas la monnaie... Dans le village, c'est comme partout ailleurs dans le coin. Des maisons de toute beauté. Comme ce petit hôtel. Admirez !

Je viens de passer le col (1.745 m). Pas le temps de traiter les photos. Le paysage est de plus en plus grandiose.
J'atteins la limite des neiges. Et j'entre dans les Dolomites. Comme c'est beau !

Le petit lac Carezza, ou Karersee. Je le redis pour ceux qui ne suivent pas -et il y en a, croyez-moi-, tous les noms de lieux sont ici en deux langues.

Regardez, ce lac est encore gelé. Un bijou dans son écrin. Je descends quelques marches d'un sentier pour faire cette photo. Merci qui ?
En arrière-plan, les murailles si caractéristiques des montagnes des Dolomites.

Arrivéed au col de Costalunga, 1.752 mètres. A cette altitude, on atteint pratiquement le niveau des neiges à cette saison de l'année.

Je roule au pas, m'arrête tous les cent mètres. C'est magnifique, et il n'y a pas un chat. Le silence est total, à part un bruit de marteau dans le lointain, de ci de là. Sans doute quelques artisans réparant des toitures, ou préparant la saison estivale à venir.

La descente du col est un enchantement. L'arrivée et la traversée de Vigo di Fassa aussi. Tous les villages de cette vallée jusqu'à Cazadei rivalisent de beauté architecturale. Les maisons et hôtels avec leurs peintures murales, les belles églises, les chalets entretenus au point de tous paraître neufs... Un exemple avec cet hôtel ici à Cazadei. Certainement pas le plus joli, mais c'est pour vous donner une idée. De plus, si je devais photographier tout ce que je trouve beau, je devrais passer une journée entière dans cette seule vallée !

Ensuite, direction le col de Rocca. J'aperçois une indication "chiusso" en passant. Fermé ? Il serait fermé. J'hésite à faire demi-tour pour vérifier la pancarte, mais je me dis que la route ne serait pas ouverte, qu'il y aurait une barrière, que ce doit être un autre col que celui que je vais passer. En effet, je suis sur un axe principal, et changer ici l'itinéraire me coûterait un formidable détour. Non, "mon" col à moi est nécessairement ouvert.

Ici, je mets la caméra pour filmer la grimpette, et j'y vais. On verra bien. Les montagnes qui me dominent sont majestueuses.

Une très belle montée, relativement courte, avec quelques superbes vues sur des parois rocheuses vertigineuses. C'est l'arrivée au col de Fedaia. 2.057 m. Un lac de barrage complètement gelé et encore recouvert de neige. Et une barrière. Aïe. Vous le voyez comme moi, c'est fermé, pour risque d'avalanche. Il y a bien une barrière, et c'est bien ce que je craignais. Pendant que je regarde lac, dubitatif, un cycliste que j'avais doublé passe tranquillement à gauche de la barrière et poursuit son chemin comme si de rien n'était !

Je traverse le barrage. Il y a là une station de ski, j'entends les cris des skieurs. Je rentre dans un petit bar. La patronne est extrêmement gentille. Elle parle italien, mais accepte de converser en allemand. D'ailleurs, elle parle un allemand classique, très pur. Un vrai plaisir. Une fois de plus, la langue allemande me sert beaucoup dans certaines parties d'Europe, et s'avère être plus utile que l'anglais, du moins avec les personnes moins jeunes. Elle m'apprend que la pancarte est juste là afin d'éviter toute réclamation ultérieure. Mais je peux passer sans problème. Le risque d'avalanche est réel sur les deux premiers kilomètres, il suffit de ne pas traîner dans cette première partie. Ensuite, aucun souci, la route est libre. Soulagement. Je prends une petite collation. Un jeune italien vient me parler en anglo-franco-italien. Il a vu mon appareil photo, et est passionné de photographies. Il s'appelle Fabio, et rentre maintenant à Rome, où il doit reprendre le travail. Je lui donne l'adresse de mon site, il me promet d'aller le voir, et me dit qu'il croit bien l'avoir déjà vu. Pour ma part, après une bonne petite bière que je m'offre pour fêter cette bonne nouvelle (on peut passer), et aussi pour en boire une dernière si je dois finir dans une avalanche... je reprends la route, avec un petit pincement au coeur, il faut bien l'avouer. Je remets la caméra en route, histoire de filmer l'événement... D'ailleurs, le ciel se couvre méchamment, ce qui me plait beaucoup moins.

Je suis passé sans aucun problème. Ouf ! La descente est longue et sensationnelle. Après quelques beaux lacets, on peut prendre une belle vitgesse, les virages sont très espacés, la pente importante, mais dans la forêt, avec de très belles lignes droites. Rarement vu une descente aussi "rapide", et j'ai pris beaucoup de plaisir avec la moto. Puis c'est reparti pour une longue, très longue montée vers le col de Falzarego, 2.117 mètres, que vous voyez ici, dominé par des montagnes très impressionnantes.Le ciel est beaucoup plus couvert maintenant, la température est plus froide. Mais c'est normal, je suis quand même en altitude !

Une fois de plus, une nouvelle magnifique descente, bein rapide. Je suppose que pour des cyclistes, ce doit être phénoménal (côté descente, hein, pas l'autre. Quoi que, tel que je les connais, ils aiment grimper, pour l'exploit !). Arrivée à Cortina d'Ampezzo, qu'on aperçoit en bas. La ville la plus importante de cette région, que je traverse le plus vite possible. La route que je cherche est en dehors des grands axes, et je dois demander mon chemin. L'homme qui me renseigne, tout fier de parfler anglais -il a travaillé 7 mois en Chine, et il lui a fallu parfaire son anglais d'école, me raconte-t-il- est fort sympathique, et me suggère de faire un petit détour pour aller voir le lac de Misurina après le col des Tra Cruci. Merci l'ami. Bon tuyau !

La route vers le col de Tra Cruci est un nouvel émerveillement pour moi et aussi pour Vanadis. C'est très beau. Il n'y a presque personne d'autre que nous. La route et la belle nature sauvage, les deux éléments que j'aime. La seule chose ennuyeuse aujourd'hui : les très nombreux arrêts, parfois longs, dûs aux travaux de restauration des routes qui sont, dans les Dolomites, il faut bien l'avouer, en fort mauvais état. Le revêtement est déchiré, bombé et crevassé, et va certainement accélérer l'usure de mes pneus. mais on ne peut pas tout avoir non plus !

Le fameux lac de Misurina, encore pris dans les glaces, et qui valait effectivement son petit pesant d'or. J'ai pris pas mal de photos, comme toujours, mais je ne peux pas me permettre de vous les présenter, c'est beaucoup trop coûteux en terme de temps. Et si vous voulez lire mes compte-rendus, c'est la seule solution !

Une fois de plus, la descente vers Auronzo s'avère rapide. J'ai pris mon pied avec la moto. malheureusement, j'ai plusieurs fois été obligé de m'arrêter, et donc de stopper mon élan, dans le seul but de faire des photos. Les montagnes faisant face à la route étaient de formidables parois rocheuses et enneigées, et je ne pouvais m'empêcher de penser aux alpinistes s'attaquant à de tels monstres minéraux !

Pour une fois, je prends 2 minutes pour rentrer à l'intérieur d'une église. Aussi propre et beau qu'à l'extérieur ! C'est ici à Auronzo, ou dans l'un des nombreux villages qui se suivent sans discontinuer sur de nombreux kilomètres.

Ensuite, une nouvelle route de montagne avec un nouveau col à passer, le col di Mauria, à 1.298 m. Beaucoup plus encaissé que dans les autres ascensions, le paysage est quasi inexistant. La route alterne entre parties défoncées et toutes neuves. Il fait sombre, on devine le précipice à droite, la pente à gauche. Je laisse passer un motard, puis je m'accroche à son sillage. Un vrai plaisir, mais de pilotage cette fois. Je commence à bien maîtriser ma grosse moto, qui me semble de moins en moins grosse au fil du temps. Sauf quand je la pose ! Bref, une bonne petite bourre, et parail dans la longue descente viroleuse, pour parvenir dans la vallée. Traversée successive d'Ampezzo, Villa Santina, Tolmezzo, Cavazzo. Je suis fatigué, et pressé d'en finir maintenantg, d'autant plus que je vois de gros nuages noirs, et je n'ai aucune envie de monter la tente sous la pluie que je sens toute proche.

L'arrivée au camping a été longue. C'est le camping de Cavazzo, au bord du lac de Cavazzo. J'ai interrogé un gars, qui est descendu de sa voiture pour me renseigner, est retourné chercher une feuille de papier, m'a fait un dessin accompagné d'explications au débit rapide et enchanteur de la belle langue italienne, bref, un modèle du genre. Quelle gentillesse. Et heureusement, car le camping est tout simplement à 12 km de la ville du même nom, sur les rives du lac de... Cavazzo !

La patronne qui m'accueille est fort aimable, et parle parfaitement le français ! Elle a travaillé longtemps en Belgique. Je suis le seul client, le camping est à moi ! Le prix est correct, je peux travailler dans la salle de restauration. Du coup, je vais rester une nuit supplémentaire, histoire de me mettre à jour sur le site, avant d'attaquer l'ex-Yougoslavie. la prochaine étape sera en Slovénie.

Ce soir, la patronne me fait une grosse platée de nouilles à l'italienne, que j'accompagne d'une bonne biètre. Ce n'est pas comme ça que je vais maigrir, moi ! Ils me "mettent" gentiment dehors vers 21h30, et ça tombe bien, car je suis fatigué, et aspire à me coucher, prendre mon bouquin et écouter de la musique. La nuit a été calme et merveilleuse, à part quelques terribles passagesd'avions entre 21h20 et 22 heures, mais qui ont ensuite cessé. Je ne voudrais pas habiter près d'un aéroport. Ici, en montagne, els bruits sont amplifiés, et c'était presque insupportable !

Et pour finir, le compteur de la miss, qui a bien passé le cap des 89.000 km comme prévu !

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