Etape 010 Jour 012

Etape 010 - Jour 012 - dimanche 25 avril 2010 - 36 photos - 212 km - 2.780 en tout

L'itinéraire de la journée. Traversée de la Slovénie du nord au sud jusquu'à la frontière avec la Croatie, au bord de la mer Adriatique.

Réveillé et levé à 7h. J'héite encore, j'y vais ou je n'y vais pas. En effet, ce camping est tellement la classe que j'ai envie d'aller sillonner les petites routes de montagne slovène au hasard, sans me prendre la tête avec un itinéraire quelconque. Et une autre petite voix me souffle de reprendre la route, la vraie. Et c'est finalement cette voix qui l'emporte....

A 8h45, je suis à la réception, et me reconnecte sur Internet pour revoir mon itinéraire, complètement chamboulé. 350 bornes si je fais l'itinéraire prévu. On verra bien. Il es déjà 9h30 lorsque je démarre...

Je fais de gros bisous à la superbe jeune fille du comptoir, aussi souriante que charmante. Non, je rigooole...

Sortir de Bled par les petites routes, c'est un sacré challenge ! Car en Slovénie, les petites routes, c'est ça.... avec très peu de panneaux signalétiques.

Et c'est aussi ça. Si si, je ne suis pas allé là pour faire la photo ! Si les 350 bornes sont comme ça, je ne suis pas rendu. Finalement, ça ne sera pas plus d'un kilomètre. Il y a eu beaucoup plus scabreux, dans une descente déjà fort périlleuse sur le goudron, et qui était coupée par des travaux, avec gros cailloux et tout le toutim, plus la pente et l'épingle à cheveux. J'ai laissé quelques gouttes de sueur, mais je ne suis pas tombé !

Mais je suis récompensé par les paysages, le silence lorsque je coupe le moteur pour prendre une photo, le calme absolu.

Un paradis.

Mon plus beau souvenir restera pour parvenir jusqu'ici, et pour retourner en bas. Petite montagne, me direz-vous. Oui, c'est vrai. Mais les petites routes sont largement plus difficiles que les plus dures des Alpes. Enfin presque. Pour monter ici, des épingles en dévers, sans aucune signalétique prévisionnelle, avec un angle très fermé et une pente énorme. Les deux premières, ça surprend terriblement ! Après, on se méfie. On s'habituerait presque. Mais si la montée était géniale, la descente fut un enfer. Je n'aime déjà pas descendre, mais alors là ! Très forte pente, gravillons minuscules dans tous les virages, route d'une étroitesse incroyable, et en plus, des zones défoncées et non goudronnées. Ouf, dis-je, une fois en bas !

Ensuite, une route de type départementale françaisse, comme ceci. Très roulante, cette fois. Température ambiante autour de 18-20 degrés, que je qualifierais de parfaite. Heureux de rouler, le plaisir de la moto, total. Peu de circulation, jolis paysages. Tout simplement parfait.

Un autre exemple, rien que pour vous. Et toujours de jolies églises dans tous les villages. J'ai des photos, pas le temps de les mettre.... Imaginez !

Puis, insensiblement, les paysages se dégradent, comme la route, de plus en plus défoncée, ainsi que le ciel, qui devient de plus en plus sombre, et la température qui descend, et le vent qui monte.... Moche, vraiment moche. Un avantage, toutefois. Comme je ne prends plus de photos, je roule, et j'avance plutôt bien. Je me fais doubler sans cesse par des dizaines et des dizaines de motards qui roulent absolument comme des dingues. Je comprends mieux les pancartes qui leur sont destinées, avec des croix à côté des motos, en dessin... Mais ça ne semnble pas les gêner. Il y en a qui sont malades !

Finalement, la météo se dégage sous l'action des vents devenus vraiment violents et... saoulants ! Un immense parking et une vue dominante sur la région. Je m'arrête manger. En bas, l'autoroute. Au loin, la mer. Et là-bas, cette grande ville en bord de mer, c'est Trieste.

S'il y a un endroit où je n'ai pas envie d'aller...

Mais j'en ai un peu marre maintenant. Il faut prendre une décision. Mon but initial est Pula, en Croatie. Au bord de la mer Adriatique. Sans doute pas terrible. Mais surtout, c'est aujourd'hui dimanche, je n'ai pas d'argent croate. Je consulte ma carte. Ben oui, je vais aller dans un camping sur la côte slovène, juste avant la frontière, ce sera pareil, et je reste en Slovénie. En plus, j'y suis presque...

Ah, le bord de mer. Le voici, ici à Isola, juste après Koper. Une horreur totale. En circulation, je veux dire ! Infernal. Abrutissant. Mais que suis-je venu faire dans cette galère. Il n'y a plus du tout de nature. Juste une vue dérobée, comme celle-ci, volée parce que je suis en moto. En voiture, pas même la peine d'y penser. Et nous sommes au mois d'avril, si vous voyez ce que je veux dire

Pirano. Je trouve un camping. Minable, environ 50 m2 par emplacement, les uns sur les autres, des caravanes. Affreux. Le patron arrive, pas souriant du tout. Non non, pas de tente. Je rigole intérieurement. Il n'a qu'une seule dent lui aussi, comme ma petite dame d'hier. mais la sienne, elle est en haut !

Bon, je ne suis pas déçu qu'il me dise non ! Mais il m'en indique un autre. Que je trouve après une tonne d'embouteillage en bord de mer, sans parvenir à la voir ! Bon, il est mieux, mais vraiment pas terrible. Quand je pense à celui que j'ai quitté.... Mon dieu, pour rien au monde je ne voudrais installer ici ma caravane. Quelle horreur. Le gars à l'entrée m'avait dit "oui oui, il y a de l'herbe partout, comme ici" en me montrant une zone près de l'entrée, en hauteur, servant plus de mise en valeur du camping, et d'attrape-nigauds. Je lui dis : "si ce n'est pas comme ici, je me mettrai ici". OK me répond-il...

Dix minutes plus tard, il a la surprise de voir le français le prendre au mot. Je n'ai pas trouvé mieux. J'installe ma tente sur son emplacement de rêve.

Mais les toilettes, comparé à la veille.... Je n'ose même pas pensé à la température de l'eau. Je n'ai qu'une envie : m'enfuir d'ici le plus vite possible.

Par ailleurs, je crois bien que je ne vais pas trop aimer le littoral, moi. On verra bien. Demain sera un lundi, sans doute plus calme.

En plus, maintenant, je crève de chaud. Sitôt la tente montée, je pars en ville en quête d'un Internet-Café. J'en trouve un, 1,70 euro le quart d'heure.... En plus de la conso. Il rigole, le gars. Un type me dit qu'il y en a un en face du Grand Palace. Bingo. WiFi gratuit pendant que tu consommes. Déjà beaucoup mieux. Excellente connexion. Une grande Guinness sur ma table, cette bicoque sous les yeux, et Vanadis sur une place de parking que je surveille, et qu'une autre Béhème est venue partager... Mais Vanadis, bonne poire, accepte. En plus, ils ont les mêmes parents, ils peuvent discuter. Vous les voyez, à droite, sur la photo, non?

Je reprends un peu vie....

Au fait, le prix du camping : 11 euros... quand même ! Le bord de mer, ça se paye. La montagne, en dehors du ski, c'est presque gratuit !

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