Etape 017 Jour 020

Etape 017 - Jour 020 - lundi 3 mai 2010 - 112 photos - 183 km - 4.486 en tout

L'itinéraire en jaune. Niksic au centre, Zabljac en terminus au nord. Traversée du Montenegro vers le nord.

7h30. Vraiment bien dormi, mais il est temps de me lever... Pas de tente à démonter, mais tous les sacs à ré-installer sur la moto, quand même. Et d'abord tout descendre de la chambre, située au 2ème étage, par l'escalier extérieur. Crevant. Mes hôtes sont déjà dans le jardin, et me proposent un café, marque de grande sympathie. En tout cas, c'est ainsi que je le prends. Je note leur adresse, on ne sait jamais. En effet, ils me disent qu'en octobre, novembre, décembre, il fait couramment 15 degrés... Alors, venir passer 3 semaines ici en hiver pourrait être une bonne idée !

Finalement, je mets le moteur en route à 8h45. Pour l'arrêter quelques km plus loin, à Tivat, pour prendre le ferry et traverser la baie de Kotor bien plus rapidement que de refaire une partie du tour en moto, pour 1,50 euro. J'avais vu ça hier en passant ici. Il n'y a pas d'horaires, c'est en continu !

Ce sera ma croisière du jour. Un kilomètre. Dix minutes...

Puis je prends la route vers le nord, direction les montagnes. Dernier coup d'oeil sur Kotor.

Une belle route toute neuve me fait escalader facilement la montagne pour arriver sur un grand plateau, à Dragalj. Commune très étendue, des fermes distantes parfaois de plus d'un km les unes des autres, quelques maisons détruites, un cimetière contenant peut-être plus d'habitants que ce que je peux en dénombrer au vu des maisons... Bref, très curieux.

Puis la route reprend de la hauteur. Un dernier coup d'oeil sur ce village et ce plateau.

C'est super, la route est très étroite et pas mal défoncée, mais c'est joli et ça me plait. Puis vient une bifurcation, je vois "Niksic". C'est ma prochaine grande ville. OK, c'est bon, je prends. Je n'aurais vraiment pas dû ! Quelle erreur... Je rejoins une portion de travaux assez énormes, avec de nombreux camions et pelleteuses. La route est totalement défoncée. Je me demande même si je ne suis pas sur le chantier des camions. Je commence à penser avoir perdu la route, quand je la retrouve, en très mauvais état, mais ouf, je suis enfin sorti de cette zone très dangereuse.

Eh ben non ! Pas de chance. 15 km comme sur cette photo, avec des moments pires, de rares moments meilleurs. Une heure !

Là, j'ai mouillé ma chemise. J'avais mal pour les pneus, tant les pierres pointues ressortaient par moment !

L'horreur ! Enfin, ce n'était rien comparé à ce qu'ont du vivre ces pauvres gens...

Evidemment, pas le temps de regarder le paysage, mon attention étant totalement concentrée sur le chemin. J'ai laissé le plus souvent Vanadis mener sa roue avant là où elle voulait, lui donnant seulement la direction principale. Et ça s'est finalement bien passé. Le tout dans un pays de garrigues.

Lorsque je retrouve enfin le bitume, j'ai l'impression de rouler sur un coussin d'air tellement c'est confortable. Quel bonheur.

Ici, le lac de Slaneko, une dizaine de km avant Niksic, la grande ville du coin que l'on aperçoit à l'horizon, derrière les lacs.

Il était temps, je commence à ne plus avoir beaucoup d'essence. Un vent violent balaie cette ville moche comme tout. On dirait une ville sortie de Russie, comme dans les films montrant les villes de l'est pendant la guerre froide. C'est incroyable. Bref, je suis heureux de la quitter, je ne voudrais en aucun cas avoir à faire halte ici. Les gars de la station avaient les poches pleines de billets, des euros dans un état comme je n'en avais jamais vus. Comme passés à la machine plusieurs fois, presque sans couleur, se chiffonnant aisément... Bizarre !

Quelques km après Niksic, je retrouve avec plaisir la campagne et les petits villages. C'est beau comme tout. Ici, cette jolie rivière, juste à côté d'une petite épicerie dans laquelle je fais quelques courses. La dame me fait un énorme sandwich, avec salami et fromage, plus deux yaourts au chocolat, une canette de 50 cl de bière, et deux grosses bananes, le tout pour 2,94 euros... Quand même nettement moins cher que chez nous ! En plus, j'adore faire mes courses dans ces échoppes de hameaux. Il y a aussi des bistrots un peu partout, dans des endroits totalement hétéroclites. C'est génial.

Vous pouvez apercevoir au loin la route que je vais suivre.

Mes premières pancartes en écriture cyrillique.

Le même village de Savnik, vu depuis les hauteurs, quelques kilomètres plus loin. C'est en bas, près du pont, que je me suis lancé à l'attaque de mon sandwich. Je n'ai pu en manger que la moitié, et j'avais pourtant faim...

La route suit des canyons assez profonds. On l'aperçoit là-bas à nouveau, à flanc de montagne.

Un peu plus loin, un croisement avec tous les noms écrits en cyrillique. Un monsieur se trrouvant là vient me parler en allemand. Très gentiment, il me conseille de ne pas prendre à gauche la route normale pour Zabljak, car elle est en reconstruction. Hou là là, heureusement qu'il était là, car je me retrouvais dans la même situation que ce matin. Je prends ce qu'il appelle l'ancienne route.

Je croyais avoir mangé mon pain noir, mais que nenni. L'ancienne route est très étroite (ça ne me gêne pas) mais est surtout truffée de nids de poule, dont certains sont vraiment énormes. Et tout d'un coup, alors que ça allait mieux et que je commençais à accélérer, je m'en prends un énorme. Vanadis a émis un craquement sinistre, j'ai pilé, calé. Je pensais que le cardan venait de casser. Ou la boîte de vitesse. Mais non, la teutonne est repartie, comme si de rien n'était. malgré tout, je ne suis pas tranquille, car les craquements que j'ai entendus, je ne les ai pas rêvés !

En plus des trous, il y a des vaches, des chèvres, des moutons.
Ce qui est bien plus agréable, car je n'ai pas vu beaucoup d'animaux ces derniers temps sur les routes.

Dans la cabane à gauche, il y avait le berger. Je suis descendu discuter un peu avec lui, et surtout lui demander si j'étais bien sur la route de Zabljak. Il ne parle que la langue de son pays. Mais j'ai compris que c'était la bonne route, arrivée dans 20 km. Et c'était bien ça !

Monument dédié à la mémoire des morts de la seconde guerre mondiale. Il y en a de temps en temps, souvent en pleine nature.

Vanadis sur sa route, vue depuis le fameux monument aux morts.

Mon dur labeur avec la route reçoit sa récompense. J'arrive sur les hauts plateaux, je frôle la neige.

Tout simplement fantastique. On se croirait en Mongolie, les grands espaces. Typiquement le paysage qui me fait vibrer.
Je pourrais rouler pendant des jours et des jours dans un environnement semblable.

Curieuse petite église entourée de son cimetière.

Et j'arrive à Zabljak. Cette ville est incroyable. En fait, des petits chalets sont construits un peu partout dans la montagne, espacés les uns des autres. C'est fort agréable. Je dsais qu'il y a un camping, je l'ai vu sur Internet. Mais à cette saison, c'est très certainement fermé, et je vais devoir prendre chambre chez l'habitant. Ah, voilà la pancarte, alors que je m'apprêtais à poser la question.

On dirait presque un ranch. La réception est ouverte, mais il n'y a pas un chat. J'aperçois un gosse qui fait des signes dansd ma direction, sur les hauteurs, et j'entends des cris. Une femme descend en courant. Cool, il y a quelqu'un, et pour venir à cette vitesse, elle ne veut pas que je me sauve !

Mais non, pas la tente. Prenez un cabanon. 5 euros pour vous, ça ira ? Venez voir. Excusez-moi, ici avec Tito, la seule langue que nous devions apprendre, c'est le russe. Elle m'ouvre le mini-chalet. Que vous voyez ci-dessus. Puis elle me dit : là-bas, la cuisine et les toilettes et les douches. Venez voir. Vous pouvez faire votre cuisine, il y a le réchaud à gaz. Est-ce que c'est d'accord ?

Oui, madame, c'est d'accord ! Comment pourrait-il en être autrement, d'ailleurs. C'est le camping le moins cher depuis le début, je n'ai pas même besoin de monter la tente, l'accueil est exemplaire, bref, les efforts de la journée sont payés au centuple. Sen-sa-tionnel. Je suis gâté. Je descends mes sacs.

La dame vient me dire qu'elle a une carte pour les randonnées, qu'il faut que j'aille voir le lac noir (Crno Jezero), etc... Non, madame, je ne suis pas ici pour faire de la balade à pieds, mais vous êtes très gentille. Vous pouvez aller voir le lac en moto. Alors d'accord, j'y vais, histoire de faire une photo ou deux. Oui, en moto, jusqu'à l'entrée du Parc National Durmitor. Mais après, c'est à pieds. Je me dis que le lac ne doit pas être loin.

1.800 mètres aller-retour à pied. Voilà ce que m'a coûté cette photo. En nage, que j'étais ! Soyez heureux de l'avoir, je ne suis pas certain que vous la méritiez. Vanadis était morte de rire quandf elle m'a vu revenir, rouge comme une écrevisse...

Heureusement, c'est un beau lac. Encore heureux !

Je retourne au camping, heureux de me laisser glisser par la moto. Les hectomètres défilent beaucoup, beaucoup plus vite, et sans fatigue.
Je vais prendre ma petite douche bien chaude, puis direction la cuisine. Une grande table en bois pour moi tout seul, des prises de courant pour le PC. Ma bière que je n'avais pas entamée, puis je termine mon sandwich en tapant ce compte-rendu. Là-dessus, un bon café bien chaud et mes deux yaourts. Je suis comme un coq en pâte. Il est 20 herures. J'ai fini mon boulot. Je vais retourner dans mon petit chalet. Lecture, musique, dodo.

Le bonheur, quoi.

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