Etape 018-19 Jour 021

Etapes 018-19 - Jour 021 - mardi 4 mai 2010 - 184 photos - 231 km - 4.717 en tout

L'itinéraire en jaune. Traversée du Montenegro du Nord au Sud, canyon de la Tara, Podporica, Lac de Shkodres, arrivée près de Petrovac.

Réveil à 6 heures. Trop tôt. Nouveau réveil à 7 heures. OK, c'est bon, je me lève. Petit déjeuner dans la salle du réfectoire, parfait. Hier soir, je rangeais mes affaires pour aller me coucher, vers 20 heures, lorsque Kris est arrivé. Un belge flamand, parlant très bien le français. Un grand voyageur. Nous nous sommes de suite bien entendus. Super sympa, Kris voyage avec les transports publics depuis sa Belgique. Il a surtout visité Serbie et Bosnie-Herzégovine. Il s'est loué une voiture hier à Kotor pour visiter le nord avec un peu plus de liberté. Du coup, il faisait nuit noire (et il était déjà 21h30) lorsque je suis retourné dans mon chalet. Dodo direct, à peine un peu de musique. J'ai dormi comme un bébé.

Kris s'est levé ce matin au moment où je partais. Bon voyage, Kris, et merci pour la conversation.

Le compteur de Vanadis avant le départ, puisque j'ai oublié de le faire hier soir !

Et Vanadis devant mon chalet. Le genre de maison que je qualifierais presque d'idéal, y compris en taille ! Quand je pense que nos jeunes maintenant font construire du 100/120 m2, nous faisions dans les 90 m2 maxi, nos parents dans les 70 m2. Le pire, c'est que plus les maisons étaient petites (en remontant dans le temps), et plus il y avait de monde à y vivre... Franchement, où va-t-on ? Plus la maison est grande, plus on va acheter des choses pour la meubler. Et ça sert à quoi ? On s'en rend vraiment compte de l'utilité des choses au moment du déménagement...

Je lance le moteur à 8h30.

Pour la première fois depuis longtemps, il y a des nuages dans le ciel. Mais il fait très bon, compte tenu de l'altitude. C'est donc un temps orageux, qui apporte au ciel une couleur indéfinissable. Pour ma part, je roule vers l'est, et finis par arriver au très fameux pont enjambant la Tara River. Une rivière impétueuse, longue, qui a creusé d'énormes canyons, et que tous les passionnés de kayak connaissent...

Pour une fois, je vais à pied sur le pont pour faire les photos. Voici donc la rivière Tara vers le sud-est. Je suivre son cours dans cette direction.

Vers le nord-ouest, toujours vue depuis le pont. C'est grandiose.

Je pourrais m'arrêter sans cesse tellement cette rivière offre de vues toutes plus belles les unes que les autres.

Un méandre. Mais je ne sais pas pourquoi je vous le dis, hein ! Derrière moi, un à-pic vertigineux, avec une belle coulée de pierres.
Je préfère ne pas traîner ici, pas envie de m'en prendre une sur la tronche.

De nombreuses photos accompagnées de gerbes de fleeurs jalonnent la route. En fait, sur toutes les routes du Montenegro. Ce qui donne un aspect assez sinistre à ce pays, qui me gêne de plus en plus, sans parler des maisons détruites. Pas moyen de savoir si ces morts sont dus à la guerre, ou à la route...? Les deux sans doute !

Mojkovac. Ici, j'ai deux possibilités. Soit de suivre l'étape prévue, de coucher dans un petit village en montagne à l'est (il n'y a pas de camping), et revenir demain par une toute petite route sinueuse, soit couper ici et descendre plein sud pour finier à l'étape de demain, sur la côte.

Je décide d'aller dans cet hôtel me renseigner sur cette fameuse route, car je n'ai aucune envie de me retrouver sur une voie sans goudron. Pourquoi ce grand hôtel ? Parce que je pense que l'on doit y parler l'anglais. Bingo. La jeune fille parle anglais. Mais ce que je n'avais pas prévu, c'est qu'elle ne connaisse pas cette route ! Etonnant, les gens, qui ne connaissent pas même les routes de leur région ! Bref, elle me dit qu'elle n'est pas asphaltée. Et vous savez comment elle fait ? Elle prend ma carte, cherche et trouve la légende, vérifie et me répond : pas de goudron. En un mot, elle me prend un peu pour un pauvre gars qui ne sait pas lire une carte... Bon, me voici bien avancé. Mais comme c'est la réponse que je voulais, et que ma décision était déjà à moitié prise, l'étape 18 s'arrêtera ici, et j'attaque l'étape 19. Pourquoi ? Parce que le paysage, en dehors du canyon de la Tara, ne me plait qu'à moitié, et que je n'ai pas vraiment envie d'aller chercher un logement dans une petite ville comme celle-ci, et que je ne sens vraiment pas cette petite route. Pour en finir avec cet hôtel. Vous avez vu le style, type grandiose, tape-à-l'oeil. Quand je suis rentré, c'est comme si je venais de changer de pays et d'époque. Tout est disproportionné. Les immenses marches en marbre, avec une moquette rouge qui se décolle entre les niveaux. Un hall immense, extrêmement sombre -il y fait presque nuit- et de très grands candélabres, allumés, pour fournir un peu de lumière. Et là, derrière ce comptoir, cette jeune fille très sérieuse. Pour rien au monde je ne voudrais bosser dans cet endroit complètement désuet, hors norme et hors date, qui a tout pour déplaire, et qui ne semble vraiment pas à sa place ici. Une horreur totale. Je me suis presque enfui de ce lieu horrible. Même gratuite, je préfèrerais retourner dans mon petit chalet plustôt que de passer une nuit ici.

Je roule maintenant vers le sud. Il fait de plus en plus chaud, et le ciel devient de plus en plus blanc. Lourd. La route suit encore un peu la Tara, puis bifurque et change de rivière. Je vais maintenant suivre le cours de la Moraca. Gorges grandioses également, canyon profond, fond souvent invisible, très nombreux tunnels dans lesquels il fait noir comme dans un tombeau -extrêmement dangereux-, nombreux camions, gros trafic, mauvais état du revêtement. Bref, une route difficile, presdque pénible.

Enfin, vous avez vraiment de la chance que je sois en moto pour voler une photo comme ça, et pour vous la montrer!

Plus j'avance vers le sud, et plus je me rapproche du lit de la Moraca. J'adore la tournure prise par le canyon à partir d'ici, c'est vraiment superbe.

Quelques kilomètres avant Podgorica -la capitale, impossible à contourner-, je me pose ici pour manger. Séquence admiration..

Ensuite, je ne suis pas déçu par la capitale, qui correspond entièrement à mes rêves les plus fous, et même au-delà. C'est tout simplement AFFREUX. C'était ma corvée du jour, j'ai été extrêmement prudent, car il le fallait. Et ça s'est terminé par une immense avenue rectiligne d'envtron 10 km de longueur, très large, limitée à 50 km/h alors qu'il n'y a presque pas encore de constructions, mais qui est en travaux d'un bout à l'autre. Dans dix ans, dans 20 ans, ce sera encore plus l'horreur, lorsque cette avenue sera, comme elle promet de l'être, bordée de centaines de magasins et entrecoupée de dizaines de feux tricolores.... Horreur, malheur... Sauve qui peut.

Virpazar. Arrivée sur les rives du lac de Skadar qui, lui, pour de vrai, ne m'a pas déçu. Chaleur torride, ambiance tropicale garantie, impression très nette d'avoir, en quelques km, changé de continent. Unz digue, ma route, la voie ferrée, et de chaque côté, des marais desquels je m'attends presque à voir surgir crocodiles et autres animaux préhistoriques. J'adore.

Ici, un bosquet d'oliviers baigne dans l'eau.

Sur ma droite, cette petite route semble prendre de la hauteur. C'est ce dont j'ai besoin, je veux une vue d'ensemble. Je ne suis pas déçu.

Si près de l'horreur de la cité. Et en même temps, si près des dieux. Je suis récompensé, c'est sublime.

Un plongeon dans la nature.

Je reviens sur les rives du lac pour traverser la montagne, toujours vers le sud, jusqu'au bout de la route. Jusqu'à la mer. Adriatique.
A droite, c'est le sud-est et l'Albanie. A gauche, au loin, c'est le Kosovo, que je ne veux pas traverser.

En bas, c'est Petrovac. Mon camping est juste après, derrière le monticule.

Cette fois, je n'oublie pas..

Au milieu d'oliviers centenaires, si ce n'est plus... Mon camping, 6 euros la nuit, et Internet dans la tente avec ! Je prends.

Un motard est déjà là, avec une moto de rêve. La 1200 GS Adventure ! Il vient discuter. En français. C'est un suisse de Berne. Kurt est extrêmement sympathique, m'aide à monter la tente. On discute beaucoup. Il s'en va tout-à-l'heure, car il va prendre le bateau pour retourner vers l'Italie. Et au mois d'août, il s'en ira sans doute pour 8 ans à Washington... Encore un voyageur. Puis arrive un anglais, Peter, qui parle plutôt bien le français. Il vit dans une citroën aménagée en camping-car. Formidable, ce qui m'intéresse au plus haut point. C'est un pilote de para-pente, il recherche les sites propices dans toute l'Europe. Un homme heureux, à tout point de vue.

Avec tout ça, il est tard... Mais ce n'est pas grave, n'est-ce-pas ? Les rencontres, c'est primordial.

Je termine avec la photo prise par Kurt.. Allez, je vous laisse à vos devoirs. Bye.

Page précédente: Etape 017 Jour 020
Page suivante: Etape 020 Jour 022


Depuis le 06/06/2005 Visites:920170 Aujourd'hui :372 Maintenant:12 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)