Etape 023 Jour 025

Etape 023 - Jour 025 - samedi 8 mai 2010 - 115 photos - 250 km - 5.464 en tout

L'itinéraire en bleu, histoire de changer un peu.. Sortie de Macédoine, entrée en Grèce.

J'ai extrêmement bien dormi dans cette chambre, le lit était très confortable, il y faisait très bon. La maman d'Igor semblait inquiète hier soir et avait peur que j'aie froid ! Réveillé à 6 heures, je me lève à 6h15, car j'ai envie de partir. Mais une grosse désillusion m'attend. Il pleut. Petite pluie fine, du genre qui mouille bien. Alors qu'hier après-midi, le ciel était d'un bleu si pur, je n'en reviens pas. C'est la douche froide, au sens propre comme au sens figuré.

Je mange, je descends à la moto. Mes hôtes ont rangé mes sacs à l'abri, et mis un parasol pour protéger la moto de l'eau. Quelle délicate attention. Le papa d'Igor, Michelo -si j'ai bien compris- me dit de venir prendre un café. Finalement, je démarre à 8h45.

Tenue de pluie complète, y compris le pantalon, sur l'insistance de Michelo. Et heureusement.
Ici, juste en partant, ça semblait s'arranger...

Mais un peu plus loin, à l'entrée du parc national Galicica, les choses se gâtent. Un gars était là, et comme je sortais l'appareil photo, malgré la pluie, pour la pancarte, il vient vers moi et me propose de faire la photo lui-même avec moi. Super sympa, on a discuté un peu. C'est un Slovène, venu ici faire du trek. Je lui ai parlé de Bled en Slovénie. Grand sourire, il était heureux que j'avais trouvé beau. C'est génial !

Ensuite, je n'ai plus rien vu du tout excepté la route juste devant la roue de Vanadis. Il pleuvait à verse, et toute mon attention était sur la conduite. Heureusement, la route était belle, mais glissante à souhait, et bien sûr, de belles épingles serrées.. Arrivé en haut, un vent glacial. Il y a encore de la neige sur le bord de la route. Le thermomètre est descendu à 6 degrés.... Mais j'arrive quand même à faire quelques photos. Et surtout, estimez-vous heureux, car je les ai faites pour vous, bande de veinards, pendant que vous êtes tranquillement assis dans vos bureaux, ou affalés dans vos fauteuils !

Je n'ai absolument rien vu du lac Ohrid depuis les hauteurs. mais j'ai la chance de voir l'autre, le lac Prespa.

Je vais ensuite faire un tour jusque sur les rives du lac -petite rallonge. C'est là que je vois cette mosquée. Il y en a dans tous les villages. Il y a aussi de nombreux cimetières comme abandonnées, recouverts d'herbes folles. Les rares personnes à qui je m'adresse ne sont pas sympathiques, et me répondent très très vite. J'en prends mon parti, surtout que je quitte le pays. Je retrouve la grande route, direction Bitola. Une grande ville, assez difficile à tgraverser, les indications pour la Grèce étant très discrètes -ils se détestent vraiment...

Il est midi lorsque je passe la frontière. La température est enfin remontée aux alentours de 18 degrés, et ça me fait du bien. Le soleil est également de plus en plus présent. Il est midi lorsque je passe la frontière -comme hier. Le douanier macédonien est franchement très désagréable, ne répond ni à mon "bonjour", ni à mon "good bye". Peu importe, mais il ne redore pas le blason de son pays. Heureusement que j'ai rencontré Igor et sa famille, qui me permettent de garder un excellent souvenir de ce petit pays.

L'arrivée à Florina, la première ville grecque d'importance, est une expéroience très mitigée. D'abord, une énorme claque, c'est le prix de l'essence. 1,50 euro le SP 95. Je suis ébahi. Je regrette de ne pas avoir fait le plein en Macédoine. Décidément, en ce qui concerne l'essence, je gère vraiment mal ! Ensuite, peu de personnes parlent anglais, et si oui, très mal. Par contre, j'adore leurs lettres, et c'est vraiment un gros dépaysement. J'ai la surprise de voir mon premier prêtre en soutane avec la longue barbe. Bizarre. La pluie retombe, et même assez fort. Et je pars dans les montagnes.

Heureusement, la pluie ne dure pas, le soleil revient gentiment mais fermement. La route est une merveille de route motarde. Belles courbes, serrées mais pas dangereuses, pratiquement un idéal pour les motos. Les paysages sont très jolis, je suis heureux.

De très nombreuses églises miniatures sur la route, certaines avec des bougies allumées ! Très curieux.

Pas question de faire du camping sauvage.... Et ce n'est pas une plaisanterie, il y en a pas mal, j'ai demandé !

Je vous le disais, c'est un plaisir, et à ce régime, j'arrive rapidement à Kastoria, le but de mon étape.

C'est magnifique, le lac est de toute beauté, et j'avais vraiment bien vu.

L'eau est plutôt polluée. Mais une grosse surprise m'attend. Il y a ici une colonie de pélicans !
C'est la première fois que je vois ces oiseaux dans leur cadre naturel. Ils sont très impressionnants.

Sauf sur ma photo !

Je cherche un camping, et on m'envoie dans cette direction. C'est magnifique. Des arbres âgés de plusieurs siècles, un chemoin asphalté en sens unique sur plusieurs kilomètres. Un vrai bonheur. Mais de camping, point ! L'information était fausse, il n'y a plus de camping dans cette ville depuis 15 ans.

Un monastère avec des peintures murales.

Du coup, la miss fait sa crâneuse. Bon, elle le mérite bien, elle m'a quand même toujours supporté, au sens propre comme au figuré.

J'ai acheté une sorte de gâteau au fromage dans la montagne -c'est ce que le gars m'a vendu quand je lui ai demandé un sandwich.
Pas mauvais du tout. C'est ici que je le déguste, et devant un tel paysage, comment voulez-vous ne pas apprécier ?

Dans un bistrot, je me renseigne pour une chambre pas chère. La fille téléphone, et me dit 50 euros. Je lui dis "je ne suis pas un américain". Le patron du bar me dit : "c'est marrant, nous disons en Grèce la même chose !". Oui, enfin, ça ne fait pas avancer mes affaires. Je vois l'heure tourner, et le premier camping se trouve dans les Météores, à 170 km d'ici. Je commence à me dire que je dois y aller. A ce moment, le patron du bar me dit : je t'invite dans ma maison, pas de problème, j'habite une vieille maison à 300 mètres d'ici. Ne connaissant pas ce gars-là, je n'ai pas vraiment envie d'aller comme ça chez lui. C'est mon côté méfiant vendéeen qui ressort. Je lui dis que je vais faire une course et que je reviens. Avec évidemment la ferme intention de ne pas revenir. Je sais, vous allez dire que je suis incorrect, mais je ne le sentais pas. Et je vous l'ai dit, je me fie à mon instinct. Je me barre.

Direction les Météores. Dix bornes plus loin, dans un village, je vois 6 ou 7 vieux en train de boire à une table. Je leur demande s'ils parlent anglais. Pas de problème. Super sympas. Je leur demande s'ils connaissent quelqu'un louant une chambre. L'un d'entre eux se lève, me dit qu'il s'en occupe, et prends son portable. Les autres me demandent quel prix je veux payer. Dix euros. Oh là, mission pratiquement impossible, me disent-ils. Ils sont adorables, discutent de mon voyage, d'où je viens, etc. Extrêmement polis, corrects, tout. Celui du portable revient et me dit, ok, je t'en ai trouvé une, 25 euros... Un des petits vieux lui dit que je ne peux pas payer plus de dix. Là-dessus, celui du portable part en criant, très désagréable.. Les autres me disent de ne pas m'en occuper, que c'est un idiot. Ils me disent : "ne perds pas ton temps à chercher une chambre, fonce vers ton camping dans les Météores". Prends cette direction, puis celle-ci....

Je suis parti.

Je roule, assez fort, puisque je suis décidé, et que je ne fais plus de tourisme. Ce qui est bien, c'est que le soleil est revenu. Je vois de temps à autre des auberges, et l'idée me vient de m'arrêter à la prochaine et de demander si je peux mettre la tente sur leur pelouse, ou dans un coin.

Bingo ! Yes, accepté. Ils sont absolument formidables. Konstantin, sa fille, son fils, son épouse, tous formidables. Il ne veut même pas que je paye.

Finalement, sa fille se connecte sur mon site, et ils adorent totalement. Konstantin veut une photo du restau, avec lui dessus, puis il m'emmène en voiture voir "sa" rivière. C'est son pays, et c'est vrai que c'est beau.

Chose promise, chose dûe.

La rivière. Dommage, le soleil était du mauvais côté, les couleurs ne sont pas bonnes.

Mais j'aime beaucoup le coin, c'est très reposant. Merci, Konstantin, pour cette petite balade.

Et le soir, alors que je suis en train de travailler sur mon PC, son fils m'apporte une belle saucisse qu'ils viennent de faire griller.
Quelle gentillesse. Merci à vous tous, de m'avoir accueilli de cette façon.

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