Etape 026 Jour 029

Etape 026 - Jour 029 - mercredi 12 mai 2010 - 125 photos - 303 km - 6.208 en tout

L'itinéraire en bleu. Traits jaune-rouge sur la partie "galère"

Réveil et lever à 6 heures, si je fais référence aux horaires français, et que j'ai suivis jusqu'à présent. Mais ça fait donc 7 heures en Grèce. Alors que je suis prêt à partir, Raymond, le cycliste suisse, se dirige vers les sanitaires et s'arrête discuter un peu. Il a visité un monastère, hier, il est plus courageux que moi. Mais c'est normal, c'est un cycliste. Je démarre à 8h15 (grec) , ce qui est mon départ le plus matinal depuis le début de ce voyage (7h15...) !

Ciel nuageux, mais qui me laisse sans aucune inquiétude. Il fait déjà chaud !

Je retourne un peu vers Metsovo/Ioannina jusqu'à Kastraki, puis prends une petite route de montagnes qui descend sud-ouest vers Arta. Mon but est un camping devant se trouver à Katafourko, sur l'immense golfe presque entièrement fermé d'Amvrakikos. Les montagnes sont les Pindos, dont les sommets tournent entre 2000 et 2400 mètres. Ici, juste au départ de cette route, qui conduit d'abord à Kastania.

Je vous laisse admirer. C'est très joli. La route est belle, avec ses surprises grecques, mais ça va.

Les paysages sont du genre de ceux que j'aime beaucoup. Tout baigne pour moi, c'est parfait. J'ai même mis la caméra en route.

Ici le lit d'un torrent. L'eau est d'une pureté incroyable, car c'était ici vraiment profond.

Je croise des troupeaux de vaches, de chevaux, de tortues (encore), quelques chèvres et quelques chiens errants.

Chaliki. C'est beau, vous ne pouvez pas imaginer à quel point je profite de cette belle étape.

De plus, je suis heureux, car je vais arriver de bonne heure, et vais pouvoir faire un peu de farniente cet après-midi.

Mais je ne suis pas trop certain d'être sur le bon chemin. Je vois deux ouvriers sur le bord de la route, et m'arrête pour faire le point. Avec une carte au 1/1.000.000ème, et deux gars qui ne parlent pas autre chose que le grec, ce n'est pas facile. Mais je finis par comprendre. Je suis en train de rouler nord-ouest depuis un bon moment (je vous rappelle que mon but est sud-ouest)... Vous allez à Arta. Mais continuez sur Metsovo (quoi, je suis près de Metsovo ?!!!), et prenez la grande route. Ah, vous voulez les petites routes ? Ok... Comme vous voulez....

Je croise deux autres gars en voiture un peu plus loin. Pour me mettre sur le bon chemin, ils n'hésitent pas à faire demi-tour sur 6-7 km, en me demandant de les suivre. Là, à droite. Toujours tout droit, jusqu'à un grand pont. Vous traversez le pont, une route non asphaltée, mais vraiment bien, puis vous retrouvez l'asphalte. Bonne route. Me voici rassuré. Juste un peu d'inquiétude concernant la partie non asphaltée, mais on verra bien.

Le fameux grand pont. Une image d'un autre monde. Plein de bouses de vaches. Deux vaches sur le pont. Une voiture me dépasse, et en chasse une qui file devant elle jusqu'à l'autre bout ! Le gars me confirme que c'est la bonne route. OK. On y va.

Et effectivement, il n'y a pas d'asphalte. C'est clair. mais ça va bien. Je roule en seconde, entre 20 et 40 km/h.
J'estime la distance sans asphalte, d'après ma carte, à environ 10 km, voire même moins.
Je prends même le temps de m'(arrêter faire des photos, c'est vous dire si ça va !

Puis les choses s'aggravent rapidement, un peu avant ma rencontre avec cette bergère, que vous apercevez au loin. Je lui demande si c'est bien la route en lui citant le nom du village le plus proche. Elle me fait bien comprendre que "oui, c'est la bonne route". Peut-être, mais là, je sens vraiment venir les ennuis. Car en fait, l'empierrement de la route a changé. De pierres que je qualifierais de "normales", le sol est désormais tassé avec des pierres de type "galets", dont beaucoup trop d'entre eux sont ronds. Vous m'avez compris. Dans certaines descentes, et côtes, les voitures, en passant, ont creusé ces masses de galets en sillons que je ne peux plus franchir. Je roule au pas, presque centimètre par centimètre, manquant tomber à chaque instant. Et ce qui devait finir par arriver... Je tombe. Et là, pas de voitures qui s'arrêtent pour m'aider. Je ne peux compter que sur moi.

Je coupe le moteur. Je retire les sacs. Il faut relever Vanadis. J'y parviens, malgré le poids des valises et du top-case. J'arrive à la mettre sur la béquille, en jouant avec les galets. Bon, ça, c'est fait. Il fait une chaleur d'enfer. Je suis déjà mort de fatigue. C'est que je suis tout, sauf un sportif. Et comme je fais de gros efforts physiques depuis un bon moment maintenant, j'accuse le coup. Peut-être aussi le fait que je n'ai pas encore mangé. Bref, que faire ?

Je défais les valises, et je décide de gravir cette pente de galets avec une moto allégée, puisque je n'ai plus que le top-case, plein, mais seul. Et ça passe. Dire que ce soit facile serait exagéré, mais ça va bien. J'en suis même le premier surpris. Bagages.... Je le savais, plus on en a et moins on est libre. C'est la preuve absolue. Je redescends la côte. Bien plus longue à pied que debout sur les cale-pieds de la bécane. Et je remonte d'abord mes deux sacs, ensuite mes deux valises. Je remets le tout en place, j'inspecte la route à suivre. Qui semble meilleure. Et je me dis qu'il ne doit plus y avoir grand chose à faire, j'aperçois au loin des maisons, sans doute le village recevant l'asphalte. Je m'alimente, je bois, et... je repars.

C'est dur, très très dur. Il y a même de touts petits gués. Sur le plat, ça roule. Dès que j'ai de la pente, montante ou descendante, ça se gâte terriblement. Je fais la valeur d'un kilomètre au pas, je ne sais pas comment j'ai fait pour ne pas tomber. Car dans les pentes, je suis entraîné dans ces gros galets, je ne peux même pas freiner, je suis emporté par tout mon poids, je tangue.... J'arrive aux maisons, je pense que c'est terminé, mais non, ça continue, virage, pente, j'aperçois le chemin dans la montagne plus haut. Je suis physiquement épuisé, à bout. J'arrive à poser correctement Vanadis, et je desccends vers la maison que j'aperçois, en-dessous de moi. Des petits vieux sont là, à l'ombre. Ne parlant que leur langue, je ne leur en veux pas. Pour ma part, j'essaye, entre deux pauses pour reprendre mon souffle, de leur expliquer. Mais le mot "asphalte" est également grec. 5 km, et il me montre la direction d'où je viens ! Dans l'autre sens ? Oui, aussi, mais à 8 km. Je suis anéanti. Je sais que je ne peux pas piloter Vanadis avec son chargement dans ce pierrier. Je n'en ai pas les capacités physiques.

Il me propose un café. Je lui demande de l'eau. J'ai vraiment du mal à reprendre mon souffle. Il me donne une chaise, je m'affale plutôt que je ne m'assoie. Ils sont très gentils, tous les deux. De mon côté, je me dis que ce n'est pas grave, rien de cassé, rien d'abîmé. La seule chose dont j'ai besoin, c'est qu'une voiture porte mes sacs et valises jusqu'au goudron. C'est tout. Je me dis que ça ne me gênerait pas de passer la nuit ici, et même que ça me plairait bien, finalement. Mais les choses vont tourner différemment.

Les anciens avaient bien un téléphone, et ils ont appelé. Dix minutes plus tard, ils me font comprendre que je dois retourner à la moto, quelqu'un m'y attend. Je les remercie. Rien que le fait de remonter les deux cent mètres de pente me remettent à plat. Décidément, je ne vaux plus grand chose, moi ! J'entends déjà les enfants. "Mais papa, si tu bougeais un peu, au lieu de rester devant ton pc....". Bref.

Voici mes sauveurs. Je ne connais même pas leurs prénoms. Il y a deux voitures venues à ma rescousse. Ces deux garçons, et un autre, qui est reparti une fois les choses solutionnées, avoir avoir constaté que tout allait bien. En fait, ils me confirment qu'il reste bien 8 km, mais que la partie restante est parfaite, comme "ici". Non, il n'y a pas de galets, terminé. Vas-y, nous on reste derrière, on va là-bas nous aussi. OK. Je remonte, à moitié rassuré. Mais si c'est vraiment comme "ici", là où se trouve Vanadis, c'est comme au début, et ça me va.

Ah, je ne vais pas loin. Moins de dix mètres. Epingle à cheveux, galets. Je stoppe aussitôt, descends, et leur fait comprendre que je ne peux pas passer. Là-dessus, le plus jeune me fait comprendre qu'il va prendre la moto et la monter. Je pense en moi-même que s'il tombe avec, ça craint vraiment. Surtout qu'il a l'air bien décidé, ce ne sera pas à la même vitesse qu'avec moi. Non. Instantanément, je décroche et pose mes deux sacs par terre, et je détache les deux valises, et je leur demande de les mettre dans leur voiture. Ils acceptent. Ouf !

Et là, mes amis, aucun problème. Je suis même obligé d'attendre mes sauveurs qui vont moins vite. Vanadis se joue des galets, et moi avec. Je me,mets très souvent debout sur les cale-pieds, on sent mieux la piste, on apprécie davantage les meilleurs points de passage. Bref, c'est vraiment le bonheur Celui de voir ma bécane faire son boulot sans rechigner, celui de me voir la diriger correctement. Je suis vraiment très heureux. On arrive à l'asphalte assez rapidement. Je n'y serais pas parvenu avec mes sacs, c'est évident ! J'aimerais offrir un pot à ces deux sympathiques garçons, mais la taverne à laquelle ils pensaient est fermée. Ils ne veulent en aucun cas accepter d'argent. On se serre la main. Merci beaucoup. Je les prends en photo et leur dis que je les mettrai sur Internet, je leur donne l'adresse du site. Voilà pourquoi ils sont à l'honneur sur "allerssretours.com".

Je remets mes bagages et dématrre sur le goudon. Comme c'est facile ! Stop.
Photo arrière pour me souvenir de cette piste, que l'on aperçoit sur les flancs de la montagne. Je n'oublierai pas de sitôt !

Un peu plus bas, le grand barrage. C'est certainement sa conbstruction qui est à l'origine de l'arrivée du goudron jusqu'ici.
En bas, ce sont des ruches que l'on aperçoit. Il y en a beaucoup dans la région.

Je retrouve les fissures et autres affaissements de la chaussée.
Mais vous pensez bien que je m'en moque totalement.

Non seulement ce n'est pas un problème, mais ça m'amuse.

Très beaux paysages en descendant sur Arta.

J'ai retrouvé la pêche -surtout au niveau moral- mais je sens que je suis fatigué.

En tout cas, je vous conseille de venir rouler dans ce coin, c'est joli, et c'est très calme.

Il y a un grand lac de barrage que je trouve ici peu avant Melates.

Toujours à Melates.

Puis c'est une longue descente jusqu'à Arta. Il fait très chaud. Ma fatigue augmente. Je fais quelques courses à Arta. Je ne suis plus très loin du camping.

Arrtivée au bord de la mer. Enfin, c'est ce que je pensais, mais c'est en fait le golfe d'Amvrakikos.
Je traverse quantités d'orangeraies. Les arbres sont couverts d'oranges, beaucoup sont par terre. Incroyable !

Le fameux golfe.

Mais une grande désillusion m'attend. le camping de Katafourko est fermé depuis plusieurs années.


Je me renseigne chez deux-trois commerçants. Non, il n'y a rien ici pouir les campeurs. A part l'hôtel, ou des chambres poir pas cher. C'est combien, "pas cher" ? Trente euros. Trop cher pour moi. Je regarde ma carte....Pas loin de 100 bornes. Il y a des campings sur l'ile de Lefkada.

Allez mon gars, pas le choix, faut y aller !

Amfilochia. Très jolie petite ville au fond du golfe. Mais pas le ntemps de m'y attarder.

Vous apprécierez quand même, hein ! J'arrive à prendre encore le temps de vous faire des photos...

Vue arrière sur Amfilochia, que je viens de passer.

Entre Amfilochia et Vonitsa. C'est très joli, mais je ne m'arrête presque plus. Ma moyenne a très nettement augmenté.

D'habitude, on me double. Maintenant, c'est moi qui dépasse. Vanadis aime bien...

C'est dur, avec le soleil couchant en pleine face.

Entre Agios Nikolaus et Lefkada. C'est vraiment de toute beauté, je n'ai pas pu résister à l'envie de faire cette photo.
Dans le champ, devant des marais, un bergger et des moutons, que je n'ai vus qu'après avoir pris la photo.

Je serai obligé de repasser ici, de toute façon.

A Lefkada, j'assiste à la manoeuvre du pont mobile, qui fait passer un voilier.

Cette ville est fort jolie, avec un château, des marais. Dommage, je n'ai pas le temps de m'arrêter.
Si ce n'est pour demander où se trouve le camping le plus proche à une charmante jeune fille, qui parlait anglais et savait.

A Kariotès, quelques kilomètres plus loin. C'est cher. je demande une réduction si je reste deux nuits. Le boss m'accorde 10%, me disant qu'en général, c'est pour une semaine minimum, pas pour deux nuits.... De toute façon, s'il avait dit non, j'aurais pris quand même, mais ça, il ne le savait pas !

Donc, 11,70 euros la nuit. Il y a une piscine. Les emplacements sont beaux, bien herbeux. Douches et btoilettes : ça va, sans plus.

C'est très calme. tout petit camping. Occupé par deux camping-caristes hollandais.

D'ailleurs, ici, c'est le coin des hollandais. 90% des touristes !

Je suis heureux de me coucher, ce soir, c'est moi qui vous le dit.

Quelle étape !

 

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