Etape 029 Jour 033

Etape 029 - Jour 033 - dimanche 16 mai 2010 - 165 photos - 258 km - 6.856 en tout

L'itinéraire en jaune. Contournement du golfe de Corinthe. Entrée danns le Péloponnèse à Corinthe.

Grand beau temps ce matin. Une journée de pluie, ici, ça nettoie bien...

Du coup, la vue depuis mon belvédère est vraiment imprenable. Quelle différence avec hier, à peine imaginable. C'est superbe !

Albert et Gerhard, les deux motards autrichiens arrivés peu après moi avant-hier, et restés à bouquiner au camping hier, vu la météo.
Ils passent absolument partout avec leurs motos, y compris des traversées de torrents... Ce que je ne saurais faire !

Je repasse par le site de Delphes, puis la route grimpe dans la montagne. C'est magnifique. Ici, la petite ville d'Arachova, pour Toitoine....

La même ville, un peu plus tard. Pour vous situer, dans le creux, tout au fond, c'est la vallée des oliviers qui descend jusqu'à Itéa.

Vous ne situez pas du tout, hein ? Ce n'est pas grave, je ne vous en voudrai pas.

Changement de vallée. Toujours beaucoup d'oliviers. Entre Stirio et Kyriako.

La route est devenue étroite et sinueuse, avec même quelques épingles. C'est d'ailleurs étonnant comment, ici, on passe d'une route banale à une route très accrocheuse, en quelques centaines, voire même dizaines de mètres. C'est toujours très surprenant. De plus, ces montagnes sont très trompeuses. Sous une apparence relativement anodine, ce sont en fait de sacrés morceaux, et ce n'est qu'une fois "dedans" qu'on s'en aperçoit. En un mot, il vaut mieux se les faire en moto qu'à vélo. Et à pied, ce doit être terrible, avec la chaleur...

Vue sur Kyriakio, en attaquant le flanc montagneux suivant.

Gros changement avec ce nouveau massif montagneux, totalement différent. On se croirait dans les Pyrénées. Beaucoup plus vert, froid, des sapins, un vent à décorner des boeufs. Des milliers de ruches. C'est dimanche aujourd'hui, mais je vois pas mal d'apiculteurs, en tenue de spationautes, parmi leurs ruches. Et je ne sais pas comment ils font pour tenir debout avec cet équipement, tellement Eole souffle.

Ensuite, encore un gros changement. Une montagne aride. Un troupeau de chèvres traversant la route calmement sous l'oeil très attentif de deux... chiens. Pas vu de berger. Je pense que les chiens font le boulot absolument seuls, car ce matin, peu après Delphes, j'ai vu des gars lâcher un troupeau de chèvres dans la montagne, et j'ai vu les chiens partir derrière le troupeau, et les deux gars remonter dans leur voiture.

Et puis, soudain, la mer apparait. La mer Ionnienne, le golfe de Corinthe.

Et un vent de plus en plus terrible, assommant, me faisant tanguer de droite à gauche. Vanadis est la moto que je connais qui tient le mieux au vent. Eh bien, je peux vous le dire, je n'aurais pas aimé passer ici avec Pégase (mon ex-Burgman 650), et encore moins avec JJ (Jolly Jumper, mon ex Piaggio x9 125). C'est quand même pénible. La montagne a brûlé, il ne reste rien. Je ne voudrais surtout pas habiter ici ! Une désolation totale.

En même temps, c'est beau. Pour le voyageur qui passe. Sans doute aussi pour celui dont c'est le pays. Comme toujours !

Domvrena, perdue dans cette immensité. Moment de paix à l'abri du vent, avant d'y retourner !

Ah, la signalétique grecque... Si elle n'existait pas... Bon, déjà, les caractères grecs sont jolis, mais un peu difficiles à comprendre, bien que je fasse des progrès. De plus, ils ont quand même la gentillesse de nous écrire les noms des villes avec nos lettres, ce qui est fort sympathique. Mais pour le reste, ça me rappelle quand même un peu l'Irlande. Des croisements sans pancarte, c'est courant. Ce ne serait pas grave s'il y avait une grande et une petite route, mais le problème est difficile quand il n'y a rien qui t'aide à trouver quelle est la tienne... Sans compter sur les travaux totalement incohérents.

Exemple. A la sortie de Domvrena, la route est large, belle, totalement disproportionnée avec le pays et les petits villages. Donc, très logiquement, tu accélères jusqu'à 90/100 (km/h). C'est ainsi pendant une dizaine de kilomètres. Tu oublies la route, tu regardes le paysage devenu plat, tu fais gaffe aux rafales de vent... Tu roules. Tu aperçois au loin un changement sur la route, mais tu ne sais pas trop. En plus, avec cette luminosité, c'est difficile d'apprécier. Et d'un seul coup, tu es sur une piste. Même largeur, mais plus de goudron. Juste du gravier, des petits cailloux. J'avais un peu ralenti, heureusement. Ouahhh, les boules... Puis la route est barrée, il y a des pancartes. Tu retrouves l'ancienne route, normale, sinueuse, agréable, sympa... Sans doute ont-ils reçu une subvention... J'analyse ainsi l'état des routes en Grèce. Toutes ces routes qui me paraissent beaucoup plus larges et belles que nécessaire ont forcément été construites aves des masses d'argent venues soudainement. Larges et belles. En apparence seulement. Car elles se sont fort dégradées, et je pense que la raison en est assez simple : elles n'ont pas été bien faites. Les devis devaient être corrects, elles avaient de la "gueule" une fois finies, mais l'empierrement à sans doute été fait à l'emporte-pièces, la couche de goudron très faible, etc... Bref, où est parti le reste.... du fric ?

Mais ce n'est QUE mon analyse...

Ensuite, je me suis perdu. Je demande à un couple d'une petite cinquantaine, dans une voiture, que j'arrête en leur faisant un signe. Ils me font comprendre de les suivre. Et ce n'est pas moins d'un dizaine de km de détour qu'ils font pour me remettre dans le droit chemin. Quelle gentillesse. C'est ce que j'ai toujours dit. Il ne faut pas juger un pays. Il y a des gens formidables partout. Vraiment partout. Le contraire est vrai aussi, mais il y en a moinss. Heureusement, sinon, ce ne serait pas vivable.

Et ça, c'était peu avant Thespies. Je traverse ensuite Thiva (grande ville, sans intérêt). Puis c'est la route d'Athènes, qui passe par Erythrès. Cette région me fait beaucoup penser à l'Andalousie, allez savoir pourquoi ! La lumière, sans doute. Montée d'un col, à nouveau de beaux paysages, et.... je me trompe à nouveau. J'ai raté mon embranchement. Dix km de rab', ça fait 20 avec le retour, ce n'est pas négligeable. Pénible...

Enfin, je le trouve. Villia. Je ne pouvais pas le voir, c'était écrit en grec, aucun signe touristique particulier, je l'avais pris pour un embranchement très très secondaire. Et pourtant, croyez-moi, heureusement que j'ai fait demi-tour. Car là, vraiment, c'est la claque !

Porto Germeno. Une perle.

Et ces couleurs de l'eau. La photo ne donne qu'à grand peine une idée de la beauté du lieu !

En descendant vers le village. J'en suis reparti aussitôt, c'était juste un crochet, car c'est un cul-de-sac.

En remontant, je stoppe sur ce parking sur lequel se trouvait ce motard. Nicholas. Qui roule avec la très belle F 800 GS de son fils. Nous sommes restés un grand moment à discuter de photos, de voyages, de moto... Un très bon moment, avec un Athénien fort sympathique. Merci à lui.

Votre serviteur.

Descente vers Psata. la route va ensuite longer le golfe de Corinthe.

C'est exceptionnel. Bien plus joli que beau. Ici, dans cette première courbe, 5 ou 6 grosses Harley Davidson. Des Suisses et des Luxembourgeois. Quelques phrases échangées. Là, il y avait une motarde qui a enfourché sa grosse bécane, et j'ai vu son copain s'installer dans le siège passager.

Rare !

De très belles épingles, dont deux trois très plongeantes, si vous voyez ce que je veux dire, dont une qui m'a tellement surpris que j'en ai oublié de pencher... Sortie de route. Non, je rigole, sinon je ne serais pas ici à raconter. Simplement sortie de trajectoire. Magnifique descente.

Une fois en bas. La montagne parait bien modeste, vue d'ici ! A peine croyable. ne vous y fiez surtout pas, c'est une montagne, cxroyez-moi !

Des gens se baignent dans ces rouleaux de cailloux, alors que le vent souffle pratiquement en tempête ici.

Je vous laisse admirer. C'était fantastique, féérique. J'ai tout simplement a-do-ré cette route.

Vous n'avez ici aucune idée des rafales de vents qui se déchaînaient le long de cette côte.

Mais ça en valait vraiment la peine, et même bien plus que ça !

Un petit saut en Polynésie, histoire de...

Ah mes amis, cette route. Avec les vagues qui, par endroits, arrosaient le bitume, et Vanadis avec. J'en ai pris sur le pare-brise !

Coup d'oeil arrière. Regardez bien, au loin, une vague déferle sur la route.

Et ces couleurs, toutes ces nuances de bleus et de verts qui se juxtaposent sans jamais se mélanger, mais qui changent selon l'angle sous lequl vous les regardez. Un spectacle vivant, un feu d'artifice, une galerie de tableaux des plus grands maîtres qui défilent sous mes yeux ébahis. Je suis sous le charme.

Les mers du sud.

Je vous le disais bien.

Il y a bien un petit camping, là-bas, perdu au bout du monde. Mais son accès est difficile, par une route non asphaltée. Je n'ose pas m'y rendre, ne voulant pas gâcher une si belle journée. Il y a normalement un autre camping, près d'un lac. Mais il ouvre en juin seulement... Je ne comprends pas très bien, au pays du soleil, alors que chez nous, nombreux sont les campings ouvrant en mai. Ils doivent sans doute avoir leurs raisons.

Du coup, malgré la fatigue -le vent est vraiment saoulant- je file vers Corinthos, je sais qu'il y en a un.

La route grimpe haut dans la montagne pour redescendre sur Loutraki, en face de Corinthos. C'est magnifique. Enfin, pas totalement. Route en travaux, nombreux kilomètres sur le gravier, nettement moins "top"... Pas le choix. Loutraki, éclatante de lumière, éblouissante.

Pas le courage de vous mettre des photos.

A Corinthos, un petit jeune en scooter me guide vers le camping, et me fait passer le canal par ce pont, côté golfe.
Le pont, je viens de le passer, il vient de s'enfoncer sous l'eau ! Pour laisser passer un bateau de touristes.

Je suis sur le Péloponnèse, devenu une île depuis le creusement du canal de Corinthe.

Je plante la tente sous l'ombre, car je sais ce qu'il en est, si la tente est sous le soleil !

Mes voisins : un couple de Danois venus pour le rallye annuel des Harley Davidson, chacun sa moto, lui avec une remorque. Très gentils.

A deux pas de la tente... La plage du camping.

Un couple de français du Cher vient discuter pendant que je monte la tente.
Leurs vacances se terminent, ils repartent demain, et reprennent le bateau mercredi pour l'Italie.

Pour ma part, je décide de rester deux nuits ici.

 

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