Etape 031 Jour 036

Etape 031 - Jour 036 - mercredi 19 mai 2010 - 173 photos - 218 km - 7.381 en tout

L'itinéraire en bleu. Camping au point 2, à la sortie de Sparte.

Ce matin, au moment de partir, je discute un moment avec des français installés ici avec un fourgon aménagé. Ils font du kayak, de site en site. Ils sont déjà venus en moto en Grèce, mais ne le referont pas. Ils jugent les routes bien trop dangereuses. Ouf, enfin quelqu'un qui me comprend. Je ne suis donc pas le seul à le ressentir. Le goudron est fait avec du marbre. Lorsque le goudron part, il reste donc le marbre, glissant comme du savon. Pour ne parler que du goudron. Pour le reste, les pentes pas possibles sans savoir ce qu'il y a au bout. A deux motos, ils s'étaient ainsi retrouvés dans un village, au bout d'une rue, avec aucune possibilité de faire demi-tour. Obligés de redescendre en marche arrière, au pas, sur plusieurs centaines de mètres. C'est vrai, je ne m'aventure plus dans les villages grecs avec la moto, j'ai vu ces rues, je me suis fait très peur à Kastoria, je n'y vais plus. Un seul moyen : le petit scooter, ou à pied, ce qui reste le plus sûr -et accessoirement aussi le meilleur pour faire de la photo.

Je pars à 9 heures. Et j'ai toutes les peines du monde à sortir du camping, dérapant dans la forte pente, sur les pierres disjointes. Décidément !

Au milieu des oliviers, autour d'Epidaure. J'adore vraiment rouler au milieu de ces arbres.

De temps à autre, d'énormes cactus en fleurs. Ils sont de toute beauté.
Je me suis d'ailleurs rendu compte hier soir, en regardant la carte d'Europe, que je me trouve ici, au sud du Péloponnèse, à la latitude la plus au sud de mon voyage, puisqu'elle correspond en gros à celle du sud de la Turquie. Etonnant, non ?

La belle église de Giannoulaiika. D'ailleurs, je fais peu de photos, mais elles sont pour la plupart très belles.
Par contre, systématiquement, elles sont entourées de gros cables électriques, et très difficiles à photographier.

Pont mycénéen. Il y en a plusieurs dans le coin, je vois les pancartes. J'ai la chance de voir celui-ci, sur le bord de la route. En effet, les sites archéologiques sont très nombreux en Grèce. Mais pour ce qui est de les voir... Car souvent, vous partez sur une piste étroite, sans aucune idée de distance, et je me doute qu'en plus, à la première fourche, rien ne vous dira quelle est la bonne direction ! Bref, si l'on voulait tout faire pour que très peu de personnes y aillent, il faudrait faire comme ça ! Ont-ils touché une subvention pour mettre quelques pancartes, faire un semblant d'aménagement ? Je n'en sais rien. Je vous parais sans doute un peu dur, mais je dis la vérité. Donc, j'ai la joie d'avoir vu, et de pouvoir vous en faire profiter, un pont datant de l'époque mycénéenne, et soyez heureux de voir cette photo, c'est rare !

Napflio, que je voulais joindre hier soir. Il y a deux châteaux visibles sur les hauteurs. Un beau port.
Une magnifique baie que je vais entièreement contourner pour poursuivre mon périple vers le sud.

De l'autre côté de la baie de Napflio. Une immense plage de cailloux. Un aménagement fort minable, tout est sale, bien peu envie de s'installer ici à rêver. Pourtant, le site s'y prêterait bien. C'est dommage de souvent devoir faire ce constat. Des possibilités immenses, des sites merveilleux, mais comme si c'était en état d'abandon. Oui, je crois que c'est la description qui convient le mieux, en état d'abandon.

Eglise de Kiveri, en face de Napflio. Un monument !

La route longe ensuite en corniche le golfe d'Argolique. Les photos que je vous offre sont rares, car il n'y a que très peu de parkings, et seule la moto permet de stationner sans gêner la circulation. Encore suis-je souvent obligé de me poser du côté gauche, la mer étant à ma gauche puisque je descends vers le sud. Les rares parkings existants sont de toute façon presque tous hors de ma portée. Aucun n'est goudronné. Ils sont couverts de gros cailloux et/ou de millions de gravillons, et il faut en plus descendre une marche de dix centimètres, voire bien davantage, par rapport au goudron de la route, sans compter qu'ils se trouvent tous, bien sûr, en pente... Bref, pour obliger une moto à stationner sur la route, faites des parkings grecs ! Sérieusement, je n'ai aucune envie de risquer une chute à chaque photo. Et de plus, sachez que j'ai malgré tout souvent pris le risque... Grrrrr.... Que c'est pénible.

Peu après Chania, en vue arrière vers la côte que je viens de longer.

Près d'Astros. Je me suis rapproché de la plage, pour une fois qu'un accès y était possible. Car, ça aussi, c'est extrêmement rare. Atteindre une plage relève du même genre de défi que celui que je décrivais pour atteindre un site archéologique. Comme, de plus, les plages sont des criques extrêmement encaissées au creux d'une montagne, les pentes pour y descendre sont souvent vertigineuses. En tout cas, strictement interdites à Vanadis chargée ! Et vu que la miss roule avec sa coquille, comme la tortue, elle se trouve donc privée de pas mal de choses, faute d'un réseau routier adéquate.

Vue arrière sur Arkadiko Chorio. Vous voyez, sur cette minuscule péninsule, toutes les maisons sont neuves ou en construction, aucune route n'est évidemment goudronnée. Et ce petit monticule, qui n'a l'air de rien à priori, recèle en son sein des pistes à faire pâlir certaines routes des Alpes de par leur déclivité, ne serait-ce que pour atteindre une des maisons. C'est inimaginable et jamais, pour rien au monde, je ne mettrais le moindre kopek dans une maison qui nécéssiterait autant de dangers pour l'atteindre ! Ils sont fous, ces Grecs ! Attention, c'est à prendre au second degré. Je les aime bien.

Mais il y a des choses que je ne m'explique pas. Les ingénieurs dessinant les plans d'accès et routiers sont tout de même très bizarres !
On devrait les obliger à effectuer tous les trajets sur des motos chargées pour la validation !

A part ça, c'est magnifique.

La même baie, vue depuis l'autre côté.

La baie d'Aghios Christoforos. C'est ici que je décide de prendre mon repas. Il y a là, sur ce parking de cailloux, une Renault Kangoo appartenant à un couple d'Anglais d'Oxford parlant et heureux de parler le français (des retraités), et un camping-car appartenant à des hollandais, dont la femme vient se mêler un peu à la conversation. La hollandaise nous dit avoir failli mourrir la veille. Ils ont dérapé sur du gravier la veille, et se sont arrêtés à 50 cm du précipice. Elle me dit qu'ils ont eu la peur de leur vie, et que, de plus, ils ne roulent jamais vite. Encore une confirmation ! Et personne ne me croit !

Faites gaffe, amis lecteurs. C'est beau, magnifique, mais vous êtes prévenus : les routes sont dangereuses, je ne le dirai jamais assez ! A ce sujet, ma conversation avec les deux bikers allemands en Harley Davidson, l'autre soir à Corynthos. Ils m'ont confirmé ce que j'avais finalement constaté aussi en en photographiant quelques unes : les petites églises miniatures sur les bords des routes, ce sont les chapelles ardentes des morts sur les routes. La Grèce a un nombre de virages énorme. Elle a une chapelle dans presque chacun d'eux... Je vous laisse faire le calcul, mais c'est vraiment énorme ! S'ils ne se rendent donc pas compte que leurs routes sont dangereuses, ils y meurent quand même allègrement, et en quantité non négligeable. Bizarre bizarre !

Paralia.

Parali encore. Toujours en vue arrière, quelques beaux virages plus loin.

Encore ! Soit j'ai beaucoup aimé, soit je me suis trompé dans le traitement et le choix des photos à vous présenter ! Choisissez...

Vue sur Lakkos et sa grande plage de galets. Le site est absolument superbe.

La route principale se poursuit en corniche jusqu'à Leonidio, que voici depuis les hauteurs, après l'avoir traversée. Je ne pénètre donc absolument pas dans le premier doigt du Péloponnèse, plus au sud, faute de route. Pour atteindre les villages s'y situant, ce doit être un enfer routier, avec des moyennes extrêmement basses, et sans doute des routes casse-moyeux. Mais je ne vous en parlerai pas davantage, ne les ayant pas pratiquées... Juste que la traversée de Leonidio n'a pas été facile, avec une fois de plus des indications fort disparates, et une sortie de ville époustouflante. En fait, et il s'agit ici d'une petite ville, pas d'un village, la route principale peut devenir plus petite que certaines rues de la ville. C'est ainsi que l'on se trompe facilement. Et cette ruelle, qui était la voie principale, monte vers le ciel avec un revêtement affreux, entre les murs des maisons, pour se terminer par un stop te mettant la roue avant au-dessus de ta tête.... Je n'ai pas osé faire le stop, étant peu certain de pouvoir repartir ! Dantesque. Ce sont ces situations qui gâchent une partie de mon plaisir. C'est tellement dommage, car c'est vraiment beau, mais ça me gave de devoir risquer si souvent ma peau, ou du moins la chute. C'en est pénible. A ce niveau, la route, que j'aime tant, n'est plus vraiment une joie, mais peut devenir un enfer.

Vous croyez que j'exagère, sans doute ? Ben... Venez-y, en moto, chargés comme des mules, et vous comprendrez.
Le secret ? Moto légère (650 cm3 me paraît idéal), et peu de bagages. Là, c'est sans doute le pied.
On dérape, on rigole, on peut tomber, ce n'est pas grave !

Ce n'est QUE mon opinion.

Pour ma part, je reviendrai en Grèce si je le peux. Avec une petite voiture solide, dans laquelle je dormirai souvent.
Pour pouvoir dormir partout, aller partout, et être en sécurité -routière- partout.

Et ça ne veut pas dire que je n'aime pas la moto. Ne me faites surtout pas dire ce que je n'ai pas dit.

Changement de décor absolument total. Et de températures. Traversée des Monts Parnonas. Point culminant à 1839 mètres. Pas terrible ?

Si, c'est terrible. Nous sommes en Grèce. C'est tellement splendide, que je m'arrête sans cesse faire des photos.

Ici, la route est superbe. Sur 397 mètres.

Rester totalement vigilant, ne jamais se relâcher. Je me suis retrouvé nez à nez avec un camion dans une courbe sèche, chacun a donné son coup de volant/guidon, personne n'a parlé, tout le monde a poursuivi son chemin. C'est très spartiate. Mais je suis aussi sur la route de Sparte.

Des précipices, des canyons insondables, des torrents complètement à sec, pas une seule goutte d'eau au fond des gouffres.

Au loin, la route que je viens de suivre. En bas, une des rampes que je suis en train de grimper. Dans le quartier, le monastère d'Elona, perché au sommet d'un rocher. Une route y conduit, que je laisse prudemment à ma gauche. Petit joueur ? Sans doute, mais j'ai envie de terminer ce voyage, et d'en faire d'autres encore... Plus loin, Kosmas. Un village superbe, avec des arbres majestueux plusieurs fois centenaires sur la place centrale, entièrement pavée. Mais une fois de plus, une sortie délicate sur ces pavés glissants, dans ces ruelles, dans ces pentes... Ouille ouille ouille... Je passe, et je m'en félicite ! Puis une longue et très belle descente vers Geraki. Belle route, large, relativement propre. Enfin un peu de plaisir motard, beaux virages. Mais toujours prudemment, le revêtement saute parfois. J'ai mis la caméra pendant la montée, j'espère que ce sera bon. Si oui, vous ne serez pas déçus !

Après Geraki, la chaleur retrouvée, la grande plaine qui me surprend, la traversée de grandes zones d'oliviers. Superbe, comme toujours.

Puis une zone un peu plus montagneuse, mais rien à voir avec la précédente. C'est joli, ça roule bien. Je roule !

Sparti. Au coeur du pays des Spartiates. La ville est moche comme tout. Mais éclatante de blancheur.

J'ai un camping à Mystras. Je sors de Sparte et prends la rouyte de Mystras. Camping.

Le patron est là de suite. Il parle un peu français. Très accueillant, presque trop. Un peu obséquieux, si vous voyez ce que je veux dire. J'aime moins. Je me souvenais avoir lu "vue sur le château". Je lui demande. Il me dit, oui, un peu plus loin, on le voit très bien. Il me dit de ne pas aller voir le château maintenant, plutôt demain. C'est d'ailleurs ce que je compte faire, car les anglais et les hollandais m'ont tous dit : "demain, pluie toute la journée". Je suis donc décidé à rester deux nuits. Le gars me dit "douze euros". je dis "dix pour deux nuits". Il dit "ok". Bon commerçant. Dommage !

Je vais m'installer. Il y a des français. En Kangoo. Département "34". Je les reconnais, je les ai vus au camping de Corynthos. Les emplacements sont propres, herbeux. OK. Les toilettes : mauvais état, rien ne ferme à clef. Vu le nombre de clients, ça ne va pas gêner, mais en période d'affluence. En fait, tout est en mauvais état, ça ne me plait pas, une petite voix intérieure me dit de partir. Mais je suis fatigué, j'ai envie de monter la maison, d'en finir pour aujourd'hui. OK, je m'installe. Puis je décide d'aller faire un tour à Mystras, voir le château, jeter un coup d'oeil, comme ça.

Et deux kilomètres plus loin, le camping "Castle View". OK, je comprends pourquoi j'avais ce souvenir... C'est vrai qu'on voit le château.e passe doucement, je vois du monde, je sais que j'ai fait une erreur, j'aurais dû venir voir. Maintenant, j'ai donné ma carte d'identité à l'autre, j'ai installé la tente.

Les boules....

L'empereur Constantin, en 1400 et des poussières... En arrière-plan, tout en haut, le château.

Un château absolument magnifique, sur plusieurs niveaux. 5 euros l'entrée. Je me contenterai de l'extérieur.
Les bretons de ce matin m'ont dit qu'il s'agissait, pour eux, du plus beau site de Grèce.

La tache blanche, dans la vallée ? C'est Sparti, bien sûr.

Qu'on se le dise !

Petite église tout près du camping "Castle View". je m'y arrête discuter avec le patron. 11,50 euros. Oui, j'ai Internet.

Arrrrrgh!!!! J'enrage...
Je lui dis de rajouter une pancarte en bas, devant l'autre !

De retour à mon camping, je dis au patron qu'il m'a trompé concernant la vue sur le château.

Pas méchant du tout, il me demande si je veux repartir, si je veux reprendre ma carte d'identité. Devant cette gentillesse, je décide de rester au moins cette nuit. Je ne suis pas seul, il y a les français. Il me propose le branchement de mon PC dans son auberge, sans consommer. Vraiment sympa. Les français m'offrent un verre de vin rouge grec, on discute un moment. Ils sont très aimables, et complètement amoureux. Je les laisse et vais travailler un peu sur mon PC. Et je m'offre une très grosse omelette complète pour 6,50 euros. Le patron regarde exprès la météo pour moi : ils annoncent de la pluie pour demain, c'est vrai. OK, demain sera donc jour de repos... Lorsque je retourne au camping, il fait nuit noire (environ 21h30). Une petite lumière rouge se voit dans la tente des français. Le patron m'avait dit que c'était éclairé. Et ça ne l'est pas.

Gentil, mais menteur comme un arracheur de dents...

 

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