Etape 036 Jour 044

Etape 036 - Jour 044 - jeudi 27 mai 2010 - 166 photos - 275 km - 8.705 en tout

L'itinéraire en rouge. Gros gaspillage de km, mais retour au camping nécessaire ! Visite du sud de l'île d'Eubée.

Je démarre à 8h10. 7h10 en France, vous êtes pour la plupart encore au lit, ou en train de boire votre café. Ceci pour faire taire ceux qui disent que je m'amuse ! Mes deux hollandais de voisins sont debout eux aussi, leur deuxième moto à récupérer. Petit coucou aux autrichiens en camping-car en passant, ils se lèvent de bonne heure eux aussi ! Le temps est radieux, ça va sans doute cogner dur sur ma pauvre tête !

Une "kantina" originale, vous en conviendrez. Pas très loin de ma maison, une quinzaine de km à peine après mon départ.

Si vous regardez la carte, vous verrez que je roule d'abord vers l'est. Pas vraiment le choix. Et comme le soleil se lève à l'est, je l'ai dans les yeux, avec toutes les conséquences que vous savez pour la visibilité des montagnes à l'horizon, et les photos. D'où cette petite photo vers l'arrière, c'est plus joli !

La route est plutôt bonne, comparé à ce que j'ai déjà vu en Grèce. Elle devient ensuite carrément très roulante, puisque le 90 est possible sans aucun souci, ce qui est somme toute fort rare ! Je voulais en profiter, mais comme il y en a qui réclament des photos, je suis contraint de forcer la pauvre vanadis à s'arrêter régulièrement. Elle hurle, elle crisse, mais elle obéit. Grande ligne droite parmi les oliviers et autres cultures. Magnifique !

J'aperçois la mer sur ma droite, et tout au fond, je vois même le continent. Le golfe ici porte le doux nom de "Petalion". Je jette un coup d'oeil sur ma carte, et je vois un accès rapide jusqu'à la mer, j'ai envie d'aller voir. Il fait beau, j'ai le temps, la tente est montée.

Panagia, c'est le nom de ce petit hâvre de paix, en bas de Almyropotamos (ça, c'était pour en rajouter un peu...). Je suis sous le charme, et reste une bonne dizaine de minutes à regarder les gens vivre ici. Ils sont bien loin d'Athènes ! Le petit bateau de pêche qui rentre, les pépés assis au café en train de se raconter je ne sais quoi, deux autres à ma gauche en train de pêcher. Plein de petits poissons dans l'eau qui brillent comme des étoiles selon leurs mouvements. Mon dieu, que la terre est belle, il suffit juste de bien choisir son coin de paradis, mais il y en a encore beaucoup, j'en vois chaque jour.

En remontant vers la route centrale, je rencontre ces deux ânes, déjà bâttés, qui vont sans doute devoir bosser dans pas longtemps, les pauvres !

Au loin, sur les hauteurs, des dizaines et des dizaines d'éoliennes, qui me font penser à Tarifa, au sud de Gibraltar.
Mais ici, elles ne tournent pas. Il n'y a pas de vent aujourd'hui, ce qui est plutôt rare !

Un peu plus tard, l'île est si étroite que je vois la mer des deux côtés. Superbe, mais difficile à photographier, à cause d'une mauvaise luminosité côté gauche. Normal, je roule plein sud, donc à gauche, c'est l'est, et le soleil. Vous suivez, les filles ? Je dis ça parce qu'en général, en cartographie, elles sont plutôt nulles. Bon, d'un autre côté, ce n'est pas non plus ce qu'on leur demande, pas vrai, les gars ?

Je n'aurais pas du crier ma joie si fort pour le revêtement. Voila que ça se dégrade de plus en plus !

Mais pourquoi ai-je acheté des pneus neufs ? Ils ne vont pas faire long feu avec un goudron pareil !
Une vraie catastrophe par endroits !

Enfin, après une vingtaine de kilomètres vraiment difficiles, beaucoup plus à cause de l'état de la route qu'à cause des virages, nombreux, mais qui pourraient être fort agréables, une belle route large et neuve prend la relève. En corniche, loin au-dessus de la mer. Une côte découpée, des îles.

Féérique. On dirait... la Grèce !

Donc, le golfe de Petalion. Et de l'autre côté, le continent grec, évidemment. Athènes se trouve juste derrière.
Qu'elle y reste !

En vue de la baie de Marmari. Le grec Panos, rencontré hier, m'a dit d'aller voir un petit village de montagne appelé Agios Dimitrios.
J'arrive à l'embranchement. Je vais cette fois vers la mer Egée ! Celle qui se trouve côté soleil...

La route est belle au départ. La montagne aussi, mais elle est criblée de carrières de pierres, et des camions la parcourent sur des pistes aux pentes terribles. Ce sont des pierres bien carrées, du genre de celles servant aux maisons vues dans le Magne, vous vous souvenez, ces jolies maisons carrées ?

Après Agios Dimitrios -qui ne m'a absolument pas emballé...-, la route est de plus en plus mauvaise.
Je poursuis tout de même, désireux d'aller jusqu'à la mer Egée.

But atteint.

Mais ce sera tout. L'asphalte disparaît, ça continue en piste. J'ai décidé de ne plus faire de piste, je fais donc demi-tour.

Quoi, qui a dit "petit joueur" ?

Allez, je vous explique. Je serais à 200-300 bornes de la maison, avec des copains, ce serait avec un immense plaisir, et je prendrais mon pied. Ici, je suis seul. Si je me plante, je vais me retrouver comme un idiot. De plus, c'est le genre de truc qui pourrait faire capoter mon grand voyage ! Alors, comme je veux aller le plus loin possible, je ménage ma monture. C'est ce qu'on dit, non ? Par ailleurs, des paysages fantastiques, magnifiques, merveilleux, de rêve, je vous en fais voir tous les jours sans prendre de piste ! Alors, pourquoi devrais-je me faire souffrir ? Je suis du genre fainéant, je vous l'ai dit, cherchant le plus facile, toujours, le maximum de plaisir avec le minimum de travail. C'est mon leit-motiv.

Pas prêt de changer, le gars !

J'ai donc fait demi-tour, et suis revenu sur la grande route. Je décide d'aller au bout, à Karystos. En voyant la ville du haut de la mpontagne, j'hésite. Pas tellement envie d'aller y mettre mes pneus. Puis une petite voie me dit que parfois, en bas, près de la mer, les choses sont différentes.

Allez, histoire de voir comment c'est !

Ben.... ce n'est pas mal du tout.

En fait, une route toute neuve se poursuit au-delà de la plage. Vanadis m'y entraîne, je la laisse rouler à sa guise.

Coup d'oeil arrière. Au fond, c'est Karystos, et sa grande plage au premier plan.

Des petites criques se suivent, avec de petites plages de sable (si rare en Grèce). La route est parfaite. je n'en reviens pas !
Vanadis glisse, j'ai l'impression de flotter sur un tapis. Que c'est agréable !

L'eau est transparente. Mais j'aperçois plein de déchets, sacs en plastique, et toutes sortes de débris de notre civilisation de consommation.
Comme c'est dommage !

Un exemple sur le caractère des grecs, ou sur leur esprit d'entreprise, pour être plus précis. Mais je pense que les deux sont liés. Sur cette plage, vous pouvez apercevoir quelques voitures, et des gens. Ils sont en train de refaire une cabane, sans doute pour de la restauration rapide, pour les touristes. La cabane, je l'ai vue de près, est dans un sale état, à tout point de vue. Et nous sommes fin mai ! Nous serions dans un autre pays européen qui recevrait autant de touristes et aurait un tel soleil, et une si jolie nature, il y a belle lurette que la cabane serait propre, en place, et prête à faire son boulot. Je n'étais jamais venu en Grèce (juste en Crète une semaine), mais j'ai bien l'impression que l'état des infrastructures est en train de se dégrader. Je ne serais pas étonné qu'ils voient de moins en moins de touristes ! Il ne faut pas trop les prendre (les vacanciers européens) pour des imbéciles !

Et en Europe, la concurrence face à la Grèce ne manque pas !

Mais c'est vraiment de toute beauté, et je suis vraiment content d'être venu jusqu'à la côte.

Je suis obligé de m'arrêter tous les 200 ou 300 mètres, tellement je suis émerveillé, une fois de plus, par dame nature !

Finalement, je pose carrément Vanadis, j'enlève la veste, le casque, les gants, les chaussures, les chaussettes, je remonte le pantalon...

J'aurais du le baisser ? Oui, sans doute. je n'ai pas osé !

Comment voulez-vous que je résiste à cet appel, alors que je crève de chaud sous mon équipement ?

Elle est CHAUDE. C'est énooooorme. Attention à mes petits petons, il y a des oursins jusqu'au bord !
La tache blanche, en face, c'est Karystos.

La Grèce... C'est vraiment incroyable. Il n'y a ici pas une seule maison, et pourtant, la montagne est couverte de routes absolument parfaites, dont je rêve lorsque je cherche à visiter les villages les plus reculés, complètement fermés à la civilisation, que l'on ne peut joindre que par pistes...

Franchement, c'est d'une tristesse.

Ces routes sont des cul-de-sacs. Je dois retourner à Karystos et reprendre le même chemin qu'à l'aller. Un nouvel aller-retour.

Vue de loin sur Styra. Je retrouve la route défoncée.

Vue arrière sur Aliveri, ville importante. Je suis dans le village de Akti Nireos.

 

Du même endroit, il y a deux petites chapelles à cent mètres l'une de l'autre.
Sans doute encore un décès sur la route, qui semble beaucoup tuer ici.

La petite plage d'Amarynthos. Je me suis arrêté au même endroit à l'aller, avec une lumière totalement différente.
Un tracto-pelle était en train d'arranger la plage. Comme ils le font aussi chez nous, en Vendée.

Eretria. Je suis presque arrivé à la maison. Je décide d'aller voir le port. Il y a des ferries qui partent sans arrêt en face, sur le continent, mettant Athènes à 45 km d'ici. De fait, j'apprends que de nombreux Athéniens passent ici leurs week-ends et/ou leurs vacances.

Une petite plage à Eretria, sous les eucalyptus. J'adore ces arbres, grands et légers à la fois, très élégants, au fin feuillage.

Retour au camping. Je retrouve mes voisins hollandais, avec cette fois les deux motos. Ils ont pu acheter une batterie, et sont heureux. Demain, ils vont reprendre la route. Pour ma part, je vaque à mes occupations habituelles de vacancier. Douche, réception pour Internet, nouvelles avec la famille, sauvegarde des fichiers, récits et préparation des photos... Bref, le temps passe vite, je retourne à la tente manger et finir par un grand bol de café comme je les aime, lorsqu'il fait chaud comme ça. Je fais un faux mouvement, fait tomber mes lunettes et m'écrase dessus. Cassées ! Un des verres a sauté, elles sont complètement "déglinguées" ! Que faire, je suis incapable de faire quoi que ce soit, puisque je ne vois pas grand chose sans elles. Les hollandais ne sont pas là. Je vais voir les camping-caristes autrichiens. "Asseyez-vous, je vais m'en occuper" me dit l'un d'entre eux, pendant que l'autre me sert un verre de vin. Il réussit à remettre le verre. Elles sont vraiment pliées, mais au moins, je vois. Du coup, je reste avec eux, on passe la soirée à refaire le monde, et à goûter plusieurs vins... Je rentre vers 22h30, il fait nuit. Et je refais tomber le verre !

Bon, j'ai trouvé de l'occupation pour demain !

Page précédente: Etape 035 Jour 043
Page suivante: Etape 036a Jour 045


Depuis le 06/06/2005 Visites:852933 Aujourd'hui :47 Maintenant:4 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)