Etape 041 Jour 050

Etape 041 - Jour 050 - mercredi 2 juin 2010 - 182 photos - 139 km - 9.856 en tout

L'itinéraire en rouge. Sithonia, le deuxième doigt de la Chalkidie.

Je pars assez tard, aux environs de 9 heures ! Il fait très beau, ce matin, et ça met du beaume au coeur. Finalement, je m'habitue plus vite au beau temps qu'à la pluie, étonnant, non ? A ma question sur le prochain -et dernier- camping de la chaine Sunshine se trouvant sur ma route, Dimitri me dit "demande Adonis de ma part quand tu arriveras, il s'occupera bien de toi. Tu vas voir, c'est tellement beau que tu t'arrêteras tous les cent mètres pour faire dix photos. Prépares tes cartes mémoire !". Evidemment, vu la position du camping, vous comprendrez aisément le choix de mon itinéraire, pour ne pas avoir à parcourir deux fois le même chemin. Toujours un souci d'économie de carburant, c'est la partie lourde du budget !

Comme le ciel est beau, et comme tout va bien, et comme je suis heureux comme ça, et comme je ne veux pas que ça change...

Je ne tourne pas à droite ! Car à droite, c'est... "Métamorphosi" ! Je poursuis sagement vers Nikiti.

Première petite plage sur cette belle côte ouest de la péninsule de Sithonia.
Je discute un petit moment avec un cycliste allemand. Il est venu en avion à Athènes, et se dirige vers Chypre. Bonne route, l'ami.

J'adore ces petits nuages qui s'accrochent sur les rivages. Il eest ainsi très facile dee suivre la côte de la péninsule visitée hier : Kassandra.
Je reste persuadé qu'avec la météo d'aujourd'hui, je l'aurais beaucoup mieux appréciée !

Je poursuis ma route vers le sud de Sithonia. Ici, un petit coup d'oeil arrière, juste après Nikiti.

Les petites criques -et plages de sable- sont très nombreuses, et faciles d'accès. De plus, elles ne sont pas envahies par les énormes complexes touristiques. Il y en a, bien sûr, mais c'est sans commune mesure avec ceux de Kassandra. le relief y est très certainement pour quelque chose. D'ailleurs, vous l'avez bien vu hier, la partie "est" de Kassandra est beaucoup plus plate, les plage de sable bien plus longues. La suite est logique : les investisseurs l'ont assaillie. Ce qui est bien différent sur la côte ouest.

Du même endroit, avec Vanadis, qui me fait le reproche d'être très peu photographiée. Pauvre chérie, je vais faire attention.

Tripotamos. On aperçoit évidemment toujours Kassandra à l'horizon ouest.

La petite ville de Neo Marmaras, touristique, mais qui semble attrayante. Je poursuis sur la route principale.
A ce propos, les routes sont parfaites, aucun problème particulier à signaler.

La route prend ensuite de la hauteur, parmi de jeunes plantations d'oliviers, mais aussi de nombreux côteaux couverts de vignes. Au fond, toujours Kassandra. Mais en bas, je remarque une petite route tortueuse qui m'attire irrésistiblement. Je regarde sur une carte de pub : oui, elle devrait rejoindre la voie principale plus au sud. Allez, demi-tour, je vais y aller.

Elle est abîmée, il y a des trous, la végétation l'envahit sur les berges, mais elle est quand même très bien, et c'est un plaisir. D'abord, je suis seul : plus un seul véhicule. Ensuite, les vues sur les criques sont sauvages, enchanteresses, mystérieuses. Un vrai régal.

Je devine des petites plages secrètes, très difficiles d'accès. Il semble bien qu'une partie soit privée, j'aperçois de temps à autres des clôtures.
Bref, un endroit bien protégé.

Agia Kyriaki. Ou Porto Helena. Il y a un camping de rêve, ici. Si j'avais su, j'aurais fait la péninsule dans l'autre sens, et je me serais posé ici.
Il règne une atmosphère de sérénité intense en ce lieu.

Un peu plus loin, une autre crique, en face d'une "Taverna".

Si vous aviez vu son sourire, lorsqu'elle s'est aperçue que je la prenais personnellement en photo. Ne lui dites pas que j'ai rajouté du paysage autour.
Faut quand même pas exagérer non plus !

Encore une crique et une belle plage de sable. Et un hôtel, complètement invisible. Il y a un peu de monde. La route goudronnée s'arrête ici. Aucune pancarte signalétique, bien entendu. Je demande à un autochtone, qui parle un peu allemand, et me rassure. Oui, je peux atteindre la route principale sans problème.

Ensuite, j'aperçois les criques de loin, la route passe en corniche à travers de petites forêts de sapins. Ici, vue sur Toroni.

Que faire ? Il est midi passé. J'ai faim. Mais je n'aime pas trop descendre dans les petites villes, je suis si souvent déçu. Sans doute parce que je voudrais tout voir en 5 minutes, alors que pour voir une petite ville, il faut y entrer à pied, prendre son temps, y consacrer une heure ou deux. Quelques minutes, ce n'est évidemment pas suffisant, et on ne voit que le plus moche. Je le sais bien. Il y a très certainement une plage, ici, allons voir de plus près !

Ouahh ! Vu d'en haut, je ne pouvais imaginer ces perles naturelles. Je viens de passer une plage aux eaux transparentes, une vraie beauté, que je n'ai pas photographiée, pensant le faire au retour... Dommage ! Allez voir vous-mêmes. Mais 200 mètres plus loin, je découvre celle-ci !

On aperçoit en arrière-plan la première plage dont je parlais. Quelques touristes bien informés ne se sont pas trompés. C'est ma-gni-fi-que.

En poursuivant, je traverse le village. Quelques boutiques, mais tout ça demeure très local. Pas de tourisme de masse. Des cafés, des petits vieux attablés, en train de refaire le monde, quelques livreurs approvisionnant quelques petits "mini markets" et autres "super markets", comme ils les appellent tous ici. Inimaginable ! Et le tout en face d'une très grande et très propre plage de sable. C'est vraiment très étonnant.

Comment comparer ça avec la côte est de Kassandra ? C'est pour moi sans aucune commune mesure. Opposé total. Contraste considérable. Bien sûr, aujourd'hui, j'ai droit à un magnifique soleil. Mais quand même, ce n'est pas comparable, c'est comme si les deux lieux étaient éloignés de plusieurs centaines de kilomètres. Vous l'avez compris, je suis charmé, presque envoûté par ce lieu.

Vue d'ensemble de Toroni. C'est ici, sur ce banc, que

En face, les restes d'une forteresse byzantine. Au premier plan, les restes d'une forteresse teutonne.

C'est bien joli, tout ça, mais il faut bien repartir. Je ne suis pas en vacances, je ne suis "que" de passage.

Un peu plus au sud, le petit port de Koufos.

Koufos se trouve pratiquement au sud de Sithonia. Ce coin est toujours aussi magique.

Sur cette belle plage de Koufos, un fourgon aménagé. Des français. Deux-Sèvres, ce sont des voisins. J'entame la discussion. Ils arrivent de Turquie.Et repassent par ce coin de Grèce avant de rentrer en France, car c'est le coin de Grèce qu'ils préfèrent.

Et la Turquie ? Enchantés, émerveillés. Ils ont adoré, bien au-delà de ce qu'ils imaginaient. Accueil, gentillesse. Trois fausses notes. L'essence y est très chère. Il y a de très nombreux travaux sur les routes, beaucoup de 4 voies en construction. Donc, des kilomètres à rouler sur la terre, le sable.... Et très peu de campings, seulement sur les côtes. Oh là, mes oreilles se décollent. Tout ce que je déteste. Trois mauvais points pour moi. Le coucher, si je dois le chercher pendant des dizaines de kilomètres, ça ne va pas le faire. Les routes en travaux, c'est non. Je ne VEUX PLUS rouler stressé. Pour moi, la route, ce ne doit être QUE du plaisir. Je refuse définitivement le stress. Et le prix de l'essence est hallucinant : Entre 1,80 et 1,90 euro le litre. Sans doute le pays le plus cher AU MONDE sur ce point précis. Et pour mon budget... J'ai une moyenne de 200 km par jour (c'est un minimum). Si je compte 6 litres de consommation, ça nous fait 12 litres par jour, soit la modique somme quotidienne de... 22 euros pour l'essence. Mon budget étant entre 30 et 35 par jour, il me reste environ 10 euros pour manger et dormir. Non, ça ne va pas le faire, c'est évident !

Aïe...

Virage à 90. J'entame la remontée de Sithonia. Petit coup d'oeil en arrière. Au loin, toujours, Kassandra encore visible. Plus pour longtemps maintenant.

Et voici la côte est. Des pistes descendent vers de jolies criques, bien cachées, difficilement accessibles. Enfin, pour moi, pusique je refuse les pistes !

En bas, c'est Kalamitsi. A l'horizon, avec son chapeau de nuages, c'est le mont Athos. Sur le troisième doigt de la Chaldikie. Le doigt sacré.
N'ayant demandé aucune autorisation, ce territoire me sera interdit. Il paraît que le temps d'attente pour recevoir l'autorisation est de un an.
Aucune créature femelle n'y est acceptée (lisez l'article ci-dessous copié sur Wikipedia...).
C'est donc SANS intérêt pour moi, je ne risque pas de demander une autorisation... (quoi, que des mecs ? Horreur !).

Le mont Athos (en grec moderne Άγιο(v) Όρος Ágio(n) Óros, « Sainte Montagne ») est une péninsule montagneuse de Grèce (Macédoine centrale) située à l'est de la Chalcidique. Il est célèbre pour les vingt monastères orthodoxes qui y sont établis depuis le Xe siècle. Environ 2 200 moines y vivent.

La « Sainte Montagne » est un nome de la République de Grèce qui jouit d'un statut particulier : c'est la République monastique du Mont Athos dont le territoire est réparti entre vingt monastères en titre formant une communauté théocratique autonome confirmée en droit international par le traité de Lausanne en 1923. Tous les autres établissements monastiques (communautés cénobitiques ou villages appelés skites, kellia ou maisons) sont sous la dépendance de l'un de ces vingt monastères, et ne peuvent prétendre au titre de monastère.

Les moines qui habitent la Sainte Montagne sont appelés Athonites ou Hagiorites. Ils ne dépendent pas de l'Église de Grèce, mais du Patriarche de Constantinople. Autre particularité spécifique : aucune créature femelle n'y est admise (il est toutefois sous-entendu que cela ne concerne que les vertébrés, à l'exception des poules, dont les œufs frais sont nécessaires à la cuisine et la fabrication des peintures pour les icônes).

Comme je vous le disais, la route est belle, et c'est un plaisir de rouler ainsi l'esprit tranquille. J'apprécie beaucoup ce point précis depuis quelque temps.

Vue arrière sur Sarti. Ce côté de la péninsule est un peu décevant. Je retrouve ce côté "sinistré" que laisse si souvent voir la Grèce. Les campings semblent en perdition, j'en vois qui est encore fermé. Beaucoup de rues ne sont pas goudronnées, ou ont perdu une grande partie de leur goudron. Je ne pense pas que le gel de l'hiver en soit responsable...

Finalement, j'arrive à mon camping. La route principale passe en corniche, dans des forêts, et j'aperçois bien, par moments, de superbes plages de sable fin aux eaux transparentes. Mais de très loin. A peine visibles. Une mauvaise piste y conduit, comme je vous le disais. Quel dommage.

L'accès est goudronné, c'est déjà ça. La route s'arrête au camping. Un grand camping. Un grand bureau d'accueil, hyper moderne, une belle barrière. Ordinateur, documentation, plan du camping sur du papier glacé, étiquette imprimée à coller sur la tente, carte/pass pour entrer-sortir du camping, feuille spéciale en couleurs des tarifs. Et là, c'est la claque ! Avec ma réduction de 20%, j'en ai pour 14 euros quand même ! Ben oui, tout ce beau matos, il faut bien le payer. Mais j'ai quand même un cadeau : 10 euros à dépenser au restaurant. C'est ma gratification pour avoir entièrement rempli les cases du groupement Sunshine. 9 tampons différents, je crois. C'est la fête, restau gratuit ce soir.... Et pour payer le restaurant, le gars me donne deux magnifiques cartons d'une valeur de cinq euros chacun. OK, merci beaucoup.

L'emplacement est correct. Tout près de la plage. Très tranquille. Trop tranquille, ce camping ! Presque personne. Je me dirige vers les sanitaires, inspection habituelle. Horreur. Minable. Cher et minable, ce camping détient donc la palme du plus mauvais rapport qualité-prix de Grèce. Toutes les lumières éclairant la partie douche sont détruites (nids d'hirondelles ayant fait décoller les appliques, et j'en passe....). Et il y fait sombre comme dans un four. Impossible de prendre ma douche ici. Quand à la propreté du reste. On a l'impression d'un bâtiment abandonné. Je ne vous parle même pas de l'état des lavabos extérieurs, où l'on est censés faire la vaisselle... Quelle pitié !

Je pars en moto à la réception demander où se trouve l'autre bâtiment. Nettement mieux. Eau chaude, lieux propres. En ce qui concerne l'eau chaude, il n'y a pas de problème en Grèce. Ils ont tous des citernes sur les toits, et les panneaux solaires qui vont avec. Sinon, je sais qu'il n'y aurait de l'eau chaude qu'une fois sur dix, c'est tellement évident ! Le soleil les sauve, le soleil leur apporte tellement, quel dommage qu'ils laissent tout ceci presque à l'abandon.

Je vais donc prendre ma douche en sandalettes et T-Shirt, ce qui est normal, mais en moto, ce qui l'est moins... Honte à moi!

La plage du camping. Elle est belle, mais le vent ne me permet pas de voir les eaux transparentes. Dommage.

Une anglaise s'approche des sanitaires près de ma tente. Elle est totalement démoralisée. Elle cherche de l'eau chaude. Elle se trouve en caravane. Ecoeurée du tarif payé, et de l'état des sanitaires ! Je lui indique le bon lieu, en grand habitué... Mais je suis bien de son avis. Quelle tristesse. Quand je vois le plan en papier glacé, ça me fait pitié !

Des touristes sont installés un peu plus loin dans une grande tente. Ils passent devant mon campement avec la poussette de leur bébé. Ils discutent en anglais. C'est un jeune couple de grecs, venu passer quelques jours dans le coin. Ils sont enchantés. La femme est bulgare. Je ne dis pas un mot sur l'état du camping, pas question de leur faire de la peine, surtout s'ils en sont heureux... Chacun ses priorités, n'est-ce-pas ?

Et l'horrible traditionnel tableau de bord de Vanadis.

Bon, ce soir, j'ai droit au restaurant, vous vous souvenez ? J'y vais vers 19h45. PAS un chat. Un jeune vient de suite me voir, carnet à la main. Oui, c'est ouvert, pas de problème. Que voulez-vous manger ? Nous avons.... Je le coupe. J'aimerais voir la carte, s'il vous plait ! Oui, je veux bien, me rétorque-t-il, mais beaucoup de plats ne sont pas possibles... J'insiste, je veux lire, voir les prix, etc... Il me l'apporte. Il n'y a déjà pas grand chose, mais quand il me dit ce qui est disponible... Il ne reste quasiment rien ! Quelle misère. Et puis, je suis seul. Quelle tristesse. Pas de touristes. Je suis comme un chien malheureux. Toute ma joie part en fumée. Je choisis une côtelette grillée. Elle arrive au bout d'un long moment, avec 3 pommes frites et dix grains de riz, et un demi-citron. Et une belle mouche grillée au milieu. Bref, vous l'aurez compris. Minable. Quand je demande l'addition, je suis surpris qu'elle monte à 9,60 euros. ben oui, il y a 1,50 euros pour le "couvert". Je lui donne les deux "billets" de cinq euros et m'en vais, sans rien dire au sujet de la mouche.

Pas envie d'en rajouter. Mais heureusement que je n'ai pas réellement payé !

Bref, fuyez le camping Armenistis, qui a pourtant un superbe site Internet. Miroir aux alouettes...

 

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