Etape 042 Jour 051

Etape 042 - Jour 051 - jeudi 3 juin 2010 - 111 photos - 240 km - 10.096 en tout

L'itinéraire en rouge. Remontée vers le nord.

Réveillé par la pluie ? Dans mon rêve, sans doute. Mais non, c'est bien la pluie. Bah, ce n'est pas grave, il est juste 6 heures, je peux encore dormir. Finalement, à 7 heures, il ne pleut plus. Mais le ciel est menaçant. La tente est à peine mouillée. Allez, vite, dégager d'ici. Pas question de rester une journée de plus dans ce camping minable. A 8h30, je roule déjà. Le gars est très correct, je ne lui dis rien de ma déception. Bon voyage. Merci, bonne journée. je n'ai pas vu le fameux Adonis recommandé par Dimitri, il était absent... A lui, je lui aurais fait part de mes remarques.

Ciao ciao...

La route est toujours en corniche. Mais sans véritables vues sur la mer, à cause des sapins. J'aperçois des criques, toujours accessibles par des pistes. Je passe mon chemin, forcément ! J'arrive rapidement au bout de Sithonia. Je roule maintenant vers le troisième "doigt", celui dont je vous ai parlé hier. Athos, la péninsule interdite aux femmes.

La route est arrivée au niveau de la mer, c'est plus sympa. Je longe le magnifique golfe Agiou Orous. Ici la baie de Ormos Panagia.

Je décide d'aller dans le village d'Ormos Panagia. C'est le port d'embarquement pour touristes désireux d'aller voir cette péninsule d'Athos de plus près, et de naviguer autour du mont Athos. Pour 30 euros, je ne sais pas combien de temps. Les bateaux sont jolis.

Le littoral aussi. Il y a du vent, et des nuages. La mer est un peu agitée. Mais il ne fait pas froid.

Vanadis et moi-même assistons au départ d'un des deux bateaux à quai.

Plus au nord, la plage de Salonikiou. En face, à l'horizon, la péninsule d'Athos.

Les plages et les criques se succèdent, très accessibles. Moins touristiques, bien plus autenthiques. C'est joli comme tout. Mais comme je suis surpris devant cette absence presque totale de touristes en cette saison, début juin.

Les plages semblent complètement abandonnées ! Elles n'en sont que plus belles.

Kortini, un peu plus loin. Ici, un grand parking, bien goudronné, au raz de la plage. Je pourrais presque mener Vanadis au bain.

Et sur ce grand parking bien propre, une femme, avec un balai, en train de balayer je ne sais pas quoi tellement c'est propre en comparaison de tant de parkings... Vraiment, je ne comprends pas ! Et elle semble bien être payée pour ça, elle a le matériel, le sac poubelle.

Parfois, souvent même, la mentalité grecque m'échappe totalement. Désolé d'écrire ça, mais c'est ce que je ressens !

Heureux de cette prise de vue. L'appareil photo en arrière sur mon épaule. Comme je n'ai pas encore d'yeux derrière la tête, je la prends totalement au jugé. Et c'est gagné ! Car le parking, à gauche, est presque impraticable. Graviers, forte pente du mauivais côté, et 15 cm en-dessous du goudron...

C'est la plage de Kortini.

Vue vers l'avant. C'est très beau.

Le petit port de Pyrgadikia.

Changement total. La route quitte le littoral et s'enfonce dans les terres, vers le nord. Deux choix s'offrent à moi. Rejoindre le littoral via Ierissos et longer le golfe du même nom, ou filer plein nord et rejoindre la mer plus au nord. Mon choix sera vite fait. C'est le ciel qui va en décider. Depuis ce matin, de gros nuages noirs flottent au-dessus de ma tête, mais restent éloignés du littoral. Direction la mer, le plus vite possible !

Effectivement, si je poursuis vers le nord, je vais y avoir droit ! Impossible d'y échapper !

L'église de Gomati.

Coup d'oeil arrière vers Gomati. Je fonce vers le golfe de Ierissos.

Que voici. Mais je constate que le ciel d'encre est aussi devant moi, plus au nord. Vais-je y échapper ?

A la sortie de Ierissos, je vois bien que le ciel va me tomber sur la tête, que ce n'est pas possible autrement. Et que ça va sans doiute faire mal, vu les couleurs. OK, j'arrête de jouer à cache-cache avec les nuages, et je mets la tenue appropriée.

Deux minutes plus tard, pas trois, je dis bien deux minutes plus tard, les premières gouttes m'atteignent. Et très vite, c'est la douche, dense, compacte, intense. L'eau ruisselle en quelques minutes sur le bitume, venant de partout. Et en même temps, j'attaque les premiers virages. Eh oui, la route s'élève rapidement en altitude, je suis verni. C'est énorme. Je roule à 20-30 km/h, pas plus. Des torrents dévalent de chaque côté, traversant la route de gauche à droite, ou de droite à gauche, selon la pente du goudron, emportant avec eux pierres, terre... C'est terrible. Je ne pensais pas traverser des gués ici.

Heureusement, l'asphalte est correct, les pneus adhèrent bien, ça passe. Mais c'est chaud, c'est certain. Et je serre les fesses malgré tout. Puis c'est la descente vers Stratoni. La pluie diminue d'intensité. La chaussée repart en altitude, les torrents continuent à traverser la route de part en part, ça ruisselle de partout, mais ça s'améliore, je sais que le gros est passé, le noir est derrière moi. Quelle douche !

Je peux faire un arrêt photo. Ouf ! Vue arrière sur Stratoni et le golfe de Ierissos. Au loin, la péninsule d'Athos.

La route poursuit sa course vers le nord en longeant le littoral de plus ou moins loin. Les rares villages semblent en mauvais état. Je passe ainsi Olympiada, qui a sans doute été belle, mais qui est en train de dépérir... C'est là que je pensais camper, mais vu l'état, ça m'étonnerait que le camping existe encore. Je ne m'attarde pas, il pleut encore un peu. Au loin, j'aperçois le bleu du ciel, alors je fonce vers le soleil, tel un insecte attiré par la lumière.

Et voilà le travail. Un beau soleil. Le golfe d'Orfanou.

Stavros, puis Asprovalta. C'est joli. Très belles plages. Je trouve un camping, mais sans Internet.
Dommage, car il semblait bien, mais je pense que celui de Kavala aura Internet, alors je décide de poursuivre.

A droite, vers Kavala.

D'immenses plages de sable. Et pas de touristes. Mais où sont-ils donc tous ?
Je vois deux campings. L'un est fermé, semble même à l'abandon. L'autre est affreux.
Que se passe-t-il ici ? Il y a pourtant un énorme potentiel naturel !

Je traverse une jolie rivière tout près d'Amfipoli, un site archéologique important. Toutes les pancartes sont pour l'autoroute, et j'ai beaucoup de mal à trouver la belle nationale longeant la mer. Pourquoi cette autoroute a-t-elle été construite, quand on connaît le coût de tels travaux ? La route longeant la mer est belle, large, très roulante ! Et il y a très peu de villes, elle est presque désertique. Encore un des mystères des terribles gaspillages d'argent !

Encore d'immenses plages de sable. Des cafés, restaurants, bars. Des parasols. Mais pas de campings. On m'en indique un, je cherche longtemps, je trouve. Infâme, que des caravanes, pas ouvert pour les tentes, me disent des grecs installés dans une horrible caravane sur un minuscule espace...

Allez, ça suffit comme ça. Je fonce sur Kavala. De plus, trouvant l'essence soudain trop chère, je me trouve surpris par l'absence presdque totale de villages. Plus aucune station. Je roule sur la réserve, un peu stressé par ma bêtise.

Des petits villages en contrebas. Très très jolies plages, criques. Avec en face l'île de Thasos.

Cette région est la Thrace, au lourd passé historique, et dont les habitants avaient la réputation d'être belliqueux.

Quoi qu'il en soit, je vous recommande cette route, et de descendre sur les plages, car c'est vraiment beau. Et pratiquement vide de touristes.

Je finis par devoir prendre l'autoroute. Je vois une sortie à Nea Iraklitsa vers une station d'essence. 1,65 le litre... J'en prends pour 5 euros seulement, le gars ne dit rien. Et je vois un camping à 100 mètres ! Ouvert. Propre. Internet, oui. Le gars me montre ses deux mains ouvertes dès que j'arrive. je comprends "dix euros". OK. Je lui demande s'il veut que je paye de suite, il dit OK et me demande 15 euros. Là, je dis non, et m'en vais. C'est dommage, car il était bien, mais je n'aime pas quand les prix changent comme ça en 5 minutes !

Je reprends l'autoroute.

Depuis l'autoroute, on peut faire des photos. Comme c'est beau. Ici, le village que je viens de quitter.

Et voici une vue sur Kavala... Pas vraiment envie d'y pénétrer ! Mais comment faire autrement ? je quitte donc l'autoroute, et m'arrête sur un parking faire cettee belle photo. la route descend vers la mer, et la ville, mais je demande à un gars dans une camionnette sur le parking. heureusement ! Il me dit de retourner sur l'autoroute, que mon camping se trouve enn fait dans la prochaine ville, à Nea Karvali. Oups !

Nea Karvali. Quelle ville bizarre. Quelques rues à l'américaine vers la mer. Les maisons ? Style mexicaines, délabrées, en perdition.

Le camping? Tout le monde connait. J'y arrive. Il y a deux bus. En fait, le terrain de camping a été, je pense, un bon camping. Il en est resté un bon restaurant, puisqu'il est plein -le restaurant- et que la réception est désormais au restaurant. Une femme appelle Maria. Ah, Maria. C'est un personnage. Sans âge, mais pleine d'une vitalité débordante. Elle est partout à la fois, court partout, répond à tous. Elle m'accueille en anglais, remarque mon accent, détecte instantanément le français qui dort en moi... Elle me dit quelques mots de bienvenue dans ma langue, toute heureuse. Elle rit toujours. "Cinq euros, ça va ?", me demande-t-elle. Ben, on va dire oui, n'est-ce-pas ? "Tu te mets où tu veux, douches et toilettes là-bas, le bâtiment blanc"...

Bon, rien ne ferme à clé ici, ni les WC, ni les douches. c'est ici aussi en état de délabrement avancé. Mais les douches sont mieux que celles du camping précédent, si cher. Alors pour 5 euros, je dis que c'est très correct, sans aucun problème. De très beaux arbres, ce camping pourrait être fameux en y apportant les travaux nécessaires... Ah, ces grecs, je ne les comprends pas.

J'avais vraiment la "dalle". Une fois la tente montée, je m'alimente enfin, goûlument. J'avale bananes et portions de "vache qui rit"... Délicieux.

Le restaurant est situé sur la plage, j'avais fait une photo avant de monter la tente. Que voici. Et là, parmi les gosses -qui sont venus avec le car, les hommes mangent à l'intérieur, il n'y a pas de femmes...-, je vois les fillettes avec leurs foulards. Ce sont des bulgares, c'est évident. Ou bien non, plutôt des turcs. Pendant que je mange, j'assiste à une scène totalement nouvelle pour moi. Je vois deux hommes tourner autour des poubelles, derrière le restaurant. Ils sont chacun en train de défaire un carton, et l'étalent sur l'herbe. Ah, ils vont se faire une bonne sieste à l'ombre des arbres, pensais-je en moi-même. J'allais les quitter des yeux lorsque mon attention a été attirée par un fait étonnant. Ils enlèvent leurs chaussures, se mettent à genoux, les mains jointes devant eux. Mais... C'est bien sûr. Ils font leurs prières, sans doute tournés vers La Mecque. Ce sont des musulmans. Etrange scène, pour moi, que ces hommes en train de se prosterner devant leur dieu, devant tout un chacun, dans un parc. Des robots. Les humains sont formattés, ça m'a sauté en pleine figure. Nous le sommes tous. Juste que ça se voit un peu plus chez eux !

Moi, je suis formatté à rouler chaque jour vers un autre lieu... Du moins, pour le moment...

Ah, les humains... Il y aurait tellement à dire !

Bon, Internet, ici, il n'y a pas. Mais peu m'importe. J'ai vu un énorme Café Internet sur la route principale, en arrivant. J'y vole...

Déception. C'est en état d'abandon, comme beaucoup de choses en Grèce. Je questionne dans les bistrots -c'est ce qui marche le plus...-, on m'envoie de lieu en lieu. Je poursuis mon enquête, arrive dans un café ultra moderne Internet-Jeux Vidéos, mais le gosse me dit que son père fait la sieste, qu'il reviendra à 18 heures... Finalement, j'aboutis dans une pizzeria qui a une connection WiFi. Le gars -un ancien, environ 60 ans- me dit que non, c'est fini, il ne fait plus, et me renvoie chez ceux qui m'ont envoyé chez lui. Bref, je tombe de Charybde en Scylla. Puis soudain, il me dit "Ok, pas de problème, viens avec ton PC", en allemand. Je m'installe, il me donne aussi du courant, je trouve sa connection WiFi immédiatement. Elle est sécurisée. Mais mon bonhomme n'a aucune idée du mot de passe, il ne savait même pas qu'il y en avait un. Ce n'est pas grave, je décide de faire mon boukot habituel, je lui commande une bière, et je bosse. Bien plus tard, il vient vers moi avec le numéro de téléphone de son fils et me dit de le saisir comme mot de passe. Un de ses jeunes clients lui a dit que c'était sûrement ça. Et... c'était ça ! Fantastique. Je peux donc envoyer un mot à la famille, lire mes mails, etc... Bref, super. Du coup, je lui commande une portion de frites. Lorsque je pars, il me fait en plus cadeau de la bière, et me remercie d'être venu dans son restaurant. Un homme d'une gentillesse énorme.

Retour au camping, une bonne douche. Il est temps, le soir tombe. Entre temps sont arrivés un fourgon aménagé -des autrichiens retraités- et un camping-car - des français dans la cinquantaine. J'ai discuté avec tout le monde, les uns après les autres. Les autrichiens visitent la Grèce. Une géniale discussion, en "haut-allemand", c'est-à-dire en un excellent allemand, que les autrichiens tenaient à parler avec moi; merci à eux pour cet effort rare. Ils sont allés jusqu'à l'entrée dans la péninsule d'Athos, et m'ont dit qu'il y avait un mur gardé par des moines et des militaires grecs... J'aurais du aller faire un tour, mais c'était quand il pleuvait tant. Quant aux français, ils partent en Turquie. Conversattion passionnante. Une bien belle soirée.

 

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