Etape 048 Jour 57

Etape 048 - Jour 057 - mercredi 9 juin 2010 - 116 photos - 95 km - 10.876 en tout

L'itinéraire en rouge. La presqu'île d'Erdek. Le point 1 est le camping. Je commence par l'est, retour par l'ouest.

Je traîne comme un vacancier, ce matin. Je vais surfer sur Internet. Cemal arrive et m'apporte un petit déjeûner turc sur un plateau, que je n'avais pas commandé. Bon, j'ai faim, je ne vais pas faire la fine bouche. Il m'en coûtera 7 LT... J'accepte. Je parle de ça, il est plus de dix heures...

Même temps qu'hier, assez morose, lourd, orageux. Je décide d'aller faire un petit tour sur la presqu'île. Mon atlas dit qu'il existe 3 routes qui la traversent. Génial, j'en ai pris une hier, je vais faire les deux autres. Je vais à Erdek pour prendre la première, et acheter un journal pour Cemal, qui m'a demandé si je pouvais lui rendre ce service. A ce propos, je vous raconte l'anecdote.

Quand il me voit me préparer pour partir, il vient vers moi en courant, en me désignant du doigt le titre d'un journal qu'il tient à la main, et en me montrant la sortie du camping. Un portail la ferme, qui a été mis hier soir sans doute, et n'a pas encore été ouvert. Le titre qu'il me montre avec insistance me fait frémir : "FANATIK". Devant mon incompréhension, il parle et parle, et mon imagination travaille pour essayer de traduire. Et voici ma traduction. Pas question de sortir ce matin, il y a des fanatiques dans la rue, le portail est fermé, il vaut mieux rester dans le camping... Puis il me fait voir le prix du journal, et me donne une pièce de 50 couronnes (la moitié d'une livre). Et soudain, je comprends : il aimerait que je lui achète celui d'aujourd'hui, puisque je sors. C'est un journal de sport, foot, basket, etc... L'ami Cemal est un fanatique de sports, il connait toutes les équipes et toutes les villes d'Europe importantes en sport ! Je lui rends ses 50 couronnes, je lui fais cadeau du journal, il le mérite bien.

A Erdek, dans la boutique de journaux, je me renseigne sur ma fameuse route, en montrant ma carte. Un chauffeur de taxis me conduit à sa voiture et me montre une carte plus détaillée. Il me fait comprendre que la seule route qui traverse, c'est celle que j'ai prise hier. Les autres sont totalement impraticables. Si un turc dit ça, il est évident que je ne peux pas y rouler avec Vanadis !

La seule possibilité, faire le tour complet. Je n'ai pas vraiment envie de refaire le trajet d'hier. Du coup, je décide de faire un petit tour sur la côte est, et d'en revenir par le même chemin, n'ayant pas d'autre choix ! Comme de l'autre côté, les petites plages et petits villages se suivent, plus rapprochés. L'accès en est plus facile, c'est moins montagneux. Du moins au départ...

Le village de Tatlisu.

Plusieurs petites criques se suivent dans ce village.

Puis la route passe en corniche. Vue sur le hameau suivant. Avec sa crique et sa plage de sable en anse, comme tous les autres.

Le même. Je n'ai pas de nom sur ma carte.

Dix minutes plus tard, j'arrive à Karsiyaka. Un port très important, plusieurs dizaines de bateaux de pêche, certains gros, voire très gros. Enormément de monde à travailler sur les filets. Mais tout est dans un état de saleté incroyable, y compris les bateaux; certains ruissellent de rouille, je me demande s'ils naviguent encore ! Pour parvenir ici, la route contourne le village. Très animé. Les cafés sont remplis de monde, il faut dire que c'est l'heure de manger, il est 13 heures. Mais si j'arrive au port, c'est parce que j'ai suivi la route principale. C'est un cul-de-sac. Je demande à un gars qui me dit être russe. Il me montre la route, il faut rentrer dans le bourg. Là, je n'ai pas de photos, je n'ai pas osé. Les rues sont des rues parce que ce sont les passages entre les maisons, les petits immeubles de brique et/ou de pisé, style moyen-âge. Tout est en mauvais, voire très mauvais état. Tous les murs sont en partie taggués. Un profond caniveau se situe au centre de chaque rue. Des femmes sont assises par terre, seules ou par petits groupes. Toutes portent ce fameux pantalon-robe bouffant. Des tuyaux de plastique sortant des balcons coule de temps à autre un liquide coloré qui va rejoindre le caniveau central. Sérieusement, l'image qui est apparue dans mon esprit est celle du film "au nom de la rose". Si les rues n'étaient pas pavées, s'il n'y avait pas de tuyaux en plastique, alors ce serait exactement ça. On jette par la fenêtre. Là, je suis terriblement impressionné. Je dois demander plusieurs fois, car impossible de savoir où est la route principale, que rien ne distingue des autres ruelles du hameau. Elles ne comprennent rien du tout ! Un homme me montre, en pleine pente. Je n'aurais jamais cru. J'y vais, ça se transforme en chemin. Demi-tour, Jef, pas question d'y aller. Je n'en reviens pas. J'aimerais beaucoup être avec 2 ou 3 autres motards pour aller faire une séance photo, car là, je viens de remonter dans le temps.

Finalement, je me dis que ma balade sera plus courte que prévu. Je reprends le chemin du camping. Puis j'aperçois une route goudronnée sur ma droite et, en regardant la carte, je pense qu'elle rejoint le village suivant. Je demande à un gars en scooter, qui transporte sa femme derrière lui. Super sympas tous les deux, ils me confirment ce que je pensais. J'y vais, on verra bien. En chemin, un petit lac de barrage.

Bingo, j'arrive à la mer, à çayagzi.

En même temps, le ciel se dégage, le soleil apparaît, et les rayons sont chauds, très chauds.
Mais je ne vais pas m'en plaindre, car le paysage en est transformé. Comme hier, des criques splendides.
Mais tellement plus jolies avec le bleu du ciel, c'est presque le jouir et la nuit !

La route est belle, je poursuis.
Mais je sais qu'il n'y a pas d'alternative : demi-tour, ou jusqu'au village où je me suis arrêté hier, et retour par la même route traversant la presqu'île.

De toute façon, c'est tellement beau que j'ai envie d'aller plus loin, après le prochain virage, pour voir.

Votre chance !

Et ça repart dans le maquis. Le goudron est toujours là, donc...

Encore une belle plage déserte. Mais comme toujours, recouverte de bouteilles plastique et autres déchêts...

Une source comme il y en a beaucoup, avec à chaque fois des inscriptions, et souvent une date.
Il y en avait aussi en Grèce, de temps en temps, mais il y en a bien davantage en Turquie.

Insensiblement, le goudron disparait, faisant place à une très belle piste bien dure. Ce qui me convient très bien. Sauf que je stresse un peu, car j'ai peur que tout ceci se termine en jus de boudin, comme on dit par chez nous ! Avec demi-tour obligatoire.

Et je n'ai pas vraiment envie de refaire tout ce chemin...

C'est maintenant la fournaise sous mon gros blouson. Je commence à transpirer à grosses gouttes.

Mais les paysages sont d'une très grande beauté sauvage.

Les criques succèdent aux criques, la route demeure en corniche. Elle ne descend que lorsqu'il y a un hameau.

Ballipinar.

Une nouvelle incursion dans le Moyen-Âge. Très très impressionnant, je vous le garantis.

Un gars débouche sur sa mobylette. Je sais, ça, ce n'est pas le Moyen-Âge ! Je l'arrête pour me renseigner. Quel est le nom de ce village ? (Il n'y a aucune pancarte, et ma carte n'étant pas d'état-major, je préfère être sûr de savoir où je me trouve exactement). C'est bien Ballipinar. Non, la route n'est pas goudronnée, c'est de la terre. Mais excellente. Sur 10 km. Ensuite, ce sera comme ici. J'hésite. Bon, devant l'insistance du gars, je vais essayer !

Tout de suite, c'est scabreux ! Ai-je bien fait ? Mais à chaque difficulté vaincue, je n'ai pas envie de devoir la retenter dans l'autre sens ! En fait, ce n'est pas très difficile, mais rappelez-vous... Il y a eu des pluies dilluviennes ici hier matin, lesquelles ont entraîné des ruissellements d'autant plus importants que la route est en terre ! Du coup, dans les montées, des ravines se sont formées en grand nombre, assez profondes, et bien entendu dans les parties en dévers. Ce qui me sauve, c'est la position debout sur les cale-pieds. Le pied ! Je vois parfaitement bien le terrain, peut anticiper facilement, et je trouve que la bécane est nettement plus facile à diriger. Par contre, c'est crevant sous cette chaleur ! Ici, je viens de vaincre la première difficulté, et la vue est tellement belle que je fais un arrêt pour vous en faire profiter. Merci qui ? Bon, je l'avoue, je suis heureux d'emporter aussi pour moi ces souvenirs que je regarderai avec grand plaisir pendant les longues soirées du prochain hiver, ou du suivant...

Je poursuis doucement mon chemin, c'est le cas de le dire. Dans les parties planes, c'est facile, mais dès qu'il y a de la pente, je retrouve les dégâts occasionnés. Je peux vous dire que si j'avais été là sous la pluie, je n'aurais certainement pas pu rouler. Et pour continuer la route, c'était hors de question aussi. Car là où il reste encore un peu d'eau -et il en reste, malgré la chaleur-, c'est tout de suite plus difficile. Je déteste le terrain mou !

Dans ces parties, c'est même du plaisir. Mieux que le goudron !
Vous remarquerez quand même que la marge de manoeuvre sur les bords est relativement faible, et je fais gaffe à bien garder un oeil sur la route en plus des regards jetés sur le paysage, car au niveau protection... Trop à droite, c'est en bas ! Pas de demi-mesure.

Vous trouvez ça comment, vous ?

C'est là-bas que je vais vraiment souffrir. Vous n'en aurez aucune photo car, quand c'est chaud, je ne m'arrête évidemment pas. Sur cette grande plage, il y a un grand troupeau de chèvres. Je rencontre le berger dans le bas de la descente, et les chèvres avec, qui traversent devant Vanadis. C'est là qu'a commencé mon nouveau petit calvaire. Terrain mou, encore bien humide. La roue avant s'enfonce, il y a des traces de roues de camions plus importantes, avec l'eau au creux des traces. Et mon chemin, au lieu d'avoir la bonne idée de remonter de suite sur l'autre versant, s'enfonce en sous-bois sur la gauche. Regardez, on le voit très bien. Environ deux kilomètres avant de revenir sur la corniche, deux kilomètres que j'ai trouvés terriblement longs, pendant lesquels je serrais les fesses, debout sur Vanadis, bien décidé à ne surtout pas m'arrêter. C'est passé. Ouf, je respire.

La récompense bien méritée.

Ormanli. La fin de mon stress.

Je m'octroie une petite pause pour savourer le spectacle, et ma petite victoire personnelle. J'enlève veste et gants, quel délice.
Je ne peux rien enlever à Vanadis, mais elle est habituée.

Avouez que c'est joli !

Vue arrière sur Ormanli. Dix kilomètres jusqu'au prochain villlage.

Une jolie baie entre les deux. C'est un peu la jungle, ici.

Vous voyez que c'est encore humide !

Je croyais être arrivé, mais non. Encore une autre crique.

Avec juste quelques maisons. Ce sont certainement des agriculteurs qui habitent ici.

Cette fois, je pense que je vais arriver à Turan.

Bingo, c'est bien Turan, le village qui m'a arrêté hier. cette fois, il n'y a plus de boue, la pelleteuse a bien fait son travail.
Je n'ai pas revu mes bonhommes non plus, d'autres chats à fouetter sans doute.

Le retour s'est effectué sans problème. Je connaissais la route, je n'ai pas fait de photos. Juste roulé. Et c'était bien agréable.

Arrivé au camping, je décide d'aller voir la plage, que je n'ai pas visitée hier à cause du mauvais temps. Elle se trouve à deux ou trois cent mètres au-delà du camping. Ils ont aussi un restaurant sur la plage. Mais l'accès est comme ceci. pas encourageant pour aller au restau...

Par contre, ça donne un aspect sauvage que j'aime bien.

La plage, donc.

Regard dans l'autre sens; On aperçoit les baraquements du camping.

Quelle balade ! je n'aurais pas cru faire le tour de cette presqu'île, mais finalement, je l'ai bien fait.

Sans regret, c'était superbe. Avec un zeste d'aventure, en plus de ça... Mais la partie molle, je n'aimerais pas la refaire !

Vers 22 heures, alors que j'écoutais de la musique, Cemal est venu m'apporter un verre de coca-cola.... Sans commentaire !

 

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